Ce n’est pas parce qu’on a fait l’ENA qu’on appartient à cette France d’en haut que la France d’en bas maudit. Yves Salesse sort de l’ENA en 1988, mais son parcours n’a rien à voir avec celui de l’élite administrative.
Ancien maître auxiliaire en Normandie, Yves Salesse est militant communiste depuis une dizaine d’années. Il entre à la LCR en 1965, mais le vrai engagement politique vient en mai 1968. Lassé par la division des syndicats dans le corps enseignant, il crée et dirige l’Intersyndicale CGT-CFDT.
Evidemment, ça ne plaît pas. Remercié en 1969, il monte à Paris et y vit de petits boulots pour nourrir son foyer. Payé au SMIC, Yves Salesse dit lui-même qu’il connaît «
l’expérience des conséquences personnelles de l’extrême précarité ». Et ce n’est pas la seule. Travailler pour les services sociaux de la SNCF lui fait découvrir les difficultés des contractuels de l’entreprise publique. L’hostilité de la direction envers le syndicat CGT des cheminots, qu’il préside à partir de 1978. Il quitte tout en 1988 en accusant les syndiqués de constamment se mettre en posture de protestation sans émettre de propositions.
Sorti de l’ENA en 1988, il entre au Conseil d’Etat. Le haut fonctionnariat ne l’empêche pas, à ses yeux, de rester le même. Indépendant de tout parti politique après avoir quitté la LCR, il fonde avec
Clémentine Autain la Fondation Copernic en 2001. Ce mouvement antilibéral fait du non à la constitution européenne son cheval de bataille. Yves Salesse s’investit dans les collectifs du 29 mai et y déploie sa verve séduisante. Pressenti comme candidat de l’élection présidentielle 2007, il s’efface devant Marie-Georges Buffet. L’ENA, la SNCF, le Conseil d’Etat, ce n’est encore pas assez pour se présenter à l'élection présidentielle.
Point fort : Un discours intelligent
Point faible : Peu connu du public