Lorsque Willy Brandt devient Chancelier fédéral d’Allemagne de l’Ouest, le leader du parti socialiste, le SPD, arrive à la tête d’un pays complètement chamboulé. Les révoltes étudiantes violentes de 1968 ont remis en cause les mentalités, le pays a connu un miracle économique qui ralentit, et la division du monde en deux camps, dont l’Allemagne est la première victime, n’améliore pas les choses.
Lorsqu’il est maire de Berlin-Ouest, entre 1957 et 1966, Willy Brandt subit l’épreuve de la construction du mur. Son incompréhension des événements et l’impossibilité de dialoguer avec l’Est le pousse à innover dans sa politique étrangère. C’est l’Ostpolitik, un réchauffement des relations entre les deux Allemagne, entre l’Europe occidentale et orientale, entre Berlin et Moscou. Une politique qui radoucit des relations gelées par le conflit mondial. Une politique récompensée par le prix Nobel de la paix en 1971. Mais une politique qui ne laisse pas que des heureux.
Les conservateurs accusent Willy Brandt de trahison, les anciens déportés des goulags s’insurgent. En 1972, une tentative de censure du gouvernement échoue. Sans majorité, le Chancelier doit convoquer de nouvelles élections, qu’il remporte avec succès. La jeunesse et les intellectuels sont avec lui.
Mais l’année 1973 arrive et le choc pétrolier ébranle l'économie des pays industrialisés. Les premiers effets de la crise se font sentir et les réformes de Willy Brandt sont rapidement remises en cause. Il démissionne après que l’on révèle que l’un de ses proches conseillers est un espion venu de RDA.
Injustement accusé, Willy Brandt est finalement reconnu. Près du monument aux morts du ghetto de Varsovie devant lequel le Chancelier s’agenouille en 1970, il y a l’école allemande de la capitale polonaise, et elle porte son nom.