La froideur d’un économiste
thatchérien. L’euroscepticisme d’un homme politique tchèque populiste. Le pouvoir d’un président contesté, mais la popularité d’un habile communicant. Vaclav Klaus, qui dirige la Tchéquie depuis 2003, a réussi à unir toutes ces contradictions en sa personne. Au point de provoquer une crise politique en République tchèque, dont l’année 2006 est celle du gouvernement introuvable.
Vaclav Klaus naît dans la Tchécoslovaquie communiste mais se démarque très vite. Des études d’économie menées à Prague, en Italie et aux Etats-Unis le rendent plus admiratif de
Reagan que de Gorbatchev. Il se sert de sa carrière au sein de la Banque centrale tchécoslovaque puis à l’Académie des sciences reflète cette pour diffuser des idées néolibérales.
Donc, à la fin du communisme, Vaclav Klaus s’engage en politique et monte au sein d’un Forum civique en manque de technocrates. Il fonde l’ODS, le Parti civique démocratique, en 1991. Une formation de droite rassemblant l’ancienne élite communiste reconvertie dans les affaires.
Devenu Premier ministre en 1992, il devient le principal artisan de la Révolution de velours, la séparation tchécoslovaque. Le Président
Vaclav Havel lui en veut et le pousse à la démission en 1997 dès que l’ODS perd son influence au Parlement.
Vaclav Klaus s’efface mais revient en 2002. Les élections n’ont pas donné de vainqueur entre la gauche et la droite, Les élections n’ont pas donné de vainqueur entre la gauche et la droite, l’ODS s’assure le soutien des partis minoritaires, et Vaclav Klaus devient Président. Mais depuis, les polémiques vont bon train.
D’abord sur ses déclarations. M. Klaus est eurosceptique et quelque peu négationniste. Son adhésion au libéralisme tolère la corruption du pouvoir. Critiqué pour son arrogance, sa rigidité et son passé douteux, Vaclav Klaus continue de bénéficier d’une grande popularité, notamment lorsqu’il s’oppose à la guerre en Irak en 2003.
Mais voilà, au sein du pouvoir, M. Klaus n’est pas majoritaire. L’année 2006 est celle où, durant plusieurs mois, aucun gouvernement n’arrive à perdurer. La crise politique s’annonce grave.