Un plébiscite, ça se combat. ”
Pierre Mendès France a passé sa vie à se battre. Un homme politique du centre doit apprendre à imposer ses idées aux deux partis de la majorité. Un radical indépendant et populaire qui a placé ses convictions en première place.
L’un des espoirs du Parti radical dans les années 20 est à l’époque l’un des plus jeunes avocats de France. Au sein du gouvernement
Blum, il élabore un projet de réforme économique d’inspiration keynésienne. Trop en avance sur son temps, le plan est rejeté par le Sénat.
Après la seconde guerre mondiale, Mendès France est un gaulliste peu convaincu. Défendant un plan de rigueur économique et monétaire pour lutter contre les méfaits du marché noir,
De Gaulle ne le soutient pas. Mendès France démissionne du ministère de l'économie.
A force d’avoir lutté contre la guerre en Indochine au sein de l’Assemblée, il devient l’unique recours pour apaiser la région asiatique. Nommé Président du Conseil en 1954, il signe les accords de Genève et accepte l’indépendance du Vietnam.
Le conflit réglé, il compte s’occuper de la IVe République. Les pratiques politiques y sont mauvaises et il espère modifier la Constitution. Mais il n’a pas le temps. Soumettant le projet de communauté européenne de défense, il suscité l’hostilité du MRP, qui s’oppose à tout réarmement de l’Allemagne. Privé de majorité à l’Assemblée, il est contraint à la démission à cause de la question algérienne.
Le retour de De Gaulle au pouvoir marque la fin de sa carrière politique. Il quitte tous ses mandats en 1958 mais revient après mai 68. Menant campagne avec
Gaston Defferre aux élections présidentielles de 1969, c’est un échec cuisant. Moins de 6% des suffrages, Mendès France comprend. Malade après 1972, il abandonne la politique. L’homme du centre s'en va en réalisant qu'il n’a pas réussi à réunir une véritable majorité derrière lui.
Point fort : Sûr de ses idées
Point faible : Il n'a jamais su faire consensus