Je suis convaincu que la politique commerciale, bien employée, peut apporter une puissante contribution au développement dans le monde entier, aussi longtemps que nous reconnaissons les besoins des plus pauvres. ”
Peter Mandelson a mené une carrière courte mais agitée. Proche de
Tony Blair, il évolue dans le monde politique anglais protégé par le Premier ministre, mais impopulaire au sein du Parti travailliste.
Il est pourtant le principal artisan du New Labour et la cheville ouvrière qui défend les idées des sociaux-démocrates contre celles de la vieille garde. Et le directeur de la campagne de 1997 est approuvé : les élections législatives s’achèvent sur une large victoire des travaillistes.
Ses ennemis n’apprécient pas du tout que Peter Mandelson ait changé le parti. La presse le surnomme « le prince des ténébres » dès 1987. Beaucoup lui reprochent son machiavélisme politique. Ses deux brefs mandats au sein des gouvernements Blair finissent par une démission forcée. La première fois à cause d’un prêt frauduleux en 1998, la seconde en 2001 pour avoir fourni illégalement des papiers à une famille pakistanaise.
Pourtant, Peter Mandelson fait ses preuves. Il introduit le salaire minimum en Grande-Bretagne puis négocie la trève avec l’IRA et le gouvernement partagé avec l’Irlande du Nord. Après sa deuxième démission, Blair est tenté de le reprendre, mais ses collaborateurs l’en dissuadent. Peter Mandelson se tourne donc vers Bruxelles en devenant commissaire chargé du commerce en 2004. Un lot de consolation, même s’il est enthousiaste au sujet de l’Union européenne.
Un tiers des parieurs anglais pensent qu’il va devoir démissionner. Ses ennemis sont loin, pourtant, même s’ils ne sont qu’à deux heures et demi en train de Bruxelles.