Lorsqu’elle est nommée commissaire européen en charge de la concurrence, Neelie Kroes semble être la femme qu’il faut pour ce poste. « Nickel Neelie », en référence à la
Dame de fer anglaise, est connue aux Pays-Bas pour avoir privatisé la poste et les télécommunications.
Depuis plus d’une trentaine d’années, Neelie Kroes mène une carrière universitaire aussi bien que politique. Conseillère municipale à Rotterdam en même temps qu’elle est assistante de professeur. Après plusieurs années au sein du Parlement néerlandais, elle entre au gouvernement en 1977. Et y reste jusqu’en 1991, constamment en charge de mandats attachés à la question des transports et des communications. Elle quitte alors pour devenir Présidente d’université. La boucle est bouclée.
Neelie Kroes s’essaie à autre chose en 2000 : l’économie. En quelques années, elle entre au sein de 43 conseils d’administration de grandes entreprises hollandaises ou européennes. Avec un avis à donner chez Volvo, MM02, Thalès ou Meyer.
Une situation douteuse qui provoque la colère des parlementaires européens lorsque Neelie Kroes devient commissaire chargée de la concurrence en 2004. Elle promet de ne pas se charger des dossiers « à risque ». Mais les critiques penchent finalement contre ses mesures, comme la privatisation du secteur de l’énergie, la fusion GDF-Suez ou la fin des aides financières aux régions jugées riches. Neelie Kroes déplaît beaucoup au sein d’une Europe en panne. Mais elle s’en fiche. Elle a le poste, la puissance et l’autorité de la 38e femme la plus puissante du monde selon le magazine
Forbes en 2006.