Non, la France n’est pas antisémite. ”
La magistrature suprême pour quelqu’un qui revient de loin. Emigré de son Iran natal en 1951, Moshe Katsav vit plus d’une dizaine d’années dans des camps de réfugiés, entre tentes sommaires et habitations précaires.
Après ses études d’histoire et d’économie, il appartient à la jeune génération politique d’Israël, celle qui monte très vite en puissance dans les années 60. Il devient maire à 24 ans, le plus jeune de toute l’histoire politique israélienne. En 1969, il adhère au Likoud et devient député de la Knesset en 1977.
Sa participation au sein de plusieurs gouvernements du Likoud lui donne l’expérience nécessaire pour briguer la présidence. En rivalité avec
Shimon Pérès, personne ne croit en sa victoire. Jusqu’à son élection par la Knesset en 2000.
Quelques jours après, la deuxième Intifada éclate. Son poste, essentiellement honorifique, l’empêche de contribuer à ou de critiquer la politique d’
Ariel Sharon. Ce n’est qu’en 2002 qu’il soutient le cessez-le-feu, qui est finalement abandonné. Il est aussi connu pour avoir fait l'effort pour approcher Yasser Arafat lorsqu'il est coincé à Ramallah et pour avoir discuté avec Mohamed Khatami, le président iranien, lors des funérailles de Jean-Paul II. Une première, puisque les relations officielles entre Israël et l’Iran sont officiellement rompues.
Et c’est à la fin de son mandat, en 2006, que l’événement arrive : une ex-employée l’accuse de viol et de harcèlement sexuel. Le président dément, mais très vite surgissent de l’ombre une dizaine d’autres femmes qui témoignent contre lui. La police l’interroge, la cour suprême le pousse à démissionner. Achevant son mandat en 2007, Moshe Katsav n’a pas réussi à faire de sa présidence un tournant dans la politique israélienne.