Michel Debré est plus gaulliste que
De Gaulle. Farouche partisan du Général, il écrit une Constitution taillée pour son idole et le sert en tant que Premier ministre. Mais un rien les sépare. Le Général est patriote, Debré est nationaliste. Quand le premier soutient l’indépendance de l’Algérie, l’autre reste un nostalgique du temps des colonies. Le Président prépare la décentralisation, Debré reste un jacobin convaincu.
Michel Debré a mis en pratique ses idées. D’abord pendant la seconde guerre mondiale, quand il croit défendre l’intérêt de la France en servant le Maréchal. La France totalement occupée l’indigne, et il rejoint De Gaulle au Maroc. Il demeure son plus fidèle soutien après la guerre et ne participe pas au pouvoir sous la IVe République.
1958 : retour de De Gaulle à la tête de l'Etat, Debré est au second rang. Il rédige la Constitution et s’y taille un rôle de Premier ministre. Mais les désaccords sur l’Algérie pousse De Gaulle à le remplacer par
Pompidou.
Michel Debré part à La Réunion et y applique ses idées souverainistes. Il craint la contagion des idées d’indépendance, et renforce la présence française en exilant des milliers de Réunionnais en métropole. Créateur d’institutions républicaines, aussi bien de lycées que de centres militaires, il contribue à étouffer la culture locale héritée de l’esclavage.
Le départ de De Gaulle l’invite à se retirer également de la politique. Vingt ans durant, il se fait le chantre des traditions, critiquant la décentralisation et la construction européenne. Au nom d’une « certaine idée de la France ».
Point fort : De fortes convictions
Point faible : Un peu trop colonialiste