Au pays de la social-démocratie, de la flexsécurité, des caricatures, bref, au pays moderne par excellence, une reine détient le pouvoir. Pouvoir honorifique, certes, mais plébiscitée par 90% des sujets. Les Danois aiment leur reine, Marguerite II, sur le trône depuis plus de trente ans.
Pourtant, elle a bien failli ne jamais être reine. A une époque où la loi du mâle prime, son père le roi Frederik IX n’a que des filles. Son frère pourrait régner, mais il n’est pas aussi populaire que sa propre famille. Frederik IX attend donc quelques années, plusieurs assemblées parlementaires et un référendum pour que enfin, en 1953, sa fille Marguerite puisse briguer le trône.
Héritière de cette lignée réformiste, Marguerite II a pleinement compris la responsabilité morale de sa charge. Arbitre au-dessus des partis, elle est là, notamment au conseil des ministres, pour tempérer les ardeurs des opposants et présider au bon fonctionnement du gouvernement. Si aucune loi ne peut passer sans sa signature, elle est également obligée d’y apposer son nom. Devant garder le silence sur ses opinions politiques, elle n’en cache pas moins le mépris qu’elle a pour les plus racistes des Danois. Qu’elle appelle les « snobides », formidable néologisme né de la contraction de snob et stupide.
Marguerite II a su donner un nouvel élan démocratique à son pouvoir tout en restant garante de la tradition royale. Une femme simple et tellement proche de ses sujets qu’on en oublierait que c’est une reine.
Personnalités associées à Marguerite II de Danemark