La liberté de pensée est absolue ou elle n'est rien. ”
Lorsqu’il est nommé ministre de l’Education nationale en 2002, Luc Ferry est un inconnu de l'opinion publique. Le philosophe n’est d’aucun parti, n’a aucune expérience politique et s'est plus distingué par ses écrits que par ses mesures. Son mandat s’achève en 2004 et Luc Ferry sait désormais qu’il ne fera plus jamais l'expérience du pouvoir.
Son domaine, c’est la pensée. Agrégé de philosophie et docteur d’Etat en sciences politiques, il publie dès 1985 sa
Philosophie politique. Mais c’est en 1992 qu’il se révèle avec
Le nouvel ordre écologique, qui remporte le Prix Médicis. Ses œuvres dévoilent un homme qui fait partie de cette clique d’intellectuels que certains ont appelé « les nouveaux réactionnaires ».
Luc Ferry voit effectivement en mai 68 un mouvement d’origine libertaire qui a apporté son souffle sur la société mais a fini par la scléroser. Malade des blocages, des interdits et des nouvelles mœurs que la révolte estudiantine a contribué à développer. Il distingue même dans les manifestations contre le CPE la preuve intangible que les jeunes sont devenus vieux, et qu’ils s’expriment non pas pour faire changer les choses, mais pour les conserver telles quelles.
Une pensée anti-consensuelle qui ne s’est pourtant pas vérifiée dans les actes. Lorsqu’il est ministre de l’éducation, Luc Ferry connaît déjà un peu le milieu. Nommé en 1994 par
François Bayrou à la tête du Conseil national des programmes, il est l’homme de l’ombre qui tire les ficelles des enseignants. Celui qui définit la notion de « culture générale » et ce que chaque enfant de France trouvera dans son livre.
Malgré cette expérience, les réformes qu’il propose pour remettre l’école en marche sont un ramassis de tout ce qui s’est déjà fait avant. Le débat national organisé est un paravent qui cache mal la vacuité du projet. Et il ne manquait à cette fanfaronnade qu’une bonne contestation et des grèves à répétition pour que, finalement, Luc Ferry soit remercié.
Revenu de cette expérience douloureuse, Luc Ferry coule désormais des jours tranquilles, entre ses œuvres, ses articles, ses apparitions télé et ses activités. En politique, on ne le reprendra plus.
Point fort : L’intelligence de la parole
Point faible : Trop honnête pour être populaire