Ce que vient de vivre le Portugal a des airs de 1981 français. La victoire des socialistes aux élections de 2005, la dissolution de l’assemblée de droite et son écrasante défaite contre le PS. Le début d’une nouvelle ère annoncée par le Premier ministre José Sócrates.
Un modèle différent, cependant. Quand
Mitterrand faisait dans le social, Sócrates se réclame d’inspiration nordique. Pragmatique et efficace pour un modèle économique flexible mais soucieux des droits des travailleurs. José Sócrates a, tout au long de son expérience politique, laissé des mesures derrière lui.
Cet éternel du Parti socialiste, adhérent dès 1981, devient député en 1987. Il entre et sort du gouvernement selon les changements de majorité. A la jeunesse et aux sports, en 1997, il prépare ardemment l’Euro 2004 de football. A l’environnement, il vote une loi sur l’incinération des déchets.
Lui qui ne se voit pas Premier ministre est pourtant projeté au sein du PS. Elu à la tête du parti avec plus de 80% des voix, il est chargé de faire gagner les socialistes aux prochaines élections. Mais l’impopularité du gouvernement de droite est telle que la victoire lui est acquise. Les Portugais demandent le retour de la gauche, et les communistes signent une avancée surprenante.
Pourtant, José Sócrates aime à le dire, il appartient à la droite du PS, et son gouvernement lui ressemble. Annoncée avec fracas, sa première mesure est de grande envergure : la refonte totale de l’administration, avec simplification des services et recours aux dernières technologies. Mais aussi la fin de plus de 170 institutions jugées inefficaces. Moderne, pragmatique, sans faux semblants, le socialisme à la Sócrates, c’est le Portugal moderne.