The Yes needs the No to win against the No (à propos du referendum sur la Constitution européenne) ”
Contrairement à nombre de ses homologues,
Jean-Pierre Raffarin n'est pas un énarque qui aurait fait toute sa carrière dans le public. Diplômé de l'Ecole supérieur de commerce de Paris, il débuta comme cadre marketing chez Jacques Vabre, avant d'être nommé directeur général de Bernard Krief Communication puis de gérer la cellule communication de Lionel Stoleru (1976-1981) à l'époque où ce dernier est successivement Secrétaire d'Etat aux Travailleurs manuels puis aux Immigrés.
Libéral convaincu, il démarre sa carrière politique dans les cercles giscardiens et prend des responsabilités dans presque tous les partis de la nébuleuse centriste : parti républicain puis UDF et enfin Démocratie Libérale le parti qu'il fonde avec
Alain Madelin avant de le fondre dans l'UMP. Mais à l'époque personne ne connaît celui qui ne peut alors que s'enorgueillir de réussites locales : conseiller municipal de Poitiers, conseiller régional de Poitou Charentes où on le connaît aussi comme président du Crédit Immobilier de France du Centre-Ouest.
En 1995, il est nommé ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce et de l’Artisanat par
Alain Juppé. Après la curée de 1997, il continue sa mutation giscardo-chiraquienne et devient après la Présidentielle de 2002 premier ministre. Les Français apprennent à connaître et presque aussi vite à détester celui qui va devenir le chef de gouvernement le moins populaire de la V ème République. Tenu d'appliquer les promesses du nouveau Chef d'Etat, Raffarin doit concilier baisse des impôts - gros pari chiraquien - et respect des critères européens de maitrise du déficit public. Contraint au grand écart permanent – notamment entre le social Borloo et le libéral Sarkozy - le Premier ministre commet quelques faux pas : alors qu'il refuse de donner un coup de pouce supplémentaire au SMIC (augmenté naturellement chaque année en rapport à l'inflation) il augmente le traitement des Ministres de 70 %. Le vibrant défenseur de la « France d'en bas » perd en crédibilité et sa côte de popularité s'effondre. La réforme du système de retraites et de l'assurance maladie entraine des manifestations notamment dans le secteur public.
Jean-Pierre Raffarin refuse de payer les jours de grève des fonctionnaires.
Jacques Chirac le gardera jusqu'à ce qu'il ne soit plus décemment possible d'ignorer l'opinion : L'échec des élections régionales de 2004 au terme desquelles la droite n'a conservé qu'une seule Région est un premier coup de semonce. C'est au lendemain du referendum européen pendant lequel Matignon comme l'Elysée ont ouvertement appelé à voter oui que le Premier Ministre est contraint à la démission et devient sénateur de la Vienne quelques semaines plus tard.
Atout : Le plus dur est derrière lui.
Handicap : Le meilleur aussi.