Les Français ne le savent pas assez, mais les hommes politiques d’aujourd’hui doivent beaucoup à Jean Lecanuet. Le centriste mort en 1993 est un oublié des Annales. Et pourtant, ce prof de philo agrégé a beaucoup contribué, sans le vouloir, à former la gauche et la droite d’aujourd’hui.
Lui-même ne faisait pas partie des deux partis majoritaires. Jean Lecanuet a dû se battre pour se faire une place au centre. Lui qui se définissait comme « candidat du centre, démocrate, social et européen » a finalement réussi à séduire les Français. En 1965, à l’élection présidentielle, il permet par sa seule présence au premier tour le ballottage du Général
De Gaulle. Avec plus de 15% des voix, c’est un succès pour le Président du Mouvement républicain populaire. Même s’il ne se retrouve pas au second tour, écrasé par l’omniprésence de
Mitterrand et De Gaulle.
Mais il n’abandonne pas. Et fonde ses espoirs sur Valéry Giscard d’Estaing. Participant activement à la campagne présidentielle de 1974, le parti de centre droit de VGE gagne et se retrouve au pouvoir. Ministre de la justice puis ministre du plan, Lecanuet s’éloigne ensuite de
Chirac et de
Barre. Il fait partie des fondateurs de l’UDF, en 1978, qu’il préside pendant dix ans. Malgré la défaite de Valéry Giscard d’Estaing en 1981, Lecanuet reste à la tête d’un parti qu’il renforce et implante localement partout en France.
Mort en 1993, Lecanuet n’a pas eu le temps d’être remercié. Par
François Bayrou d’abord, par la gauche et la droite ensuite.
Sa force : Des idées fortes
Sa faiblesse : De faibles convictions