Qu'est-ce que l'idéal ? C'est l'épanouissement de l'âme humaine. Qu'est-ce que l'âme humaine ? C'est la plus haute fleur de la nature. ”
Jean Jaurès a eu le malheur de mourir de la main de ses ennemis. Ce partisan farouche d’une Europe pacifique ne s'attendait pas à son meurtre au Café du croissant par un pro-guerre.
Jaurès était d’abord un républicain opportuniste de la Chambre des députés. Celui qui refuse l’extrémisme des socialistes ainsi que l’agitation des radicaux de
Georges Clémenceau. Il est partisan de Jules Ferry et souhaite l’entente entre les classes bourgeoises et ouvrières.
Mais voilà : la mine de Carmaux fait grève en 1892 après que l’un des leaders des mineurs, également maire de la ville, a été renvoyé. La République envoie l’armée, les députés n’en ont cure. Jean Jaurès, qui se rend sur place, est déçu de constater que le pouvoir politique ne s’intéresse qu’au grand capitalisme. Acquis au socialisme, il se bat deux ans durant pour le respect des ouvriers.
Et ce n’est pas son dernier combat. Lorsque Dreyfus est envoyé à l’Ile du Diable à cause de sa haute trahison, Jaurès défend corps et âme celui qu’il considère non comme un Juif coupable mais comme un homme qui souffre injustement.
Le pacifisme, dans un contexte européen troublé, dérange les nationalistes. Son appel à la grève avant le déclenchement de la première guerre mondiale a du mal à passer. Trois jours avant le début du conflit, alors qu’il déjeune rue Montmartre, Jaurès est assassiné par Raoul Villain. L’homme est acquitté en 1919. Le jugement est justifié : «
Si l’adversaire de la guerre Jaurès s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre ».