Jan Peter Balkenende a contribué, sans trop le savoir, à diviser plus encore la Hollande. Depuis l’assassinat du leader d’extrême droite Pim Fortuyn en 2002, la parole s’est débridée à droite et la vieille réputation de terre de tolérance des Pays-Bas s’étiole peu à peu.
Ce calviniste pur et dur choisi en 2002 par la Reine
Beatrix a fait sien le discours libéral. Après des années de carrière au sein du parti démocrate-chrétien, il s’allie aux travaillistes et à la droite libérale pour former un gouvernement un tant soit peu majoritaire.
Et les mesures adoptées sentent le soufre. Recul de l’âge de la retraite, privatisation partielle de la protection sociale, hausse du temps de travail : la « méthode Balkenende » brise le consensus social. La contestation monte et les manifestations se multiplient contre le gouvernement.
Mais en 2006, l’heure du bilan sonne : c’est un succès pour le Premier ministre. 3,5% de croissance, un chômage de 5,2%, une immigration freinée par l’adoption de lois sévères. Les résultats électoraux des élections législatives de novembre 2006 marque l’avancée des démocrates chrétiens. Mais également celle du PS, aux origines maoïstes. Le gouvernement doit faire face à une montée de l’extrême gauche inédite. Alors que l’extrême droite stagne mais qu’elle continue à participer au pouvoir, Jan Peter Balkenende devra sans doute mettre de l’eau dans son vin et renoncer à la rigueur pour adopter des réformes plus sociales. Un miracle de la part de ce protestant sévère.