Le centre est immobile : la roue avance, son centre ne bouge pas. ”
Le nom de Chaban-Delmas a longtemps été synonyme d’échec. Echec en 1974, lorsqu’il se présente aux élections présidentielles. Abandonné par
Chirac au dernier moment, il descend progressivement dans les sondages et finit troisième derrière
Giscard et
Mitterrand. Le coup est dur : dans les coulisses du pouvoir, sa défaite crée le néologisme « chabaniser ».
Echec lorsqu’il est Premier ministre, de 1969 à 1972. Auteur du projet « Nouvelle société » pour
Georges Pompidou, celui-ci le trouve trop progressiste. Il ne supporte surtout pas la maladresse de Jacques Chaban-Delmas. Lorsque
Le Canard enchaîné révèle que le Premier ministre n’a pas payé ses impôts pendant trois ans, Chaban n’a pas d’autre choix que de démissionner.
Pourtant, Jacques Chaban-Delmas a aussi connu des victoires. D’abord dans son fief : élu député de Gironde en 1946, il conserve le poste jusqu’en 1995, soit treize réélections. En 1947, il devient maire de Bordeaux et garde son mandat jusqu’en 1995. Devenu Président de l’Assemblée nationale en 1958, il reste dix ans à ce poste. Et le perchoir semble lui plaire, puisqu’il y retourne en 1978. Ainsi qu’en 1986. L’Assemblée finit par le nommer Président d’honneur.
Enfin, Chaban-Delmas devrait aussi être synonyme de combat. Engagé dans la Résistance depuis 1940, le loup entre dans la bergerie. Nommé au sein du ministère de la production industrielle sous Vichy, il sert d’indicateur à la France libre pendant deux ans.
De Gaulle lui reconnaît ce mérite et l’engage dans son armée pour libérer Paris.
Alors, si la presse et les ennemis politiques de Chaban-Delmas ont vu en lui un éternel perdant, l’histoire reconnaît bien ses grands hommes.
Point fort : Populaire
Point faible : Moqué par les autres hommes politiques