Je crois à l'effort persistant et continu plus qu'au coup de collier sans lendemain. ”
Jacques Barrot reste un homme mystérieux sur ses intentions. L’éternel centriste commence par siéger au conseil municipal d’Yssingeaux, sa ville natale. Pour se retrouver Vice-président de la Commission européenne en 2004. Tout cela grâce à une ambition chevronnée et non selon des principes idéologiques clairs.
Le jeune député, élu en 1967, est alors fraîchement sorti des études. Mais il bénéficie du soutien de son père, député lui-même. Il mène carrière locale, en Haute Loire, en même temps qu’il se lie aux proches de Valéry Giscard d’Estaing. Il sert dans le gouvernement
Chirac puis dans celui de
Barre en se chargeant aussi bien du logement, du commerce ou de la santé.
L’éviction de la droite du pouvoir le force à se retirer pour longtemps. Député constamment réélu, il dirige le groupe centriste jusqu’en 1995. Il repasse sous
Juppé en tant que ministre du travail, pour lequel il doit défendre la loi sur les retraites qui provoque le blocage du pays pendant un mois.
Aujourd’hui retiré des affaires politiques françaises, il se consacre depuis 2004 à son poste aux transports au sein de la Commission européenne. Pendant le débat sur la constitution, il n’a pas caché son soutien à la directive
Bolkestein, qui a contribué à redonner du souffle au vote contestataire. Mais pour tous, il reste cette énigme, cette question posée sur un visage difficilement reconnaissable.