Un grand économiste, c’est quelqu’un qui saura très bien expliquer demain pourquoi ce qu’il a prévu hier ne s’est pas produit aujourd’hui ”
Laurent Fabius devait être étonné. De retrouver à l’Elysée, en 1981, l’un des premiers de sa classe lorsqu’il était élève au lycée Janson de Sailly, à Paris. Et d’apprendre là que Jacques Attali a fait Polytechnique, l’Ecole des mines de Paris, Sciences Po et l’ENA ! Jacques Attali est sans doute la tête la plus remplie de France.
Né à Alger, Jacques Attali arrive à Paris à l’âge de 14 ans. Ses brillantissimes études lui permettent de faire un stage dans la Nièvre en tant qu’énarque, mais surtout, d'y rencontrer
François Mitterrand.
Jacques Attali devient donc à 27 ans conseiller d’Etat, professeur à Dauphine et auteur de plusieurs livres d’économie. Mais la tête d’ampoule sait aussi se mélanger aux autres milieux. Il est ami de
Barre,
Delors, Lagardère, Coluche et Serres. En 1981, après seulement trois entrevues avec François Mitterrand, Jacques Attali devient son « conseiller spécial ». Il s’entoure d’une équipe d’énarques, dont font partie
François Hollande et
Ségolène Royal.
Il est néanmoins le seul à approcher de très près le Président. Chaque soir, il rédige sans relâche des notes pour Mitterrand, devient son sherpa lors des sommets du G7 et organise la Fête du bicentenaire de la Révolution.
Mais Jacques Attali ne se voit sans doute pas homme de l’ombre toute sa vie. Il quitte l’Elysée en 1990 et conçoit l’idée d’une Banque européenne pour le développement des pays de l’Est (la BERD), dont il devient président. Lorsqu’il quitte la Banque, Jacques Attali quitte aussi la vie politique pour se consacrer à plusieurs entreprises dont il est le dirigeant. Sans conteste, Jacques Attali a réussi sa carrière. Loin de lui, Polytechnique, l’ENA, Sciences Po, l’Elysée, ses quarante livres, il mérite un repos salutaire.
Point fort : Un prestige politique et intellectuel incontestable
Point faible : Jacques Attali s’est retiré de la vie politique