La richesse sociale et culturelle de l’Europe doit parler d’une seule voix ”
« Le prince rouge ». Un surnom qui se fond dans la personnalité complexe de Giorgio Napolitano. Le président italien élu en 2006 par le gouvernement
Prodi a dès à présent la lourde tâche d’unir un pays profondément divisé. Un rôle qui va à ravir à l’ancien communiste converti à la social-démocratie, au négociateur aux allures nobles capable de s’entendre avec toutes les parties.
De son passé d’ancien militant anti-fasciste et communiste, Giorgio Napolitano n’a curieusement conservé que le goût pour la poésie et le théâtre. Il est revenu de ses illusions et de sa fascination pour Moscou. Ca le prend en 1956, lorsque l’URSS réprime avec force la révolution à Budapest. Le communiste doute et s’attache à des idéaux plus socialistes. Il fait alors partie du courant des « amélioristes ». Ceux qui, au sein du PCI, ont le cœur à gauche quand d’autres restent fidèles à Karl Marx.
Et Napolitano ne fait plus illusion. C’est ainsi qu’on le voit donner des cours dans plusieurs prestigieuses universités américaines en pleine guerre froide, dans les années 70. Et finalement réussir à tuer le PCI pour en faire un parti social-démocrate. Qui se fait une place au gouvernement dans les années 90.
Tour à tour Président du Parlement, ministre de l’intérieur ou député européen, Giorgio Napolitano s’attire le respect de ses pairs. Son nom s’impose à toutes les bouches lorsqu’en 2006, un nouveau président doit être élu par les grands électeurs. Après l’agitation du gouvernement
Berlusconi, devant la fragilité du gouvernement Prodi, l’Italie a besoin d’un sage, d’un pondéré, d’un homme au-dessus des divisions. Du « Prince rouge », en somme.