Georges Marchais a marqué. L’ancien secrétaire général du PCF ne pouvait pas passer inaperçu et a forcé le respect de ses camarades autant qu’il a suscité les railleries de ses détracteurs. Une personnalité originale, une gouaille étonnante, c’est comme s’il manquait au monde politique français aujourd'hui.
Né en 1920, Georges Marchais devient mécanicien dans l’aéronautique. Il intéresse donc les Allemands en 1942, qui l’enrôlent de force pour le STO. Revenu à Paris en 1946, il adhère au syndicat des métallurgistes et ne tarde pas à y monter. Entre syndicat et PCF, il n’y a qu’un pas. Avec sa haute stature, sa physionomie marquante et son élocution, il devient vite un cadre respecté du parti. Membre du comité central en 1959, il devient secrétaire du parti en 1972.
Et se fait connaître dans l’opinion. Ses entorses à la grammaire française, ses prises de position originales font mouche. En 1968, il attaque la révolte étudiante et insulte
Daniel Cohn-Bendit d’ « anarchiste allemand ». Rien, par contre, sur l’invasion de la Tchécoslovaquie par les blindés soviétiques cette même année.
Et le problème est là : les années 70 sont celles où les Français prennent conscience que le PCF reste trop attaché au modèle soviétique. Le livre
L’Archipel du goulag de
Soljenitsyne choque. La déclaration de Georges Marchais sur l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, dont il qualifie le bilan de « positif », assassine le PCF. En 1981, Georges Marchais obtient 15,34% aux présidentielles : un échec.
N’ayant plus d’ambitions nationales, Georges Marchais se retire petit à petit de la vie politique française en devenant député européen jusqu’en 1989. Et laisse sa place à la tête du PCF à Robert Hue en 1994. Pour mourir en 1997 au son de Bitches Brew de Miles Davis. Une voix s’est éteinte.