Dans une cité tranquille de Seine Saint-Denis, loin de l’anarchie qui règne à Clichy sous Bois ou Montfermeil pendant les émeutes de banlieue, en 2005, Eric Raoult se fait un Père Fouettard des plus médiatisés. Le maire du Raincy, « Le Neuilly du 9-3 », impose le couvre-feu et interdit les rassemblements de plus de trois mineurs.
Sa stratégie : détourner l’attention. Maire depuis 1995 et adjoint au maire depuis 1983, Eric Raoult n’a délibérément rien fait en faveur des logements sociaux. 5% des habitations du Raincy, on est encore loin des 20% exigés par la loi.
Mais M. le Maire veut préserver sa ville de la « racaille » et des « étrangers ». Soucieux d’éviter la mixité sociale et ravi de préserver la population bourgeoise et vieillissante de son fief. Elu d’une ville qui faisait partie, à une autre époque, du domaine princier, à la frontière des cités du nord de Paris, Eric Raoult sait qu’il peut chez lui chasser sur les terres du FN. Son principal concurrent ne l’emportera pas face à lui.
Lui, c’est la droite conservatrice. Celle qui propose une loi à l’Assemblée pour le retour de l’uniforme à l’école. Celle qui souhaite le rétablissement de l’interdiction de blasphème. Pas étonnant, donc, que sa carrière nationale n’ait pas pu s’épanouir. Vingt ans à l’Assemblée nationale, depuis 1986, Eric Raoult n’a été que deux fois ministre, chargé de l’intégration, de 1995 à 1997.
Tant pis, donc, pour la carrière nationale. Face à la menace du FN, Eric Raoult se taille un rôle respectable de protecteur des bonnes gens du Raincy. Contre les pauvres et contre ses rivaux politiques.