Il y a des choses, nous savons que nous les savons. Nous savons aussi que nous en ignorons. C’est-à-dire, nous savons qu’il y a des choses que nous ne savons pas. Mais il y a aussi des inconnues. Celles dont nous ne savons pas qu’elles nous sont inconnues. ”
Trois carrières en une. Le militaire, l’homme politique, l’entrepreneur. Trois carrières que Donald Rumsfeld a toujours su autant séparer que mêler. Usant d’une ou d’une autre à son avantage, sachant différencier les rôles qui lui sont échus.
Le militaire sort de Princeton en 1954. Il rejoint l’US Navy et devient pilote d’avion jusqu’en 1957. Depuis, Donald Rumsfeld garde un poste dans l’armée de réserve.
Il mute alors en un républicain des plus conservateurs. Le député de l’Illinois, élu en 1962, est remarqué par l’entourage de Nixon. Il s’y immisce en 1969, multipliant les postes subalternes, comme Président du Bureau de l’équité économique (malgré ses opinions libérales) ou Ambassadeur des Etats-Unis à l’OTAN. Il approche la Maison Blanche en 1974 après le scandale du Watergate et y noue une solide amitié avec
Dick Cheney. Devenu Secrétaire d’Etat à la défense, il prône une politique étrangère unilatérale et le recours à l’option militaire contre l’URSS après le désastre vietnamien.
Ecarté du pouvoir après l’élection du démocrate Jimmy Carter, Donald Rumsfeld pénètre l’univers économique. Jusqu’à aujourd’hui, il sait manier ses contacts politiques pour réussir. Rachetant en 1977 l’entreprise pharmaceutique Searle, au bord de la faillite, il obtient l’autorisation d’introduire l’aspartame sur le marché, et empoche des millions de dollars. Idem lorsqu’il est PDG de General Instrument Corporation, en 1990, et vend deux réacteurs nucléaires à la Corée du Nord. Sans oublier le laboratoire Gilead Sciences, en 1997, dont les médicaments contre l’anthrax et la grippe aviaire sont des succès dont il tire toujours des bénéfices aujourd’hui.
Parallèlement à ses succès d'entrepreneur, la carrière politique décousue de Donald Rumsfeld n’est pas aussi brillante. Quelques présidences de commissions, une mission diplomatique au Moyen-Orient, le CV comporte des blancs dus à ses rivaux politiques dans l’entourage de
Reagan et de Bush père. Donald Rumsfeld compte donc sur
Bush fils dès 1998 et devient l’un des artisans de sa victoire en 2000.
Secrétaire d’Etat à la défense, l’homme politique militaire réorganise l’armée et la modernise, au prix d'un budget colossal. Il prépare patiemment la guerre en Irak et convainc l'opinion de l'existence d'armes de destruction massive chez
Saddam Hussein. En quelques années, Donald Rumsfeld est accusé de tout : le manque de moyens (pourtant énormes), le laisser-aller, les tortures d’Abou Ghraïb. En 2006, la défaite des républicains aux élections sénatoriales provoque sa démission. Une case en moins dans son CV, le soulagement de la communauté internationale.