Le blog société de Fluctuat.net
Fil d'actu : medias et politiqueFil Rss medias et politique
Pouvoir et contre-pouvoir. Tout ce qui concerne les rapports entre les medias et les hommes politiques.

Etienne Mougeotte est-il un fatal flatteur ?

Posté par Easywriter le 23.06.09 à 14:50 | tags : medias et politique, humour

La lecture de certains éditos (exemple) du sémillant directeur de la rédaction du Figaro nous avait mis la puce à l'oreille. Mais le dernier papier d'Etienne Mougeotte consacré à la réunion du Congrès lève tous les doutes possibles.
Le patron du journal conservateur fait partie de la redoutable clique des Fatals Flatteurs, ces activistes qui remplissent les pages de commentaires des grands medias par des éloges aussi vibrants qu'ironiques.Si d'ordinaire, ils s'attachent aux intellectuels, le publiciste lui s'attaque à d'autrement redoutables puissants. 

Jugez plutôt : "En incitant les Français à épouser l'avenir pour le construire ensemble, Nicolas Sarkozy englobe un siècle d'histoire, de Jules Ferry, le père de l'école républicaine, au Conseil national de la Résistance, initiateur du pacte social qui inspire encore le modèle français. Car c'est en s'appuyant sur ce socle de valeurs communes que le président proclame son «Ayons le courage de changer»."

On reconnait bien le style emphatique et les références définitives (Jules Ferry, mais aussi Kennedy un peu plus bas...)  des Flatteurs qui avaient par exemple écrit à propos de Bernard-Henri Levy dans Libé : " BHL est la parfaite synthèse de Zola, Sartre et Althusser. Il rayonne sur la philo, le théâtre, la littérature, le cinéma et la géo-politique. Il serait justice que le Prix Nobel de littérature (ou de la paix) lui soit enfin décerné".
Le billet s'appelle "De l'audace" et bien entendu, tout lecteur attentif en aura saisi l'ironie. 

On note également dans l'edito de Mougeotte, le goût de la phrase définitive, procédé rhétorique également cher aux flatteurs qui prennent soin de couper ainsi court à tout débat : "On pourra toujours réfuter tel ou tel point de la démonstration, mais on aurade la peine à contester au chef de l'Étatune audace visionnaire et mobilisatrice".
N'étaient les deux fautes de frappe qui collent "aura" à "de" puis plus bas  "état" à "audace", on pourrait appliquer à cet édito le test ultime que préconise Eric Mettout le rédacteur en chef de l'Express.fr : On reconnait une fatale flatterie à ce que son orthographe est irréprochable.

Chapeau bas, Etienne, sans liberté de flatter il n'est pas d'edito rageur, et on n'avait lu telle adresse dans le maniement du vitriol déguisé depuis Erasme.

 

 

 


 

 




Européennes : Bayrou craque sur les sondages

Posté par Edouard le 04.06.09 à 11:35 | tags : élections européennes 2009, modem, medias et politique

Les dernières estimations indiquent que la liste Europe-Ecologie serait passée devant le Modem pour les élections européennes du 7 juin. Un glissement qui a fait sortir François Bayrou de ses gonds.


Suite aux chiffres tombés mardi, qui montraient déjà un effritement des intentions de vote du parti centriste, le leader du Modem, qui n'est pas lui-même candidat aux européennes, l'a jouait encore cool sur les enquêtes d'opinion, jusqu'ici plutôt favorables à sa formation : "Je ne les ai pas commentés quand ils étaient bons, raison de plus pour ne pas en parler maintenant." Le sondage TNS Sofres/Logica (pour Le Monde, France 2, France 3 et France Inter) publié ce jeudi, qui donne la liste menée par Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly à 13%, contre 11% pour le MoDem, a eu raison de la sérénité affichée ces dernières semaines par Bayrou, qui s'est fendu d'un coup de gueule sur l'antenne de France Inter.

 

"J'ai déjà vécu ça, je vais le dire calmement. Je dis qu'en France, il y a une manipulation de la vie politique par les sondages. Vous ne diriez pas que notre campagne piétine sans les sondages. Au contraire, nous avons été depuis des semaines la cible de toutes les attaques, de toutes les injures et de toutes les mises en cause, ce qui est la preuve que les Français nous entendent. En 2007, la veille du scrutin, des manipulations de sondage de cet ordre ont annoncé que j'étais derrière Le Pen. Le lendemain j'ai fait le double des voix de Le Pen. Ceux qui nous écoutent savent depuis longtemps qu'il y a des manipulations d'opinions, des arnaques sur les sondages".


Et Bayrou de menacer, si le résultat de dimanche dément les sondages, de balancer des dossiers : "Si tel est le cas, dans les jours qui suivent, je dirai tout ce que je sais des sondages d'opinion. J'ai des informations, que personne ne donne." La théorie du complot, qui n'avait pas trop mal fonctionné pour le révolutionnaire centriste en 2007, fera-t-elle encore recette ?

 

Le coup de gueule de Bayrou sur les sondages (à partir de 6'24) :








En Inde, un soap opera contre le mariage des mineurs

Posté par Emmanuel le 01.06.09 à 09:39 | tags : medias et politique, international

Les feuilletons de télés sont-ils les espaces appropriés pour aborder des sujets de société progressistes ? Une question posée en Inde avec l'émission Balika Vadhu ou "Child Bride" (l'enfant mariée), qui aborde la douloureuse question du mariage des mineurs. Une pratique encore courante dans les régions rurales malgré la législation.

Pendant 10 ans, la télé indienne a été colonisée par un unique soap opera, "Kyunki Saas Bhi Kabhi Bahu Thi" ("Parce qu'une mère a d'abord été une fille "), où les femmes tiraient leur seule source de bonheur du mariage. Puis, la chaîne Colours a lancé Balika Vadhu, et l'audience est passé de 0,8 à 8 en treize semaines. En Inde, un pic d'audience peut concerner 17 millions de spectateurs. Le pitch ? Les tribulations d'une fille de 14 ans mariée de force serait une leçon de morale à peine déguisée aux familles des régions rurales qui continuent cette pratique malgré l'interdiction de la loi.

 

Problème, les populations concernées (la moitié des mariages de filles pré pubères dans le monde auraient lieu dans les régions rurales indiennes, selon l'UNICEF) n'auraient pas la télévision. Il y a donc peu de chances que les discussions autour de l'émission qui fusent dans les régions rurales en cours d'urbanisation puissent s'étendre à ces zones plus éloignées. Et de rêver que la télévision puisse faire ce que le gouvernement n'a pas encore réussi à faire avec la loi.

Source : The Global post




Comment le New-York Times a loupé le Watergate

Posté par Easywriter le 27.05.09 à 16:01 | tags : medias et politique

Les deux journalistes les plus losers du siècle s'appellent Robert Smith et Robert Phelps. Ces deux anciens du New-York Times, très âgés aujourd'hui, ont eu vent en 1972 d'une importante affaire de corruption qui impliquait selon leur source de l'époque le ministère de la Justice voire le président lui-même. La source a l'air fiable : Patrick Gray est à l'époque directeur du FBI .

Comment avec de telles révélations, les limiers du Times ont-ils pu louper l'affaire du siècle ?
En oubliant... Smith a quitté le NYT pour reprendre ses études de droit, et Phelps, à l'époque responsable éditorial, est parti faire un long voyage en Alaska.
Il ne sait plus ce qu'il a fait de ses cassettes et de ses notes à l'époque explique t-il aujourd'hui à son ancien quotidien.
Moralité : sans leurs avantages de feignasses (longue vacances, formation continue...) les journaleux auraient fait leur boulot et seraient devenus des popstars du journalisme (on plaisante).

En tout cas personne ne connaitrait aujourd'hui les noms de Woodward et Bernstein, journalistes du Washington Post qui publieront finalement quelques semaines plus tard ce qui restera connu dans les esprits sous le nom de Watergate, soit l'enquête la plus culte du journalisme moderne que tous les reporters américains citent encore quand ils veulent défendre l'importance de l'investigation dans leur métier.

 


 

illus : les hommes du président d'Alan J Pakula qui raconte le scandale du Watergate.




Européennes : demandez le programme... télé

La campagne officielle des européennes démarre aujourd'hui avec, au menu, affichage à outrance et communication cathodique. Sur les 161 listes inscrites, les partis représentés à l'Assemblée Nationale disposeront de vingt minutes de spot, soit presque dix fois plus que le temps de parole laissé aux 17 autres listes ayant droit à ce temps d'antenne.

 

Comme convenu, le CSA "apprécie la présentation et l'accès équitable à l'antenne des listes de candidats et de leurs soutiens jusqu'à la clôture du scrutin". Equitable mais pas égal, on peut en effet diviser les partis en lice aux européennes en deux camps inégaux. Les premiers ont un groupe parlementaire (UMP, Nouveau Centre, Modem, PS, Verts, Parti radical de gauche) et disposent de 20 minutes de temps de parole chacun (divisés en 10 modules courts et deux plus longs), tandis que 17 autres partis (auxquels sont rattachés des listes de candidats dans au moins cinq circonscriptions) se partageront une heure en deux clips d'1min15 et 2min17. Difficile de ne pas tomber dans la caricature en moins de trois minutes, les petites listes ne sortiront vraisemblablement pas grandies de la campagne diffusée sur les chaînes du service public. Cette division du temps de parole frise l'absurde dans le cas du Parti radical de gauche, présent à l'Assemblée mais absent de la campagne européenne. On aura donc le droit à 20 minutes dédiées à la dénonciation de "l'hégémonie" UMP et PS...

 

La campagne cathodique aura du mal à concurrencer l'esprit plus libre des vidéos sur Internet, qui mêlent de plus en plus la fiction à l'information. Pour marquer les esprits, les listes ont des stratégies différentes. Les Verts, après avoir fait chanter Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly sur You Tube, ont réalisé un film mélangeant animation et BD avec un fond de "musique bio". A côté, l'UMP la jouera "humaine, moderne, pédagogique et émouvante". Enfin, Le PS donnera une vision "enthousiaste de l'Europe", avec "des Français de toutes origines disant l'Europe qu'ils souhaitent"... Préparez-vous à sortir les mouchoirs.

Ajout le 28 mai: les spots de la campagne officielle des listes favorites dans les sondages: contest.

 
 le clip de la campagne européenne de l'UMP

le clip de campagne des européennes du parti socialiste



Temps de parole du président : la pirouette du CSA

Visite rapide et décevante du PS au CSA lundi 18 mai : le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel refuse à l'heure actuelle le décompte du temps de parole de Nicolas Sarkozy, lui préférant un droit de réponse de l'opposition 48 heures après chaque déclaration présidentielle.

Rappel. Aujourd'hui, le temps de parole télévisuel est divisé en trois tiers entre gouvernement, majorité et opposition. Au premier tiers, Benoît Hamon, porte-parole du PS, a demandé de rajouter les prises de parole du président "dès lors qu'il s'exprime dans le débat national", demande soutenue par le Conseil d'Etat le 8 avril dernier.
Réponse du CSA ? Le temps de parole de Sarko restera libre, mais le PS aura droit de répliquer dans les 48 heures sans voir cette réponse décomptée...
Dans tous les cas, pas de décision du CSA avant les européennes : "à ce rythme-là, rien n'aura été décidé avant la prochaine présidentielle !" répond François Hollande au Nouvel Obs.

En attendant, le PS saisit aujourd'hui le CSA pour interdire le clip de "campagne d'information et de mobilisation civique" du gouvernement en vue des élections européenes du 7 juin. "Spot UMP à la gloire du Président de la République" s'exclament les membres de l'opposition. Une nouvelle polémique qui sent le coup d'épée dans l'eau. Le clip doit être diffusé 1000 fois entre le 9 et le 22 mai, le CSA n'aura sûrement pas pris de décision d'ici là. Pas sûr en tout cas que ce genre de débats servent à combattre l'euroscepticisme.





Sarko sort Leclerc du placard

Posté par Emmanuel le 14.05.09 à 15:25 | tags : medias et politique
Gérard Leclerc est le nouveau directeur de la chaîne parlementaire, au grand dam du comité de sélection parlementaire réuni par Bernard Accoyer qui avait réélu à la majorité le président sortant. De quoi faire planer le doute sur l'indépendance de ton de la LCP ces 3 prochaines années... Et réveiller l'affaire du "Sarko off".

"Je ferai mon choix en mon âme et conscience, à l'abri de toute pression et en toute indépendance"

Rue 89 revient en détail (avec Le Monde) sur les dessous de cette nomination. C'est Bernard Accoyer, président de l'Assemblée, qui était censé sélectionner le leader de la chaîne parlementaire pour les 3 prochaines années. Pour bien faire, il avait même nommé un comité de sélection de 12 députés. A 8 voix contre 3, les députés s'étaient prononcés en faveur du président sortant Richard Michel, qui peut se targuer d'un très bon bilan.
Un avis qu'il a vite oublié, car ce mercredi 13 mai, c'est bien Gérard Leclerc qui est nommé à la tête de la LCP. Ce même Leclerc, chef de rubrique politique à France 3, qui avait été défendu par Nicolas Sarkozy quand il avait été "mis au placard". Ce n'est pas un scoop, le président l'a lui-même déclaré le 30 juin 2008 avant son interview sur France 3. Outre la preuve qu'Accoyer n'a apparemment pas trouvé d' "abri" à la "pression" du chef de l'Etat, cette nomination donne donc de la saveur valeur à la vidéo du "Sarko off" sur France 3, pour laquelle deux journalises de France 3 et de Rue 89 avaient été poursuivis par la direction de France 3.

 

 

 



Le clash entre Dieudonné et Elisabeth Levy

Posté par Easywriter le 14.05.09 à 11:24 | tags : medias et politique

Fluctuat a organisé un débat entre la journaliste Elisabeth Levy et l'humoriste Dieudonné.
La rédactrice en chef de causeur, chroniqueuse ouvertement sioniste a interrogé Dieudonné sur les listes antisionistes qu'il mènera aux prochaines élections européennes.
L'échange, parfois très animé, a été filmé, et, comme nous l'avons convenu avec les deux protagonistes, il est diffusé en intégralité et sans remontage sur Fluctuat.net.

 


        Dieudonné sur fluctuat.net

 

Voir les trois autres vidéos du débat entre Dieudonné et Elisabeth Levy




You Tube sauve l'Europe de l'abstention

C'est quand les européennes, entre le 4 et le 7 juin ? Ah non pas le temps 1) je suis en week-end avec mon ex 2) mon patron m'envoie en mission à Bali 3) mon gosse joue la finale du championnat de foot. Si vous êtes dans un de ces cas de figure, la campagne du Parlement Européen sur You Tube est faite pour vous remotiver... Vous et les 60% d'abstentionnistes prévus par les sondages.

"There's always time to vote"

"Pour combattre la crise, on supprime l'impôt sur le revenu"

L'image du Parlement Européen a été dégradée par le comportement français vis-à-vis du "paquet télécom". Il n'en faut pas plus pour éloigner les électeurs d'institutions éloignées, dotées d'un mode de fonctionnement complexe, avec des eurodéputés pas toujours très présents. Déjà en 2004, 54% des électeurs s'étaient abstenus dans les 27 pays européens. Les sondages montent à 60% pour cette nouvelle édition note le Canard Enchaîné. Alors outre sa campagne sur You Tube, dont la deuxième vidéo de la trilogie est ici, le Parlement Européen diffuse aussi un spot télévisé qui tente de changer la perception des Européens sur leurs institutions. En diffusant des informations fictives et abracadabrantesques, le clip incite les citoyens européens à faire eux-même l'information de demain. Les communiquants ont donc fait le pari d'être drôles ou alarmistes pour motiver les votants... Résultat le mois prochain.

Modification du 18 mai : voici le troisième volet de la campagne You Tube du Parlement européen :

 

 




Philippe Val à France Inter : Et maintenant ?

Posté par Easywriter le 12.05.09 à 14:43 | tags : medias et politique
Philippe Val quitte donc la direction de Charlie Hebdo pour France Inter.
Bizarrement, alors que l'impertinence, ton revendiqué explicitement par France Inter n'est pas forcément du goût de Jean-Luc Hees le nouveau patron de Radio France, celui-ci décide pourtant de recruter l'ancien patron d'un hebdo satirique.
Même s'il est vrai que Philippe Val est devenu un éditorialiste plus fréquentable - et plus fréquenté d'ailleurs.

Apparemment, Val pense à cette reconversion depuis 2005 et l'affaire des caricatures de Mahomet et il a déjà travaillé (en tant que chroniqueur)  avec Hees quand celui-ci dirigeait la chaîne il y a quelques années.

La question est : que vont devenir des animateurs comme Daniel Mermet avec lequel Philippe Val ne s'entend pa ? Et quid de l'avenir des chroniqueurs comme Stéphane Guillon ou des éditorialistes comme Thomas Legrand ?

La veine caustique de France Inter - et notablement celle de la tranche d'info menée de 7h à 10h par Nicolas Demorand - lui a valu de belles progressions d'audience dans un contexte général moribond de la consommation de radio. 
Inversement la normalisation de Charlie Hebdo - journal libertaire devenu hebdo de gauche tranquille - a valu au titre quelques déconvenues. En 6 mois, le journal aurait perdu 20 000 lecteurs (d'après Marianne).




Salarié de TF1 viré : Brard exige que Martin Bouygues reçoive des députés

Posté par Easywriter le 07.05.09 à 16:03 | tags : hadopi, medias et politique

 A fait exceptionnel, mesures exceptionnelles. Après le renvoi d'un salarié de TF1, Jean-Pierre Brard demande à ce que Martin Bouygues réçoive une délégation de députés.

Libération et Ecrans ont donc révélé ce matin que Jerôme Bourreau-Guggenheim, responsable de l'innovation du pôle web de TF1 a été viré, suite à un mail envoyé à l'origine à Françoise de Panafieu, mais que cette dernière a transmis à Christine Albanel

Le salarié de la première chaîne y faisait quelques critiques suffisamment fournies à l'encontre de la loi Hadopi pour que l'attachée parlementaire de Panafieu juge utile de le transmettre au cabinet de la ministre, et lui demande un contre-argumentaire pour lui répondre.

L'acte suivant reste obscur : qui a transmis au management de TF1 le mail initial (pas Albanel qui dit tomber des nues) ?
Toujours est-il que le management de TF1 récupère la prose de son cadre (envoyée depuis une boite privée et à titre tout aussi privé)

 

Le patron des activités numériques du groupe, Arnaud Bossom, convoque Bourreau-Guggenheim et  le vire.
Motif ? « Avoir mis le groupe en difficulté, sa position faisant apparaître le défaut d'alignement d'un responsable "web" avec la position officielle défendue par la direction ». (citation Ecrans.fr)

Depuis c'est la bronca. Jean-Pierre Brard (illus) vient de demander à l'Assemblée à ce que Martin Bouygues reçoive exceptionnellement quatre députés (« dont pourquoi pas Madame de Panafieu ») et revienne sur un licenciement jugé abusif. Il est, selon le député communiste, "la preuve de la consanguinité entre l'appareil d'Etat et les grandes majors du divertissement, du BTP (...)".
Sur son blog le député Verts, François Rugy, demande carrément la démission d'Albanel.
Sans trancher ce vif débat, on suggère modestement dans le cadre d'Hadopi, de faire du mail une œuvre intellectuelle protégée qu'on ne pourrait plus ainsi télécharger et échanger sans l'accord de son auteur. Histoire que "les fichiers perso" puissent le rester...

Mise à jour du 11 mai :  Christine Albanel vient de mettre à pied pour une durée d'un mois, un collaborateur qui aurait en effet transmis le fameux mail à TF1 et aurait remis sa démission au ministre qui l'a refusée. 

 




N'achetez pas la pétition de Siné Hebdo, volez là !

Posté par Easywriter le 28.04.09 à 18:08 | tags : medias et politique

La guerre ouverte entre Charlie Hebdo et Siné hebdo continue de faire rage. Cette fois, le second accuse le premier de lui avoir piqué... une pétition.

Siné hebdo projetait en effet de publier dans son numéro du 06 mai une pétition demandant l'abrogation de l’article L 622-1 du Code Pénal qui permet de poursuivre « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France ».

Télérama explique qu'au moment d'un envoi de la pétition - qui aurait déjà été signée par une soixantaine de personnes - la rédaction de Charlie Hebdo a été mise en copie par erreur. 
" Du coup, Charlie a bouleversé le chemin de fer du journal et a « monté » en deux heures un ersatz de notre appel, avec une dizaine de signatures (ces signataires ont ils été prévenus du rapt ? Nous en doutons.). Demain, vous pourrez donc voir, en une de Charlie et en page trois : une pétition pour l’abrogation de l’article L622-1. Cela s’appelle un vol qualifié ", indique un éditorial vengeur de la rédac de Siné hebdo qui grille sur le fil Charlie, grâce au web, en publiant sur son site une première liste de pétitionnaires.

 

 le titre de cette notule fait référence à un slogan de Charlie Hebdo. Il y a quelques semaines, Siné avait détourné une "Une" cultissime du journal Hara Kiri au détriment de Philippe Val

 




Moscovici - Quatremer : une vielle rancœur d'européens

Posté par Edouard le 27.04.09 à 14:15 | tags : élections européennes 2009, medias et politique, ps

La querelle qui oppose le député PS Pierre Moscovici au journaliste Jean Quatremer a repris du poil de la bête ce week-end sur le blog du correspondant de Libération à Bruxelles.

 

Tout est donc (re)parti d'une interview accordée par Moscovici à Libé, vendredi. L'ancien ministre délégué aux affaires européennes du gouvernement Jospin y fustigeait l'attitude désinvolte de Rachida Dati, numéro 2 de la liste UMP aux Européennes, lors d'une convention des jeunes UMP : "Etre député européen n'est pas une voie de garage pour des courtisans en défaveur."

 

A la lecture de ses propos, le sang de Quatremer, éminent spécialiste des questions européennes, ne fait qu'un tour. Le journaliste claque une notule intitulée "Moscovici et Dati, la poutre et la paille", où il déterre les dossiers de Mosco :

 

"Je rappelle que l'homme s'est fait élire député européen en 1994, au lendemain de la claque électorale subie par les socialistes en 1993, uniquement parce qu'il avait besoin d'un point de chute. On ne vit d'ailleurs guère, celui qui était alors le trésorier du PS, à Strasbourg et à Bruxelles. Il démissionna sans regret (et sans être regretté) en 1997 pour devenir ministre du gouvernement de Lionel Jospin.
En 2004, rebelote. Battu dans sa circonscription du Doubs en 2002, il décide de revenir à Strasbourg. (...) En janvier 2007, il bataille d'ailleurs comme un beau diable pour se faire réélire vice-président. Mais, un mois plus tard, c'est la rechute : il annonce qu'il se présente aux élections législatives françaises. Elu en juin, il désertera aussitôt un hémicycle qui n'est décidément pour lui qu'un asile temporaire pour battu du suffrage universel national."

 

Dans le flot de réactions suscitées par la notule (certains lecteurs du blog reprochant notamment à Quatremer de trop taper sur la gauche), on voit tout à coup apparaître la réponse d'un certain... Pierre Moscovici : "Pensez vous sincèrement, d'abord, qu'un homme qui, comme moi, a tout de même consacré 13 ans de sa vie à l'Europe-2 fois député européen, ministre, conventionnel- aurait été aussi désinvolte et approximatif sur le fond que la nouvelle candidate de l'UMP? Si oui, ce n'est pas une poutre que vous avez dans l'œil, mais tout un plafond!"

 

Ce Moscovici est-il un fake ? Apparemment pas pour Quatremer, qui a poursuivi la discussion dans l'espace commentaires, réitérant son argumentation et déplorant le manque de respect de la liberté de la presse des politiques français. Après l'affaire du blog de Eric Revel, fermé suite à sa lettre ouverte à Ségolène Royal, les blogs de journalistes n'en finissent en tout cas pas de créer la polémique. Celle lancée par Quatremer a au moins le mérite de soulever une question de fond à l'approche du scrutin européen : pourquoi notre classe politique prend-elle Bruxelles pour un placard honteux ? 




Nathalie Kosciusko-Morizet choisit Facebook pour annoncer sa grossesse

Posté par Easywriter le 22.04.09 à 15:06 | tags : medias et politique

Quand on est secrétaire d'état à l'économie numérique on réserve ses exclusivités aux réseaux sociaux. Nathalie Kosciusko-Morizet a donc annoncé sur Facebook - apprend-on via son twitter - sa grossesse.

Depuis quelques semaines, une photo circulait parmi les journalistes qui d'après la ministre se faisaient insistants.

NKM a donc publié une note intitulée "il paraît" dans laquelle elle confirme être enceinte et dame le pion aux révélations des journaux people.

Son accouchement est prévu pour l'été.

Mêlant politique, technologie et gossip, cette information a donc triplement sa place sur le blog société de Fluctuat.

Les premiers gazouillis de la progéniture seront-ils réservés à Twitter ?

(Photo crédit SIPA droits réservés)




Hadopi: un avant-goût du modèle chinois?

Posté par Emmanuel le 20.04.09 à 11:09 | tags : medias et politique, hadopi
Le site manifestation-contre-hadopi propose à ses visiteurs d'installer un pluggin sur Firefox pour naviguer comme un internaute chinois... un avant-goût de l'après Hadopi ?

 

 

Internet : accessibilité, immédiateté, gratuité, partage, réseau... liberté. Ces expressions que l'on associe spontanément au réseau Internet en France pourraient se transformer en censure, contrôle, labélisation gouvernementale, voire interdiction.
C'est ce qu'Hadopi présage, craint le site internet manifestation-contre-hadopi. Pour mieux en convaincre ses visiteurs (qui sont incités à s'inscrire pour une manifestation contre Hadopi le 25 avril), il propose de se mettre dans la peau d'un internaute chinois pour voir ce qui change quand on est pas libre de ses clics.

 

L'idée est née d'une installation d'Evan Roth et Aram Bartholllors lors de l'exposition Web 2.0 au vidéotage d'Hong Kong. Deux ordinateurs se côtoient, l'un est connecté au réseau hongkongais, l'autre au réseau chinois. Sur le second, la connexion peut être coupée pendant 15 minutes, certains sites au contenu sensible (Tibet, Manifestation de Tian anmen) sont interdits. Derrière, quelques 30.000 policiers et des volontaires civils veillent à éviter la propagation d'informations qui dérangent le gouvernement. L'occasion de rappeler qu'internet n'est pas libre pour tous et d'anticiper ce qui pourrait changer en France si l'on commençait à contrôler la navigation des internautes.

 




Le chien d'Obama est-il une arme de diversion médiatique ?

Posté par Edouard le 14.04.09 à 15:05 | tags : international, décryptage, medias et politique, crise financière
Quatre mois après l'installation des Obama à la Maison Blanche, l'identité du chien qui partagera avec eux la résidence présidentielle a été dévoilée ce week-end. Une info futile qui passionne pourtant les médias américains. Et parvient même à engendrer des polémiques.

 

Il s'appelle Bo, est âgé de six mois et appartient à la race des chiens d'eau portugais. Pour les médias américains, c'est LE scoop de ce week-end pascal. "Le plus grand mystère de Washington depuis le Watergate", a même osé une présentatrice de la chaîne CBS (voir vidéo ci-dessous), alors que la majorité des journaux télé y consacraient leur Une, à coup de photos exclusives et de duplexes avec la mère ou la sœur du canidé présidentiel.


Le toutou des Obama ne devait être présenté officiellement que ce mardi. Mais l'info, apparemment de la plus haute importance, a fuité dès samedi sur le net, avant d'être reprise par le site d'actu people TMZ et les médias les plus sérieux.

 

Pour le Washington Post, il y a même sujet à controverse, puisque Bo ne serait pas un bâtard sauvé d'un chenil, comme l'avait annoncé Obama à plusieurs reprises, mais un pure race offert par le sénateur Edward Kennedy, lui-même grand amateur de chiens d'eau portugais. "Promesses, promesses : est-ce que le chien d'Obama était abandonné ?", se demandait ainsi le Post dans son édition de lundi. Réponse, "à moitié", puisque l'animal a été rendu par ses premiers propriétaires sans passer par la SPA locale. Il fallait le préciser.


Pendant ce temps, le commentateur économique Peter Schiff s'est lui plaint d'avoir vu son passage sur la chaîne ABC annulé en raison de cette actualité brûlante. "Je crois que Good Morning America a consacré 30 de ses 60 minutes d'émission à ce scoop", a ironisé Schiff sur son blog vidéo. Connu pour avoir prédit dès 2006 la crise des subprimes, il comptait contredire ceux qui annoncent la fin prochaine de la récession. Un discours semble-t-il moins vendeur que l'histoire du clébard de la Maison Blanche...

 

Illustration : Barack Obama et Bo, le nouveau chiende la Maison Blanche (crédits : Sipa)




Moldavie: Une révolution 2.0

Posté par Emmanuel le 08.04.09 à 14:27 | tags : international, medias et politique
#pman, c'est le nom du tag lancé sur twitter qui a permis de rassembler plus de 10.000 personnes dans les rues de Chisinau en 2 jours. Ou quand Internet devient une arme de contestation massive.

 

Expliquer à chaud une contestation qui dérape est une prouesse. La presse avance alors toute une série de facteurs déclencheurs, reste au lecteur de faire ses choix.

Argument politique : les résultats des législatives ce dimanche ont poussé les libéraux à s'opposer à la victoire des communistes, malgré l'absence de fraude.

Argument économique : la Moldavie est le pays le plus pauvre d'Europe de l'Est. Avant, les jeunes moldaves allaient chercher du travail à l'étranger, mais avec la crise à l'Ouest, ils ont dû rentrer au pays et expriment leur frustration d'être à Chisinau en brûlant le Parlement.

Argument géopolitique : c'est la relation de vassalité à la Russie qui est rejetée, les jeunes veulent se tourner vers l'Union Européenne.

 

Toutes ces explications sont à la fois vraies et incomplètes. Le facteur rassembleur des mécontents a été Internet. En Ukraine en 2004 et en Biélorussie en 2006, la Révolution orange se diffusait par textos.
HydePark et ThinkMoldova, les mouvements déclencheurs de la grogne moldave, ont eux choisi Facebook et Twitter. Lundi, 6 d'entre-eux appellent sur les réseaux sociaux à une réunion pacifiste sur la place centrale de Chisinau en créant le tag #pman. Le buzz a été plus que suivit. Mardi, 10.000 personnes sont descendues dans les rues, et des manifestations sont encore attendues aujourd'hui si le pouvoir n'organise par de nouvelles élections. Twitter est-il en passe de tuer les syndicats ?




L'étonnante lettre ouverte à Royal du directeur de LCI

Posté par Easywriter le 07.04.09 à 16:52 | tags : medias et politique

 

 

Quoi qu'on pense des propos de Ségolène Royal en Afrique, la lettre ouverte que vient de lui adresser Eric Revel est tout de même assez hallucinante.

Extrait (avec fautes d'origine) :

Je suis outré par votre démagogie et votre populisme. Vos déclarations au Sénégal, pays de votre naissance, revenant sur les propos de Nicolas Sarkozy qui avait dit que "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire", sont dangereuse(...)
Vous avez dècidé que la politique n'était plus l'exposé d'idées et de convictions mais un simple chemin de communications réussies. C'est votre problème. Je ne partage pas cette conception de la politique(...)

Que Nadine Morano ou Frédéric Lefèbvre fustigent l'ex candidate socialiste n'étonnera personne - ils sont dans leur rôle et hésitent rarement à dégainer de bons gros calibres rhétoriques.

Mais qu'un directeur de la rédaction se fende d'une lettre dans laquelle il défend par ailleurs des propos du président  ("l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire") est tout de même une pratique discutable.

On aurait pu comprendre une telle saillie si Eric Revel avait quelque chose à dire de plus : outré par la dérive populiste de son pays, un journaliste de premier plan se sent obligé d'intervenir et ouvre un débat après avoir longuement hésité.
Mais à la lecture de cette lettre, on ne comprend pas très bien en quoi le fait de trouver une personnalité politique opportuniste et populiste - LCI doit en connaitre quelques autres tout de même... - autorise un responsable media à le crier sur la place publique. Une telle prise de position pour quelque chose d'aussi anodin qu'une énième maladresse ou coup médiatique déplorable, cela en vaut-il la chandelle ?

Y a-t-il une menace pour la démocratie, le ridicule de Ségolène Royal déclencherait-il une crise diplomatique d'ampleur ? Une quelconque urgence ?
Probablement que non,  mais quand bien même, LCI devrait alors faire un travail de fond qui serait plus honnête et plus efficace qu'un post comme celui-la. On a connu la chaine plus accomodante tout de même avec la démagogie.

Et, accessoirement : la rédaction est-elle au courant des prises de position de son directeur, qui bien qu'il s'en défende via une courte notule engage sa chaine  ? ( Ton post est sur LCI pas sur blogspot Eric).  "Si j'ai choqué ou donné l'impression de prendre parti, je m'en excuse". Au début de sa lettre, il expliquait parler comme un simple citoyen. La plupart des simples citoyens n'utilisent pas le blog de LCi pour faire part de leur avis. Si des journalistes de la chaine passent par ici je serai très curieux de connaître leur avis.




285e black-out de You Tube en Chine

Posté par Emmanuel le 24.03.09 à 16:14 | tags : international, medias et politique, actu insolite
You Tube est inaccessible presque partout en Chine depuis lundi. Un cas de blocage très fréquent dans l'Empire du Milieu, selon le site participatif Herdict Web.

 

"Jesus christ, this has got to be a Tibetan thing"

Pour les 100 millions de blogueurs chinois, la nouvelle ne semble même pas étonner. Depuis ce lundi, You Tube est inaccessible dans presque toute la Chine.
La raison du black-out est obscure car aucune info n'a filtré de la part des autorités qui disent "ne pas être au courant", rapportent les agences de presse. Mais pour les internautes chinois, le calendrier parle de lui-même : "this has got to be a Tibetan thing", note l'un deux sur Herdict. La diffusion de vidéos montrant des exactions commises au Tibet par la police et les militaires chinois pourrait en effet être à l'origine de cette opération de censure.

 

75% des blocages de You Tube viennent de Chine

Les autorités chinoises sont décidément les spécialistes du contrôle de la toile. Projet à l'initiative de l'Université de Harvard, Herdict répertorie les blocages de sites web que lui rapportent les internautes. Et d'après ses chiffres, sur les 381 cas (chiffre en cours) où You Tube a été inaccessible dans le monde, 285 ont eu lieu en Chine.


Une question se pose : comment font-il pour contrôler 300 millions d'internautes et 100 millions de blogs ? Grâce à la technologie américaine, pardi. Le fameux "Great Firewall" (le grand pare-feu) permet de bloquer les contenus sensibles des sites Internet (les droits de l'homme, le Tibet etc.). En parallèle, le chatoyant "projet de bouclier en or" est un réseau de citoyens bénévoles et de surveilleurs du gouvernement qui s'infiltrent dans les forums de discussion et les blogs pour vérifier que rien ne contredit "l'harmonie sociale" chinoise.




Après DSK, Guillon se paie Apathie

Posté par Easywriter le 24.02.09 à 11:50 | tags : medias et politique, humour

Episode 1 : le mardi 17 février, Dominique Strauss-Kahn est l'invité de la matinale de France Inter. Dans sa chronique, l'humoriste Stéphane Guillon détaille les mesures de sécurité mises en place pour le personnel féminin de la station.

Episode 2 : sur son blog Jean-Michel Aphatie s'insurge (l'orthographe est "d'origine") : "La particularité de Stéphane Guillon, c’est qu’avant d’être drôle, il est méchant. Ou plutôt, que son humour repose sur la méchanceté. Ces textes ne sont pas spirituels. Il ne joue pas avec les mots, ne les mélangent pas, ne les triturent pas. Il n’est pas non plus dans le non sens, ou l’ironie. Non, il est tout simplement méchant".

Episode 3:  Triturer les mots ? Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des problèmes d'élocution, et puis tu pues de la gueule,  répond le comique : 

Episode 4 (et fin ?) : Apathie éprouve de la honte compassionnelle pour le chroniqueur de France Inter



Wall Street Journal et affaire Madoff : comment rater son "Watergate"

Posté par Emmanuel le 19.02.09 à 16:13 | tags : medias et politique, décryptage, crise financière
Le scandale Madoff aurait pu éclater dès 2005 ! Le Wall Street Journal avait l'informateur, mais le scoop a été enterré. Paresse intellectuelle, auto-censure ? Deamon Ingleton a mené l'enquête pour counterpunch.org sur ce Watergate financier resté lettre morte.

Dès 2005, Harry Markopoulos aurait pu être le nouveau Deep Throat et John R. Wilke succéder aux journalistes du Washington Post qui ont déterré l'affaire du Watergate en 1974.
Pour Deamon Ingleton, les révélations de l'inspecteur Harry sur Bernard Madoff "représentaient la plus grosse opportunité de développement de carrière qu'un journaliste avait en main depuis que Gorge Profonde livrait Richard Nixon à Woodward et Bernstein". Pas moins.

Pourquoi alors les coups de fils et les mails de Harry à John R. Wilke, reporter financier au Wall Street Journal, n'ont pas donné de suite? Selon Markopoulos, le journaliste était prêt à se lancer mais il n'aurait pas reçu l'aval de ses chefs ...Pour Ingleton, il est fort probable que l'enquêteur ait seul perdu la foi, voyant que si peu d'informations circulaient autour de la société d'investissement de Bernard Madoff.

Pourtant, le rapport envoyé par Markopoulos au Wall Street Journal donnait tous les détails de la fraude financière opérée par Madoff. Inexplicable silence médiatique. Autre exemple, le jour où Madoff s'est dénoncé, le New-York Times a publié un article révélant que ses contacts à Wall Street avaient senti l'arnaque depuis longtemps. De quoi écœurer encore plus les milliers de victimes de l'homme d'affaire.

Le Wall Street Journal a pondu une excuse: les propos de Markopoulos étaient "mal-informé et incorrects".

Pour Deamon Ingleton, le rapport de l'expert en échanges d'options était au contraire trop technique pour les journalistes. Mais "n'importe quel jeune reporter financier intelligent n'aurait pas eu de difficulté à comprendre les arguments de Markopoulos".

En apprenant que le Wall Street Journal a qualifié les propos de Markopoulos de "fantasmes" pour sauver sa réputation, une question nous taraude : combien de temps Richard Nixon serait-il resté au pouvoir si, en 1974, le Washington Post avait dit à Deep Throat de rentrer sa langue ?

 

Deamon Ingleton est l'ancien rédacteur en chef du magazine américain Forbes et du Financial Times.

A lire aussi, l'article sur Madoff vs Kerviel

 




Slate arrivé près de chez vous

Posté par Edouard le 13.02.09 à 12:03 | tags : medias et politique
Slate.com, site d'information créé en 1996 et devenu une référence du journalisme online, débarque en version française à l'initiative d'une équipe composée de Jean-Marie Colombani, Jacques Attali, Johan Hufnagel, Eric Le Boucher et Eric Leser.

Lancée officiellement le 10 février 2009, la version française nourrit la même ambition que son grand frère. Proposer une approche de l'info "un peu distancié, avec un mélange entre des papiers extrêmement sérieux, des sujets plus "funs" traités de façon sérieuse, et du léger sur des sujets sérieux", confie Hufnagel à Fluctuat.

Lire la suite de l'entretien sur le mag société




Le Parquet demande la relaxe pour Siné

Posté par Easywriter le 28.01.09 à 16:09 | tags : medias et politique, justice

"On n'a pas le droit de sortir des phrases de leur contexte satirique. Nous sommes sur le terrain du droit pénal et il ne se réduit pas à la morale.
La chronique est politiquement incorrecte mais aujourd'hui tolérerait-on les écrits de Coluche ou Desproges.
On attendait aussi Siné sur des propos de 82 qui incitaient, eux, à la haine. Le procès n'a pas été fait en 82, il ne faut pas lui faire payer ses propos de 82. Je vous demande de bien vouloir relaxer Siné"

Ainsi s'est exprimé ce matin, d'après Lyon Capitale, le Procureur de la république au procès de Siné.

 

D'après lui, le caricaturiste ne peut-être attaqué pour incitation à la haine raciale mais pour diffamation et outrage concernant les propos qu'il a tenus sur Jean Sarkozy.
Depuis hier, nombre de personnalités ont défilé, parfois escortées par des gardes du corps comme Bernard Henri-Levy qui avait estimé que "selon la loi française, la ligne jaune est constituée par l'attaque raciste et antisémite contre les personnes". D'autres comme Guy Bedos étaient venues défendre le dessinateur, l'humoriste estimant qu'il ne fallait pas " banaliser l'antisémitisme, il y en a des vrais , qu'on ne cherche pas les faux". 

En raison d'un malaise le dessinateur était absent de son procès dont le jugement sera rendu le 24 février.




Le vrai Canard : le journal répond, les auteurs maintiennent

Posté par Edouard le 25.11.08 à 20:14 | tags : medias et politique
Comme l'avait annoncé le directeur de la rédaction Michel Gaillard à l'AFP, le Canard Enchaîné s'est donc réservé l'exclusivité de sa réaction à l'enquête de Karl Laske et Laurent Valdiguié, Le Vrai canard, à paraître dans son édition de mercredi. Le même jour que la sortie de l'objet du délit.


Pour l'occasion, le palmipède a même bousculé sa "une" afin de donner une large place à une chronique intitulée "Les dessous d'un livre", où les auteurs sont accusés de "balancer des dizaines de noms d'informateurs, avérés ou non", au mépris de la protection des sources. Le Canard dément être sous l'influence de Sarkozy, ou le fait que Pierre Charon et Brice Hortefeux alimentent respectivement le Journal de Carla B - chronique qui serait écrite par son journaliste Frédéric Pagès- et la page 2, alias la Mare aux Canards.Les pages du livre concernant le passé sous l'Ocupation de Robert Gaillard - père de Michel Gaillard actuel directeur du journal - provoque également l'indignation de l'hebdomadaire qui ajoute que Robert Gaillard a été lavé de tout soupçon à la Libération.

L'affirmation selon laquelle un article sur les revenus du Nicolas Sarkozy avocat aurait été "trappée" par la direction du journal est- également démentie. Dans son édition du mercredi 26 novembre, le Canard indique que cette enquête a été publiée dans "Les dossier du Canard" en avril 2008.
Préparé à la contre-attaque, Karl Laske se dit pourtant "très tranquille" par rapport aux accusations du Canard, qui selon lui "ne portent pas sur le fond". Et s'amuse d'être présenté, avec son collègue, comme un aigri qui n'aurait pas digéré de ne pas être rentré au journal après avoir pigé pour les Dossiers du Canard. Dans l'entretien qu'il accorde à Fluctuat, Karl Laske revient notamment sur les connivences mitterrandiennes du journal et le jeu d'influences actuel qui le lie à l'Elysée. "Notre question c'est de savoir si cette présence forte d'un réseau qui relie la présidence au Canard affecte sa capacité à faire des enquêtes. Et notre réponse est oui" , indique, entre autres, l'auteur de l'enquête.

Lire notre entretien avec Karl Laske.




Le vrai Canard (Enchaîné): Enquête sur un palmipède en eaux troubles

Posté par Edouard le 20.11.08 à 12:21 | tags : medias et politique

Les journalistes Karl Laske et Laurent Valdiguié publient le 26 novembre "Le Vrai canard" (Stock), livre sur les dessous du Canard Enchaîné, l'hebdomadaire satirique qui fait référence pour ses scoops et sa capacité à allier prospérité financière et liberté de ton. De La Mare aux canards au Journal de Carla B. en passant par les courus "pots du Canard", l'ouvrage nous révèle que le "Journal satirique paraissant le mercredi" peut lui aussi succomber à la collusion si souvent dénoncée dans ses colonnes.

"La Liberté d'expression ne s'use que lorsqu'on ne s'en sert pas", clame le slogan du Canard. Le célèbre palmipède n'échappant pas à la règle, il fallait bien qu'un jour des enquêteurs se penchent sur son cas. Hebdo dévoré chaque semaine par ses lecteurs fidèles, la classe politique qui craint d'y être épinglée et les rédactions de France qui s'en inspirent (il faut avoir assister à son arrivée chez Libé ou Le Monde pour comprendre le phénomène), il jouit d'une réputation sans doute un brin aveugle que l'enquête de Laske et Valdiguié - déjà auteurs d'un bouquin sur l'affaire Clearstream, "Machinations: Anatomie d'un scandale d'Etat" - vient relativiser, comme on peut le constater dans les bonnes feuilles publiées dans L'Express de jeudi.

On apprend ainsi que la page 2, alias La Mare aux canards où sont compilées les petites phrases des politiques, est souvent instrumentalisée par ses informateurs, dont Brice Hortefeux, un des pourvoyeur les plus prolifiques. Que Le Journal de Xavière (Tibéri) était alimenté par Jean-François Probst comme l'est aujourd'hui celui de Carla Bruni par Pierre Charon, un conseiller de l'Elysée. Et que les intéressées adorent. Que le journal roule sur l'or (6,2 millions d'euros de bénéfice net en 2007), paie grassement ses rédacteurs et organise chaque année un pot très VIP où se mêlent sources, notables et personnalités du show-biz.

Contacté par l'AFP, le directeur de la publication Michel Gaillard a annoncé que le Canard "répondra dans colonnes" à l'ouvrage. Une prise de bec qu'on suivra avec intérêt.

Mise à jour : lire l'entretien avec Karl Laske, un des auteurs du Vrai Canard.






  Discussions en cours sur le forum :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines