Avec Nicolas Sarkozy on ne s'ennuie jamais. Avec sa femme non plus.
Si le livre d'Anna Bitton intitulé Cecilia parvient un jour dans les rayons (Cécilia Sarkozy a demandé un référé pour interdire sa publication), on devrait avoir droit à des confidences du type : "c'est un pingre, c'est un sauteur" ou "Il a un côté ridicule. Il n'est pas digne. Nicolas, il ne fait pas Président de la République, il a un réel problème de comportement."
La journaliste du Point a recueilli ces propos au fil de sa longue fréquentation de l'ancienne épouse du président.
Peut-être en apprendra-t-on plus sur la personnalité hystérique de Sarkozy.
Bien que celle de Cécilia ne semble pas mal non plus. Askolovitch publie dans le Nouvel Obs des extraits hallucinants concernant l'épisode des infirmières bulgares.
Du niveau d'un polar de la collection SAS, Cecilia à Tripoli. "Je suis arrivée, je les ai prises, je suis partie, j'ai fait le plus grand casse du siècle: Kadhafi n'avait aucune intention de libérer ces filles! C'est moi qui ai mené les négociations. Très vite j'ai eu la mainmise sur kadhafi, j'ai senti que j'avais un pouvoir sur lui."
Faut pas la faire chier Cécilia, même si bien sûr elle flippe et se demande si toute la délégation française ne va pas se faire égorger.
Alors quitte à finir dans un bain de sang autant mourir dignement et cette sacrée nana a de la ressource : "Cécilia dévoile son plan à ses hommes et leur lance sur le ton du défi: "C'est le moment de prouver que vous en avez." Il ne faudra pas le leur dire deux fois. Les bodyguards font sauter les verrous des cellules de Djoudeida avec leurs armes de poing! Dans l'Airbus, la James Bond Girl de Neuilly suit le déroulement de l'intervention grâce à son téléphone sécurisé."
Et dire qu'on jugeait inutile de la faire auditionner par une commission parlementaire sur son rôle pendant l'opération.
C'est l'histoire d'amour d'un hystéro et d'une mytho et ça finit mal...
Ajoutons un dernier ouvrage - surement le seul qu'on lira - Cecilia, La face cachée de l'ex Première Dame, une enquête de Denis Demonpion (Le Point) et Laurent Léger (Bakchich).
Ruptures d'Yves Derai et Mickael Darmon.
Cecilia portrait, d'Anna Bitton.
Edit du 10/01: Cécilia Sarkozy n'a pas obtenu l'interdiction de mide en vente du livre d'Anna Bitton
Les socialistes lavent désormais leur linge sale en librairie. Après les livres de Marie-Noelle Lienemann (Au revoir Royal),ou Claude Allègre (La défaite en chantant) c'est au tour de "l'autre camp" de riposter.
Patrick Mennucci, un des lieutenants de la garde rapproché de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle tire sur la direction du parti.
En fidèle bras droit de Ségolène, pour laquelle il a toujours eu les paroles les plus élogieuses (le livre s'appelle d'ailleurs Ma candidate c'est dire), Menucci s'en prend à la direction du parti. L'appareil peuplé de strauss-kahniens et fabiusiens est accusé d'avoir savonné la planche de la candidate.
Pendant toute la campagne, les proches de Ségolène étaient rassemblés au 282 boulevard Saint-Germain, un local pas si éloigné de la rue de Solferino où siège le PS.
Mais la cohabitation de deux lieux décisionnaires a favorisé la paranoïa entre ségoléniens et socialistes old-school et rendu plus complexe si c'était possible l'organisation de cette campagne présidentielle.
Pour preuve de la mauvaise volonté de François Hollande et de ses cadres, Menucci indique dans son ouvrage que les permanents du siège ont touché 500 € de prime à l'issue des élections, une prime de défaite en somme qui les récompenseraient de la mauvaise volonté mise dans la campagne de Ségolène Royal.
Le site de l'hebdomadaire publie aujourd'hui la réponse de permanents du staff socialiste qui expliquent que la prime concerne le succès des législatives.
Ils s'étonnent également d'être la cible d'un de leur dirigeant avant de poser une question à Menucci : " tu sembles considérer le geste qui nous a été consenti comme indu , n'as-tu pas toi-même perçu - indûment donc - le solde de tout compte de ton CDD à l'issue de la campagne, malgré la défaite ? Puisque tu as mis en avant le montant de notre prime, quel fut celui de la tienne ?" La classe non ?
A lire sur le mag :
> La chronique (au vitriol ?) du livre de Yasmina Reza L'aube le soir ou la nuit dont, faut-il le préciser, Nicolas Sarkozy est le héros.
> Le dossier Prisons : état des lieux, reportage à la Santé, travail des détenus et prisons de demain…
- "Est-ce qu'elle m'aide ? C'est pas sûr, c'est pas sûr que le fait d'être nulle soit forcément un handicap en France"On reviendra bientôt sur l'inflation de livres attendue durant la rentrée littéraire mais on peut déjà revenir sur une autre période faste pour les éditeurs français cette année : la campagne présidentielle. Selon son éditeur XO, le Témoignage de Nicolas Sarkozy se serait arraché à plus de 300 000 exemplaires.
Un des autres grands succès fut l'essai consacré à Ségolène Royal par Ariane Chemin et Raphaelle Bacqué, la Femme fatale, 220 000 livres vendus.
Citons également la bande dessinée La face karchée de Sarkozy de Riss et Philippe Cohen et Pour un pacte écologique de Nicolas Hulot. Bien sur, ces succès sont la partie émergée d'une production pléthorique dont 90 % est passée au pilon.
L'autre aspect notable est que la plupart des ouvrages ont une durée de vie de plus en plus courte, étant plus liés à une temporalité événementielle et journalistique qu'à celle, plus distanciée ordinairement, de l'analyse livresque. Qui songerait à acheter aujourd"hui le Qui connait Madame Royal ? d'Eric BessonFranz Olivier Giesbert est même en tête avec déjà 317 000 exemplaires vendus.
Mais la durée de vie d'un livre étant de plus en plus courte - ce qui vaut bien sur aussi pour le rayon littérature- on peut parier sur une plus grande quantité d'ouvrages encore lors des prochains rendez-vous électoraux : puisque le succès de cette campagne a surpris il est à craindre que les éditeurs préfèrent ouvrir grand les filets en arrosant le marché plutôt que de chercher une approche plus fine.
(Merci L'institut GFK et merci Le Monde)
Voici comment aurait réagi Nicolas Sarkozy après qu'il a entendu Azouz Begag s'indigner de la " la sémantique guerrière" utilisée par le ministre de l'intérieur lors des émeutes de 2005. Les propos sont rapportés dans "Un mouton noir dans la baignoire" que publie mercredi, l'ex (il vient d'être "démissionné") ministre de l'égalité et de la promotion des chances.
Tous les membres du gouvernement, à l'exception d' Azouz Begag et de François Goulard qui soutiennent donc François Bayrou, ont fini par rallier, avec plus ou moins de conviction Nicolas Sarkozy. Ces dernières semaines, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, même le premier ministre a eu quelques mots de soutien envers le candidat.( Certes mesurés, Villepin ayant - tout comme Simone Veil à peu près en même temps - fait part de son désaccord avec les positions de plus en plus dures de Sarkozy sur l'immigration).
"On n'a pas besoin de draguer l'extrême droite" s'était emporté récemment le ministre de la promotion et de l'égalité des chances sur le plateau d'En aparté, s'indignant des propos sur l'égorgement des moutons dans les appartements et de la proposition de créer un ministère de l'immigration et l'identité nationale. Il craignait une dangereuse surenchère à droite, dans la foulée des émeutes qui étaient pour lui le début de la descente aux enfers.
Il n'est pas sur pourtant que la parution de cet ouvrage - dont Marianne publie demain les bonnes feuilles - gêne réellement le candidat UMP qui a très fortement ancré sa campagne à droite ces dernières semaines, convaincu qu'il doit ratisser à droite avant de draguer la frange centriste/droite modérée dans la perspective du second tour.
Au nom de la lutte contre une pensée unique, qui serait composée d'un soixant'huitardisme d'arrière garde, d'un antiracisme dogmatique et d'un antisémitisme larvé, il est aujourd'hui possible de dire à peu près tout et n'importe quoi. Ces propos d'Alain Finkielkraut, rapportés par le quotidien israëlien Haaretz expliquent donc que la prise en compte des diverses cultures qui composent la France au fil des métissages et de l'immigration est en soi une menace pour les juifs. Comprenez bien aussi qu'une société multiculturelle se résume à une lutte de pouvoirs entre les parties qui la composent.
Le philosophe adopte la même posture que Nicolas Sarkozy : alors que la liaison immigration/ insécurité /et identité nationale est si courante qu'elle devrait entrer comme expression toute faite dans le Petit Robert, ils continuent tous deux à critiquer un humanisme béat et démissionnaire qui serait la source de tous nos maux : ainsi un ministre de l'Intérieur qui a connu la plus grande crise des quartiers populaires il y a moins de 18 mois peut s'en prendre à la pensée "soixantehuitarde" pour expliquer encore aujourd'hui les affrontements qui dégénèrent. Ou critiquer une pensée bourgeoise et germanopratine alors que ses représentants les plus caricaturaux lui ont apporté leur soutien. Et à l'évidence, Nicolas Sarkozy et Alain Finkielkraut ont le plus grand mal à exprimer une pensée nouvelle et pragmatique dans des medias qui leur font la sourde oreille...
Je le dis sans passion aucune, calmement mais fermement : ce que construit Ségolène Royal dans cette campagne présidentielle est mensonger et dangereux, pour la gauche et pour la France. Elle prétend porter une rénovation démocratique? En réalité, elle construit un pouvoir personnel. Elle attise la méfiance envers les élus et la démocratie représentative. Elle joue de sa victimisation, elle instrumentalise le féminisme, les souffrances des femmes et celles des exclus, pour asseoir son pouvoir. Elle promeut une démocratie participative qui n'est que mascarade.
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