Le clip officiel de campagne l'UMP pour les élections européennes met en scène un discours de Xavier Bertrand repris en play back par une foule de militants-figurants. Attention, instant kitch.

Phénomène qu'on pensait enterré au cimetière des buzz éphémères du web, le lip dub (littéralement "lèvre-doublage) a été ressuscité par les partis politiques à l'occasion des élections européennes 2009. Initiateur de ce retour du playback corporate, la liste Europe-écologie a suscité un certain engouement en invitant les 10 000 signataires de son appel à participer à un lip dub géant sur la chanson "La crise" de L'Homme Parle. On pouvait notamment y voir Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et José Bové se prêter au jeu.
L'idée a visiblement séduit l'UMP, qui a donc elle aussi succombé au lip dub pour le lancement de sa campagne officielle. Sauf qu'au lieu de doubler une chanson illustrant le programme maison, les militants ont dû se contenter de faire le playback d'un texte lu par Xavier Bertrand, qui ouvre et ferme la vidéo. Ou comment sombrer dans le pathétique en voulant la jouer fun, mais sans aller jusqu'au bout.
Débat houleux chez Les Verts ce week-end : malgré un résultat honorable aux législatives - mais avec l'aide du PS qui ne présentait aucun candidat face à un Vert sortant - le parti écologiste traverse une crise d'identité grave. Certes, les Verts ont doublé leur score de la Présidentielle et ont même gagné un député. Mais leur positionnement politique reste flou, un peu d'alter sauce Bové, un peu de gauche plurielle (notamment via Noël Mamère), et en même temps une tentative d'ouverture au centre- le Mouvement Démocrate ayant d'ailleurs récupéré des figures importantes comme Jean-Luc Benhamias.
Yves Cochet qui proposait d'en finir avec la structure existante pour refonder l'écologie politique. "Nous n'avons pratiquement pas progressé depuis 33 ans, l'écologie politique n'a pas fait progresser l'état de la planète, nous avons échoué" , a-t-il amèrement constaté.
Politiquement, le député de Paris aurait pu ajouter que la droite avait même réussi un hold-up symbolique assez simple finalement sur la problématique environnementale.: outre le Pacte écologique de Nicolas Hulot , c'est elle qui aura créé un grand ministère de l'environnement rassemblant les questions de transports et d'équipement. Ce que la gauche n'a jamais réussi alors qu'elle avait dans son camp la forme politique la plus aboutie.
Dissoudre le parti et s'ouvrir aurait peut-être permis de ne pas lier la crise des Verts à une pathologie encore plus lourde : l'avenir de la gauche. Mais ce week-end, Martine Billard, Noël Mamère ou encore François de Rugy, ont tous estimé que leur parti devait au contraire participer à la refondation de la gauche et rassembler autour de lui les antisarkozystes. Un choix politique qui peut se comprendre mais qui ne devrait guère permettre aux Verts de fédérer. Qui va rejoindre un parti totalement assimilé à la gauche plurielle, dont le fonctionnement même n'autorise aucune avancée et dont on retient (malgré lui) plus les embrouilles internes que les propositions ? Pour tenter de trouver un nouveau souffle et d'ouvrir un peu les fenêtres d'une mouvance clautro, Cochet estime qu'il faut venir nus, sans la structure derrière". Lors du Conseil national interrégional, son texte a été repoussé par 50 voix contre, 8 pour, et 14 abstentions.
Profitons des dernières heures légales pour faire le point sur les dernières estimations sondagières.
Globalement la déferlante UMP prévisible s'est un rien tassée : 41 à 43 % des électeurs apporteraient leur suffrage à un candidat issu de la majorité. Les socialistes peinent à atteindre le seuil psychologique des 30 % de vote, l'étude la plus favorable ( Sondage TNS-Sofres/Unilog pour RTL, Le Figaro et LCI réalisé les
5 et 6 juin) les crédite de 29,5%, les dernières statistiques publiées par Cisco pour Le Parisien et Ipsos Dell pour SFR/Le Point les placent à 28 % d'intentions de vote.
En projection - à prendre avec des pincettes car les contextes locaux jouent beaucoup dans les résultats réels - le parti de François Hollande aurait entre 110 et 155 sièges, et retrouve au mieux l'équilibre actuel (149 députés); Encore doit-il cette relative bonne tenue à l'effondrement de ses partenaires : les communistes notamment ne conserveront pas leurs 21 députés mais plutôt une fourchette comprise entre 4 et 12 sièges. Les Verts conserveront au mieux leurs trois sortants. Le Mouvement Democrate de François Bayrou dont les intentions de vote se tassent également ne peut prétendre à plus de 6 députés sauf accord de désistement ( et de dernière minute)avec des candidats de gauche.
L'UMP récupèrerait 390 à 420 sièges contre 365 actuellement. François Fillon et Nicolas Sarkozy aimeraient dépasser le seuil de 400 élus pour marquer une très nette majorité.
A noter : - Dès 20 H, dimanche : Consultez les Résultats du premier tour des législatives
- Le 17 juin à 20H, consultez les Résultats du second tour des législatives
- Voir aussi : la liste de tous les candidats aux législatives 2007 et la liste de tous les suppléants aux candidats aux législatives
On vous parlait il y a peu des chances raisonnables pour François Bayrou de conserver son siège de député dans les Pyrénées Atlantiques. Son bras droit Marielle de Sarnez aura en revanche fort à faire dans la onzième circonscription de Paris.
Cette circonscription recouvre une bonne partie du quatorzième arrondissement. Pour nos lecteurs berrichons, le quatorzième arrondissement est un paisible village de classes moyennes supérieures où on peut élever ses enfants asthmatiques - la porte d'Orléans et son milliard de bagnoles c'est à côté...- sans risquer mourir dans une gun-fight, mais où on meurt en revanche souvent d'un ennui délicieux. Mais l'intérêt du quatorzième dépasse la dimension locale (ouf).
Yves Cochet - député sortant Vert soutenu par les socialistes, Nicole Guedj, éphémère Secrétaire d'Etat aux victimes et qui roule en tricycle et Marielle de Sarnez soutenue par un autre ex-Vert Jean-Luc Benhamias donc y sont candidats. Entre les changements de camp et les récupération politiques - tout le monde est écolo - les répères sont plutôt brouillés.
Il sera intéressant de voir quel électorat capte réellement le Modem ( qui y a réuni 23% des électeurs au premier tour de la présidentielle), on dit par exemple que Sarnez est en passe de séduire la droite catho un peu oubliée dans cette campagne. Ce n'est pas certain et, au reste, personne ne sait à qui
profiterait réellement le désistement de la centriste et aucun accord n'est en vue.
Cochet peut flipper un peu même s'il part favori grâce au socialiste de l'étape Pierre Castagnou, bien implanté dans le tissu associatif. En 2002 Cochet avait profité des divisions de la droite et peut remercier le Mouvement démocrate de reprendre le rôle de troisième couteau sans quoi l'effet Sarkozy eut été plus douloureux. Bertrand Delanoë qui soigne avec Cochet sa majorité à la mairie de Paris sera attentif au résultats du quatorzième dont on dit qu'il reflète l'ensemble de la capitale. Et l'UMP parisienne fera de même observant attentivement les gains éventuels de voix qu'elle obtiendra dans un arrondissement quasi impossible à prendre.
Tous les candidats de toutes les circonscriptions parisiennes, tous les résultats des législatives à Paris, mais cliquez, mes amis, cliquez.
Sans surprise, l'UMP devrait obtenir une large majorité aux législatives. L'Institut BVA vient d'établir une projection de la prochaine assemblée d'après les intentions de vote. On se méfie ici des études menées très en amont du scrutin, a fortiori sur un enjeu qui mixe conviction politique et soutien plus personnel à un candidat local.
Toujours est-il que l'UMP obtiendrait 288 à 344 députés, nettement majoritaire à elle seule. Le parti socialiste sauverait les meubles avec 158 à 200 députés, ce qui n'est pas si mal, la dernièr grose déculottée datant de 1993 où les socialistes n'avaient plus que 69 élus dans l'hémicycle. Le parti en a a actuellement 149. D'ailleurs, François Hollande envisagerait plutôt une fourchette de 100 à 120 députés, les plus pessimistes -ils sont nombreux - descendant largement en dessous de la centaine.
Toute cohabitation est évidemment à exclure et elle n'est d'ailleurs même pas souhaitable pour l'Exécutif comme pour la gauche qui y verrait l'occasion d'ajourner son indispensable refonte. Dans cette même étude, Les Verts seraient réduits à portion congrue voire à néant (0 à 6 députés) et les communistes conserveraient 14 à 17 sièges dans le meilleur cas.
Le tout jeune Mouvement Démocrate de François Bayrou démarrerait avec 8 à 13 sièges et le Front National ne serait toujours pas à l'assemblée. Enfin, 54 % des sondés estiment que le bilan de Jacques Chirac est plutôt mauvais ou très mauvais, et s'ils retiennent l'opposition à la guerre en Irak comme un haut fait d'armes, le catalogue de la présidence chiraquienne est surtout garni d'échec, la dissolution de 1997, le score du 21 avril 2002, l'échec du referendum européen...
Les Verts auront été de loin ceux qui auront le plus fait les frais de cette campagne présidentielle. Certes tous les partis de gauche ont subi l'effet vote utile mais les communistes paient aussi surtout leur aventurisme politique : la gauche antilibérale ne s'est pas fédérée autour deMarie-George Buffet et il est probable qu'un certain nombre de militants historiques n'ont pas compris le positionnement du PCF qui est d'ailleurs tout sauf clair , avec l'espoir de ramasser quelques miettes des socialistes.
Mais revenons aux Verts : si on passe outre leur incapacité à planquer ne serait-ce qu'un peu la cuisine interne, les écologistes ont mené une campagne digne basée sur un programme dense mais dont Dominique Voynet ne sut faire émerger quelques lignes force. Contrairement à ce qu'on a voulu croire - nous compris - l'environnement n'a pas été réellement un enjeu dans cette campagne : l'écologie fait chier tout le monde, les politiques autant que leurs électeurs et tous ont vu dans le pacte écologique de Hulot la possibilité de régler la question avec un beau symbole télégénique.
L'écologie est politique au sens où elle demandera des efforts collectifs d'ampleur et où elle suppose d'accepter de nouveaux modes de consommations, de taxation et de régulation. Mais personne n'est prêt à abandonner ses obsessions au profit de sa survie : "l'humanité occidentale s'était rendu compte qu'elle n'était prête à rien pour s'acheter un avenir", écrit mon ami Benjamin "Myosotis" Berton dans Foudres de guerre.
L'environnement a été une "tocade électorale" comme on s'entiche à l'occasion de produits bios ou estampillés "commerce équitable. Les Verts ne servent que d'alibi aux socialistes et quand on leur trouve meilleur publicitaire, il sont très ouvertement méprisés.
Aujourd'hui, Dominique Voynet se dit déçue de l'attitude des socialistes qui évidemment n'ont pas de temps à perdre en négociations avec les ex-alliés de la gauche plurielle. Les Verts menacent sans y croire de présenter des candidats partout aux législatives et finiront probablement pas trouver un accord qui leur garantira quelques circonscriptions.
Mais il n'est pas sur que cette stratégie soit payante : nombre d'électeurs écolos ont voté François Bayrou au premier tour et globalement les Verts sont plutôt à l'aise avec les partenaires socio-démocrates partout en Europe, Cohn-Bendit le rappelle dès qu'il le peut. Quelle que soit l'issue des tractations du moment, il est probable qu'une nouvelle force politique de centre gauche émerge dans les mois à venir - sur les cendres du PS ou à la gauche de l'UMP.
Les Verts ont une carte à jouer dans un tel ensemble et ce quel que soit le dosage; ils devraient pour cela se débarrasser de la tutelle socialiste à laquelle ils n'apportent rien et dont ils patissent lourdement.
Sur Flu le mag : Les Verts doivent-ils s'émanciper ?
élus à Paris et ont une vision abstraite de l'écologie, se complaisent dans une sorte d'écologie de salon. Nihous met en avant son côté homme du terroir - c'est à la mode - car il vit la ruralité au quotidien et qu'il ne veut pas recevoir de leçons de « bobos » parisiens. Dans sa démarche il cherche à leur retirer le peu de légitimité qu'il leur reste depuis l'initiative de Nicolas Hulot.
C'était à craindre : le barouf mediatico-politique de Nicolas Hulot est retombé comme un soufflé. Après avoir paraphé comme un seul homme le pacte écologique, les candidats s'en sont retournés à leur tambouille électorale, la problématique logement ayant chassé l'écologie avant de se faire ravir la pole position par la question fiscale et le chiffrage des programmes. Qu'en est-il de l'écologie comme paramètre incontournable de la politique ? Rien bien sur, les candidats l'ont approché de manière sectorielle (un domaine comme un autre) et opportuniste (Ah bon il est tant aimé que ça le Hulot?!).
Nicolas Sarkozy a vite rassuré à Bordeaux ses amis libéraux qui auraient craint une remise en cause du modèle économique et de la gestion de la croissance. "On ne sauvera pas l'humanité en faisant de l'écologie une idéologie totalitaire, qui se donnerait pour objectif de libérer l'homme de la civilisation pour le renvoyer à l'état sauvage"(...)Je refuse que l'on somme l'homme de choisir entre la croissance et le respect de l'environnement", a-t-il poursuivi. "Je veux le progrès économique dans le respect de la planète, et c'est possible ! Je veux l'emploi pour tous par le développement durable."
En quelques phrases, il renvoie les tenants historiques du discours écolo à la nostalgie de la bougie.Comme Ségolène Royal, dont l'excellence environnementale a la force d'un label publicitaire vide de sens, il y voit donc au mieux matière à créer de nouveaux emplois et certainement pas de revoir nos modes de vie. Au fond, tous pensent que la technologie résoudra les problèmes et c'est assez dire à quel point les mentalités n'ont pas évolué. Au reste, il est tout à fait possible ( le débat est loin d'être tranché) de ne pas prendre au sérieux le péril climatique mais alors on doit assumer de traiter Hulot comme un clown et non un chevalier blanc.
S'il a toujours clamé la nécessité de revoir complètement notre manière de procéder Nicolas Hulot n'a pas identifié assez précisément les mesures à adopter et il pâtit d'un calendrier médiatique qui a vite d'autres rendez-vous à honorer. Il y a quelques semaines Yan Werhling estimait que le Nicolas Hulot refusait de dénoncer les responsables fixer des échéances pour les réformes et de s'appuyer ceux qui pouvaient changer les choses. Son propos était certes militant ( ceux qui peuvent ce sont les Verts) mais il n'avait peut-être pas tort sur le fond. Lassés de l'écologie, les medias et les gens (sur TF1 l'environnement n'a pas souvent fait partie des questions à vous poser...) ne prêtent guère d'attention au discours de Dominique Voynet plus précis sur le cap à tenir mais incapable de défendre un projet global. Et quand elle s'y risque, ses propos mal relayés vont a contrario du vent dominant : "Même si ce n'est pas à la mode en ce moment, il est temps de dire aux gens non pas de travailler plus, mais de travailler mieux pour travailler tous".
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