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L'identité nationale à l'épreuve de la Coupe du monde

Posté par Edouard le 19.11.09 à 13:06 | tags : élucubration, immigration, au delà du sport

N'en déplaisent aux instigateurs du grand débat sur l'identité nationale, la France ne vibrera pas seulement pour les Bleus lors de la Coupe du monde qui se tiendra en Afrique du Sud du 11 juin au 11 juillet 2010. En plus de l'équipe de France, le Portugal a arraché mercredi son ticket pour le Mondial. Ainsi que l'Algérie, dont la victoire sur l'Egypte a été célébrée un peu partout en France. Deux communautés qui vibrent généralement plus pour leur équipe de sang que leur équipe de sol.

 

Paris, Marseille, Lyon, Lille et bien d'autres villes étaient en liesse hier soir. Pas pour la douteuse qualification des Bleus, mais pour la victoire historique de l'Algérie sur l'Egypte (1-0), à Khartoum. 24 ans après leur dernière participation, les Fennecs, comme on surnomme les joueurs algériens, iront à la Coupe du monde. "One, two, three, viva l'Algérie", chantaient leurs supporters dans un mélange de langues à la fois étrange et révélateur de la France multiethnique et multiculturelle.

 

Les Algériens de papier ou d'origine (qui seraient au moins 1,5 millions en France), les Portugais immigrés ou fils d'immigrés, et tous les autres, sont-ils pourtant autant de mauvais ou de moins bon français que ceux qui supportent avant tout l'équipe de France ? TF1, en tout cas, ne devrait pas se plaindre de la présence de ces formations (citons également la Côte d'Ivoire, le Cameroun ou la Serbie) qui alimenteront son audience en dehors des matchs des Bleus. Ainsi va la France plurielle, où un quart des citoyens à au moins un parent ou un grand-parent immigré. Où l'équipe nationale n'est pas uniforme et les cœurs parfois partagés. Où débattre de l'identité nationale dans les termes qui nous sont proposés est décidément hors de propos. 

 

Discutez sur le forum : Pourquoi un débat sur l'identité nationale ?




Discrimination : Patrick Lozès joue avec les chiffres d'Eurobaromètre

Posté par Edouard le 12.11.09 à 11:24 | tags : immigration

10 millions de Français discriminés, et seulement 9 000 cas examinés par la Halde. Tel est le constat effectué sur son blog par le président du CRAN, Patrick Lozès, à partir des résultats de la dernière enquête d'Eurobaromètre publiée le 9 novembre. Selon ce rapport, 16% des citoyens européens considèrent avoir subi une discrimination au cours des 12 douze derniers mois. Un pourcentage en légère progression par rapport à 2008 (15%).


La France étant exactement dans la moyenne européenne et comptant 65 millions d'habitants, Lozès conclut donc que 10 millions de Français ont été discriminés au cours de l'année écoulée. Un chiffre qu'il met en rapport avec les 9 000 cas de discriminations traités par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). "(Cela) fait moins de 0,1% des cas de discrimination en France... cherchez l'erreur. Si après cette enquête de la Commission européenne, la Halde ne se pose pas de question sur son efficacité, c'est à désespérer !" Jusque-là, tout va bien.

 

Problème, le président du Comité représentatif associations noires de France manipule quelque peu l'étude en question en associant les 16% de gens déclarant avoir été discriminés à cet autre chiffre : 61% des européens et 79% des Français considèrent que la discrimination pour des raisons ethniques est la plus répandue, devant l'âge et le handicap. Or, les personnes qui s'estiment victimes de discrimination avancent majoritairement l'âge comme raison (6%), devant l'origine ethnique et le sexe (3% chacun). Cherchez l'erreur, M. Lozès.

 

Bref, si défendre la cause des minorités visibles est une noble cause, on se rend compte que les jeunes, les "vieux" (pour parler crûment) et les femmes sont, dans les faits, plus ou autant discriminés que les personnes d'origines étrangères. Un constat que le président du CRAN n'a manifestement pas envie de s'avouer à lui-même... 


Le billet de Patrick Lozès 

Le pdf de l'étude Eurobaromètre

Voir aussi notre entretien vidéo avec Patrick Lozès







Human Rights Watch dénonce le traitement des immigrés mineurs

Posté par Edouard le 03.11.09 à 16:30 | tags : immigration

Pour esquiver la polémique contre les expulsions forcées ou les rétentions abusives de mineurs, la France a trouvé une parade : les "zones d’attente". Des "fictions juridiques" où la loi française ne s'applique pas. A l’aéroport de Roissy, où convergent 90% des immigrés placés en zone d’attente, soit 14.000 personnes par an, les droits de l’enfant sont trop souvent bafoués, selon un rapport de Human Rights Watch.

 

"J’ai dit que je ne signerais pas. Alors le policier m’a dit que je serais expulsé de toute façon (…) j’avais l’impression que tout s’écroulait. Et j’ai pensé : si j’ai l’occasion de me jeter par la fenêtre, je le ferai". Ce genre de témoignages, l’auteur de "Perdu en zone d’attente" l’aura entendu 19 fois, de la bouche de migrants âgés de 6 à 17 ans et retenus dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy (entre avril 2008 et juin 2009). Simone Troller avait bien préparé ses fiches : arrêts de la cour européenne des droits de l’homme et convention relative aux droits de l’enfant de l’ONU d’un côté. Loi française relative à la maîtrise de l’immigration au séjour des étrangers en France et à la nationalité (Ceseda, juillet 2006), de l’autre. Un véritable choc des cultures.

 

Lire la suite sur le mag : Les migrants mineurs sans droits à Roissy




Témoignage : le dur quotidien des demandeurs d'asile afghans

Posté par Edouard le 27.10.09 à 10:54 | tags : immigration

Alors que le renvoi par Eric Besson de trois Afghans direction Kaboul a soulevé la polémique la semaine dernière, la réalité des réfugiés qui restent en France dans l'attente que leur demande d'asile soit acceptée n'est pas forcément rose. Queues à cinq heures du matin à l'OFPRA, chambres infestée de cafards dans les locaux du Centre d'accueil, une nouvelle langue à maitriser, un job à trouver... La vie de réfugié n'est pas un long fleuve tranquille, même pour ceux qui ont frôlé la mort en traversant les frontières.

 


 

Fluctuat a recueilli le récit de Salman, un journaliste afghan qui a obtenu le droit d'asile et vit en France avec sa femme enceinte. Le témoignage d'un jeune homme de 27 ans, diplômé, s'exprimant dans un Français parfait, mais qui découvre à son grand désarroi que la fameuse hospitalité du pays des Droits de l'Homme n'est peut-être plus qu'une légende : "En Afghanistan, on dit aux candidats clandestins de ne pas aller en France. Moi je n’étais pas d’accord parce que j’aime votre pays, mais quand j’ai vu le sort qui nous était réservé ici, j’ai enfin compris". A méditer à l'heure où s'ouvre le grand débat sur l'identité française, lancé par le ministre de l'immigration.

 

Lire le récit complet de Salman : dans la peau d'un demandeur d'asile afghan

 

Illustration : Depuis l'évacuation du square Villemin (10e), des Afghans errent dans les rues de Paris, ici sous le pont du canal de Jaurès (photo : Sipa)




Diaporama : des murs entre les hommes

Posté par Rémi Métriau le 29.09.09 à 11:19 | tags : immigration, international

Dans quelques semaines, le monde va fêter la chute d'un mur... celui de Berlin. Fin d'un ancien ordre mondial, réconciliation d'un peuple... Les raisons de se réjouir d'un tel événement ne manquent pas. Mais si l'Allemagne (et une partie du monde), coupée en deux, a fini par se rabibocher, ce n'est pas le cas sur la totalité du globe. A Chypre, au Cachemire ou en Corée, la religion, la politique, l'économie, bref l'histoire, ont mis entre les hommes des murs qui ne sont pas près de tomber.

 

A partir des photos du livre "Des murs entre les hommes", d'Alexandra Novosseloff et Frank Neisse (éditions la Documentation Française), Flu vous propose de faire le tour du monde des murs de séparation, en images.

 




Patrick Lozès : Je reconnais à Manuel Valls la franchise

Posté par Edouard le 11.06.09 à 15:30 | tags : débat, ps, immigration

Suite au début de polémique soulevé par les propos tenus par Manuel Valls dans une brocante de sa ville d'Evry ("Belle image de la ville d'Evry... Tu me mets quelques Blancs, quelques Whites, quelques Blancos..."), le président du CRAN, Patrick Lozès a réagi pour Fluctuat, jugeant que le député socialiste soulève là un vrai débat, mais sans proposer pour l'heure la moindre solution au problème.

 

"On connaissait Manuel Valls sans langue de bois, on le découvre politiquement incorrect. Peut on rapprocher ces propos de ceux de monsieur Frêche, par exemple, qui avait laissé entendre qu'il y avait trop de Noirs dans l‘équipe de France de football, ou du moins pas assez de Blancs ? Mon sentiment, c'est que ces paroles sont gênantes et qu'on peut se demander si en se promenant dans une brocante de Versailles, Manuel Valls aurait dit : "belle image de la ville de Versailles. Tu nous mets quelques Noirs, quelques Blacks ...".

 

Pour autant, il faut considérer qu'il aborde d'une manière dérangeante un problème qui n'est pas nouveau. Je lui reconnais au moins la franchise. Il ne faut pas lancer de chasse aux sorcières. Le débat qu'il soulève est beaucoup plus important que la manière dont il l'a amené. Mais poser une question est une chose, y répondre en est une autre. Fondamentalement, je ne pense pas que les Noirs et les Arabes d'Evry ont tout d'un coup décidé de vivre dans cette ville sans les Blancs. J'aimerais donc que Manuel Valls veuille bien dire très clairement les solutions qu'il propose pour résoudre le problème qu'il vient de poser."

 

Voir notre interview vidéo de Patrick Lozès, où le président du CRAN analyse l'échec des politiques anti-discrimination et dénonce le paternalisme des élites française perpétué par des personnalités comme Nicolas Sarkozy, Eric Zemmour ou Alain Finkielkraut.




Les migrants afghans n'accueilleront pas Besson à Calais

Posté par Emmanuel le 22.04.09 à 08:35 | tags : décryptage, immigration

A deux jours de la visite officielle d'Eric Besson à Calais, 300 policiers ont arrêté 150 afghans sans-papiers mardi matin dans leur camp de fortune. Pour Sylvie Copyans, présidente de l'association Salam présente lors de l'assaut, "il y a des coïncidences qui ne trompent pas".


"Parfois, il y a un peu de hasard et de la nécessité", a déclaré Eric Besson à propos de l'opération policière crépusculaire de Calais, tout en affichant sa solidarité avec les autorités calaisiennes.
Après sa première visite à Calais le 27 janvier dernier, le ministre de l'Identité Nationale et de l'Immigration s'était engagé à apporter des résultats avant le 1er mai pour ralentir le flux d'immigrants illégaux. C'est un échec. La présidente de l'association Salam - crée en 2002 à la fermeture du centre d'accueil de Sangatte en solidarité avec les migrants qui espèrent migrer vers l'Angleterre - nous explique qu"il y a quelques années, on distribuait 300 à 350 repas chaque soir, on tourne aujourd'hui autour de 700".
Plus de la nécessité que du hasard donc, celle de masquer l'échec d'un gouvernement qui s'entête dans une politique du chiffre, quitte parfois à jouer un peu trop fort de la matraque.

 

Lire la suite sur le magazine société




Quoi qu'en dise Eric Besson, le délit de solidarité existe

Posté par Easywriter le 15.04.09 à 11:15 | tags : immigration

Eric Besson expliquait à France inter la semaine dernière qu'il n'y a pas de délit de solidarité en France et qu'aider de toute bonne foi un étranger en situation irrégulière n'amenait jamais à une condamnation.
Et bien Eric Besson ment comme l'explique Maitre-Eolas dans une brillante réplique dans laquelle le blogueur avocat donne deux exemples de condamnation et -surtout- cite la très explicite lettre de mission que l'Elysée a envoyée au ministre de l'Immigration.

 

 




L'extrême-droite se croit Chez Papa

Posté par Le Yog le 02.02.09 à 11:36 | tags : immigration, information, social, fn, néo-militants

Dans la soirée du samedi 24 janvier, cinquante militants de deux groupes d'extrême droite, Projet Apache et Bloc Identitaire, ont pénétré "Chez Papa", un restaurant spécialisé dans la gastronomie paysanne du sud-ouest.

 

Le but de cette opération menée par ces deux groupuscules méconnus ? "Dénoncer les patrons-voyous agissant en négriers", au slogan de "Cuisine terroir, embauche terroir". Ou comment revendiquer la préférence nationale sous couvert de défense des droits des sans-papiers.

Pour rappel, la chaîne de restaurants "Chez Papa" était l'épicentre en avril 2008 d'une grève de 39 travailleurs sans-papiers qui demandaient leur régularisation. Ces derniers, soutenus par leur patron Bruno Druilhe (qui ignorait la situation de ses employés) ont obtenu gain de cause en juillet. De son côté, Fabrice Robert, président de Bloc Identitaire, promet des actions similaires dans des restaurants qui emploient des travailleurs en situation irrégulière.

"Il est inadmissible que je sois traité de négrier. Je n'emploie aucun sans-papiers dans mes restaurants : ce que ces gens me reprochent, c'est le fait que j'emploie des personnes de couleur. Ce n'est rien d'autre que du racisme", a dénoncé Bruno Druilhe qui devrait porter plainte pour diffamation.

 



Lapsus et godwin pour Eric Besson et Yazid Sabeg

Posté par Easywriter le 27.01.09 à 11:21 | tags : décryptage, immigration

Dans le langage politique comme ailleurs, le lapsus révèle souvent plus que la déclaration la mieux assumée. Surtout quand il s'agit d'évoquer les questions d'immigration et d'intégration qui exigent des précautions oratoires accrues et stressantes.

Dimanche, manifestement sous pression, Eric Besson commettait un lapsus malheureux :
"La France a été et est toujours une terre d'immigration. C'est vrai des temps anciens, tout le monde le sait, des grandes invasions. C'est vrai du XIXème et du XXème siècle, avec les Italiens, les Polonais, d'autres qui se sont intégrés. Ensuite, il y a eu à la fois une invasion... euh, une immigration de provenance d'Afrique et du Maghreb (...)" "non pas une invasion, qu'il n'y ait pas de lapsus sur le sujet".

L'air de rien le ministre de l'ouverture exprimait le refoulé national qui voit dans toute immigration essentiellement une forme d'agression. La simple dénomination du ministère dédié, "de l'immigration et de l'identité nationale" rappelle assez que cette dernière est à protéger des incessantes attaques extérieures.
On comprend mieux ainsi qu'on souhaite moins intégrer qu'assimiler, diluer et que, lapsus, évidemment, il y a.

 

Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l'Égalité des chances auprès du Premier ministre, craint d'ailleurs les effets potentiellement destructeurs de cette vision.
Mais lui exprime clairement ses opinions.
Quelques jours avant le lapsus bessonien il déclara qu'on "était en train de créer une guerre civile sociale dans ce pays". Cette guerre, "communautaire", serait selon lui la conséquence d'un sillon qu'on avait creusé. Et nous amènerait même à l'apartheid.

A trop vouloir faire entendre son discours et calculer ses effets, on dit souvent n'importe quoi , tout l'inverse du lapsus, qui, lui, révèle de manière impromptue ce qu'on aurait bien gardé pour soi.
Sabeg désamorce la portée de son discours en utilisant des références qui mériteraient qu'on lui attribue un point Godwin.

A moins qu'il chercha à nous dire, inconsciemment lui aussi, que le tout nouveau ministre de l'Immigration était bien parti pour piloter une "politique de développement séparé affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques".(Wikipedia)

 




Lylipad : L’arche de Noé du futur

Posté par Le Yog le 07.01.09 à 16:28 | tags : immigration, international, écologie, futurologie
Face à la menace de la montée des eaux, qui pourrait contraindre des millions de terriens à l'exode, l'architecte écolo Vincent Callebaut a imaginé un projet d'îles artificielles automones, Lylipad.



Réfugiés climatiques. Réchauffement climatique. Ces sujets n'occupent pas tout à fait le haut du pavé de l'actualité. Pourtant les citoyens de l'archipel des Tuvalu, des îles Marshall, de la Micronésie - la liste n'est pas exhaustive -, commencent à avoir les pieds dans l'eau ! D'ici à ce que la communauté internationale se réveille, leurs îles seront submergées par l'océan. Mais, Vincent Callebaut, un architecte écolo, a trouvé une parade pour contrer cette catastrophe qui modifiera l'ordre géopolitique mondial dans les décennies à venir. Il a imaginé Lylipad. Une île pensée telle une écopolis pouvant accueillir 50 000 personnes.

Dans ces villes flottantes destinées à abriter les futurs réfugiés climatiques tout a été conçu pour que ces atolls soient autonomes énergétiquement grâce aux éoliennes, à l'énergie hydraulique, maréthermique, marémotrice, solaire et photovoltaïque. Et pour se remplir la panse, il y aura des jardins. Cependant, ce projet futuriste et réaliste risque tout de même d'être très, très, onéreux. A moins que les grands de ce monde ne mettent la main au portefeuille pour aider les pays pauvres à construire des Lylipad. Des territoires surpeuplés comme Monaco pourrait eux mettre la main à la poche pour étendre leur superficie.



Rapport Attali ou pourquoi il faut promouvoir l'immigration

Posté par Easywriter le 10.01.08 à 12:24 | tags : economie, immigration

La maitrise des flux migratoires avait été un argument de campagne décisif pour Nicolas Sakozy.
Mais d'après le Figaro du jour, le rapport de la commission présidée par Jacques Attali, chargée de trouver des pistes pour "libérer la croissance" devrait prôner le recours à l'immigration.
De par la nécessité, apprend-on, de "faire face à un marché du travail en tension" et par le fait que "l'immigration, facteur de développement de la population, est en tant que telle une source de création de richesse, donc de croissance".

Le quotidien n'hésite pas à parler d'une bombe. Mais cela ressemble surtout à un bon vieux retour du réel (comme on dirait retour du refoulé).

D'abord on ne gère pas politiquement l'immigration par rationalité économique mais proportionnellement niveau de frustration et de peur du déclassement des citoyens.
Ensuite aucun économiste n'a jamais lié de manière aussi mécanique les politiques l'immigration au taux de chomage par exemple.
Je suis loin d'être un spécialiste de l'économie, mais il me semble quand même que :

 

1) L'accueil d'une main d'oeuvre immigrée se fait généralement pour combler des manques dans des secteurs d'activité abandonnés par les autochtones : regardez la couleur des visages sur les chantiers et dans les cuisines des restaurants et vous aurez compris de quoi je parle.
Dans les années 1970, le groupe Bouygues a massivement eu recours à des immigrés originaires du Maghreb et de l'Afrique sub-saharienne pour faire du mortier.
Dans les années 1980, le secteur des services les a utilisés pour des jobs flexibles (regardez cette fois les visages dans les agences d'interim).
L'immigration permet de flexibiliser le travail.
C'est en cela à mon avis que cela intéresse Attali.

Si vous consultez ces chiffres de l'INSEE, vous constaterez que les immigrés occupent généralement des "CSP -" (catégories socio-professionnelles à bas revenus, ouvriers et employés).
On peut dire que la la population immigrée par son niveau de qualification et les jobs qu'elle occupe fait monter le niveau moyen de revenus des autochtones.

 

2) Le chomage des immigrés amortit le choc pour les nationaux : Travaillant il ya trente ans dans des secteurs industriels sur le déclin ( textiles, automobiles..) et depuis 20 ans dans le tertiaire où fleurissent petites boites vivotant dans des secteurs concurrentiels, la probabilité de leur licenciement en cas de retournement économique est mécaniquement plus élevée. (Lire un dossier complet)

 

3) Le rapport Attali expliquerait donc que "l'immigration, facteur de développement de la population, est en tant que telle une source de création de richesse, donc de croissance". Ben ouais, ça consomme un immigré, et comme il appartient souvent aux classes populaires, il consomme bien même.
Plus de consommateurs, plus de produits, plus de boulot. Et l'augmentation de la population active occupée contribue à l'accroissement du volume total de richesses créées.

Si un économiste passe par là je veux bien qu'il étaye, infirme, confirme ces propos.

Plus sur Fluctuat : lire une notule sur la disparition des départements proposée par la Commission Attali 




Rachida Dati contre les expulsions... en 1982

Posté par Easywriter le 12.12.07 à 11:02 | tags : immigration

Nous reproduisons ci-dessous une lettre envoyée en 1982 par Rachida Dati au magazine Jeune Afrique. La lettre a été reprise par la Télé Libre puis par Schneidermann. Faites tourner...

« C'est avec un grand plaisir que j'écris à J.A. car il est devenu une source d'exposés en classe et c'est pour cela que je vous serais bien obligée de publier ma lettre.

Si je parle ainsi, c'est en connaissance de cause, en étrangère malgré ma naissance et toute ma vie passée en France. Dans J.A. n° 1144, un article a particulièrement attiré mon attention, celui des travailleurs "clandestins". Le problème s'accentue sous toutes ses formes. Avec ces régularisations des "sans-papiers", avec ceux qui font la grève de la faim pour être enfin assimilés à leurs compatriotes étrangers en règle. Le résultat est hausse de tension, racisme et même xénophobie envers ces étrangers dont la plupart ne le méritent pas, quelle que soit leur situation. Ces réactions sont fortement ressenties à tous les niveaux et particulièrement dans les endroits publics (écoles, bureaux). Est-ce la faute de ces étrangers, qui sont venus pendant la prospérité et qui, dorénavant, sont remis en cause quotidiennement ? Alors, je tiens à dire aux Français qui disent aux étrangers : « Si tu n'es pas content, retourne dans ton pays où on crève de faim » qu'ils sont ridicules.

Ils ne s'imaginent pas la crise qui pourrait atteindre "leur" pays avec le départ de "ces bougnoules". Quant au slogan des employeurs, c'est : « Tais-toi ou pars ! » Excusez-moi pour l'écriture, mais je vous ai écrit en étude. »

Rachida Dati était lycéenne à Chalons-sur-Saone en 1982. Le journaliste de Jeune Afrique qui avait initialement publié cette lettre sur son blog l'a retiré, ses explications ne m'ont pas convaincues.




Le test ADN ne pose pas de problème d'égalité

Posté par Easywriter le 15.11.07 à 17:26 | tags : immigration

Voilà. Une polémique en cachant une autre, le Conseil Constitutionnel vient de valider le principe du test ADN.
Les "Sages" n'ont pas jugé contraire au principe d'égalité le recours à la génétique tout en émettant quelques réserves et rappelé l'importance de l'aspect facultatif de son usage.

Outre qu'il doit être basé sur le volontariat, le test "ne dispense pas les autorités diplomatiques ou consulaires de vérifier au cas par cas les actes d'état-civil produits".
L'idée étant de ne pas systématiser les testspour ne pas favoriser ainsi les aspects génétiques dans la définition de la famille qui prend aussi bien en compte les familles recomposées que celles qui ont recours à l'adoption.

Au reste "La filiation de l'enfant étranger reste soumis à la loi personnelle de la mère étrangère".
Ce qui veut dire si je comprends bien que la loi du pays d'origine des familles concernées prévaut et que l'administration française ne peut les annuler au nom de règles particulières qu'elle aurait mis en place. La liste des Etats "dont l'état civil présente des carences en raison de la défaillance des registres ou de l'importance des comportements frauduleux" , c'est-à-dire ceux dont les ressortissants qui font des demandes de regroupement peuvent avoir recours de leur propre chef aux teste ADN pour pallier ses carences, sera donc validée par le Conseil d'Etat. Ce dernier argument pour répondre aux opposants qui voyaient dans l'établissement de la liste une surcroit de pouvoir discrétionnaire de l'administration.

La possibilité d'établir des statistiques ethniques a été rejetée en revanche, car jugée contraire au principe d'égalité. Le Conseil Constitutionnel considère que c'est un cavalier législatif - un machin qu'on glisse en loucedé dans un texte qui n'a rien à voir.

Bon je ne suis pas juriste donc n'hésitez pas à me corriger ou compléter si j'écris des sottises.

Finissons cette notule avec une pensée pour Jacques Chirac et Valery Giscard d'Estaing qui siègent désormais ensemble au Conseil.
Le premier avait été chef du gouvernement du second avant de démissionner et de se présenter contre lui à la présidentielle de 1981.
Quand Nicolas Sarkozy (qui est un peu au premier ce que le premier est au second, vous suivez ?), les rejoindra, ce n'en sera que plus convivial...




L'ADN me gêne, les anti ADN aussi

Posté par Easywriter le 15.10.07 à 12:25 | tags : immigration, opposition

Bon bon... Le simple fait de revoir sur la scène du Zénith la main jaune du Touche pas à mon pote des années 1980 (resiglée touche pas à mon ADN donc ) a déjà de quoi donner des frissons : c'est ring' et sans goût, ça rappelle les pires manifestations de la gauche morale de bonne compagnie, quand SOS Racisme était une officine associative du PS avant que d'être finalement aspirée par la maison mère.

Au reste, si on s'en tient au strict plan esthétique du clivage politique, la réponse est parfaitement symétrique à la débauche de beauferie qui ambiance la droite en fête : Adjani la vertueuse contre Mireille la pincée, Renaud le faux-rebelle contre Enrico le vrai compromis. Choisis ton camp camarade.
Et c'est bien le problème, sur l'ADN je ne sais pas vraiment quoi penser.

Bien sûr, le recours à la génétique tient plus de l'idéologie que de l'efficacité :
A droite il permet de soutenir la primauté de l'inné, la focalisation sur l'individu, toujours mieux que les pénibles histoires de structures économico-sociales qui structurent les parcours individuels justement. Pour le coup on est vraiment dans un discours néo-conservateur.
A gauche, le positionnement moral bienvenu : Vichy, les nazis, la République est en danger, Sarko/facho alors que nombre de pays européens ont adopté le principe du test.

Bref, un test aussi inutile qu'inefficace, mais qui permet de gloser et d'insidier.

Pendant ce temps les filières de l'immigration clandestine prospèrent, et d'autres dispositions réglementaires autrement crapuleuses voient le jour comme la connaissance a priori de la langue dont les candidats à l'immigration devront faire montre (allez hop, je fais dans la morale outragée moi aussi : mes parents n'auraient pas échappé à la dictature salazariste avec de telles règles au début des années 1960). Ou les délais de recours impossibles déjà évoqués ici.

Au Zénith, il parait que c'était le premier rassemblement républicain anti-sarkozyste, c'est Philippe Val qui le dit. Dans sa bouche, ça avait l'air d'être l'essentiel. Finalement je dois être contre le test ADN, mais pas avec eux non plus.

A lire aussi : Eric Dupin et Marianne, les deux inspirés sur la question.




Une carte d'identité visuelle pour Hortefeux

Posté par Easywriter le 13.10.07 à 17:42 | tags : immigration, jeux

 

 

L'identité c'est important, comme dirait Brice Hortefeux, qui a justement un gros problème d'identité...visuelle. Car à part une sale réputation d'expulseur liberticide, le Ministère de l'Immigration, de l'Identité nationale et du co-développement souffre d'un déficit patent d'image.
Du coup, ledit ministère avait un appel d'offres aux détenteurs de papiers en règle : il s'agissait de trouver un logo visuel et une phrase résumant la philosophie (sic) de l'Institution. L'appel d'offres s'est cloturé le 04 octobre mais AEIOU propose une compétition bis. Je vous invite à lire les premières propositions, et à proposer votre propre logo ou signature via le formulaire. Si vous voulez un brief complet, c'est par là




Gouvernement : Martin Hirsh ne fait plus dans la solidarité active

Posté par Easywriter le 05.10.07 à 17:34 | tags : gouvernement, immigration

Sur l'instauration des tests ADN, il avait tiqué espérant que le Sénat retoquerait l'amendement. Il n'en fut rien.
Est-ce pour cela que Martin Hirsch , haut-commissaire aux solidarités actives, a décidé de hausser le ton ?

Toujours est-il que le dispositif vidant à exclure les sans-papiers des posssibilités d'hébergement d'urgence ne lui plaisent guère. "Les centres d'hébergement doivent être là pour héberger ceux qui en ont besoin (...) le texte, tel qu'il a été voté, pose problème". (sur Europe 1, repris par Le Monde).

Bon, ok, c'est pas encore la révolution, le texte pose simplement "problème", il n'est pas jugé scandaleux mais enfin Hirsch met la pression sur un gouvernement dont les penchants liberticides et discriminatoires commencent à faire tache. Pas fou, Hirsch propose de mettre la main à la pate et d'aider Brice Hortefeux à résoudre le "problème". "On va se concerter pour trouver autre chose qu'un système qui serait discriminatoire". A suivre...




Fronde anti ADN : Villepin rejoint Charlie Hebdo

Posté par Easywriter le 03.10.07 à 15:08 | tags : immigration, opposition

 

Telex : A l'initiative de Charlie Hebdo et de SOS racisme, une pétition condamnant l'adoption de test ADN pour les demandeurs de visa a été signée par Axel Kahn, Jeanne Moreau, Isabelle Adjani, François Hollande, Bernard Thibaut, François Bayrou et même...Dominique de Villepin.

Après Charles Pasqua qui s'émeut de la filiation puante d'une telle disposition ( " Cela rappelle de mauvais souvenirs, à nous gaullistes. On sait l'usage qu'ont fait les nazis de la génétique"), et l'attitude du Sénat l'opposition de droite est décidément en pleine forme.

Lire le texte de la pétition 

 




ADN, institutions, les sénateurs UMP font-ils secession ?

Posté par Easywriter le 02.10.07 à 16:32 | tags : immigration, institutions, opposition, sénat

Qui l'eut cru ? Le Sénat qu'on imagine comme l'assemblée générale des porteurs de charentaises grisés au grand cru est devenue le lieu de la contestation tous azimut de la Sarkozie pourtant triomphante. Ainsi de l'instauration des test ADN pour les demandes de visa. Malgré les modifications apportées depuis le rejet du texte le 26 septembre dernier, la commission reste défavorable au texte.
Que le test soit effectué sur la mère et non le père au motif que le test ne saurait aboutir à la révélation, pour un père, qu'il n'est pas le père biologique de ses enfants», que ledit test soit in fine la charge de l'Etat qu'on attribue ou non un visa au demandeur n'a pas convaincu les sénateurs de la commission de revenir sur leur décision.

Du coup on se dit que le président du groupe UMP dans l'auguste assemblée, Josselin de Rohan doit être dans ses petits souliers. Alors qu'à l'Assemblée Jean-François Copé s'assure que tout le monde file à peu près droit, Rohan risque de passer pour un piètre leader qui ne sait pas tenir ses troupes. Il n'est pas sur que le bouillonnant Rohan n'y trouve son compte.

Le bonhomme est n effet très remonté contre l'ouverture pronée par Nicolas Sarkozy et pour cause : son vieux rival Jean-Yves le Drian - président PS de la région Bretagne dirigée auparavant par...Rohan - fut un temps pressenti pour un maroquin ministériel.
Depuis Rohan y va de ses formules :
"Souvent, les courants d'air proviennent de ce qu'il y a trop d'ouvertures, "l'oecuménisme a ses limites" (In Le Monde),
" il est dangereux d'introduire dans une équipe des ferments de division" ( à Strasbourg, source AFP) etc etc.

Sur l'éventualité d'une réforme institutionnelle, le président du groupe UMP n'est guère plus tendre : "notre Loi fondamentale ne saurait servir de laboratoire expérimental pour les faiseurs de système, ni donner prétexte à l'organisation d'un concours Lépine constitutionnel permanent", et de rappeler son attachement au régime majoritaire quand on lui parle de l'introduction d'une dose de proportionnelle. Si ça continue, Sarkozy va devoir mener sa politique d'ouverture au Sénat et singulièrement à droite où les parlementaires sont pour l'heure les plus virulents opposants de l'Exécutif.





Modeste proposition pour célébrer dignement la journée de la glande

Posté par Easywriter le 26.09.07 à 12:48 | tags : immigration, sénat

L'écrivain irlandais Jonathan Swift écrivait beaucoup et réflechissait tout autant. Très attaché aux problèmes économiques de son temps, il trouva une idée lumineuse pour que le royaume retrouve sa prospérité : saler les enfants des pauvres et les mettre en conserve.
Soit un renforcement de la production alimentaire doublée d'une lutte efficace contre la mendicité.
Voilà en quoi Jonathan Swift est un auteur tout à fait moderne. Et qu'il a sa place dans cette rubrique destinée à améliorer la vie de bureau.

D'ailleurs, parmi la myriade de fulgurances exemplaires qu'on devrait réciter religieusement, Swift eut un jour celle-ci: “Je fais à présent une expérience très répandue chez les auteurs modernes; à savoir, écrire sur Rien."

Jonathan Swift est donc l'homme du jour. Pour le célébrer, Flu vous offre en ligne l'intégrale de :
Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres d'être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public






Question : pourquoi un immigré a intérêt à bien connaître le français ?

Posté par Easywriter le 21.09.07 à 11:37 | tags : immigration
Réponse : parce qu'il n'a que 48 heures pour contester par écrit un arrêté de reconduite à la frontière dont il ferait l'objet. Le recours doit être motivé - par exemple il faut être très motivé pour demander papier et crayon dans un centre de rétention - et sera examiné par un tribunal qui statuera dans les 72 heures.
Ca va vite, trop vite pour Maitre Eolas à qui tout cela (et bien d'autres choses) file la nausée dans une de ces notules claires et sobres dont il a le secret et sur laquelle Versac attire notre attention.



Test ADN : les ministres de gauche à distance respectueuse

Posté par Easywriter le 20.09.07 à 11:50 | tags : décryptage, gouvernement, immigration

Jusqu'à présent tout allait à peu près bien. Le discours sur l'efficacité et le pragmatisme économique permettait aux ministres de gauche de participer au gouvernement Fillon sans trop de gêne. Après tout, n'était-ce pas le parti socialiste qui pêchait par incapacité à comprendre le réel, les Français n'avaient-ils pas clairement exprimé leur souci de voir la pratique l'emporter sur l'idéologie ( de tous temps un gros argument de la droite) ?
Sauf qu'argument commode, le réalisme économique n'est pas encore l'alpha et l'omega de la politique. Certains dossiers, comme l'instauration du test ADN (même de manière expérimentale et basée sur le volontariat) dans la gestion des flux migratoires, transpirent plus nettement l'idéologie de droite.

Du coup il convient de prendre ses distances et faire preuve d'un solide sens de la nuance. Dimanche soir, Bernard Kouchner donnait le tempo : " Ca ne me plait pas mais ça ne me choque pas". Il aurait carrément pu expliquer qu'il s'en tapait ce qui eut le mérite de la franchise. Fadela Amara lui a emboîté le pas mais avec ses mots à elle comme toujours. "Il faut qu'on soit beaucoup plus cool que ça", a t-elle préconisé lundi. Yo !

A notre connaissance personne n'a demandé son avis à Jean-Marie Bockel pas vraiment considéré comme un homme de gauche finalement.
Moins en tout cas que Martin Hirsch, qui a jugé utile de prendre lui aussi quelque distance mais a attendu que l'amendement soit voté à l'assemblée pour exprimer ses réserves. Il compte donc "sur le Sénat pour ne pas s'engager dans cette voie". Plus à droite que l'assemblée, la Chambre ne devrait pas retoquer un texte qui repassera de toute façon devant les députés. Seul le Conseil constitutionnel, que le parti socialiste entend saisir pourrait éventuellement rejeter le texte.






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