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Grèves à tous les étages. Revendications, occupations des locaux, transports bloqués, bloqueurs et anti-bloqueurs survoltés...la grève vous connaissez ?

Facs bloquées : la faim contre le manque de moyens

Posté par Emmanuel le 18.05.09 à 16:02 | tags : éducation, grèves

Onze étudiants de l'Université du Sud de Toulon viennent d'entamer une grève de la faim pour le retrait de la réforme de Valérie Pécresse. Courageuse ou téméraire, cette pratique radicale engagée répond à la fermeté d'un gouvernement qui ne veut plus toucher à un poil de son projet.

 

Le débat sur la grève des enseignants-chercheurs sur le forum société

 

Fin des négociations, poursuite du blocage

Ça y est, le gouvernement a dit stop. Après avoir révisé sa réforme du statut des enseignants-chercheurs au compte-goutte et réévalué celle de la formation des enseignants, plus question de montrer patte blanche face aux grévistes. Le 14 mai, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il "ne reviendrait pas" sur l'autonomie des Universités, et Valérie Pécresse, suivant l'exemple, que "si certaines universités essaient de donner des diplômes sans faire passer de véritables examens, l'Etat ne les validera pas". Des examens qui pourraient selon François Fillon être repoussés à septembre dans les universités toujours bloquées. Soit Caen, Grenoble-III, Paris-III, Paris-IV, Paris-X et Toulouse-II.

 


"Nous sommes prêts à aller jusqu'au bout"

Face aux sourds, les mal-entendants. Ceux qui continuent le combat par tous les moyens, même en se vidant l'estomac. Le premier pas a été fait par un enseignant-chercheur de l'Université de Caen le 30 avril. Puis un étudiant de Reims, 20 ans seulement, s'est lancé à son tour dans une grève de la faim : "Je fais ça pour attirer l'attention du gouvernement et lui faire comprendre qu'avec cette réforme, il fait fausse route." Ce matin, c'est carrément la grève de la faim collective à l'Université de Toulon : "Nous réclamons le retrait de la loi LRU et la neutralisation du deuxième semestre pour ne pénaliser ni les étudiants mobilisés, ni les étudiants non-mobilisés qui ont pu pâtir de la grève de certains enseignants", annoncent onze étudiants, précisant, comme une menace, "nous sommes prêts à aller jusqu'au bout". Après les prises d'otages de patrons dans l'industrie, c'est au tour des juniors de la grève de repousser les limites de la geste révolutionnaire pour se faire entendre. Mais jusqu'à présent, jamais les étudiants français n'étaient allés si loin dans la mise en scène.

 

Sur flu: Xavier Darcos ne validera pas les licences es-grève
Avec les manifestants contre la réforme Pécresse




Pas de master pour les étudiants bloqueurs?

Posté par Emmanuel le 12.05.09 à 09:40 | tags : grèves, éducation

Après plus de 10 semaines de blocages des Universités, le Ministre de l'Education Nationale Xavier Darcos a interpelé les étudiants bloqueurs sur RTL ce lundi : il n'y aura pas de "licence es-grève, de master en pétition ou de doctorat en blocage". Intimidation d'un côté, alarmisme de l'autre. Valérie Pécresse joue elle sur la peur de la désertion des facs par les lycéens, avec des chiffres pas toujours très clairs.

Certaines facs sont bloquées depuis 15 semaines et le conflit se poursuit. De quoi faire plier plus d'un Ministre de l'Education. Jack Lang a jugé dans l'émission Dimanche soir politique qu'"un changement d'équipe ministérielle peut contribuer parfois (...) à calmer, instaurer un climat de sérénité et de dialogue". Xavier Darcos riposte avec pathos dans une interview sur RTL. Les jusqu'au-boutistes "nuisent aux étudiants les plus fragiles" a-t-il affirmé, mettant en garde les bloqueurs car "l'opinion se retourne". Le Ministre de l'Education Nationale craint qu'à un mois de la fin du semestre, les étudiants bloqueurs ne demandent la validation de leur semestre sans passer d'examens. Hors de question de valider des "semestre blancs": pas de "licence es-grève ni de doctorat en blocage".

Valérie Pécresse brandit aussi le ton de la menace: les bancs des Universités bloquées risquent d'être désertés par les futurs bacheliers. Le Ministère de l'Enseignement Supérieur publie donc des chiffres d'inscription à la fac en forte baisse, mais les présidents des universités concernées les contestent. Tout est bon pour décrédibiliser la grève de l'enseignement, jusqu'à un article du Figaro qui ravive le spectre d'une fronde d'extrême-gauche derrière les blocages.

Contre cette communication politique, la communication des bloqueurs est certes moins connue, mais beaucoup plus humoristique. Xavier Darcos, "Ministre de l'Endoctrinement naturel et du temps de cerveau disponible" et Valérie Pécresse ont d'ailleurs déjà été reconnus coupables lors d'un procès médiatisé par la web-télé de la Sorbonne. Une tentative des bloqueurs de valider leur semestre de droit ?

 

Lire le dossier de Libération (12/05/09) L'université dans un cul de fac






Jusqu'où iront les enseignants-chercheurs ?

Posté par Emmanuel le 10.04.09 à 10:23 | tags : grèves, éducation, démocratie
Ils n'étaient que 2.800 dans les rues mercredi 9 avril selon la police, 10.000 selon les organisateurs. Le mouvement des enseignants-chercheurs lâche du lest à la veille de Pâques. Mais la détermination est toujours au rendez-vous.

 

Cette manifestation aurait dû être la dernière. Une grève étudiante normale s'arrête quand les diplômes sont en jeu, ce qui va arriver si le mouvement se poursuit après les vacances de Pâques. La mobilisation symbolisait donc le jusqu'au-boutisme : "on est allé trop loin pour revenir en arrière", confessent des étudiants de Paris La Sorbonne.

 

"Jusqu'à maintenant, on a rien obtenu"

Certains présidents d'universités (Lyon, Rennes) ont appelé à reprendre les cours ce lundi. Selon eux, Valérie Pécresse a fait les concessions qu'ils attendaient. "Jusqu'à maintenant, on a rien obtenu!", estime à l'inverse ce professeur de géographie de l'Université de Nanterre. Pour lui, le mouvement doit évidemment se poursuivre après les vacances. Son collègue, prof de maths, s'étonne que les enseignants-chercheurs passent pour les preneurs d'otage alors que c'est Valérie Pécresse qui refuse de revenir sur sa réforme depuis plus de deux mois. Pas étonnant pour la présidente du collectif Sauvons la recherche (SLR), Isabelle This Saint-Jean : "Plus Sarkozy et Pécresse attendent, plus le mouvement se radicalise. Ils cherchent à nous mettre à genoux et qu'un incident grave arrive pour décrédibiliser le mouvement." Reste à savoir si les vacances ne vont pas donner le coup de grâce au mouvement.

 

Lire l'article sur la manif du 9 avril dans la rubrique société




Reprise des cours? Cours toujours...

Posté par Emmanuel le 07.04.09 à 10:36 | tags : éducation, grèves

Dixième semaine de grève pour les étudiants et enseignants-chercheurs, qui manifestent à nouveau ce mercredi. Côté gouvernement, on passe de négociation à répression. Côté étudiants, on réclame le semestre-blanc. Y aura-t-il des gagnants?

 

Lionel Collet, président de la conférence des présidents des universités, a estimé ce lundi que les concessions de Valérie Pécresse étaient suffisantes pour reprendre les cours. Les examens auraient donc lieu en juin, avec le rattrapage des cours entre-temps. La ministre pourrait le remercier, elle qui, selon le Canard Enchaîné, doit mettre fin à la grève avant Pâques pour satisfaire un Nicolas Sarkozy inquiet du désordre dans les facs. Mais les étudiants espèrent tout simplement sécher les exams. Un petit groupe a même retenu le président de Rennes II hier pour qu'il promette "un semestre blanc" à tous ses étudiants, soit un semestre validé sans examens.

 

Comment mettre fin à la grève quand la coordination des universités (qui dit représenter 51 d'entre elles) vient d'annoncer trois nouvelles dates de manifestation, ce mercredi, et les 22 avril et 1er mai prochains? Par une répression policière de plus en plus désinhibée? Ou la ministre de l'Enseignement Supérieur va-t-elle par concéder le retrait de la LRU votée à l'été 2007, principale revendication des grévistes ?

Pour le savoir, ne comptez pas sur Le Monde. Le quotidien de référence est boycotté par les enseigants-chercheurs qui l'accusent de désinformation. En attendant, si certains étudiants souhaitent un "semestre blanc", d'autres craignent un diplôme dévalorisé.




La fausse manif de gauche

Posté par Emmanuel le 19.03.09 à 14:33 | tags : actu insolite, grèves

Il y a deux ans, une manif de droite était organisée pour caricaturer la France réac, celle du "travail, famille, sarkozy" ou du "TF1 sur toutes les chaînes, la culture, ça fait mal à la tête".



A la veille de la journée de grève intersyndicale du jeudi 19 mars, l'UNI, un des syndicats universitaires de droite, a décidé de détourner le détournement en inventant la fausse manif de gauche.

 



Il fait bon rire des travers du camp adverse : enfin un point où la droite et la gauche se sont mise d'accord.



Jour de non-grève avec les conducteurs de métro

Posté par Emmanuel le 19.03.09 à 11:14 | tags : social, grèves
"En raison d'un mouvement social, le trafic sur les lignes de métro et sur la ligne A du RER est quasi normal. Le trafic sur la ligne B est très perturbé. Merci."

 

La journée du 19 mars devrait être jour de deuil pour les clients des transports parisiens. Mais à l'écoute de cette annonce aussi surprenante que rassurante pour les travailleurs, on se dit que le service minimum est en train de gagner des voix.

 

 Le refus de bloquer le réseau RATP, ce sont les chauffeurs qui en parlent le mieux.
"Pourquoi ne faites-vous pas grève?" "C'est 400 euros de perdus, plus qu'une journée de boulot normale", avoue un chauffeur de la ligne 2 du métro. Il ajoute, comme pour se justifier: "de toute façon, le mouvement n'a pas été suivi".
Le conducteur du métro suivant est foncièrement anti-gréviste : "Les syndicats et moi, ça fait deux" dit-il sans détour. Pour lui, la grève, "c'est du chantage".

 

Son collègue s'étonne de se voir poser la question : "Bah, vous devriez être content, non ? Normalement c'est le cas inverse qui pose problème." Les conducteurs se seraient donc soumis aux exigences de leurs clients ? Fini les quais bondés remplis de travailleurs furieux ? Le calme matinal semble l'indiquer. Le trafic est fluide et seule la ligne B du RER est perturbée.

 

Mais la manifestation aura bel et bien lieu. Le dernier conducteur à partir m'avoue que le service n'empêchera pas ceux qui le souhaitent d'aller manifester. Lui ne peut pas, il habite à trois heures de train du boulot. Reste qu'un jour de manifestation générale comme aujourd'hui, le service minimum ne concerne pas que les transports, note l'anti-syndicaliste : "Les gens anticipent la grève, ils prennent des RTT parce que sans école, ils ne peuvent pas faire garder leurs enfants. Il suffit qu'un maillon du réseau soit bloqué et tout le service public est perturbé". Les François vont donc rester chez eux, ou bien se rendre à la manifestation.

 

En tout cas, pas de prise d'otage en vue des clients du métro. De là à dire que "désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit"...




Manifestation virtuelle de la police, un avertissement qui pourrait devenir réel

Posté par Le Yog le 16.01.09 à 10:35 | tags : grèves, actu insolite, information, social

Les deux syndicats de police, Unsa police et Sgp Fo, comptabilisent les troupes dans le cadre d'une manifestation virtuelle

"Nous n'avons pas le droit de grève dans la police", lance Hervé Jaffré, délégué syndical à l'Unsa Police, joint par Fluctuat.net. Interdiction  pour eux de battre le pavé, donc. Mais, la loi n'empêche pas les fonctionnaires de manifester sur internet. "Nous avons organisé conjointement avec Sgp Fo une manifestation virtuelle. Je tiens à souligner que cette idée vient d'eux, je ne sais pas où ils ont pêché cela, mais c'est vraiment la première fois en France que je vois cela !". Ce coup de gueule numérique est en réaction aux accords nationaux proposés en octobre dernier. Actuellement, les deux formations syndicales comptabilisent leurs troupes. Elles ont envoyé à tous leurs collègues des cartons de "référendums" à remplir pour déterminer le nombre de personnes qui soutiennent cette action. Une comptabilité précise afin de planifier une manifestation, bien réelle cette fois, en mars prochain. Un acte fort "face au mutisme de l'administration", revendique Jaffré.

Naturellement, on peut se demander si les 37 961 signataires recensés par le compteur du site à l'heure où nous publions seront réelleement présents dans la rue ? "En temps de grève, chez-nous c'est service maximum et certains seront de service ! Les méchants ne s'arrêtent pas. Cette manifestation numérique est le seul moyen pour déterminer si nous étions suivis dans nos revendications". A ce jour, ils sont 47 % à être chauds et motivés. Bref, les bleus voient rouge.

A lire aussi :

Gangs du web : La nouvelle menace ?

Voeux : Mais que fait la police ?




Réforme du lycée, travail le dimanche : Premiers reculs pour le gouvernement ?

Posté par Edouard le 16.12.08 à 12:01 | tags : grèves, gouvernement

Face à la grogne des lycéens, le ministre de l'Education Xavier Darcos a annoncé le report d'un an de son projet de réforme de l'enseignement secondaire, à la demande de l'Elysée. Jean-François Copé a lui dû trouver un compromis autour du travail dominical, qui divise fortement les rangs de l'UMP.



La réalité du terrain
"Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit", s'amusait Nicolas Sarkozy en juillet dernier devant un Conseil National de l'UMP hilare. Quelque mois plus tard, ça rigole un peu moins à l'Elysée, qui a été contraint de faire marche arrière sur la réforme des lycées pilotée par Darcos, ainsi que dans les rangs de la majorité, divisée sur la question du travail le dimanche. Deux sujets sensibles sur lesquels le gouvernement a dû ravaler sa fierté. Deux premiers revers pour la présidence Sarkozy, qui se voulait pourtant d'une grande fermeté dans la mise en place des réformes mais doit aujourd'hui faire face à la réalité du terrain.

Officiellement, bien sûr, personne n'a fait machine arrière. La réforme des lycées, qui devait être présentée ce mardi, a simplement été "reportée", notamment par peur d'un embrasement "à la grecque" du mouvement étudiant. "Je préfère qu'on me trouve trop prudent qu'inconséquent", a expliqué Xavier Darcos ce matin sur Europe 1. "Pour parler le langage populaire, il s'agit de reculer pour mieux sauter." La loi sur le travail dominical, un projet de campagne de Sarko, sera elle votée suite à l'accord trouvé entre les parlementaires UMP. Le "forfait de dimanches" passera finalement de 5 à 10 par an et s'appliquera à toute la France. Bien loin du projet initial qui proposait d'ouvrir tous les dimanches de l'année, mais uniquement dans les quatre plus grandes villes françaises (Paris, Lyon, Toulouse, Marseille).

Sarko rentre dans le rang
"Il n'y a pas de changement de cap, il n'y a pas de reculade, il y a une adaptation", a pourtant assuré mardi sur France 2 Nadine Morano, secrétaire d'Etat chargée de la Famille. Ou quand le terme de "recul" rejoint celui de "récession" dans la liste des mots tabous du gouvernement. Difficile, malgré tout, de ne pas voir un coup de frein dans ces deux décisions visant à dégonfler la contestation, qu'elle vienne de la rue ou d'une majorité finalement pas si docile que ça vis à vis de son chef suprême. Après avoir démarré son mandat sur un rythme de réforme élevé, Nicolas Sarkozy doit donc revoir ses ambitions quelque peu à la baisse, notamment dans un climat social de plus en plus tendu.

Comme la quasi totalité de ses prédécesseurs, qui avaient enterré les projets de loi Devaquet (1986), Balladur (1994), Ferry (2003) ou Fillon (2005), Sarko a donc rangé sa réforme de l'école face à la pression de la rue. Ce qui s'appelle rentrer dans le rang.



Grèves : Sarkozy retrouve la parole....

Posté par Easywriter le 23.11.07 à 16:01 | tags : citation, grèves, président de la république

...Et j'ai loupé pour ma part une belle occasion de la fermer.
J'expliquais en effet dans le post du dessous, toute la logique à l'oeuvre dans le silence sarkozyen.
L'Elysée ayant clairement une dent contre le blog politique de Fluctuat, espace de liberté incommensurable, le Chef de l'Etat est intervenu quelques minutes après publication de mon article, dans le but évident de discréditer ma parole subversive.
Bref, j'avais parié et je m'a trompé. Nicolas Sarkozy aura réagi plus rapidement que prévu.

"Des angoisses, des attentes se sont exprimées au cours des dernières semaines sur le pouvoir d’achat et sur l’emploi (...)Je ne prends pas ces attentes à la légère. Dès mon retour de Chine, j’y répondrai et je dirai aux Français ce que sera l’action du gouvernement dans les prochains mois»

On notera quand même la teneur programmatique d'une annonce balancée sur le mode "bougez pas je reviens", histoire de pousser les medias à spéculer sur ce qu'il dira à son retour de Chine plutôt que d'analyser a posteriori le conflit.
Vous avez vu, j'en retomberais presque sur mes pieds.




Sarkozy, Delanoë et l'art de se taire

Posté par Easywriter le 23.11.07 à 12:46 | tags : décryptage, grèves, président de la république, stratégie

 

"Quiconque ne sait pas se taire est indigne de gouverner" disait Fénelon dans les aventures de Télémaque.
Certains s'étonnent que le maire de Paris ne soit pas plus disert sur les grèves. Bertrand Delanoë est, comme Nicolas Sarkozy, conscient qu'il n'y a que des coups à prendre dans une telle crise dont il vaut mieux attendre l'issue. Les deux hommes, qui ont l'air de s'apprécier, partagent un ego démesuré, un habile sens de la communication et la foi totale en leur destinée. Et c'est pourquoi ils utilisent aujourd'hui la même stratégie.

Le président attend de pouvoir rebondir dans un contexte politique dégagé : il convient donc d'attendre non seulement que le conflit soit terminé mais que la dramaturgie médiatique ait besoin d'un nouvel événement. Pourquoi se risquer au frontal alors qu'on en est même pas encore à sacrifier une Tour ni même un cavalier.

Le maire de Paris ne tient pas à voir son image associée à celle d'une ville paralysée, qui saurait l'en blâmer ?
En plus, se risquer dans le débat finirait fatalement par voir arriver sur le tapis la douloureuse question du métro parisien, parent pauvre de la politique de développement des transports de la Ville de Paris. Qu'irait-il faire dans cette galère ?




Grèves : Fillon veut toujours que ça cesse

Posté par Easywriter le 21.11.07 à 17:06 | tags : grèves, premier ministre, social
"Les auteurs de ces actes de sabotage ont sans doute cru pouvoir interrompre les négociations et la reprise du travail qui est en cours à la SNCF. Ils se sont lourdement trompés. Cette stratégie irresponsable rend au contraire encore plus nécessaire les négociations et l'arrêt de la grève qui est engagé(...)
"Pour les Français qui n'en peuvent plus de cette galère, il est plus que temps que ces grèves cessent, que le travail reprenne sur le réseau de la SNCF come sur celui de la RATP au moment même où les négociations sont engagées". (AFP)
François Fillon n'en peut plus d'essayer d'exister à l'occasion du conflit social et donne de la voix.
Dans le Canard de ce matin, on apprenait que depuis le début il était pour un passage en force par décret plutôt que de tergiverser.
Si les négociations entamées par Xavier Bertrand se plantent, il pourra dire qu'il avait raison et discréditer son ambitieux ministre du travail. Dans le cas inverse, ce dernier pourra commencer à se raser en pensant à Matignon.



La grève signera t-elle la fin de la gauche modérée ?

Posté par Easywriter le 21.11.07 à 13:56 | tags : décryptage, grèves, opposition

A l'état actuel du parti socialiste qui tente maladroitement de tirer les marrons du feu d'une contestation qu'il n'approuve pas complètement (sur le fond les socialistes sont pour la réforme des régimes spéciaux), au peu de succès des tentatives de modernisation du syndicalisme français (la direction de la CGT n'est pas forcément suivie par sa base dans son envie de réforme), s'ajoute l'intérêt politique de la majorité de poursuivre ce pourissement.

Ces effets conjugués sont en train d'assurer la tranquille ascension d'Olivier Besancenot, héros des mécontents du secteur public. Tout se passe comme si à l'avenir le débat politique allait se résumer à un affrontement entre gauche radicale et droite au pouvoir.

Evidemment cette option est tout à fait souhaitable pour Nicolas Sarkozy.
Imaginez un peu ce que donnerait un nouveau parti de Besancenot (oui parce que Ligue communiste révolutionnaire c'est dur niveau com) à 10 ou 12 % des voix.

Il se passerait à la gauche du champ politique ce qu'il s'est passé à droite dans les années 1980 : François Mitterrand avait bien compris à l'époque tout l'intérêt de voir une partie de l'électorat de droite choisir le Front National neutralisant ainsi toute vélléité de prise de pouvoir par les conservateurs.

Attention je ne fais aucune comparaison de nature entre la LCR et le Front National, simplement une analogie de tactique politique adoptée par un parti dominant. La déconfiture de la gauche gestionnaire auprès de l'opinion fut largement ralentie par cette division encouragée des voix.
Le RPR de l'époque tenta maladroitement de récupérer sa frange la plus dure, jetant le discrédit sur l'ensemble de son discours politique.

On peut penser que les acrobaties difficilement lisibles du parti socialiste aujourd'hui tentent justement d'éviter une radicalisation opportuniste qui l'enfermerait dans des postures d'arrière garde, perdant chez les électeurs modérés ce qu'il gagnerait sur son aile gauche.

Avec pour résultat une stagnation globale de ses voix.
La volonté de Sarkozy de neutraliser les structures syndicales pour poursuivre ses réformes ne doit pas faire oublier son souci d'occuper l'espace politique jusqu'au centre gauche initié par sa "politique d'ouverture".

Mon titre est bien entendu volontairement polémique mais il n'empêche que l'incapacité de la gauche modérée à proposer un pacte social cohérent qui lie entre elles les classes populaires et moyennes au-delà de l'éternel scission public/privé est peut-être en train de produire son dernier fruit : un nouveau découpage électoral de la gauche déjà minoritaire qui lui assure pour pas mal de temps encore une belle carrière dans l'opposition.




Steven Seagal : il faut savoir terminer une grève

Posté par Easywriter le 21.11.07 à 11:20 | tags : grèves, humour
A mobilisation massive, réponse musclée. Mozinor invente le négociateur de demain.





Extension du domaine de la grève ?

Posté par Easywriter le 20.11.07 à 15:19 | tags : grèves, social

Dans le post précédent, on vous parlait un peu de l'effet boule de neige que finit par créer un mouvement social dans la durée, la preuve par le tract :

Hôpitaux : Appel à la grève de syndicats de médecins (AMUF, urgentistes) ainsi que de la CGT et FO. Les deux principaux syndicats de médecins des hôpitaux, CPH et INPH, ont apporté leur «plein soutien» au mouvement.

Banque de France : Trois syndicats (CGT, FO et Solidaires) appellent à la grève contre «l'insuffisance des effectifs».

Impôts : le Syndicat national unifié des impôts (SNUI-FDSU), premier du secteur, a appelé les agents à "s'inscrire dans la journée de grève" pour dénoncer "la logique du 'moins d'Etat, moins de service public'".

Poste et France Telecom : Cinq fédérations (CGT, CFDT, Sud, FO et CFTC) appellent à la grève, notamment pour l'emploi, le pouvoir d'achat et contre les restructurations.

Météo-France : 5 organisations (SPASMET/Solidaires, SNM/CGT, SNITM/FO, CFDT/Météo, SPAC/CFDT) ont déposé un préavis national de grève contre les diminutions d'effectifs.

Bien sûr ces mouvements s'ajoutent à ceux de l'Education et des transports (SNCF, RATP). Le collectif Sauvons la recherche appelle aussi à une mobilisation et Nedjma nous apprenait sur Saisons que les professionnels de la culture n'excluaient pas une mobilisation. Mais ce n'est pas tout le privé s'y met aussi :

Commerce : La fédération des employés du commerce FO appelle les salariés à se mettre en grève.

Yoplait : La CGT appelle les salariés à des débrayages dans les sites de production le Mans, Monéteau et Vienne.

Sources : 20 minutes et Le Monde




Le pouvoir de nuisance du pouvoir d'achat

Posté par Easywriter le 20.11.07 à 14:27 | tags : grèves, social

En bon chef d'entreprise, Nicolas Sarkozy laisse ses cadres intermédiaires se prendre de plein fouet la grogne montante des salariés du public.
On n'a jamais autant entendu François Fillon que ces dernières 24 heures.
En gros le Premier ministre prévient qu'il ne cèdera pas au chantage de la rue (j'en connais un qui part en pleine raffarinade moi...). Fillon offre son corps aux rebelles et centre sur lui les flèches de la contestation. Sarko lui, viendra empocher les dividendes de la paix dans quelques jours.

D'ici la fin de la semaine, il interviendra probablement en annonçant des mesures qui lui garantiront la victoire sur la bataille des principes mais à un coût probablement plus important que les économies nouvelles.
Et encore est-ce le scénario rêvé.
Car en réalité l'uberprésident a intérêt à se bouger les fesses. La CGT n'est pas totalement tombée dans le piège de la radicalisation et du blocage dans un conflit casse-gueule où l'opinion est contre elle. (A ce propos ce qu'on retiendra peut-être de ce conflit c'est l'évolution du syndicat de Bernard Thibaut vers une pratique réformiste et une certaine modernisation, encore balbutiante, des stratégies.)

Si le conflit s'éternise, la question globale du pouvoir d'achat va souder les différents corps sociaux qui manifestent aujourd'hui.
N'en déplaise à certains, cheminots et profs ont surtout en commun d'être mal payés et si les syndicats arrivent vraiment à imposer ce sujet le gouvernement est mal. Surtout que le secteur privé - que des syndicats comme la CGT doivent reconquérir - sera très sensible à la problématique de la "feuille de paie".

C'est un peu le problème des conflits sociaux en général, il démarre sans grande popularité mais finissent, les jours passant, par agréger tous les mécontents.
Regardez, encore quelques jours et même François Hollande passera pour un homme plein d'audace et d'idées nouvelles : il parle d'une nécessaire conférence sur les salaires, de propositions sur le logement qu'il mettra en avant dans le cadre des prochaines municipales.

"On peut perdre les municipales sur le pouvoir d'achat" a déjà annoncé Sarkozy à ses lieutenants. Du coup, on phosphore en haut lieu sur la possibilité pour les entreprises d'instaurer un 13ème mois sans charges et d'étendre encore le champ de la défiscalisation des heures supplémentaires...
Questions : si on continue à ce rythme, qui paiera les charges sociales indispensables au financement de la protection ?
Dans un pays toujours en campagne, où chaque scrutin corrige le précédent, combien de concessions financières fera t-on encore au sommet de l'Etat pour sauver des apparences toujours plus coûteuses ? Pourquoi plus personne ne parle du réalisme économique avec lequel on nous bassine en permanence ?




Mouvement étudiant : mais que fait la police ?

Posté par Easywriter le 15.11.07 à 11:42 | tags : éducation, grèves, social

Comment gère t-on un mouvement social aussi complexe qu'une manif d'étudiants, pourquoi le gouvernement semble radicaliser sa méthode etc ?...toutes questions qu'on se posait à propos des récents blocages universitaires.
On a donc demandé à l'ami David Dufresne, journaliste indépendant et collaborateur ponctuel de Flu de nous éclairer.

 

Son documentaire Quand la France s'embrase et son livre Maintien de l'ordre, enquête analysent la gestion politique de la sécurité à travers les exemples des émeutes de banlieues et de la crise du CPE. A propos de celles-ci voila ce qu'il dit en entretien :

"A l'époque on a laissé deux mois des universités occupées parce qu'il y a une loi de la franchise universitaire qui dit que les lieux de savoir comme les lieux de culte ne sont pas accessibles à la police. Mais du coup il y a un côté sanctuaire et quand des bastions comme l'université de Rennes 2 ou La Sorbonne sont tenus, le mouvement y réfléchit, s'organise et peut prendre à partir de là beaucoup d'ampleur."

Lire l'intégralité de l'entretien avec David Dufresne

 




Le saviez-vous ? Le vote en assemblée générale est un auxiliaire de police

Posté par Easywriter le 14.11.07 à 13:05 | tags : éducation, élucubration, grèves, social

Hier les CRS ont donc délogé manu militari les étudiants grévistes et bloqueurs de Nanterre. L'intervention violente de gendarmes et de policiers est tout sauf étonnante.
Si ordinairement les forces de l'ordre évitent le frontal c'est parce que les mouvements étudiants font preuve d'une grande unité, au moins de façade.

Quand j'étais à la fac (il y a un siècle) les anti-blocages étaient considérés comme d'infames socio-traites manipulés par les syndicats réactionnaires comme l'UNI. La plupart des AG étaient déjà dirigées par des néo-hippies barbus qui partageaient tous un invraisemblable goût vestimentaire et une mythologie contestataire post-soixante-huitarde.
Mais enfin, retourner en cours ou tenter de contrer le blocage était vraiment trop de droite.

Au fil des années, les antiblocages et plus généralement les "contre-manifestants" sont devenus plus nombreux : même la lutte anti-CPE connut ses pro-gouvernement certes minoritaires vu le rejet massif de ce contrat. A Nanterre, les anti-blocages scandaient des "allez les Bleus" pour encourager les CRS, chose impensable il y a dix ans.

Désormais les votes en AG où se décide le choix des blocages sont contestés ouvertement. ll est vrai que ces consultations n'ont jamais été représentatives de quoi que ce soit, la majorité des étudiants ne vote pas plus lors de ces assemblées chiantes comme la pluie qu'ils ne se déplacent aux urnes lors des élections syndicales.

C'est donc tout à fait légitimement que bloqueurs comme antibloqueurs contestent, selon qu'il les arrange ou non, la légitimité d'un vote sur la poursuite ou l'arrêt des blocages d'universités.
Ces votes servent en renvanche aux forces de police pour évaluer à la louche les risques de dérapage et les soutiens potentiels des étudiants mollestés. Les étudiants ne sont pas de vulgaires sans-papiers ou des cailleras de banlieue, ce sont les enfants de la France comme on l'a entendu dans un récent documentaire de David Dufresne.

Par extension, on peut penser que les familles des antiblocages soutiendront leurs progénitures si bien que s'il n'est pas plus démocratique qu'un sondage, le vote en AG a désormais cette vertu : il permet de se faire un état même approximatif de l'opinion et de déterminer l'usage des matraques en fonction des résultats.
L'assemblée générale transformée en auxiliaire de police voilà qui ne manque pas d'une jolie ironie.




Grèves : et quoi ensuite ?

Posté par Easywriter le 13.11.07 à 17:40 | tags : décryptage, grèves, social

Bien sûr que Nicolas Sarkozy et le gouvernement tentent d'anesthésier la contestation syndicale, j'irais plus loin : qui saurait les en blâmer ? Q'un gouvernement de droite essaie de réduire autant que possible le pouvoir de nuisance de ses ennemis historiques n'a rien d'étonnant. Ils ne peuvent pas compter de leur part sur une entente a priori, seules les Exécutifs de gauche peuvent l'espérer.

Qui peut croire sérieusement que l'enjeu n'est que la réforme de régimes spéciaux dont les plus optimistes pensent qu'il nous fera économiser 200 millions d'euros en année pleine ?
Qui peut affirmer qu'il ne s'agit pas d'un bras de fer ? Qui n'a pas digressé ou entendu digresser sur les cheminots privilégiés et/ou les fonctionnaires fainéants en général à propos de la situation actuelle ?
Qu'on les juge bonnes ou mauvaises, les réformes programmées par l'Exécutif concernant les retraites ou la fusion des contrats de travail nécessitent une première victoire décisive. Celle-ci est bien partie.

Tous les mobilisés cherchent un second souffle : les bénéficiaires des régimes spéciaux parce que lutter contre cette réforme est peine perdue et totalement contre-productif aux yeux de l'opinion. Les étudiants aussi : l'époque étant ce qu'elle est, la relative bienveillance avec laquelle on regardait habituellement leur fronde gentiment libertaire laisse place à une certaine lassitude. Moins de la moitié des français les soutiennent d'après un sondage paru hier dans le Monde.

Du coup, tous doivent laisser entendre qu'au-delà de leurs revendications, la liquidation sociale à la mode Sarkozy est en branle.
Sauf que pour l'heure ça ne prend pas : chacun est persuadé savent que la réforme ne changera rien à don problème, aussi bien d'ailleurs qu'il sait que les syndicats ne défendent, en l'instant, que des intérêts catégoriels dont la préservation ne lui garantit rien non plus.

Bien sûr que le président a acculé les syndicats dans une impasse grâce à une approche sectorielle.
La méthode a été préparée habilement en 2003 par François Fillon qui réforma le régime des fonctionnaires pour le caler sur les 40 annuités de cotisation du privé en laissant les régimes spéciaux intacts, première division des intérêts catégoriels pour mieux faire passer la deuxième pilule plus tard.
En 2003, l'enjeu était de sauver le régime de retraites, la réussite était moins dans le coup de force que dans la réforme. Cette fois c'est l'inverse : les syndicats n'ont plus qu'une toute petite partie de travailleurs à défendre et donc des soutiens très faibles. Les faire plier constitue un gain inversement proportionnel à la réalité des économies concernées.

Bien sûr que le gouvernement refuse les possibilités de négociation intermédiaires, appels du pied qui se multiplient de la part de syndicats plus modérés qui ne croient pas au rejet pur et simple du projet de réforme. Si vous voulez avoir une image précise de l'acrobatie des contestataires, essayez de suivre la rhétorique complexe de l'élu socialiste tentant d 'expliquer qu'il- soutient- un- peu -des -grèves- contre- une réforme-des-régimes-spéciaux-qu'il soutient- un- peu- aussi- mais- enfin- tout -ça-c'est-surtout- un-problème -de-méthode-tout-ça...

Epuisés par un combat perdu et impopulaire, les forces contestaires du moment auront bien du mal à s'en remettre, si elles perdent toutes ensemble dans les jours prochains dans le cadre d'un mouvement unitaire. Il sera temps alors de passer aux choses sérieuses.

 

 




Pour Ségolène Royal, le gouvernement cherche l'affrontement

Posté par Easywriter le 12.11.07 à 10:58 | tags : citation, grèves, opposition

"Bien sûr qu'il faut réformer le système de retraites globalement mais ce qu'il ne faut pas faire, et ce que fait malheureusement ce gouvernement, c'est faire de la provocation ou aller à l'affrontement pour l'affrontement".
Ségolène Royal sur France Inter ce matin.

L'ancienne candidate socialiste a fustigé la dégradation du climat social depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. " se dit que le mouvement de grève est impopulaire, il se dit que les régimes spéciaux sont impopulaires alors on peut aller à l'affrontement".

Elle n'a pas soutenu directement les grèves mais la volonté des syndicats de nouvelles négociations, Vincent Peillon faisait de même à la Matinale de Canal Plus, expliquant que les grévistes n'avaient finalement "pas vraiment le choix".
"Il y a arrogance, il y a archaïsme et il y a une volonté de ne pas régler les problèmes au fond", a résumé Ségolène Royal.

 





Exclu : Cécilia Sarkozy volera la vedette à Bernard Thibault

 

Les sarkozy se séparent. Lundi ils étaient devant le juge. C'est le Nouvel Obs qui le dit, c'est sérieux le Nouvel Obs, un peu comme l'Est Républicain qui prévoyait l'annonce officielle vendredi dernier.
Comme Fluctuat aussi, qui vous annonce en totale exclu que l'Elysée confirmera le divorce demain 18 octobre.
Ben oui, pour l'instant le feuilleton de la rumeur a permis de neutraliser avec plus ou moins de réussite la fronde anti ADN. Mais demain la plus grande mobilisation sociale attendue depuis les célèbres grèves de 1995, c'est quand même quelque chose, il faudra un peu plus de biscuit.
Nicolas Sarkozy ne craint sans doute pas grand-chose des éventualités révolutionnaires mais s'inquiète de l'image d'un Exécutif tancé de toutes parts. Ramener la fin de l'Etat de grace sur un plan plus intime est tout bénef.

On imagine des couvertures du Point du style : Sarkozy l'homme blessé. Apreté des réformes, solitude du pouvoir, drame de la vie intime, le Président est dans la tourmente. Comme Sarkozy a lui-même largement exposé sa femme dans la sphère publique, les journalistes éprouvent peu de scrupules à s'emparer de l'affaire.

Et puis il faut bien reconnaître que spectacle pour spectacle, le déchirement intime du couple présidentiel reste plus excitant qu'une manifestation d'écharpes moches entre Bastille et Nation. Je vous invite à regarder la coiffure de Bernard Thibault et méditer sérieusement sur le potentiel hollywoodien du syndicalisme français. Bien.

Le combat pipolisation vs lutte sociale, individu contre solidarité collective, Cecilia Sarkozy versus Bernard Thibault connaîtra donc demain son apogée. Un pas de plus vers l'idéologie de la privatisation (= penser de façon collective n'a aucun influence sur le destin de chaque individu) comme dirait Zygmunt Bauman.

Margaret Thatcher disait : " La société n'existe pas, il y a des individus, hommes ou femmes, et il y a des familles". Qui divorcent.

 

 

 




La grande journée de François Fillon

Posté par Easywriter le 17.10.07 à 11:29 | tags : gouvernement, grèves, premier ministre, social

"Carré dans ses bottes". C'est ainsi que François Fillon attendrait la grande journée de grève dans les transports publics demain. (in Le Canrd enchaîné).

L'exécutif ne craint pas grand chose de la mobilisation, sachant que lutter contre la réforme des régimes spéciaux apparaitra aux yeux de l'opinion comme une défense corporatiste de privilégiés. Les centrales syndicales ont donc à la fois tout intérêt à faire une belle démonstration de force demain, autant qu'elles en ont à ne pas faire durer le conflit. Tout le monde compte ses petits soldats dns la perspective d'autres combats plus âpres.

Mais Fillon,lui, est vraiment content.
En 2003, il a réussi à faire passer sa réforme des retraites, celle qu'il considérait comme la seule possible, capable de sauvegarder le système de répartition.
Au terme d'un feuilleton social assez rythmé, l'allongement de la durée de cotisation et l'indexation des pensions sur l'évolution des prix et non plus des salaires ont été adoptés.
Ce fut le quart d'heure warholien de François Fillon.

On parle d'ailleurs de la réforme Fillon, et lui-même estima plus tard qu'on ne retiendrait des deux mandats de Jacques Chirac que "ses réformes".
Outre l'opinion, François Fillon sait qu'il a les parlementaires de son côté. Garant des réformes, chef de la majorité, c'est ce qu'il voudrait être et il le sera au moins 24 heures demain. Big day !

Au reste, surement souhaiterait-il lui-même un peu plus d'adversité, qui sait. A vaincre sans péril etc.. Il n'aura peut-être même pas l'occasion de faire l'éloge du courage politique, moins lyrique que Villepin. Capitaine droit dans ses bottes mais moins pincé qu'Alain Juppé. Vu l'avenir politique de ces deux-là leurs qualités ne sont d'ailleurs pas si enviables.

En tout cas, demain toute la journée, François sera Premier ministre.






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