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La politique c'et beaucoup de stress. Il faut parfois décompresser.

L'identité nationale à l'épreuve de la Coupe du monde

Posté par Edouard le 19.11.09 à 13:06 | tags : élucubration, immigration, au delà du sport

N'en déplaisent aux instigateurs du grand débat sur l'identité nationale, la France ne vibrera pas seulement pour les Bleus lors de la Coupe du monde qui se tiendra en Afrique du Sud du 11 juin au 11 juillet 2010. En plus de l'équipe de France, le Portugal a arraché mercredi son ticket pour le Mondial. Ainsi que l'Algérie, dont la victoire sur l'Egypte a été célébrée un peu partout en France. Deux communautés qui vibrent généralement plus pour leur équipe de sang que leur équipe de sol.

 

Paris, Marseille, Lyon, Lille et bien d'autres villes étaient en liesse hier soir. Pas pour la douteuse qualification des Bleus, mais pour la victoire historique de l'Algérie sur l'Egypte (1-0), à Khartoum. 24 ans après leur dernière participation, les Fennecs, comme on surnomme les joueurs algériens, iront à la Coupe du monde. "One, two, three, viva l'Algérie", chantaient leurs supporters dans un mélange de langues à la fois étrange et révélateur de la France multiethnique et multiculturelle.

 

Les Algériens de papier ou d'origine (qui seraient au moins 1,5 millions en France), les Portugais immigrés ou fils d'immigrés, et tous les autres, sont-ils pourtant autant de mauvais ou de moins bon français que ceux qui supportent avant tout l'équipe de France ? TF1, en tout cas, ne devrait pas se plaindre de la présence de ces formations (citons également la Côte d'Ivoire, le Cameroun ou la Serbie) qui alimenteront son audience en dehors des matchs des Bleus. Ainsi va la France plurielle, où un quart des citoyens à au moins un parent ou un grand-parent immigré. Où l'équipe nationale n'est pas uniforme et les cœurs parfois partagés. Où débattre de l'identité nationale dans les termes qui nous sont proposés est décidément hors de propos. 

 

Discutez sur le forum : Pourquoi un débat sur l'identité nationale ?




Ségolène Royal siffle la fin de la récré

Posté par Easywriter le 16.11.09 à 10:21 | tags : ps, élucubration, débat

 

 

Royal s'impose. Pour ceux de ses amis qui ne l'auraient pas compris, elle reste le leader des wannabe au parti socialiste. Hier, elle n'a fait que rappeler quelques fondamentaux à Vincent Peillon, son ancien lieutenant.

Certes, Espoir à gauche était, à l'origine,  un courant alternatif censé fédérer les soutiens de Ségolène Royal au sein d'un appareil qui lui était majoritairement hostile.

Mais qu'on ne méprenne pas : ce n'était pas faire de la politique autrement, mais faire la même chose avec des moyens différents.
Royal a créé son courant et maintenant merci de rester dans le rang, ou dans "le troupeau" pour reprendre sa propre expression.
Un troupeau de moutons, guidé par un éléphant. Car c'est ce que Royal est en train de devenir. 

 

Et à quoi reconnait-on un éléphant du parti socialiste ? A sa capacité sans égale à empêcher ses enfants de faire carrière.
Toute une génération de leaders aujourd'hui âgés de plus de 60 ans,truste toujours les principaux courants idéologiques.
D'ailleurs ces courants portent généralement leur nom : on parle des Fabiusiens ou des Strauss-kahniens etc.

 

Derrière eux, les quadras du parti - quadras qui filent vers leur 50 ans - attendent un tour qui ne viendra peut-être jamais.
Valls, Peillon, Montebourg, les enfants frustrés d'une dynastie dans laquelle les Anciens semblent ne vouloir mourir jamais, la génération sacrifiée d'un appareil socialiste qui donne l'impression de préférer voir tout sombrer plutôt que de laisser la descendance prendre la suite.  

 

Les pères ne voulaient rien entendre, mais la mère aimante vient d'infliger un camouflet aussi méprisant à leur tentative d'émancipation.
Royal qui déboule au meeting de Peillon, c'est un peu comme si votre mère débarquait avec ses amies en plein milieu de votre boum adolescente : bien sur la maison lui appartient mais Pitié, maman, laisse moi vivre mes expériences."
Et bien non, la fête est finie, Ségolène siffle la fin de la récrée (Peillon organisait d'ailleurs un débat sur l'école) et demande qu'on parle correctement

 

Vous trouvez qu'on exagère ? Critiquant la partie qui vient de se jouer et l'attitude de Royal, Valls s'est dit fatigué des "jeux de rôles insupportables." et Filipetti a prôné le retour de la fessée au parti socialiste, les deux affichant bien l'atmosphère régressive qui y règne.
Après avoir fait la leçon à l'Enfant terrible, Ségolène est repartie convaincre les foules.
Elle a commencé sa campagne pour les Régionale dans les Deux-Sèvres. Dans un village qui s'appelle "La Crèche". 

 







Qui va pâtir de la tentative de retour de Villepin en 2012

Posté par Edouard le 28.10.09 à 15:30 | tags : élucubration, ump

Pas encore sorti d'affaire dans le procès Clearstream, Dominique de Villepin est pourtant déjà passé dans une phase de contre-attaque politique. Selon l'ex-Premier ministre, nous avons besoin "d'un projet fondateur pour une France républicaine, solidaire et indépendante". Une attaque en règle du sarkozysme, accusé de porter des valeurs inverses. Mais quel est donc le but de ce retour du soldat Villepin ?

 

 

Dominique de Villepin président en 2012, on y croit pas trop. L'homme n'a, rappelons-le, jamais affronter les urnes de toute sa carrière. Entretient-il lui-même l'espoir de squatter l'Elysée ? Pas sûr non plus. Qu'est-ce qui peut donc bien le faire avancer ? Peut-être le désir fou de faire capoter la réélection de son ennemi juré, Nicolas Sarkozy. Le mec qui voulait le pendre "à un croc de boucher" et le déclarait "coupable" avant même la fin du procès Clearstream...

 

Le problème, c'est que le caillou Villepin pourrait tout aussi bien atterrir dans la godasse du futur candidat PS qui aura la lourde tâche d'affronter Sarko. Parce qu'avec ses beaux discours, sa belle geule et ses costumes bien taillés, il fait un carton chez les gauchistes bourgeois (et il y en a de plus en plus à en croire le dernier sondage LH2 - Nouvel Obs). Moralité, il ne faut pas se demander si Villepin va gagner, mais qui il va faire perdre...

 

L'analyse complète du cas Villepin sur le mag de Fluctuat

 

Réagissez sur le forum : En 2012, voteriez-vous pour Dominique de Villepin ?




Le malade imaginaire face à la grippe A

Posté par Rémi Métriau le 26.09.09 à 12:30 | tags : elucubration
Pas simple d'être hypocondriaque par temps de pandémie. Durant cette période, le malade imaginaire traque la mort avec cette impression morbide de ne pas pouvoir lui échapper. Encagoulé, masqué et muni de son "gel nettoyant pour les mains", il fuit "l'éternueur" qui ne cherche qu'à l'enrhumer. Alors, ses vies sociale, familiale et professionnelle sont toutes chamboulées.

Conscient du problème, Flu propose un guide de survie pour hypocondriaque.

 


 




Lettre à Alain Duhamel

Posté par Easywriter le 18.09.09 à 12:25 | tags : élucubration

Cher Alain

Cela fait plusieurs jours que j'attendais avec impatience ta chronique d'aujourd'hui dans Libé.
Je me demandais comment toi tu allais réussir à expliquer que publier la vidéo Hortefeux menaçait la démocratie.
Car, je reconnais que ce n'était pas si simple de faire passer un document journalistique  pour le symbole du web "poubelle de l'info", tout en lui reconnaissant sa valeur de document journalistique.
Le mieux sur ce point, tu as raison, c'était encore d'ignorer la contradiction. 

"Dans l’affaire Brice Hortefeux, il n’y a qu’une victoire, celle des vidéos, et qu’un triomphe, celui d’Internet. Une fois de plus, la Toile a imposé son règne. Désormais, il se trouve toujours une caméra, un mobile, un appareil numérique pour saisir une scène, pour enregistrer une séquence ou une phrase, pour intercepter un geste, une mimique, un mot, un regard. En l’occurrence, il ne s’agissait ni d’une équipe d’amateurs, ni d’images volées."

C'est moi qui souligne la dernière phrase, Alain, pour des raisons pédagogiques, tu sais, les internautes sont tellement cons.
Donc tu as raison peu importe que ce que tu évoques au début de ton édito n'ait rien à voir avec l'affaire Hortefeux (filmé au grand jour par des journalistes de la téloche), ce qui compte c'est de marteler le danger inhérent au web fou.
Car, après tout,  si la vidéo était restée tranquillement dans les bras de Public Sénat, il n'y aurait pas de polémique et on entendrait que le ronronnement démocratique et serein des gens non informés
.

Seulement DA WEB est là. 

"Dès que la photo, la séquence ou la boutade se retrouve sur Internet, c’est aussitôt la fièvre, la théâtralisation, la contagion, la dénonciation, le scandale, la polémique".

Le web c'est un peu comme la bagnole dans un dessin animé avec Goofy. A peine assis derrière le volant, l'aimable voisin, le gentil mari, devient un assassin, il bave, ses dents poussent il n'est plus que pulsion. 

L'info c'est pareil, une fois en ligne, la gentille vidéo que personne ne voit se transforme :

"C’est aussitôt la fièvre, la théâtralisation, la contagion, la dénonciation, le scandale, la polémique. La mince cloison entre vie privée et vie publique s’est effondrée."

C'est vrai qu'elle est mince la cloison qui sépare la vie privée de la balade d'un ministre en exercice au sein d'une fête du parti majoritaire...

Allez stop Alain : on sait bien que t'es tout colère depuis que tu t'es fait griller en disant que tu voterais probablement Bayrou (en même temps on se doutait que tu kiffais pas Laguilier plus que ça)

Mais derrière l'indignation, affect moteur de l'éditorialiste diplômé, pointe vite l'analyse :

"La vidéo dispose évidemment d’une puissance incomparable. Comme la télévision mais sans aucune norme acceptée, elle joue des sentiments, de l’amplification, de la contagion".

Nous-y voilà, hein Alain. La télé, elle, a ses normes strictes elle ne joue avec les sentiments, l'amplification et la contagion que dans les programmes de la télé réalité, pour le reste elle a une norme acceptée.

Euh, par qui au fait Alain ?

Qui dicte la norme ? Qu'est-ce qui fait qu'une info est une info ? C'est sur que Libé.fr  n'aurait pas  publié le premier une vidéo où tu expliquerais tes penchants bayrouistes.
Pas évident non plus de publier des scoops sur un ami politique du canard où on bosse, ou d'évoquer un scandale dans lequel serait  empêtrée la tante du rédacteur en chef.

Du coup il y a une norme tacite qui dit qu'on peut filer l'info à un confrère moins gêné : genre, tu bosses au JDD et tu donnes à Rue 89 l'info selon laquelle Cecilia Sarkozy n'a pas voté.
Alors bien sûr, quand on a pas trop le courage, parfois on balance au petit bonheur la chance, sur un site de partage. Comme on jette une bouteille à la mer ou de la charogne au viandards, si tu préfères, mais l'essentiel est là : tu donnes une info qui mérite mieux que ton manque de courage à la faire circuler. 

C'est une norme qui en vaut bien une autre et qui fait les choux gras du Canard enchainé sans que personne ne s'émeuve qu'il publie des infos non sourcées, des citations non attribuées etc.. C'est juste un peu de pouvoir qui t'échappe, c'est pas si grave

Alors tu vois Alain je m'interroge sur ton cas.

Tu fais des titres de merde ("totale transparence", c'est nul non ?), t'es de mauvaise foi (c'est le site du Monde qui publie la vidéo Hortefeux pas l'amicale des web-tueurs en série.net), redresseur de torts, tu parles de trucs auxquels tu ne pipes rien et tu les publies en ligne. Et Alain, en fait tu serais pas qu' UN PUTAIN DE BLOGUEUR !!

Lol, Alain, je déconne.

Bises mon bon

EW




Christophe Barbier, roi de l'édito estival

Posté par Edouard le 14.08.09 à 12:51 | tags : humour, élucubration, medias et politique

Même en vacances, l'infatigable directeur de la rédaction de L'Express ne chôme pas. Depuis son lieu de villégiature, le fast thinker continue ainsi de nous offrir sa vision de l'actualité, dans des tenues décontractées du meilleur effet.

 

 

Eté oblige, Christophe Barbier a donc troqué le traditionnel costume - écharpe rouge de ses éditos vidéo pour des accoutrements de saison. Tunisienne ouverte avec la paire de lunette de soleil accrochée au col, veste blanche mal coupée, t-shirt vert près du corps. Christophe ose tout. Même le chapeau panama. Un couvre-chef qui pourrait nous faire penser à Marlon Brando si l'éditorialiste n'était pas gaulé comme une ablette.

 

Notons, enfin, que le boss de L'Express n'a pas eu besoin de nous donner son avis sur l'adoption du texte de loi sur le travail le dimanche, lui qui demeure hyper actif (dix éditos postés depuis le 3 août) en période de congés. Gare, tout de même, au surmenage.


Christophe Barbier en Panama :


Christophe Barbier en t-shirt :




Fox News Vs. la vérité sur Amsterdam

Posté par Jordan le 30.07.09 à 18:40 | tags : élucubration, international

Le célèbre présentateur de la chaîne néo-conservatrice Fox News Bill O'Reilly invitait récemment sur son plateau deux "stratèges" du parti républicain pour entendre leur analyse du marasme dans lequel s'embourbent les Pays-Bas à cause de leur libéralisme naïf et de l'autorisation d'y consommer du cannabis.

Décrivant une Amsterdam envahie par le crime, la mafia, l'anarchie, les deux expertes ont agaçé un citoyen néerlandais, soucieux de rétablir la vérité au moyen de quelques chiffres...




Les obèses nous empêchent-ils de respirer ?

Posté par Emmanuel le 09.05.09 à 13:24 | tags : écologie, élucubration, santé
Les obèses nous empêchent de respirer. C'est un peu le message (très light) de l'étude récente intitulée "population adiposity and climate change" menée par deux chercheurs à l'Ecole d'hygiène et de médecine tropicale de Londres.

L'indice carbone est plus que jamais le moyen approprié pour nous faire culpabiliser sur notre mode de vie destructeur pour l'environnement. Dernier exemple en date, l'étude de Phil Edwards et Ian Roberts publiée dans l'International Journal of Epidemiology. Leur méthode est on ne peut plus simple. Evaluer le taux de consommation de gaz à effet de serre d'une population dite "normale", et le comparer avec celui d'une population ayant 40% d'obèses. Résultat ? La population obèse consomme 19% d'énergie en plus. Cette augmentation est liée aux déplacements en voiture et en avion plus fréquents ainsi que la consommation énergétique nécessaire à la production et au déplacement de la nourriture. Et oui, c'est la preuve que les obèses marchent moins et mangent plus.
En mai 2008, une autre étude, de l'Université Wake Forest de Winston-Salem en Caroline du Nord cette fois, rapportait que les deux-tiers de la population blanche, afro-américaine et hispanique Américaine étaient en surpoids, dont plus d'un tiers obèses. La conclusion du Docteur Burke, à l'origine de cette étude, était tout aussi encourageante : "alors que le nombre de cas d'obésité augmente, nous dépensons de plus en plus d'argent en soins médicaux". 

 




Internet à l'Assemblée, c'est pour quand ?

Posté par Le Yog le 06.05.09 à 10:32 | tags : élucubration, assemblée nationale, actu insolite, ump

Thierry Mariani, le député UMP qui avait donné un coup de frein aux free party, a déposé lundi un nouvel amendement qu'il défendra dans le cadre du projet de réforme du règlement de l'Assemblée Nationale en discussion cette semaine. L'empêcheur de jumper veut donner la possibilité aux parlementaires de se connecter à internet durant les sessions parlementaires. Détail de l'argumentaire. 

Tel un premier pas vers le progrès, Bernard Accoyer, président de l'Assemblée, autorisait en 2008 les députés à utiliser un ordinateur portable dans l'hémicycle. Mais, jusqu'à maintenant, ils ne pouvaient pas surfer sur le web. A juste titre, Mariani "souhaite que l'Assemblée fasse un pas supplémentaire dans la modernité". Par un souci d'égalité, il faut noter qu'en France de "nombreuses assemblées municipales, départementales et régionales ainsi que la plupart des parlements européens" sont déjà connectés à la toile.

 

Ainsi, Mariani veut "faciliter l'information en temps réel des députés et la communication avec leurs collaborateurs". Surtout, en un temps où le développement durable et l'écologie sont enfin politiquement "in", internet permettra de réduire la consommation de papier qui n'a cessée de croitre. Pour finir son plaidoyer connecté, il assène une chute mortelle : "la France ne doit pas être le dernier pays avec le Bhoutan à être privé d'internet".

 

Si ces arguments de travail sont tout à fait recevables, ne se cache-t-il pas derrière la volonté de pouvoir surfer en glandant dans l'hémicycle ? Une avancée technologique qui pourrait au pasage enrayer l'absentéisme en rendant plus supportables les longues sessions parlementaire.




La France, pays de table et d'oreiller

Posté par Emmanuel le 05.05.09 à 18:32 | tags : international, élucubration, economie
Dans la série études comparatives qui décrédibilisent la France, l'OCDE frappe un grand coup avec un rapport sur l'évolution des modes de vie dans les 30 pays de l'OCDE. Résultat ? Les Français sont ceux qui passent le plus de temps dans leur lit et à table...

 

130 minutes par jour consacrées aux repas. Non, les Français ne sont pas prêt à sacrifier l'essentiel malgré la crise. Presque 9 heures de sommeil par nuit: en tête des pays de l'OCDE.
Si on en croit les autres statistiques relevées par l'OCDE, cette concentration sur le repos et la ripaille offre aux Français la meilleure espérance de vie des pays de l'OCDE derrière le Japon. Autre sujet de satisfaction, les inégalités de revenu baissent, les dépenses en protection sociale sont parmi les plus élevées et la fécondité est en ébullition.

 

Euphorie apparente donc, retour en grâce de la positive attitude, le pays des grèves incessantes et des manifestations permanentes serait même un peu au-dessus de la moyenne des 30 pays de l'OCDE niveau satisfaction dans la vie. Reste un effort à faire niveau emploi où les Français n'arrivent qu'en avant-dernière position du classement (devant la Corée) sur la satisfaction au travail. On comprend mieux maitenant pourquoi Jacques Chirac a été élu personnalité politique préférée des Français...




L'American Dream en temps de crise

Posté par Emmanuel le 20.04.09 à 15:34 | tags : international, crise financière, élucubration
Les ex-goldens-boys new-yorkais sans travail se redécouvrent une nouvelle passion : le bénévolat.

C'est beau la crise ! L'article du Figaro a de quoi émouvoir. Les ex-traders avaient un emploi, beaucoup d'argent, tout pour rester condescendants jusqu'à la fin de leurs jours. Et la crise est passée par là. En quelques mois, leur mode de vie part en fumée. Depuis, les ex-financiers au chômage doivent supporter le bruit et les odeurs.

 


Le pire, c'est qu'ils y ont pris goût. On retrouve donc les addicts des transactions boursières s'atteler à des activités gratuites, jusqu'à saturer les sites de bénévolat comme volunteernyc.org : "Les gens font preuve d'une magnifique humilité ; quels que soient leurs diplômes, ils sont prêts à passer la serpillière, vider les poubelles... Je n'ai jamais vu ça, on est presque complets jusqu'au mois d'août !", explique le responsable du bénévolat à la mission Bowery. A New-York, le nombre de bénévoles a augmenté de 30% par rapport à l'an dernier. Comment expliquer un tel revirement ? Parce que la crise c'est fun, explique Arlene Bannister, interrogée par la journaliste du Figaro : "si j'ai commencé le bénévolat par ennui, j'ai découvert depuis que c'était très fun d'aider les autres". Le mouvement de solidarité américain envers les sans-emplois (+193.000 chômeurs en un an à New-York) est donc beau et fun. Comme quoi, la sécurité sociale ne sert pas à grand chose...

 

A lire sur Flu: la hausse des "crimes sociaux" aux Etats-Unis

Sur la toile: le 405 Club donne jusqu'à 405$ par mois aux chômeurs new-yorkais




De la différence entre l'internaute marseillais et l'internaute parisien

Posté par Easywriter le 11.12.08 à 17:07 | tags : élucubration

Google publie ses top 10 des requêtes 2008 dans le monde et pays par pays. Outre la mesure "worldwide" des comportements en ligne, des comparaisons plus ciblées révèlent de surprenantes différences.

Google est un puissant outil d'analyse des particularismes locaux. Ainsi ses relevés statistiques comparatifs entre Paris et Marseille témoignent des spécificités culturelles de chacune des villes.

Neuf de dix plus fortes progressions des requêtes dans la cité phocéenne sont directement liées à la région. Le Marseillais cherche ses journaux locaux ( la Provence, Corse hebdo..), s'intéresse à la météo locale, son université et il est même tellement autocentré qu'il tape même le nom de sa ville régulièrement ( 9e requête tout de même). On imagine aisément que nous sommes avec ce dernier cas dans une pratique laudative proche de l'incantation dans laquelle l'internaute implore la bienveillance de la Cité-Mère.

Plus trivialement, notons que grâce à son attachement, l'"OM" est toujours le leader... du top des clubs sportifs "googlisés" au niveau national ( alors que Lyon qui squatte la première place du classement depuis plusieurs années n'est que 4e).

A Paris, la notion d'identité est absente de la (re)quête spirituelle. L'ambiance est au retranchement technologico-monacal : "Dartybox" ( décodeur permettant l'accès à un très grand nombre de chaines télévisées) est ainsi la requête ayant connu la plus forte progression cette année. S'il est amené à sortir de chez lui pour une raison accidentelle le surfeur parisien se rue à son retour sur M6 replay ( 7ème plus forte hausse pour ce site de rediffusion online des programmes).

On remarquera également la forte progression des nouvelles formes de socialité (jouant ici le rôle de substituts) type "Facebook", preuve que le Parisien nourrit une curiosité relative du monde physique qui l'entoure.
Il témoigne d'ailleurs de l'absurdité de son existence sur "viededemerde.fr" (5e).

Même pour choper un Vélib en bas de sa rue ( à moins qu'il ne cherche des vidéos de gens pédalant), le Parisien passe par un moteur de recherche mais s'intéresse moins que son cousin provençal au temps qu'il fait dehors - puisqu'il ne sort pas.
L'étude ne permet pas de spécifier le comportement des femelles de la capitale mais on relèvera la forte progression de la requête "adopte un mec" qui pourrait exprimer l'abandon progressif des pratiques classiques de séduction pour des choix plus verticalisant type commandes en ligne.




Lutter contre la dépravation sociale est-il possible ?

Posté par Myosotis le 14.08.08 à 15:01 | tags : élucubration, social

Tout le monde s'en fout ou presque mais le Yémen, sur le modèle de l'Arabie Saoudite, vient de se doter très récemment d'un Comité de Promotion de la Vertu et de la Prévention du Vice.
Très en vogue dans certains pays musulmans, ces comités exemplaires sont organisés d'une façon tout à fait sérieuse autour d'un comité central et d'organisations décentralisées, dotées ou non d'une police des moeurs, chargée de faire de la prévention (dans le meilleur des cas) ou de la répression envers les personnes, hommes et femmes, qui se conduisent mal.

Dans l'exemple yéménite, le versant Police semble manquer pour le moment mais l'événement n'est pas passé inaperçu car il a coïncidé, sur le plan de la politique intérieure, avec un rapprochement partisan entre plusieurs forces conservatrices, le parti du président actuel et son opposition islamiste.

Ces deux partis, traditionnellement pas d'accord sur grand chose, se sont accordés "pour que le navire Yémen ne coule pas", rapportait récemment Le Monde, pour prendre en compte les nouveaux dangers "sociaux", parmi lesquels la dépravation sexuelle, la picole, la prolifération de chaînes et d'émission de télé dégueulasses, ainsi que le "commerce du sexe" et la drogue, en prenant soin d'éviter la mention du qat (la came à chiquer qui fait figure de tabac national).

L'annonce de ces mesures et la cristallisation de ce discours défensif a fait réagir quelques membres des partis et associations libéraux mais n'a pas reçu un accueil négatif de la part de la population qui s'attendait sûrement à ce que cela arrive.


Par delà l'exemple yéménite se pose encore et toujours la grande question des moralistes : est-il politiquement imaginable de réfréner la propension humaine à "décader" ? Peut-on imaginer un pouvoir assez fort et influent, une religion assez pure et convaincante, pour que ses "sujets" restent de braves gens, ne s'abandonnent pas à la luxure (sodomite) et aux plaisirs des drogues quelles qu'elles soient ? Si l'on considère, avec Sade, Bataille et d'autres, que l'homme est un "animal vicieux", on voit bien toute la monstruosité qu'il peut y avoir à contrecarrer ses penchants naturels pour le sexe, l'alcool et le Mal en général.

Toute entreprise dans ce domaine (attention, on ne dit pas qu'un soupçon de moralisme appliquée à la politique d'un Etat soit une mauvaise chose) apparaît donc pour ce qu'elle est : une tentative de modifier la nature de l'homme et donc de transformer l'homme lui-même.
En cela, heureusement ou malheureusement pour les ayatollahs, les catholiques intégristes, les cambodgiens, talibans ou les partisans de Robespierre, toute tentative de nettoyage des perversions naturelles des hommes ne peut s'accompagner que d'un mouvement vers la barbarie mais aussi ne se solder que sur un échec piteux. L'Arabie Saoudite elle-même, qui fait figure moderne aujourd'hui d'éclaireur dans ces domaines, ne peut dissimuler la débâcle morale qui affecte ses citoyens (friqués) les plus urbanisés.

On a beau flatter, à l'inverse, les instincts policiers d'une communauté, cette orientation en appelle TOUJOURS et presque par voie de conséquence à un mouvement contraire d'émancipation et d'insurrection morale qui amplifie l'ampleur des ravages contre lesquels on lutte. Ainsi, on peut considérer, d'une façon quelque peu provocante, que toute tentative de mener une politique moraliste, qu'elle soit radicale ou plus subtile, est techniquement contre-productive.

Si l'on ajoute à cela qu'historiquement, ces politiques sont très difficiles à tenir dans la durée on se demande pourquoi nombre d'états gardent ce fantasme désuet d'une éradication des perversions entre adultes consentants, mettent des barrières à l'autodestruction, à la libre circulation des drogues plutôt que de se contenter (comme le font la plupart des pays occidentaux) de consacrer une infime part de leur énergie à des politiques gentillettes (et tout aussi in-efficaces) de prévention.

Quant au discours religieux susceptible de réformer l'âme humaine à grande échelle et de tenir la boutique sur des siècles et des siècles, parce que justement il a affaire avec des forces plus puissantes que lui (la nature, l'inclinaison génétique, la douleur d'être au monde qu'il faut apaiser à tout prix et à chaque instant), il n'est pas encore né.




Obama et Superman sont-ils de la même étoffe ?

Posté par Myosotis le 01.08.08 à 12:10 | tags : élucubration

Barack Obama fait l'objet d'une campagne de soutien sans précédent (si ce n'est peut-être celle de JFK évidemment) chez les démocrates. Alors qu'il vient de parader brillamment à Berlin et qu'il s'apprête à boucler un tour d'Europe glorieux et marqué par des discours offensifs, pleins de promesses et globalement brillants, le candidat démocrate a pu, comme ses prédecesseurs, bénéficier d'un soutien vigoureux de la communauté artistique. On ne compte plus les chanteurs, acteurs et autres intellectuels qui soutiennent sa candidature. Par delà la tradition qui valait un ralliement numériquement aussi significatif à un candidat plus pâlot comme John Kerry, le soutien à Obama s'accompagne d'un environnement quasi religieux et mystique (espérance démocratique) que même Bill Clinton n'avait réussi à soulever au sommet de sa popularité.

L'affiche présentée par Alex Ross, le plus grand dessinateur de comics du continent américain en activité, est, à ce titre, une parfaite illustration de ce qui est en train de se passer avec Obama. En représentant le candidat dans une pose super-héroïque, copiée sur un dessin fameux de Superman, le peintre et dessinateur, auteur de BD aussi décisives que Justice, Kingdom Come ou Marvels, contribue à faire d'Obama un homme providentiel paré de vertus hors du commun. La qualité photoréaliste du dessin de Ross fait de son affiche plus qu'une simple illustration de campagne, une image de propagande politique à haute valeur ajoutée. Si le recours à l'imagerie superhéroïque avait déjà été utilisée avant, elle avait toujours été ou plus discrète (on se souvient du dessin de Bush vampire par le même auteur il y a 4 ans) ou plus proche de la caricature que de l'allégorie artistique. Le portrait évoque les tableaux de David pour Napoléon et les grands moments de l'iconographie politique. Il prend évidemment une force supplémentaire dans une Amérique qui n'en finit pas, ces derniers mois, à travers son cinéma de célébrer les super-héros (Wanted, Hulk, The Dark Knight,...)

Sans préjuger de l'impact de ce dessin sur la campagne en cours, on voit bien que c'est au prix de ces associations d'idées et de ces coups marketing qui titillent l'inconscient national qu'Obama compte réunir sur son nom la politique de raison (pratique et programmatique) et la politique d'adoration, les deux éléments constitutifs d'un vote gagnant. L'avenir dira si cette mystique sexy et supradivine peut conquérir aussi les territoires de peu de foi.




L'ambassadeur porte-poisse renvoyé à Paris : les mystères de la diplomatie

Posté par Myosotis le 16.07.08 à 10:38 | tags : élucubration, international

Nos amis du Tiers-Monde sont décidément de bien curieuses et insondables personnes. Gildas Le Lidec, l'ambassadeur de France fraîchement désigné (depuis 5 mois) à Madagascar en a fait les frais pas plus tard qu'hier, après que le président malgache Ravalomana a demandé et obtenu de Paris sa révocation (baptisée "rappel" dans le jargon diplomatique). Gildas Le Lidec qui n'avait rencontré le président que de manière très fugace depuis son arrivée sur l'Ile aurait été accusé par le Président Malgache, pourtant considéré comme un homme moderne (bien qu'un tantinet superstitieux) d'attirer le mauvais oeil, la scoumoune, la poisse, la lose. Gildas Le Lidec, qui n'est pas Bob Denard, présente en effet la particularité d'être dans tous les bons coups depuis quelques années : il était ambassadeur de France à Kinshasa lors du mystérieux assassinat de Laurent-Désiré Kabila et à Abidjan, lorsqu'un coup d'état éclata visant à renverser Laurent Gbagbo.

Il se raconte que Gildas Le Lidec est un poissard de première : qu'il perd régulièrement plusieurs euros à la loterie nationale et mise parfois sur le mauvais cheval. Une recherche étendue sur le net a permis de repérer quelques unes de ses nombreuses tares. Gildas fréquente depuis plusieurs années, en qualité de président d'honneur de l'association, un mystérieux groupe baptisé les Bretons du Japon, sorte de société secrète qui noue des liens ésotériques entre Tokyo et la Celtarmorique. Gildas célèbre des messes à base de gui et collectionnerait les petits bateaux dans des bouteilles de verre.

En Côte d'Ivoire, il avait ouvertement pris parti pour un camp et saboté sa propre carrière. "Selon des sources autorisées, Gildas Le Lidec a été pris de remords sur certains actes qu'il a posés et qui ont contribué davantage à enfoncer le processus de paix. Le diplomate français en poste à Abidjan, depuis fin 2002, a déclaré à ses confidents, avoir hypothéqué sa carrière, en raison de ses accointances avec le régime des refondateurs et ses appuis au président Laurent Gbagbo."

Son attitude lui avait valu la plus grande suspicion, un rappel quasidisciplinaire et d'être marqué au fer rouge sur le continent. Son arrivée à Madagascar avait été pré-vendue en ce sens. Le poste à Madagascar faisait office, pour lui, de fin de carrière après un passage au Japon, mouvementé (des menaces de copinage avec des tokyoites maçons avaient circulé sur un curieux site de vigilance et d'action républicaine ) au Cambodge et dans quelques autres pays. Le Lidec, derrière son allure d'homme tranquille, avait acquis (par pure coïncidence) une réputation assez sulfureuse. ().

A l'unisson et parce qu'on n'aime pas les ambassadeurs qui s'appellent Gildas, on s'écriera juste : BIEN FAIT POUR LUI, FALLAIT PAS COMMENCER.




Moucharder le gaucho

Posté par Myosotis le 19.06.08 à 18:01 | tags : élucubration, gauche antilibérale, opposition

Qu'elle ait servi à retrouver la trace du coiffeur responsable de la coupe de cheveux de Bernard Thibault ou à contrôler ce dernier dans la perspective de négociations, la boîte noire retrouvée à son domicile quelques semaines après l'affaire Besancenot alimente la paranoïa gauchiste. Et prouve qu'intrigue et coups fourrés sont toujours au cœur de l'action politique.

Quelques semaines à peine après la révélation des filatures auxquelles se serait livrée une officine non identifiée sur la personne d’Olivier Besancenot, le porte-parole de la LCR, la pratique a non seulement de quoi inquiéter mais étonne par le manque relatif de réactions qu’elle a entraînées dans l’ensemble de la classe politique.

Lire la chronique Surveillez votre gauche dans son intégralité sur le mag politique




Pour l'essence d'Etat : le paradoxe du libéralisme à la française

Posté par Myosotis le 03.06.08 à 10:40 | tags : élucubration, sarkozy

 

La France est décidément un pays pétri de contradictions. La moindre d'entre elles n'est pas celle qui concerne notre rapport à l'Etat, supposément libéral par l'élection et néanmoins pensé par la majorité catégorielle comme un chevalier blanc dès qu'un problème, dans quelque sphère qu'il se produise, se présente.
L'Etat est libéral mais l'Etat est responsable de ce que nous savons.
L'Etat est libéral mais doit faire en sorte que le service public soit assuré partout. L'Etat est libéral mais doit garantir que les trains arrivent à l'heure... sur le RER D. La présence présidente de Nicolas Sarkozy accentue évidemment ce phénomène qui n'est nulle part mieux illustré que lorsqu'il s'agit de parler prix du pétrole, fioul et essence dans le moteur. A défaut d'aller chercher la croissance avec les dents, le Président a promis de pisser dans le réservoir s'il le fallait afin que les catégories polluantes soient épargnées et puissent continuer ainsi leurs métiers d'un autre temps comme si de rien n'était.

Interrogé sur RTL, Nicolas Sarkozy a soufflé le chaud et le froid, en déclarant notamment :" Ayons le courage de dire aux Français : ça ne va pas s'arranger!", puis évoquant la possible mise en place d'un mécanisme de compensation visant à plafonner la hausse des prix de l'essence : "Je ne vais pas prendre l'impôt des Français pour subventionner le pétrole. En termes de pouvoir d'achat, on aura pris d'une main ce qu'on aura donné de l'autre.", avant de conclure par la présentation d'une série de mesures qui allait dans l'exact autre sens.

Le Président a discuté de la prime à la cuve de fuel domestique (mesure sociale) mais surtout d'une réaffectation possible d'une partie de la TVA vers les métiers qui en ont le plus besoin. Les ambulanciers et les pêcheurs se sont évidemment mis sur les rangs. On peut supposer que tous les métiers consommateurs d'essence : les livreurs de pizza, taxis, l'adjudant Chanal et d'autres vont venir réclamer leur dû, une forme d'ESSENCE D'ETAT, distribuée, pourquoi pas, par des pompes publiques et qui pratiqueraient un tarif spécial fixé par la collectivité. Tout ceci (ce qui relativise la position du président de la République) est conditionné au ralliement à ces coupe-feu de la majorité européenne.

Autant dire que ce n'est pas gagner, sauf à ce que la présidence française se double d'une prise d'otage permanente des organisations européennes. Autour d'un bien devenu rare mais dont l'économie représentait jusqu'à présent un paradigme capitaliste (on exploite les plus pauvres/riches, on plante notre derrick et on achemine le tout en Europe pour consommer l'énergie des autres), l'Etat français propose une nouvelle fois de revenir au marché administré.

Sarkozy qui parle n'est donc pas Sarkozy qui promet, pas plus que Sarkozy qui tient. Il y a une tel grand écart entre la conception véhiculée par l'idéologie dont il procède et le discours qu'il tient face caméra qu'on voit mal comment le Président et l'Etat qu'il représente pourrait s'en tirer sans se... déchirer les bourses.
L'électorat français lui-même souffre d'une schizophrénie galopante qui le pousse à aimer ce qu'il déteste et à détester ce qu'il élit.
Qu'il s'agisse de l'interventionnisme de l'Etat, de la question de la dépense publique ou encore de la valeur travail, le village gaulois se caractérise non pas par une pensée originale mais bien par une absence de logique.




Pour en finir définitivement avec mai 68

Posté par Myosotis le 02.06.08 à 19:00 | tags : elucubration, mai 68

 

Fin de notre série dédiée à mai 68 avec cette histoire de la chienlit sans laquelle l'hommage n'eut été complet.

Vous en avez soupé des images en noir et blanc de Dany... Le Rouge en train de discuter en fumant des clopes avec des super nanas dans des amphis hippies ? Vous pensez qu'on en fait trop et que ce n'est pas parce que ces jeunes cons nous ont permis d'avoir une semaine de congés en plus, de niquer comme des lapins (enfin, les plus chanceux d'entre nous) ou de révéler la vraie nature de l'ordre policier qu'une société mille fois plus évoluée que celle de l'époque (la nôtre) doit se prosterner à leurs pieds. Alors voilà, comme nous tous, vous êtes persuadés qu'il faut enfin en finir avec mai 68 et sa chienlit.

C'est là qu'une question surgit, insondable : mais qu'est-ce que ça veut dire la "chienlit" déjà ? Dans vos souvenirs d'historien, le mot a ressurgi dans la bouche de De Gaulle qui déclarait alors : "la réforme, OUI, la chienlit non !". Et puis quoi d'autre ? Un coup de fil au cadavre de Maître Capello (il est mort, non ?) et le tour est joué, vous voilà incollable sur la chienlit. Car, comme disait Jacques Chirac (ou un philosophe oriental), "pour vaincre son ennemi, il faut d'abord le bien connaître."

Introduit dans la langue française par Rabelais dans sa saga Gargantua et Pantagruel, le terme de "chienlit" utilisé par De Gaulle pour qualifier le caractère festif et bigarré des manifestants étudiants fait référence historiquement à une tenue traditionnelle que les corporations ressortaient annuellement pour le Carnaval de Paris. Le costume était en gros une tenue de nuit qu'on avait barbouillé au cul de moutarde ou de tout autre produit susceptible de faire penser à ce que vous savez. Ainsi la chienlit signifiait littéralement le "chie-en-lit" sans aucun rapport avec nos amis les canidés. Etonnant, non ? Par extension, le mot est redevenu courant pour désigner toute forme de désordre, de pagaille et de retournement des valeurs. Le mot a été mélangé avec chien-dent pour prendre des accents botaniques et désigner quelques mauvaises herbes. N'a subsisté dans cet emprunt fameux au Général de Gaulle que la dimension révolutionnaire du terme. Le propre du carnaval, en effet, est de proposer un retournement de la société sur elle-même, ce qui, d'une certaine façon, n'était pas si éloigné du projet des soixante-huitards.

Grâce à nous vous pourrez conclure votre charge désespérée contre mai 68 par un blague du meilleur goût. Quel est le point commun entre un nourrisson et un soixante-huitard ? - Ils font tous les deux cacas au lit.  Rires assurés dans les cercles UMP  et aristocratiques....  




Nous sommes tous des sociaux-traitres français

Posté par Myosotis le 27.05.08 à 18:34 | tags : élucubration

On croyait le terme un peu passé de mode depuis la fin des années 1960 et, un peu plus tôt, la mort de Lénine mais non, l'accusation de Social-traître refait une entrée remarquée dans le paysage de la gauche française.

 

La terminologie forgée par les premiers communistes pour désigner les révolutionnaires accusés de sympathie sociale-démocrate et donc de trahir les intérêts de leur classe avait connu ses plus belles heures sous Staline et plus particulièrement au début des années 1930 où elle servait de motivation n°1 aux procès en sorcellerie.

Alors que Bertrand Delanoë et Ségolène Royal affûtent les couteaux médiatiques en vue du congrès à venir, la déclaration du maire de Paris qui s'est autoproclamé "socio-libéral" en référence au libéralisme politique (on ne revient pas sur l'histoire du mouvement - merci) et non au libéralisme économique a fait renaître la rhétorique de l'injure partisane et du pointage de doigt des traîtres. D'une façon ou d'une autre, tous nos lecteurs sont potentiellement des traîtres à la classe ouvrière. La preuve : ils ont un ordinateur individuel, assorti, souvent, d'un abonnement à un provider capitaliste et enrichi au détour de mouvements spéculatifs.

De gauche ou de droite, la question se pose vraiment : quel social-traître êtes-vous ? (pour le savoir, clique)

 




Pourquoi doit-on à tout prix libérer Ingrid Betancourt

Posté par Myosotis le 26.12.07 à 11:47 | tags : élucubration

 

 

Je vais encore passer pour quelqu'un d'horrible, d'inhumain ou d'idiot mais j'ai beau me forcer : je ne vois pas pourquoi il faudrait libérer à tout prix Ingrid Betancourt et surtout pourquoi la croisade entreprise par notre UberchtiPrésident préféré est relayée avec cette force par les médias français.

Parce que toute initiative de Sarkozy, répondra-t-on, fait l'objet d'une couverture médiatique maximale quelle qu'elle soit, coup de reins, réception d'une victime quelconque, du "fakir Kadhafi" comme s'en moquait Claude Chabrol dans Libération récemment... mais ce n'est pas suffisant.
Ingrid Betancourt a certes un peu de France dans les veines (elle y a passé une partie de sa vie parce que son père y était ambassadeur de l'UNESCO) mais est-ce suffisant pour en faire une affaire d'Etat ?

Ferait-on tout un foin si Brice Lalonde (prenons le au hasard), candidat écolo-démocrate bobo (puisque c'est ce qu'était Betancourt à l'époque, guère plus, malgré une soi-disant popularité que les Colombiens de souche confirment du bout des lèvres) avait été enlevé par une quelconque armée de libération angolaise?
On peut concéder au clan Betancourt que leur mère, femme ou candidate, ne mérite pas moins d'attention qu'aucun autre otage, qu'elle faisait figure à elle seule de symbole, en tant que femme, en tant que démocrate, en tant que porteuse de l'universalité française (c'était avant tout une belle bourgeoise, il suffit de retracer son parcours pour en avoir une petite idée) de nombre des valeurs auxquelles nous croyons .

Mais il semble que la place qu'elle occupe aujourd'hui est disproportionnée par rapport à l'enjeu réel que sa libération représente. Il n'est d'ailleurs pas étonnant (et pas anormal), compte tenu des enjeux de politique étrangère, que depuis le début de sa détention, elle n'ait pas figuré, malgré le courage et la surface médiatique de ses parents (souvenez-vous de la chanson de Renaud qui faire faillit mourir les FARC mélomanes), parmi les dossiers prioritaires de l'Etat Français.

Si Sarkozy a choisi d'en faire, dès son investiture, une affaire d'Etat et une affaire telle qu'elle occupe aujourd'hui les gros titres, si on connaît tous les visage de sa fille et de son fils, c 'est bien parce que la cause Betancourt comme celle des infirmières sert à abriter d'autres enjeux et à illustrer une nouvelle fois la toute-puissance phallique du nouveau Président.

Peut-on imaginer un instant que notre cowboy Rambo national ne puisse pas se glisser dans la jungle, ses grosses corones dans un fuseau camouflage, égorger quelques guerilleros soixante-huitards et pro-35heures et ramener la belle Ingrid (décharnée, malheureusement) dans une sorte de bateau à moteur ultrarapide sur... l'Orénoque, tandis qu'il la limerait comme une bête sur le chemin du retour.

Le Président sort les affaires comme des Jack in the Box pour divertir et détourner l'attention mais aussi pour épater le chaland et nous en mettre plein la vue. Il n'est pas à exclure non plus que Sarkozy soit, comme à son habitude, touché par la dimension people de l'affaire : Betancourt est de sang "noble", vient d'une famille prestigieuse et influente sur le plan diplomatique.
Son côté légitimiste en appelle à l'Internationale des Grands de Ce Monde, société secrète non constituée à laquelle Sarkozy rêverait d'appartenir en libérant la la candidate à la présidentielle.

En croyant qu'il y a une utilité quelconque (renforcer notre place en Amérique du sud, ah,ah, faire ami ami avec le gros Chavez...) à libérer Ingrid Betancourt, on nous intoxique et on nous fait trembler pour rien. Si elle disparaissait, sa famille aurait un gros chagrin.
Ce serait une tragédie pour la démocratie en Colombie mais qui aurait, même pour ce pays qui en a connu d'autres, tout sauf l'ampleur d'un tremblement de terre. On peut souhaiter évidemment une libération pour l'otage et ne pas être aveuglé par ce que cette libération représente.

Site de soutien à Ingrid Bétancourt

 




Lettre à Arnaud Montebourg

Posté par Easywriter le 18.12.07 à 19:34 | tags : élucubration, opposition

Cher Arnaud,

Ca fait un moment que j'avais envie de t'écrire un mot. Depuis quelques temps tu m'inquiétais, je ne reconnaissais plus le bouillonnant et impeccable député qui m'impressionna à une époque. C'était dans les années 1990 et la politique avait déjà la visage du réalisme gestionnaire qu'elle arbore encore aujourd'hui.

Tout le monde semblait animé de la passion des sciences économiques et de la réduction de ceci ou de cela et toi tu parlais de la force des institutions, du rôle des élus, de l'égalité devant la justice.

 

Je me souviens qu'on voyait en toi le renouveau de la gauche, toi qui renouais avec une verve révolutionnaire lettrée - genre Le Coup d'état permanent de Mitterrand et tout.

Depuis tu as été porte-parole de Ségolène Royal et tu n'as pas convaincu grand monde à ce poste. Tu as même dit quelques conneries ( le problème de madame c'est monsieur etc), mais bon à ta décharge le job était balèze. Bien sûr tu parlais moins de sixième République aussi, mais en même temps depuis le temps que tu attendais un poste un peu en vue chez les socialos.

Ca rend vindicatif de ronger son frein - ce n'est pas le sujet mais moi-même parfois tu sais.... Ca rend aussi un peu amer. "En 2012, la gauche aura été pendant dix longues années dans l’opposition. Aucun de ma génération, en âge de diriger la destinée de notre pays, n’aura été Ministre en raison de l’obstination du Parti socialiste à se méfier de sa jeunesse.".
Tu m'étonnes. Depuis le temps que le parti socialiste n'était plus qu'un gros monstre ne se réveillant que pour dévorer ses enfants, on peut bien se permettre quelques entorses à la morale ; c'est ça que tu nous dis, je comprends.

N'empêche, la morale, Arnaud, tu te souviens, c'était super : , tu voulais traduire Chirac en justice, mettre en place la Sixième République et plus généralement renouveler les pratiques d'une classe politique agonisant sous l'effet conjugué de la démission morale et de l'ambition personnelle. Chevalier blanc de la morale immaculée, ça avait de la gueule, une gueule à claques un peu bien sûr mais de la gueule assurément.
Il m'arrivait de singer tes postures indignées dans des discussions à la fac ou dans les troquets, inutile de te dire que j'étais loin d'avoir ta classe. Je citais La Machine à trahir, tes entretiens dans les Inrocks, tu te souviens. (C'est marrant d'ailleurs à quel point ce magazine aura été de toutes les utopies en carton de ces 20 dernières années mais passons).

Aujourd'hui, Arnaud t'écris des trucs comme ça : "Après plusieurs semaines de vives consultations sur la question de mon engagement aux élections cantonales, le moment de la décision est venu. Nombreux sont à participer au débat, vos réactions ont été équilibrées, les habitants du département exprimant une préférence massive pour l’engagement dans la campagne, les citoyens des autres régions de France défendant le maintien de la pratique du mandat unique. De sorte qu’une majorité s’est dessinée en défaveur de ma candidature aux élections cantonales de mars 2008.
C’est donc une décision impopulaire, comme il est parfois nécessaire d’affronter dans la vie publique, que j’ai décidée de prendre en me présentant devant les 2971 électeurs du canton où j’habite, à Montret, dans notre Bresse de Saône-et-Loire".

En gros, tu deviens un bon vieux cumulard d'sa mère. C'est pas pareil, hein, écrit comme ça.

 

C'est étonnant comme tu poses le masque tout en gardant la plume. Notre Bresse de Saône et Loire, t'abuses quand même côté rhétorique de chatelain. J'imagine que tu t'attendais à une réponse des ouailles du genre " Foin de morale Arnaud, c'est la chienlit, nous peuple de Bresse et de Navarre te demandons de nous sauver".

Il n'en est rien et la foule, qui a bien retenu ta leçon tu dois être fier, te demande juste de t'occuper de ton mandat de député et de respecter tes principes et les siens. Mais tu y vas quand même. "Cette candidature est d’abord un acte de résistance à la montée de l’absolutisme sarkozyste." dis tu.

J'ai pas bien compris toutes les acrobaties intellectuelles qu'il faut pratiquer pour lutter contre la concentration des pouvoirs en concentrant soi-même plus de pouvoirs mais je crois que tu t'es assez foutu de ma gueule Arnaud, si tu permets cet écart.

Te trompe pas, hein, j'ai jamais eu des principes aussi forts que les tiens. Et puis j'ai l'habitude d'être déçu Arnaud, j'ai voté socialo plus souvent qu'à mon tour ces dernières années alors je suis un peu blindé niveau rateau. Moi même je te jure j'ai fait plein de concession et pour des ambitions moins nobles que les tiennes. D'ailleurs je lis plus trop tes bouquins, je m'en fous, un peu comme tout le monde, ça semble toujours si terriblement désuet le modernisme d'hier.

Et puis c'est vrai qu'à près de 50 ballets t'aurais l'air con de continuer à bourriner dans l'underground. 2012 c'est l'espoir sonnant et trébuchant du mainstream, qui sait ?

" Pour ma part, j’aurai 49 ans et accumulé quinze années de vie publique, après huit années de vie professionnelle. On me demandera alors des preuves de ce que j’aurai fait et concrètement assumé. Il ne sera pas possible d’avoir exclusivement vécu dans l’exercice tribunicien pur, au sein d’une Assemblée nationale émasculée par le sarkozysme."

On te demandera peut-être aussi ce qu'on doit penser de tes principes du moment vu le traitement que tu réservas à ceux d'hier. Il y aura même quelques esprits chagrins pour te rappeler que la dernière fois que tu leur avais demandé leur avis tu n'en a pas fait grand cas.

Mais s'il te plait Arnaud sur cette question, ne te lance pas dans des diatribes ampoulées, par respect pour l'esprit chevaleresque d'antan - et puis ça craint maintenant de parler comme ça déjà que tout le monde t'appelle De Montebourg.

Contente toi d'une langue de bois, simple et clair comme celle qu'on entend partout.
Contente toi juste d'être le type que tu es devenu. Un homme politique comme les autres.

Bises mon bon

EW




L'insurrection qui vient et les prophéties du désastre

Posté par Myosotis le 27.11.07 à 11:54 | tags : elucubration, essai

" Dans le métro, on ne trouve plus trace de l'écran de gêne qui entrave habituellement les gestes des passagers. Les inconnus se parlent, ils ne s'abordent plus. Une bande en conciliabule à l'angle d'une rue. Des rassemblements plus vastes sur les boulevards qui discutent gravement. Les assauts se répondent d'une ville à l'autre, d'un jour à l'autre. Une nouvelle caserne a été pillée puis brûlée. Les habitants d'un foyer expulsé ont cessé de tracter avec la mairie : ils l'habitent. Dans un accès de lucidité un manager vient de refroidir, en pleine réunion, une poignée de collègues. Des fichiers contenant l'adresse personnelle de tous les policiers et gendarmes ainsi que des employés de l'administration pénitentiaire viennent de fuiter, entraînant une vague sans précédent de déménagements précipités. Dans l'ancienne épicerie-bar du village, on apporte l'excédent que l'on produit et l'on se procure ce qui nous manque. On s'y réunit aussi pour discuter de la situation générale et du matériel nécessaire pour l'atelier mécanique. La radio tient les insurgés informés du recul des forces gouvernementales. Une roquette vient d'éventrer l'enceinte de la prison de Clairvaux. Impossible de dire si c'est un mois ou des années qui se sont écoulées depuis que les événements ont commencé. Le Premier Ministre a l'air bien seul avec ses appels au calme." in L'insurrection qui vient - le comité invisible (Editions La Fabrique)

Les prophéties d'une crise imminente et de grande ampleur se multiplient ces derniers mois, oeuvres d'analystes respectés, de romanciers ou d'essayistes qui sentent que le vent est en train de tourner du mauvais côté.

Sans être Nostradamus ou Cassandre, cette avalanche de descriptions qui prévoient un prochain choc des valeurs et des civilisations au coeur de notre joli territoire musée, commencent à faire sérieusement flipper.
On guette avec angoisse les incidents qui ont émaillé, sur certaines lignes de métro (et sur lesquels la presse s'est tue), les dix jours de grève, mêlant petites frappes, vieux cons et braves citoyens. On observe les dernières voitures qui flambent une belle nuit d'automne comme des signes annonciateurs, les derniers gamins tombés à mobylette ou en voiture défonceuse contre les barrages de police; on lit les faits divers (viols, menaces de mort surréalistes contre des écoliers en campagne) à cette lumière-là et en se demandant lequel de ces événements constituera l'étincelle.

La mise en place d'une politique qui, à cette manière, en est,... enfin, une : orientée, structurée, offensive, bien que couverte par le sceau oecuménique de l'élection et de la légitimité populaire, est étrangement un facteur d'instabilité et de tension. Il y a de l'électricité dans le corps social. Des couteaux s'affutent.
Les gens normaux stockent désormais des pâtes dans leurs armoires, dans un réflexe qui pourrait être lu comme autre chose qu'une simple protection contre l'inflation qui officiellement n'existe pas.

Tout ceci est hautement bizarre, politiquement bizarre à l'image de ce Président qui veut distribuer des coups de boule à la volée, comme ces ministres qui disparaissent, ces grévistes qui flanchent, ces masses silencieuses qui parlent entre leurs dents, Laure Manaudou qui nage moins vite, ces journalistes qui sourient toujours et n'ont l'air de rien.

Bizarre et suspect dans un pays riche, tranquille et prospère comme la France, ces émissions de télévision qui décryptent à longueur de journée ce que tout le monde voit et que personne ne montre, ces vélos qui roulent en se faufilant dans la circulation, comme si de rien n'était, ces vedettes ineptes qui font sauter les chaînes hi-fi avec leurs niaiseries et leurs seins blancs.

Une approche journalistique sérieuse doit se refuser à interpréter les signes du temps comme elle doit éviter de lire dans les entrailles des poulets et des poissons. Mais il n'est pas toujours possible d'éviter certains travers, pas toujours possible d'éviter l'incompréhensible et la peur.




Comment éviter de pardonner à Chirac en quatre leçons

Posté par Easywriter le 22.11.07 à 12:30 | tags : président de la république, élucubration

Mis en examen donc, pour "détournement de fonds publics" dans le cadre des chargés de mission bidons payés par la Mairie de Paris. Et l'envie de dire : "pffff, laissez- le tranquille, ça va maintenant ces conneries". Sauf que non ça ne va pas.

Avec le temps, on avait fini par se dire que Jacques Chirac bénéficiait d'une sorte d'immunité à vie, vacciné efficacement contre toute instruction judiciaire. On s'en était accommodé et les années passant, le président devenait un souverain un peu largué, réagissant bizarrement à contretemps sur à peu près tout, pour dire à peu près n'importe quoi - comme lors de la crise du CPE entre autres. Mais bluffant parfois à l'étranger, touchant comme un patriarche sur le déclin mais qui rappelle le code d'honneur de la famille dans un barbecue un peu tendu.
Pour ne pas tomber dans le panneau, il convient de :

Eviter le syndrome "il est sympa papy": Chirac c'est le vieil oncle dont on sait qu'il fut un salaud, il trompait tata, tapait dans la caisse comme un soudard et trainait jusqu'à pas d'heure avec des types moyennement fréquentables, mais bon voilà tonton aujourd'hui c'est un septuagénaire à moitié sourd.
Un des ces vieillards avec toujours ce clin d'oeil irrésistible que seuls savent manier les parfaits escrocs.
Dernièrement un sketch des Guignols le montrait en mafieux séducteur. Insupportable.

Garder à 'esprit l'étendue des fautes : des gens incompétents et/ou amis du maire de Paris étaient payés par le contribuable alors qu'ils n'ont jamais travaillé pour la municipalité, ne pas oublier les emplois fictifs du RPR, les bizarreries comptables de ses campagnes présidentielles sur lesquelles la justice devrait bientôt se pencher .
Et cette invraisemblable histoire de compte au Japon et plus globalement tout ce qui fait que oui, définitivement oui, Jacques Chirac aura confondu toute sa vie son intérêt et celui de son pays avec la facilité d'un artisan qui utiliserait la monnaie d'un client pour s'acheter une baguette. Il n'est pas le seul de ces hommes politiques qui finissent vraiment par croire que quelques privilèges ou arrangements illégaux ne sont rien au regard de ce qu'ils font pour l'intérêt général.

Penser à ses défenseurs pour garder intact son mépris : Jean-Pierre Raffarin qui balance sans sourciller que Chirac a contribué "à assainir la vie politique". Penser à Dominique de Villepin parfait faux-derche : "Il me paraît y avoir un très grand décalage entre le chef d'accusation qui est retenu - détournement de fonds publics - et la réalité, où il n'y a manifestement aucun enrichissement personnel".

Ne pas céder à la sensiblerie : même Arnaud Montebourg, un des plus féroces "procureurs" des pratiques chiraquiennes s'y met, estimant "qu'il est bien tard de s'en prendre aujourd'hui à un homme âgé". Ben oui dans l'absolu, Chirac peut prendre dix ans de cabane. Ne pas penser à un vieillard apeuré au fond d'une cellule, les jambes toutes maigres dans son pyjama rayé.
Pour vous aider matez régulièrement la photo de droite.

Mise à jour du 30 octobre 2009 : Jacques Chirac est mis en examen dans le cadre d'une affaire d'emplois fictifs, lire : SuperChirac perd-il ses superpouvoirs ?




Le saviez-vous ? Le vote en assemblée générale est un auxiliaire de police

Posté par Easywriter le 14.11.07 à 13:05 | tags : éducation, élucubration, grèves, social

Hier les CRS ont donc délogé manu militari les étudiants grévistes et bloqueurs de Nanterre. L'intervention violente de gendarmes et de policiers est tout sauf étonnante.
Si ordinairement les forces de l'ordre évitent le frontal c'est parce que les mouvements étudiants font preuve d'une grande unité, au moins de façade.

Quand j'étais à la fac (il y a un siècle) les anti-blocages étaient considérés comme d'infames socio-traites manipulés par les syndicats réactionnaires comme l'UNI. La plupart des AG étaient déjà dirigées par des néo-hippies barbus qui partageaient tous un invraisemblable goût vestimentaire et une mythologie contestataire post-soixante-huitarde.
Mais enfin, retourner en cours ou tenter de contrer le blocage était vraiment trop de droite.

Au fil des années, les antiblocages et plus généralement les "contre-manifestants" sont devenus plus nombreux : même la lutte anti-CPE connut ses pro-gouvernement certes minoritaires vu le rejet massif de ce contrat. A Nanterre, les anti-blocages scandaient des "allez les Bleus" pour encourager les CRS, chose impensable il y a dix ans.

Désormais les votes en AG où se décide le choix des blocages sont contestés ouvertement. ll est vrai que ces consultations n'ont jamais été représentatives de quoi que ce soit, la majorité des étudiants ne vote pas plus lors de ces assemblées chiantes comme la pluie qu'ils ne se déplacent aux urnes lors des élections syndicales.

C'est donc tout à fait légitimement que bloqueurs comme antibloqueurs contestent, selon qu'il les arrange ou non, la légitimité d'un vote sur la poursuite ou l'arrêt des blocages d'universités.
Ces votes servent en renvanche aux forces de police pour évaluer à la louche les risques de dérapage et les soutiens potentiels des étudiants mollestés. Les étudiants ne sont pas de vulgaires sans-papiers ou des cailleras de banlieue, ce sont les enfants de la France comme on l'a entendu dans un récent documentaire de David Dufresne.

Par extension, on peut penser que les familles des antiblocages soutiendront leurs progénitures si bien que s'il n'est pas plus démocratique qu'un sondage, le vote en AG a désormais cette vertu : il permet de se faire un état même approximatif de l'opinion et de déterminer l'usage des matraques en fonction des résultats.
L'assemblée générale transformée en auxiliaire de police voilà qui ne manque pas d'une jolie ironie.




Exclu : Cécilia Sarkozy volera la vedette à Bernard Thibault

 

Les sarkozy se séparent. Lundi ils étaient devant le juge. C'est le Nouvel Obs qui le dit, c'est sérieux le Nouvel Obs, un peu comme l'Est Républicain qui prévoyait l'annonce officielle vendredi dernier.
Comme Fluctuat aussi, qui vous annonce en totale exclu que l'Elysée confirmera le divorce demain 18 octobre.
Ben oui, pour l'instant le feuilleton de la rumeur a permis de neutraliser avec plus ou moins de réussite la fronde anti ADN. Mais demain la plus grande mobilisation sociale attendue depuis les célèbres grèves de 1995, c'est quand même quelque chose, il faudra un peu plus de biscuit.
Nicolas Sarkozy ne craint sans doute pas grand-chose des éventualités révolutionnaires mais s'inquiète de l'image d'un Exécutif tancé de toutes parts. Ramener la fin de l'Etat de grace sur un plan plus intime est tout bénef.

On imagine des couvertures du Point du style : Sarkozy l'homme blessé. Apreté des réformes, solitude du pouvoir, drame de la vie intime, le Président est dans la tourmente. Comme Sarkozy a lui-même largement exposé sa femme dans la sphère publique, les journalistes éprouvent peu de scrupules à s'emparer de l'affaire.

Et puis il faut bien reconnaître que spectacle pour spectacle, le déchirement intime du couple présidentiel reste plus excitant qu'une manifestation d'écharpes moches entre Bastille et Nation. Je vous invite à regarder la coiffure de Bernard Thibault et méditer sérieusement sur le potentiel hollywoodien du syndicalisme français. Bien.

Le combat pipolisation vs lutte sociale, individu contre solidarité collective, Cecilia Sarkozy versus Bernard Thibault connaîtra donc demain son apogée. Un pas de plus vers l'idéologie de la privatisation (= penser de façon collective n'a aucun influence sur le destin de chaque individu) comme dirait Zygmunt Bauman.

Margaret Thatcher disait : " La société n'existe pas, il y a des individus, hommes ou femmes, et il y a des familles". Qui divorcent.

 

 

 






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