Eléphanteaux ou jeunes lions ? (6/10) Le cas Aurélie Filippetti
Aurélie Filippetti est normalienne, agrégée de lettres classiques et originaire d’une famille de mineurs émigrés d’Italie en Moselle, où son père fut conseiller général et maire. Une mémoire ouvrière qui inspirera ses deux romans et servira une carrière politique prometteuse. Sympathisante trotskyste, elle abandonne une extrême-gauche irréaliste pour les Verts, et entre en 2001 au conseil municipal du Vème arrondissement de Paris. Elle connaît quelques revers électoraux dans le chic fief de Jean Tiberi mais intègre le cabinet d’Yves Cochet au ministère de l’Environnement. Se voyant refusée par le parti écologiste, en octobre 2006, l’investiture dans sa région natale, elle s'en va rejoindre l’équipe de campagne de Ségolène Royal. Parachutée par le PS dans la 8ème circonscription de Moselle trois semaines avant le premier tour, elle gagne son siège à l'Assemblée le 17 juin 2007, jour de ses 34 ans, avec 50,96% des voix.
+ Une lionne parmi les lions, de l'avantage d'être une femme
- Son manque d'expérience, et une étiquette pièce rapportée qui énerve au PS Eléphanteaux ou jeunes lions ? (5/10) Le cas Benoît Hamon
Benoît Hamon, 40 ans, issu d'une famille modeste, rejoint le parti socialiste en 1987 à Brest, chez des rocardiens. Six ans plus tard il prend les rennes du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), nouvellement autonome du PS, dont Michel Rocard est alors le premier secrétaire. Conseiller auprès de Lionel Jospin puis au ministère de l'Emploi et de la Solidarité de Martine Aubry (qui le considère comme un "garçon fin, ouvert et structuré politiquement", Il est élu conseiller municipal à Brétigny-sur-Orge en 2001 et député européen en 2004. Dans le privé, il est directeur du planning stratégique de l'institut de sondage IPSOS de 2001 à 2004.
+ Considéré par beaucoup au PS comme un "très bon"
- Un réseau un peu léger, pour un animal politique que Pierre Moscovici considère "encore en gestation" Eléphanteaux ou jeunes lions ? (4/10) Le cas Vincent Peillon
Député européen depuis 2004, l'éléphanteau intello Vincent Peillon est docteur en philosophie, qu'il a enseignée 13 ans, après avoir importé du saumon fumé ("Du saumon pour tous !", ça ne s'invente pas). Il commence son oscillante carrière politique en 1992 au cabinet du président de l'Assemblée Nationale Henri Emmanuelli. Se voulant déjà rénovateur, c'est face à ce dernier qu'il présente avec DSK la motion 2 au congrès de Liévin en 1994. Membre du Bureau national, délégué auprès du premier secrétaire Lionel Jospin, il est élu député de la Somme en 1997 mais perd son siège en 2002, légèrement en froid avec les chasseurs du coin.
+ Philosophe, forcément
- Une ambition un peu vérouillée par Ségolène Royal
Manuel Valls : un bout de chemin vers le consensus Dans une interview donnée au Figaro, Manuel Valls apparaît à nouveau en désaccord avec la direction du PS, réservé à l'égard de Ségolène Royal et plutôt favorable à l'ouverture.Il réitère ainsi son opposition à la méthode de François Hollande et à l'attente des municipales de 2008 pour un congrès sonnant le début des festivités rénovatrices. Concédant que la campagne présidentielle a permis d’avancer sur les thèmes du travail, de l’ordre juste ou de la nation, il précise que cela s'est parfois fait "dans le désordre et l’absence de cohérence". Considérant qu'"une grande partie des idées de gauche se sont épuisées", mais aussi que l'autorité est en crise et qu'"une société a besoin de règles et d'ordre", il pense que l'opposition pourrait "faire un bout de chemin avec la majorité sur des sujets qui peuvent faire consensus", dont l'immigration. Cette semaine Brice Hortefeux, ministre de l'immigration et de l'identité nationale, déclarait être "légèrement en dessous" de l'objectif de 25 000 reconduites à la frontière fixé pour 2007 et invitait le préfet de police de Paris à "redoubler d'efforts et augmenter de façon significative le nombre d'interpellations d'étrangers en situation irrégulière". Quel bout de chemin alors, pour quel consensus ? Interrogé sur la nécessité de piocher le prochain leader parmi les quadras du parti, le jeune lion socialiste répond sans grande surprise : "Je le crois." Eléphanteaux ou jeunes lions ? (3/10) Le cas Gaëtan Gorce
Soutien de Ségolène Royal, Gaëtan Gorce n'est pas un nouveau venu dans la jungle socialiste : il a été conseiller de François Mitterrand (il est d'ailleurs encore député de la Nièvre, fief de l'ancien président) à l'Elysée et Chef de cabinet de Pierre Joxe. Contrairement à Arnaud Montebourg il ne fut pas toujours un des enfants terribles du PS, le club de réflexion Nouvelle voix dans lequel il s'investit était d'ailleurs proche de la motion majoritaire (et donc de François Hollande) lors du Congrès du Mans de 2005. C'est donc surtout depuis la présidentielle que Gorce donne de la (nouvelle) voix et a démissionné du bureau national quand l'instance adopta le calendrier Hollande : en gros, celui ci prévoit une rénovation en mode diesel, rien avant les municipales on verra en novembre 2008 lors du Congrès. Le député de la Nièvre propose lui une démission de la direction et une gestion collégiale, seule à même de transcender les courants et les querelles de prétendants pour renouveler le discours socialiste. La rumeur veut qu'il organise lui-même une fuite de l'information reprise partout depuis.
Eléphanteaux ou jeunes lions ? (2/10) Le cas Arnaud Montebourg![]() Aucune de ces tentatives n'a abouti à quoi que ce soit. Une lose Montebourg ? Un agité plutôt qui depuis l'échec de Ségolène Royal à la présidentielle, croit plus que jamais au temps « enthousiasmant des jeunes lions ». Pour cela il retrouve ses compères qui comme lui rongent leur frein : Benoit Hamon, Manuel Valls, Vincent Peillon ou Gaetan Gorce. Tous se sont retrouvés à Evry, refusant de définir un courant idéologique ou d'entamer une guerre des coqs. Son gros problème reste qu'à force de se draper dans la vertu – il critique les paradis fiscaux européens, a voulu traduire Chirac en justice – ses revirements se voient plus que ceux des autres : il affirme ne plus pouvoir se montrer à la télé mais devient porte parole ( et va donc à la télé, y compris pour y dire des conneries), son obsession institutionnelle passe un peu à la trappe quand il rallie Royal.
+ Une certaine aura auprès des jeunes socialistes
- Un peu grillé aussi : à force d'être un réformateur/loser il risque de patir de l'émergence de Manuel Valls du même âge mais plus frais. Eléphanteaux ou jeunes lions ? (1/10) Le cas Manuel Valls![]() Parmi les éléphanteaux ou jeunes lions censés assurer la nouvelle garde du PS, quelques-uns affirmaient le 5 juillet dernier que "rien ne peut plus être comme avant", et se réunissaient 15 jours plus tard à Evry, ville de Manuel Valls, pour la première étape d'un cycle de réflexion sur l'avenir de la gauche. Le député-maire âgé de 45 ans serait-il le chef de meute des jeunes loups ? Non, la rénovation se fera "d'abord autour des idées", les “ambitions personnelles” doivent "se fondre dans l’ambition collective”… Valls appelle au changement depuis longtemps déjà, et prônait la révision du "logiciel" socialiste bien avant que le mot de devienne à la mode. Chargé de la communication au cabinet du Premier ministre Lionel Jospin, il lui est resté fidèle jusqu'au bout, avant de se rallier à Ségolène Royal. Ce qui ne l'empêche pas de taper sur le projet socialiste à l'élection présidentielle, qui était "en décalage par rapport aux attentes des Français et aux évolutions de la société", et de considérer que la candidate a sa part de responsabilité dans la défaite. Mais ce sont les structures du PS, et sa direction actuelle, que Manuel Valls veut faire "imploser". Un appareil qui "dévore ses enfants", immobilisé par "la crise de ses idées, de ses alliances et de son leadership". Il faut “un véritable big-bang intellectuel" qui change en profondeur le parti et ses méthodes de travail. Les mots sont forts, et ils sont choisis. Reprochant au premier secrétaire et au bureau national leur refus de consulter les militants et l'adoption d'un calendrier reportant le débat à l'après-municipales de 2008, Valls veut que les adhérents, et les nouveaux notamment, tranchent sur les questions essentielles (les retraites, le financement de la Sécu, les 35 heures, l’immigration, la sécurité, le nucléaire) et imposent une nouvelle direction, collégiale. Quitte à ce que le parti change de nom ? Pourquoi pas, Manuel Valls "ne s'interdit rien". Il a même rencontré Nicolas Sarkozy, qui lui proposait de rejoindre le gouvernement, et se réjouit de "l'ouverture". Sans doute parce qu'elle participe au chaos socialiste, ouvrant la voie aux partisans d'une gauche renouvelée dans laquelle Valls veut, dit-il, prendre toute sa place. Avec Ségolène Royal en deuil de l'élection, François Hollande en fin de règne, Laurent Fabius affaibli et Dominique Strauss-Kahn concentré sur son avenir international, le champ est-il libre pour Manuel Valls ?
+ Ne mâche pas ses mots et ne craint pas d'affronter les sujets sensibles
- Déficit de popularité par rapport à ses camarades (Montebourg, Peillon, Dray, …) - Difficulté de séduire les nouveaux militants avant une nouvelle offensive de Ségolène Royal |
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