|
Quel arbre cache la forêt de l'information ?
Affaire Mitterrand, la gauche divisée : la fracture est-elle générationnelle ?
Lire la suite de l'article sur le mag société. Vous pouvez discuter de cet article dans les commentaires. Dieudonné tente de récupérer Michael JacksonDeux jours après le décès du "King of Pop", Dieudonné balançait sur dailymotion une vidéo où il déterrait des propos qu'aurait tenus Michael Jackson sur le "lobby juif". Une tentative de récupération grossière et inexacte de la part de l'humoriste-militant. (Dieudo parle de Michael Jackson à partir de 3'20) Selon Dieudo, MJ aurait déclaré "récemment dans un article" : "le lobby sioniste américain est comme une sangsue. Il m'a volé et tente aujourd'hui de me détruire." Et le trublion de promettre que la parole du chanteur ne sera pas oublié. Or, comme l'a démontré le journaliste Jean Robin, Dieudonné a allègrement déformé les propos de Michael Jackson.
D'abord, ce dérapage de Jackson n'est pas tiré d'un article. Il provient d'un message laissé par la star sur le répondeur d'un de ses conseillers financiers. Il n'est pas non plus récent, puisqu'il a été enregistré en 2003 et diffusé en 2005 par la chaîne ABC. Bambi n'y évoque pas de "lobby sioniste", mais tout simplement (et plus gravement) "les juifs". Enfin, il n'évoque à aucun moment le fait qu'on ait tenté de le tuer, comme l'interprète Dieudonné dans son intervention.
Un détail qui a son importance puisqu'il démontre la confusion maintenue par Dieudonné entre sionistes et juifs. Et donc entre antisémitisme et antisionisme. Distinguo peu crédible qu'il a pourtant défendu durant la dernière campagne des élections européennes, aux côtés de son ami Yahia Gouasmi, l'homme qui pense que "derrière chaque divorce, il y a un sionisme".
A lire aussi : L'opposition iranienne rejoue Tian'anmenAprès le décès de Neda Agha-Soltani, jeune femme qui aurait été tuée par les milices du pouvoir, la révolution iranienne s'est trouvée un nouveau symbole : la photo d'une manifestante se dressant devant le véhicule du président Mahmoud Ahmadinejad, à la manière de l'étudiant chinois de la place Tian'anmen. ![]()
Une chose est sûre, à l'heure de l'info mondialisée et du web 2.0, la manipulation est une arme utilisée par tous. Un phénomène qui, encore plus dans le cas de l'Iran, rend de plus en plus difficile le travail des journalistes. L'IRIS analyse la réélection d'AhmadinejadSelon Pascal Boniface, directeur de l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), les Occidentaux ont "peut-être confondu leurs espoirs et la réalité" en croyant à une victoire du modéré Hossein Moussavi lors des élections présidentielles qui se tenaient jeudi en Iran. Il estime par ailleurs que la seule fraude électorale ne peut expliquer la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, étant donné l'écart de voix qui le sépare de son concurrent.
L'absention aux européennes vue par Charlie HebdoPosté par Edouard le 03.06.09 à 17:45 | tags : décryptage
Voilà une "Une" qui va faire grincer des dents. Philippe Val à peine parti à Radio France, Charlie Hebdo renoue cette semaine avec l'humour noir qui a fait sa renommée en détournant le crash aérien du vol Air France sur fond d'absention massive aux élections européennes. Digne du fameux "Bal tragique à Colombey : 1 mort", sorti par Hara-Kiri après le décès du Général de Gaulle. ![]()
Evidemment, les familles des victimes risquent d'être choquées. D'autres préciseront que les 228 victimes du vol Rio-Paris ne sont pas toutes originaires de l'UE (on dénombre 58 brésiliens). Reste que Charlie exprime là un raz-le-bol légitime quant à la médiatisation outrancière de cet accident spectaculaire (quid des accidents domestiques qui causent 20 000 morts par an, de la famine en Afrique, du Sida et j'en passe ?). Surtout si l'on considère qu'il a éclipsé pendant trois jours une campagne européenne déjà inaudible... Quand le New-York Times plagie un blogueur USPosté par Edouard le 18.05.09 à 17:48 | tags : décryptage
Alors que le très respectable New-York Times songerait à rendre payant ses contenus en ligne au bout de d'un certain nombre de signes ou de pages vues, voilà une affaire qui ternit quelque peu l'image "sérieuse" du journalisme institutionnel.
Démasquée par un blogueur, la copieuse s'est expliquée par mail suite à une sollicitation du Huffington Post : "Josh a raison. Je n'ai pas lu son blog la semaine dernière, et je n'avais pas la moindre idée qu'il avait formulé cet argument avant que vous m'en informiez. Je parlais à un ami vendredi du sujet sur lequel j'écrivais. Il m'a suggéré de faire cette remarque clairement, mon ami a dû lire Josh Marshall sans me le mentionner." Erreur corrigée sur le site du New-York Times avec excuses de rigueur.
Reste que l'explication de Dowd ne tient pas vraiment la route (comment a-t-elle pu reproduire le paragraphe à deux mots près sans l'avoir lu). Malhonnête ou flemmarde, la chroniqueuse fait en tout cas là une bien mauvaise publicité à sa publication. L'occasion de rappeler que si les blogueurs reprennent plus d'informations qu'ils n'en produisent, ils ont généralement la décence de rendre à césar ce qui lui appartient. Ironie du sort, Maureen Dowd avait fait parti des journalistes ayant dénoncé le plagiat de Joe Bidden lors des élections présidentielles de 1988... Obama, de la parole aux actesBarack Obama rencontre Benyamin Netanyahou ce lundi. De quoi faire renaître l'espoir d'une Amérique guidant la sortie de crise au Moyen-Orient. Un nouveau test pour le président du changement dont plusieurs promesses sont restées au stade des déclarations d'intention. Retour sur les premiers revirements de la présidence Obama.
Un faucon déguisé en Colombe Après avoir annoncé que ses troupes allaient quitter l'Irak, Barack Obama a promis qu'il miserait en Afghanistan sur la recontruction politique et civile avant le déploiement militaire. "Bullshit", dénoncent les 77 députés du Congressional Progressive Caucus, le bloc parlementaire progressiste. Le 28 avril, ils dévoilent que le budget supplémentaire de 83 milliards de dollars levé par Obama est destiné à 76 milliards aux manœuvres militaires contre 7 petits milliards à la reconstruction du pays.
Le volte-face des tribunaux spéciaux Autre domaine d'inquiétude, les droits de l'homme. Après avoir annoncé la fermeture de Guantanamo et dénoncé la pratique de la torture par la CIA sous l'ère de George Bush, le sémillant président a décidé de maintenir les tribunaux militaires spéciaux ! Bon d'accord, "les procès se dérouleraient sur le sol américain, probablement dans des bases militaires, et obéiraient à de nouvelles règles permettant d'offrir plus de garanties légales aux terroristes présumés" révèle le Washington Post. Reste que rouvrir ce genre de tribunaux risque de prolonger les errements de la politique d'exception du gouvernement Bush face aux droits (car ils en ont) des terroristes.
Obama, l'ami des dictateurs ? Enfin, last but not least, les organisations de défense des droits de l'homme craignent que la politique étrangère d'Obama, avec son penchant pour le dialogue avec les dictatures, ne néglige les droits fondamentaux de leurs populations. Alors que la rencontre avec le Premier Ministre israélien à Washington laisse les commentateurs espérer qu'Obama va imposer le projet d'Etat palestinien à Israël, on peut rappeler que la nouvelle diplomatie d'Hillary Clinton, en tournée au Moyen-Orient, n'augure aucune rupture sur la question des droits de l'homme dans la région. Rien non plus contre les exactions chinoises au Tibet. Grâce à Obama, Cuba est enfin sorti de l'embargo, mais rien n'a été dit de la censure médiatique et politique pourtant omniprésente sur l'île. Lorne W. Craner, en charge des droits de l'homme dans le gouvernement Bush, considère qu' "on ne peut pas se contenter de donner de l'espoir à Castro, Chávez et Moubarak, il faut donner de l'espoir aux autres". L'économiste Paul Jorion va plus loin: "on avait eu Néron. Beaucoup ont voté en croyant qu'ils auraient Marc-Aurèle (ah ! les livres d'Obama : tant de bons sentiments !). À la place, on a Vespasien : "L'argent n'a pas d'odeur !". Obama = Bush III".
Cynique à défaut d'être Sénèque ? En tout cas, le président de l'après Bush n'est pas aussi irréprochable que sur cette vidéo de la campagne présidentielle de 2008.
Dieudonné : gare à la pub, le précédant Europalestine
A quoi joue la majorité ? En brandissant la menace d’une tentative d’interdiction des listes montées par Dieudonné, l’UMP a offert une promo inespérée au sulfureux comique. Bombardé à la une de tous les JT, Dieudo n’en demandait pas tant. Le voilà qui peut endosser le rôle du martyr, brandir le spectre de la censure. Sans parler de la thèse du lobby sioniste tout puissant qui va pouvoir allègrement se nourrir de cette charge étatique maladroite. Ou plutôt malintentionnée ? Interdire ses listes étant quasi impossible juridiquement, une seule théorie tient en effet la route pour expliquer ce coup fumant : mettre le PS et la gauche dans l’embarras en les poussant à défendre publiquement Dieudo au nom de la liberté d’expression. Ce que n’a pas manqué de faire Benoît Hamon, porte-parole du PS : "A quoi cela sert-il et quels sont les calculs derrière cela ? Pourquoi ce coup de pub ? J'étais présent au Parlement européen quand j'ai entendu M. Le Pen répéter des propos d'inspiration négationniste sur le fait que les chambres à gaz étaient un détail : alors il faudrait interdire les listes Front national aussi."
Si le but de la manœuvre est bien de déstabiliser l’opposition, gare aux effets secondaires de ce billard à trois bandes. En 2004, la liste Europe-Palestine, où Dieudonné figurait en deuxième position, avait obtenu 1,97% des voix en Ile-de-France, avec des pointes inquiétantes dans certaines villes comme Garges les Gonesse ( 10,75 %), Trappes (8,62%) Villetaneuse (8,1 %), Genevilliers (7,75%), la Courneuve (7,19 %) ou Bobigny (6,7 %). Avec la nouvelle promo faite à l’amicale antisioniste réunie autour de l’humoriste, nul doute que ces scores seront réitérés. Surtout si l'on continue à s'attaquer aux symptomes, plutôt qu'aux causes cette nouvelle montée de l'antisémitisme en France.
Lire aussi : Hadopi : Quand les artistes de gauche donnent des arguments à la droite
"La gauche - notre famille - c'était le refus d'un ordre purement marchand", dit notamment cette lettre ouverte à Martine Aubry, reprochant aux socialistes d'être "désormais, par l'effet d'une étrange ironie de l'histoire, les avocats du capitalisme débridé contre les droits des artistes à l'heure du numérique." Des arguments qui font évidemment doucement rire les pourfendeurs d'Hadopi, qui ont tôt fait de dénigrer l'âge avancé des signataires du texte.
Sans partager le point de vue des Arditi et consorts, on peut effectivement s'interroger sur le glissement idéologique qui pousse aujourd'hui la gauche à dénoncer un texte censé défendre une industrie du disque au modèle obsolète. Ne sont-ce pas les mêmes qui défendent à grand cri des secteurs condamnés en France comme la métallurgie ou le textile ? Pourquoi ne pas en faire de même avec les petits métiers de la création artistique au nom de la sacro-sainte exception culturelle française ?
Si Jean-Pierre Brard, député apparenté communiste, a ironisé au cours des débats sur la "chaise à porteurs et la marine à voile" pour dénoncer l'archaïsme du projet de loi, ce n'est donc pas qu'il est devenu un défenseur du grand capital. De ces questions nouvelles découlent des positionnements tout aussi nouveaux pour les partis politiques. Certains ont été peu à la traîne (notamment le PS qui a voté le texte au Sénat et emboîté le pas des Verts et des communistes à l'Assemblée), d'autres ont réagit plus vite. Une partie n'a semble-t-il toujours pas compris l'enjeu. Démocratie française: des efforts restent à faireSelon le très sérieux Economist Intelligence Unit (EIU), la France fait parti du groupe des 30 "démocraties parfaites". Oui, mais voilà, elle se classe 25ème, devant l'Italie mais derrière la Grèce et l'Uruguay...
![]()
"Il n'y a pas de consensus sur la manière de mesurer la démocratie", précise The Economist dans son rapport sur l'état de la démocratie dans le monde en 2008.
Le Grand Paris, avec ou sans ses élusPosté par Emmanuel le 01.05.09 à 11:01 | tags : président de la république, décryptage, développement durable
Nicolas Sarkozy a livré sa vision du Grand Paris avec un lyrisme prononcé à la Cité de l'Architecture de Paris. Coût du projet, estimé aboutir dans 10 ans ? 35 milliards d'euros. Financés comment ? On verra plus tard.
"Il faut voir grand (...) Une ville n'est grande que si elle est grande aux yeux de tous ses hommes". Voir grand, Nicolas Sarkozy sait faire. D'humeur lyrique à la Cité de l'Architecture, il a promis aux parisiens "le passage de la ville du besoin à la ville du désir" car "la ville est faite pour l'homme et non pas l'homme pour la ville". Qui saurait le contredire ? Sûrement pas Jean-Paul Huchon, président PS du Conseil Régional d'Ile-de-France, car les élus de gauche ont été intégrés d'office dans l'équipe du présiden t: "ce projet on va le faire ensemble avec les élus qui sont ici (Jean-Paul Huchon, Bertrand Delanöe). Quel sens ça aurait-il avec une telle ambition qu'on s'oppose parce que les uns sont de gauche et les autres sont de droite, la belle affaire".
Ensemble, mais à sa manière. Et avec un financement houleux, rappelle Le Canard Enchaîné. Tout d'abord, c'est sous la houlette du secrétaire d'Etat à la région Capitale Christian Blanc, "homme d'expérience de rigueur et d'audace", que le projet urbain sera piloté. Le Canard détaille ensuite de quelle manière Sarko va court-circuiter les institutions détenues par la gauche.
Le supermétro, une ligne "si possible aérienne" de 130 km d'un coût de 15 à 21 milliards d'euros, ne sera pas construit pas le Syndicat des transports d'île de France (Stif) mais par un établissement public crée à cet effet. Rappel: le président du Stif n'est autre que Jean-Paul Huchon. Or ce bon Huchon est trop regardant sur les finances. Il veut savoir "combien des 35 milliards d'euros l'Etat va mettre sur la table". Déjà en 2008, il déclarait au JDD, "j'attends toujours que le gouvernement m'explique comment il compte financer ces travaux (du Grand Palais). Et j'attends toujours la part que l'Etat, s'est engagé à mettre sur le contrat de Projet 2007-2013: il est en retard de plus de 110 millions par an".
Amusé, le journaliste du Canard rappelle que c'était le Sarko Ministre de l'Intérieur qui avait décidé par décret en 2006 de retirer la présidence du Stif au préfet pour la mettre dans les mains du Président du Conseil régional, le bon Jean-Paul Huchon. Mais le Nicolas Sarkozy président de la République avait définitivement des accents gaulliens ce mercredi : "le grand Paris est un projet qui n'appartient pas à un parti". En tout cas pas au parti élu pour diriger la région Ile-de-France. Manipulation antisémite de J'irai dormir chez vous sur la toilePosté par Edouard le 24.04.09 à 16:15 | tags : décryptage
J'irai dormir chez vous étant un programme bien connu, il n'a heureusement pas fallu longtemps pour qu'un autre internaute démasque la supercherie. Le premier israélien qui déclare avoir peur de la France est en fait en train de blaguer. Il invitera même De Maximy chez lui. Dans l'autre scène, la jeune femme qui dit ne pas aimer la France explique que c'est en raison de son opposition à la guerre en Irak. Précision qui ne correspondait apparemment pas au message que voulait faire passer les auteurs du premier montage. Les migrants afghans n'accueilleront pas Besson à CalaisA deux jours de la visite officielle d'Eric Besson à Calais, 300 policiers ont arrêté 150 afghans sans-papiers mardi matin dans leur camp de fortune. Pour Sylvie Copyans, présidente de l'association Salam présente lors de l'assaut, "il y a des coïncidences qui ne trompent pas". ![]() "Parfois, il y a un peu de hasard et de la nécessité", a déclaré Eric Besson à propos de l'opération policière crépusculaire de Calais, tout en affichant sa solidarité avec les autorités calaisiennes.
Royal : l'excuse de trop ?
- "Il y a quelques mois je disais que Ségolène Royal avait besoin d'une aide psychologique, honnêtement je ne me trompais pas." (Lefebvre) - "Elle devrait comprendre combien elle se ridiculise et déshonore notre pays en se flagellant ainsi chaque semaine sur la scène internationale pour des fautes imaginaires." (Jégo)
Problème, si Benoît Hamon a dénoncé les attaques "machistes" émanant de la majorité, Ségolène Royal ne croule pas sous les soutiens de gauche depuis qu'elle a fait part, samedi, de la lettre d'excuse dont elle s'est fendue à l'attention du Premier Ministre espagnol. Les pontes du PS qui l'avaient défendue après Dakar se sont cette fois plutôt désolidarisés de sa prise de position. Pis, Jean-Marc Ayrault a reconnu que les propos de Sarkozy ("Zapatero n'est peut-être pas très intelligent") étaient "plutôt une prise à revers pour tacler les socialistes français", en l'occurrence Lionel Jospin. Jack Lang a lui critiqué ouvertement la sortie "démesurée, disproportionnée et surtout inadéquate" de la socialiste : "J'ai envie de dire à nos amis espagnols : excusez-la, pardonnez lui !"
En résumé, Royal est donc parvenue à redonner un semblant de cohésion à la droite, à s'isoler de nouveau au sein du PS, et à détourner les médias français des vraies polémiques suscitées par les commentaires de Nicolas Sarkozy (notamment sur Angela Merkel et Barack Obama) dans la presse internationale. Reste une question : arrivera-t-elle à se le pardonner ? Obama, le premier président 2.0Posté par Edouard le 16.04.09 à 12:40 | tags : élections américaines 2008, démocratie, décryptage, web-campagne, politique 2.0
55% des électeurs américains se sont informés via internet lors de la dernière campagne présidentielle US. 26% en ont même fait leur source principale, selon le Pew Research Center. Des chiffres à méditer pour les médias traditionnels qui perdent inexorablement leur rôle de prescripteur.
![]()
On avait beau savoir que Barack Obama avait remporté la course à la Maison Blanche en partie grâce à la qualité de sa web-campagne, cette étude confirme donc en chiffres cette impression. La toile est devenue un acteur majeur de l'élection présidentielle américaine. Et sur ce nouveau terrain, le démocrate a battu John McCain à plat de couture. 15% des partisans d'Obama ont par exemple effectué un don en ligne, contre 6% pour ceux de son adversaire républicain. Pour la première fois, une majorité d'américains (et 74% des usagers d'internet) se donc tournés vers le net pour suivre la champagne ou débattre avec leurs concitoyens. Les sites de partages de vidéos comme you tube, ou les réseaux sociaux (Facebook, Myspace) ont été des lieux d'échanges majeurs. 45% des internautes déclarent ainsi avoir regardé des vidéos liées à l'élection. Dans le même temps, les sites officiels des deux candidats ont connu un fort succès d'audience. 30% des internautes ont visité le site d'Obama, 21% celui de McCain. Bien plus que pour John Kerry (18%) et George Bush (14%) en 2004. Si la télévision demeure la source d'information politique numéro 1 pour 77% des Américains, la part du web a considérablement progressé (26% contre 11 en 2004). Au détriment de médias traditionnels comme la radio et la presse papier, cette dernière n'étant plus citée que part 28% des adultes en âge de voter, contre 39% en 2000 et 60% en 1996. Les électeurs à la recherche d'informations écrites se sont tournés vers les versions online des journaux, ou des pure-players (sites non-adossés à un quotidien papier) comme Slate, Politico ou The Huffington Post. Selon Aaron Smith, un des auteurs de l'étude, "les électeurs en 2008 n'étaient pas passifs dans le processus politique. Ils ont eu recours à une vaste étendue d'outils numériques et de technologies pour s'impliquer dans la course, pour exploiter leur créativité afin de soutenir le candidat de leur choix et unir leurs forces avec ceux partageant les mêmes objectifs."
Le chien d'Obama est-il une arme de diversion médiatique ?Posté par Edouard le 14.04.09 à 15:05 | tags : international, décryptage, medias et politique, crise financière
Quatre mois après l'installation des Obama à la Maison Blanche, l'identité du chien qui partagera avec eux la résidence présidentielle a été dévoilée ce week-end. Une info futile qui passionne pourtant les médias américains. Et parvient même à engendrer des polémiques.
Il s'appelle Bo, est âgé de six mois et appartient à la race des chiens d'eau portugais. Pour les médias américains, c'est LE scoop de ce week-end pascal. "Le plus grand mystère de Washington depuis le Watergate", a même osé une présentatrice de la chaîne CBS (voir vidéo ci-dessous), alors que la majorité des journaux télé y consacraient leur Une, à coup de photos exclusives et de duplexes avec la mère ou la sœur du canidé présidentiel.
Pour le Washington Post, il y a même sujet à controverse, puisque Bo ne serait pas un bâtard sauvé d'un chenil, comme l'avait annoncé Obama à plusieurs reprises, mais un pure race offert par le sénateur Edward Kennedy, lui-même grand amateur de chiens d'eau portugais. "Promesses, promesses : est-ce que le chien d'Obama était abandonné ?", se demandait ainsi le Post dans son édition de lundi. Réponse, "à moitié", puisque l'animal a été rendu par ses premiers propriétaires sans passer par la SPA locale. Il fallait le préciser.
Illustration : Barack Obama et Bo, le nouveau chiende la Maison Blanche (crédits : Sipa) Reprise en 2010 : La méthode coué de Trichet et BernankeLa croissance va repartir en 2010. Voilà en substance ce que répète depuis quelques semaines Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE), et Ben Bernanke, son homologue de la Réserve fédérale américaine (FED). De belles manifestations d'optimisme qui n'engagent que leurs auteurs. ![]() Je vais bien, tout va bien... "Nous devrions probablement assister à la fin de la récession cette année", a encore répété Bernanke, dans une interview diffusée dimanche dans le magazine 60 minutes. Avis évidemment partagé par Trichet, qui lui emboîtait le pas ce mercredi : "L'année 2009 sera très très difficile. (...) En même temps, il y a un accord assez général pour penser que 2010 peut être l'année de la reprise, modérée, de la croissance".
Ce n'est pas la première fois que le duo nous joue ce petit numéro depuis le début de l'année. Le 9 mars, à l'issue de la réunion bimestrielle du G-10 au siège de la Banque des règlements internationaux (BRI), Trichet l'annonçait déjà : "Nous nous approchons du moment où il y aura une reprise". Au cas où on n'aurait pas bien compris sa déclaration du 28 février, où il se réclamait également d'un avis soit-disant partagé par tous : "J'ai noté que c'est ce que pratiquement tous les économistes et institutions pensent."
Le précédent Hoover Cette certitude autour d'un retour de la croissance en 2010 est pourtant loin d'être aussi unanimement partagée que JCT veut bien le dire, d'autant qu'aucun indicateur économique ne permet d'appuyer une telle affirmation.
La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire Internationale sont ainsi nettement plus réservés. Dominique Strauss-Kahn a reconnu le 11 mars avoir "peur que la reprise en 2010 devienne difficile", si l'assainissement du système bancaire ne s'accélérait pas. Warren Buffet, deuxième fortune de la planète, mise lui sur un redressement de l'économie dans "cinq ans" : "Cela prend cinq minutes pour prendre peur, mais reprendre confiance demande bien plus de temps. Or, le système ne fonctionne pas sans confiance."
Si on peut donc comprendre la volonté de Trichet et Bernanke d'enrayer la morosité ambiante, la méthode coué a ses limites. Yann Algan, économiste à L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), rappelait récemment dans un chat du Monde "l'optimisme largement infondé du président Hoover en mai 1930, qui déclarait : ‘le pire est passé, nous allons rapidement sortir de la crise'. Deux ans plus tard, 770 banques étaient fermées, le PIB avait reculé de 25 % et le chômage touchait un quart de la population américaine."
Dans cette cacophonie de pronostics, le mieux est sans doute de s'en tenir à ce que nous a appris la crise actuelle : optimistes ou alarmistes, n'écoutons pas trop les économistes... Statistiques ethniques : Sabeg relance le débatPas encore présenté à l'Elysée, le projet de Yazid Sabeg qui prévoit la mise en place de statistiques ethniques pour lutter contre les discriminations est déjà critiqué de toute part. Certaines voix de gauche réclament pourtant de telles mesures permettant de briser le "plafond de verre" qui freine la réussite sociale des Français issus de l'immigration.
![]()
Un projet communautariste ?
Malgré sa proposition de baser ces mesures sur le "sentiment d'appartenir à une communauté", plutôt que sur le patronyme ou l'origine, de nombreuses voix, à droite comme à gauche, se sont élevées pour critiquer le projet. De Fadela Amara, sa collègue du gouvernement, à Malek Boutih, membre du bureau national du PS, en passant par le Haut Conseil à l'Intégration (HCI), SOS Racisme, Ni Putes Ni Soumises (NPNS) et l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF), tous réaffirment leur opposition à toutes formes de statistiques ethniques. La présidente de NPNS, Siham Habchi, a même présenté Yazid Sabeg comme un "cheval de Troie des communautaristes" en France.
Le plafond de verre
Créé par les sociologues américains pour désigner le couvercle invisible qui s'oppose à l'élévation des femmes dans la hiérarchie sociale, le concept du "plafond de verre" a été adapté à la situation des minorités visibles en France par Yamina Benguigui dans un documentaire éponyme sorti en 1996. Pas étonnant que l'adjointe au maire de Paris déclare récemment dans Le Monde qu'"aucun Etat confronté à sa diversité ethnique n'a échappé aux outils de mesure."
En résumé, la crainte d'une montée du communautarisme ne doit pas nous aveugler sur le fait qu'il est déjà bel et bien présent dans une société française où la méritocratie ressemble de plus en plus à un vieux mythe. Et par conséquent nous empêcher de mener les politiques qui peuvent aider les jeunes issus de l'immigration à créer le fameux "premier contact", et donc briser le "plafond de verre".
A quoi joue l'Eglise catholique ?
"Il y a incontestablement un raidissement de la direction de l’Eglise autour de Benoît XVI. Même s'il faut savoir que tout Pape est par définition conservateur", a confié à Fluctuat le journaliste et écrivain Bernard Lecomte, spécialiste du Saint-Siège. "Au Vatican, il y a une phrase qu’on entend souvent : 'notre temps n’est pas celui des médias'."
Le palmarès des villes les plus chères chamboulé par la crise Madrid et Barcelone plus chères que Londres. Paris promue 3e, New York reléguée au 22e rang. Reykjavik qui chute de la 6e à la 67e place. Le classement annuel publié par The Economist perdrait-il de sa pertinence en temps de crise ?
Comme nous l'avancions récemment dans notre guide consacré au tourisme de crise, certaines villes comme Londres ou Reykjavik ont subi de plein fouet la crise qui frappe l'économie de leur pays. Réputée hors de prix, la capitale anglaise aurait dégringolé de la 3e à la 27e place au classement des villes les plus chères du monde. La vie serait donc moins coûteuse sur les bords de la Tamise qu'à Paris (3e), Frankfort (7e), Barcelone (18e) ou Madrid (20e), selon l'étude réalisée chaque année par The Economist Intelligence Unit, pour le compte de l'hebdomadaire britannique The Economist. Deux villes japonaises, Tokyo et Osaka, occupent elles les deux premières places.
Ce classement basé sur l'évaluation du prix de 160 produits et services de consommation courante dans 140 villes est toutefois à prendre avec des pincettes. D'abord parce qu'il ne prend pas en compte les loyers résidentiels ou commerciaux. Mais surtout parce qu'il est conditionné par la fluctuation des monnaies. Phénomène qui a pris des proportions considérables dans le contexte de crise actuel, avec notamment les fortes dévaluations subies par la Livre anglaise ou la Couronne islandaise - d'où la chute de Londres et Reykjavik.
Difficile dans ses conditions d'affirmer que le coût de la vie est plus élevé dans telle ou telle ville pour ses habitants. Les résultats conservent en revanche leur pertinence pour les ressortissants étrangers qui viennent d'un pays dont la monnaie est restée forte. Ne reste plus qu'à renommer l'étude "classement des villes les plus chères du monde pour les touristes". Et à consulter notre guide du "tourisme de crise" pour choisir sa destination. L'étrange destin de Pierre Lellouche, le M. Afghanistan du gouvernementEloigné des postes à responsabilités depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, le député UMP de Paris sort du placard pour devenir le représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan au ministère des Affaires étrangères. Petite consolation pour un politique qui est passé à côté de sa carrière.
![]() Cocu mais content
Malgré son passif de tombeur de DSK à Sarcelles, en 1997, Lellouche se planta aussi dans la course à la Mairie de Paris. Ecarté dès le premier tour des primaires UMP, il se casse ensuite les dents dans le VIIIe arrondissement du sortant François Lebel. Encore lui restait-il son siège de député de la quatrième circonscription de Paris pour ne pas totalement sombrer dans la dépression.
Le Holbrooke de Sarko
Atlantiste assumé, rodé à la mécanique de l'Otan et spécialiste de la région (il a remis en octobre dernier un rapport parlementaire sur la guerre en Afghanistan), Lellouche a (malheureusement ?) pour lui le profil de l'emploi. Placard ou dernier espoir de briguer un poste à haute responsabilité ? L'avenir nous dira s'il a encore le droit de rêver.
Illustration Sipa : Pierre Lellouche en compagnie de Bernard Kouchner lors de sa conférence de presse de présentation. Sarkozy prix Nobel de la paix ?!?Posté par Edouard le 27.02.09 à 13:08 | tags : décryptage
Nicolas Sarkozy et Barack Obama font partie de la liste des 205 candidats aux prix Nobel de la paix 2009 qui sera décerné en octobre. Mais que viennent-ils faire sur cette liste ? ![]() Avec 205 candidatures, dont 33 organisations, le fameux prix bat cette année son précédent record de 2005, où 199 nominations avaient été enregistrées. Une inflation qui n'a en fait pas grande signification. "Il est très facile d'être sur la liste des candidats. Il suffit de demander à un quelconque parlementaire de déposer une candidature en sa faveur", a d'ailleurs reconnu Stein Toennesson, le directeur de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo (Prio), à l'AFP. Des milliers de personnes sont ainsi habilitées à proposer un nom.
Si le comité du Nobel apporte lui aussi son lot de candidatures, rien n'indique qu'il ait adoubé la présence des deux présidents français et américains sur cette liste. Présence qui s'apparente donc plus à une opération de com' destinée à flatter l'image des intéressés. D'autant que l'identité des nominés est censée restée secrète pendant 50 ans. A moins qu'un "parrain" ne prenne l'initiative de rendre publique l'information.
Malgré son action en Géorgie et dans le conflit israélo-palestinien, Nicolas Sarkozy ne peut évidemment prétendre à se voir décerner le prix Nobel. Pas plus que Barack Obama, qui a certes annoncé la fermeture de Guantanamo et le retrait des troupes américaines en Irak en 2010 mais vient à peine d'ouvrir ses cartons à la Maison Blanche. L'essentiel semblait résider dans l'effet d'annonce. Voilà qui est fait. Le dérapage de Despointes agace la MartiniqueSuite aux déclarations sorties d'un autre âge du béké Alain Huyghues Despointes, un collectif de martiniquais a lancé un appel au boycott sur le net...
Plutôt boycott que carrotmobilisation (genre de flash mob tendance développement durable né à San Francisco), l'activisme antillais est anti-colons plus qu'écolo. Il faut dire que les békés (nom local donné à la communauté blanche descendant des premiers colons esclavagistes) détiennent encore 40% des supermarchés, 50% des terres agricoles et 90% de l'industrie agroalimentaire. Une domination économique qu'encaissent mal les 96% de noirs et de métis qui composent la population. Goutte d'eau qui fait déborder le vase dans un conflit qui dérape (un mort et plusieurs blessés), les propos signés Alain Huyghues Despointes diffusés sur Canal + dans le reportage "Les derniers maîtres de la Martinique" début février. Le magnat béké s'y embarque dans une diatribe raciste de bien mauvais goût... Repris sur le net, l'extrait a enflammé la rue martiniquaise.
Problème: les enseignes de la famille Huyghues Despointes sont si nombreuses qu'un boycott suivi massivement pourrait finir en grève de la faim générale... Les enseignes Huyghues Despointes en Martinique: En Guadeloupe: Et aussi en Guyane: A quand une carrotmob contre les békés martiniquais?
Lire aussi : Guadeloupe : La crise vue par les Antillais de métropole Frédéric Lefèbvre fait-il du trolling ?
Généralement, il déballe une série d'analogies qui frappent l'imaginaire et suscitent des réactions indignées (internet= mafia, beemotion = dealers). Ca ne vous rappelle rien ? Lire l'article dans son intégralité Consulter également le dossier Les trolls vont-ils trop loin ? La crise financière expliquée à ma filleEn anglais, mais d'un didactisme estimable, Jonathan Jarvis vous explique en vidéo comment la survalorisation des baraques de la middle-class américaine a mis la planète dans la mouise. |
Discussions en cours sur le forum :
|