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Cohn-Bendit vs Bayrou : le degré zéro du débat politique

Posté par Edouard le 05.06.09 à 11:33 | tags : élections européennes 2009, débat télévisé

L'unique grand débat télévisé consacré aux élections européennes a tourné à la bataille de chiffonniers, jeudi soir sur France 2. Point d'orgue de cette mascarade, le duel opposant Daniel Cohn-Bendit à François Bayrou, qui a accusé le chef de file d'Europe-Ecologie de cautionner la pédophilie.


Déjà inaudible, la campagne des européennes a sombré dans le pathétique, à trois jours du scrutin, sous les yeux d'une Arlette Chabot dépassée par les évènements. Cet "A vous de juger" consacré à l'Europe était pourtant la seule chance de voir enfin confrontés les points de vue des listes majeures, représentées par leurs leaders respectifs : Xavier Bertrand (UMP), Martine Aubry (PS), François Bayrou (MoDem), Daniel Cohn-Bendit (Europe-Ecologie), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Olivier Besancenot (NPA), Philippe de Villiers (MPF) et Marine Le Pen (FN).

 

Malheureusement, on ne retiendra de ce triste spectacle que le clash Bayrou-Cohn Bendit, dont les listes sont au coude à coude dans les sondages. La tension est vite montée lors de leur tête à tête, le centriste accusant l'écolo de téléphoner régulièrement à Nicolas Sarkozy et d'avoir déjeuné trois fois à l'Elysée. Autant de preuves d'une "connivence" entre DCB et le président de la république, selon Bayrou. "Je trouve ça ignoble de ta part, parce que tu sais exactement ce qui se passe quand on est président de groupe", a rétorqué Cohn-Bendit. "Et ce genre de jeu, devant les citoyens, eh bien mon pote, je te dis, jamais tu seras président de la République, parce que t'es trop minable !"

 

C'est donc là que François Bayrou décide de sortir une vieille polémique concernant un livré publié en 1975 par Cohn-Bendit, Le Grand Bazar, où le leader de mai 1968 traite de la sexualité des enfants. Certains extraits lui ont valu d'être taxé de pédophilie, lorsqu'ils furent déterrés en 2001, en Allemagne. "C'est ignoble d'avoir poussé et justifié des actes à l'égard des enfants que je ne peux pas accepter", lui a assené Bayrou, devant un plateau abasourdi. Sauf peut-être Marine Le Pen, qui avait déjà attaqué Cohn-Bendit sur ce sujet lors d'un France Europe Express. Une nouvelle référence peu reluisante pour le boss du MoDem qui, la veille, dénonçait la manipulation des sondages, autre vieux thème complotiste cher au Front National.

 

"On peut revenir à l'Europe ?", lançait, en vain, une Arlette Chabot désespérée. A croire que ses invités roulaient pour un seul et même parti. Celui de l'absention.




Dialogue sans surprise entre Royal et Bayrou

Posté par Easywriter le 28.04.07 à 14:17 | tags : campagne electorale, débat télévisé, présidentielles 2007
Pas un "débat" mais un "dialogue", moins de "divergences" que de nuances :  Ségolène Royal a tout au long du débat essayé de montrer qu'il y avait des passerelles évidentes entre son pacte présidentiel et le programme de François Bayrou.
Sans surprise, François Bayrou et elle sont d'accord sur les questions institutionnelles et la rénovation démocratique mais nettement moins sur l'économie, le centriste reprochant toujours l'interventionnisme d'état qui serait selon lui au coeur de la politique de la candidate socialiste.
Il s'oppose également à la réforme des statuts de la Banque centrale européenne ( BCE). Comme Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal souhaite en effet inscrire la lutte contre le chomage dans les objectifs de la BCE.
La candidate a toutefois su mettre en avant une plus-value sociale, en défendant la revalorisation des retraites du SMIC ou des minima sociaux. Alors qu'il jugeait trop faible l'augmentation de 5 % des petites pensions, Ségolène Royal lui a rétorqué qu'elle était "contente de voir qu'il était  pour de nouvelles dépenses sociales". Manière d'indiquer qu'elle dépassait les postures humanistes et sociales par des propositions concrètes - le programme du centriste se singularisant surtout par la faiblesse de son coût et de sa générosité sociale.
Mais c'est peut-être moins Ségolène Royal qui s'adressait aux électeurs centristes que François Bayrou qui continuait à donner des gages aux socialistes : si la candidate échoue le 06 mai prochain face à Sarkozy, il sera temps alors de fédérer l'aile droite d'un parti exsangue autour de son nom. Le centriste en a également profité pour rappeler qu'il avait permis au pays de renouer avec le pluralisme et le sens du débat. Afin d'être sur d'être présent jusqu'au bout du second tour il n'a évidemment donné aucune consigne de vote.

 







Royal et Bayrou débattront, mais où ?

Posté par Easywriter le 27.04.07 à 15:51 | tags : débat télévisé, présidentielles 2007, second tour

Ce ne sera donc ni devant la presse quotidienne régionale, ni sur Canal Plus, ni sur le web mais... sur BFM TV (qui ne confirme pas) d'après l'un de mes informateurs anonymes.

BFM est pourtant soumise aux mêmes règles que - TF1 ; France 2 ; France 3 pour son programme national ; Canal+ pour ses programmes en clair ; M6 pour son programme national. - France 4 ; France 5 pour l'ensemble de son programme; Réseau France Outremer pour ses programmes régionaux et pour France Ô ; France 3 pour ses programmes régionaux ou locaux ; Métropole Télévision (M6) pour ses programmes locaux ; LCI ; I-Télé ; ; Euronews ; NT1 ; Direct 8 ; TMC ; Canal+ et ses déclinaisons pour ses programmes cryptés ; TV5 pour ses programmes propres ; France 24. (source CSA).
Schneidermann relève, égrillard, sur son blog que Public Senat n'est pas concernée par cette règle et qu'elle peut donc organiser le débat entre la poufiasse Ségolène Royal et François Bayrou. Elkabbach va se faire un plaisir n'en doutons pas.

 




Les limites de l'anti-sarkozysme

Posté par Easywriter le 27.04.07 à 11:01 | tags : débat télévisé, medias et politique, présidentielles 2007

A force de voir des manipulations de toutes sortes chez les sarkozystes on va finir par nous les rendre sympathiques. Après avoir laissé entendre que le syndicat de la presse quotidienne régionale a pu subir des pressions pour ne pas accueillir le débat Ségolène Royal/François Bayrou dans ses colonnes, circule désormais l'idée que Canal Plus a été contrainte d'annuler la rencontre télévisée prévue à 11 heures demain.

" Je n'en ai pas la preuve mais j'en ai la certitude", indique Bayrou.

On préfèrerait pourtant qu'il fournisse la première plutôt que de claironner la seconde. S'émouvoir de l'autoritarisme de Nicolas Sarkozy et de son interventionnisme auprès des medias est déjà suffisamment alimenté - coups de fil insultant au patron de Libération, pétage de plombs lors d'une invitation de France 3, affaire Alain Genestar etc. - pour ne pas avoir à laisser courir des rumeurs. Que Nicolas Sarkozy puisse interférer autant dans la sphère médiatique en dit plus long sur la couardise et/ou le conformisme des responsables de grands medias que sur la psychologie d'un homme ambitieux qui utilise tous les moyens disponibles au service de sa victoire.
En acceptant de diffuser ce débat, Canal Plus devait offrir un temps de parole équivalent à Nicolas Sarkozy sur le même type d'émission et résoudre la question de savoir à qui devait on décompter le temps de parole de François Bayrou - qui n'est pas au second tour faut-il le rappeler. Il n'est pas si commun qu'un débat "intermédiaire" soit imaginé entre deux tours et si tout le monde prend des pincettes, croire à une politique d'intimidation si efficace des medias par le staff de Sarkozy me semble un peu gros pour qu'on puisse faire l'économie d'une preuve avant de l'ouvrir.




Débat télévisé samedi entre Ségolène Royal et François Bayrou

Tout s'accélère, le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, un temps menacé à cause de difficultés d'organisation aura finalement lieu.
Samedi 28 avril à 11h, les heureux détenteurs d'un décodeur Canal +, et ceux possédant un accès au câble auront la chance de voir en direct la teneur de ces échanges sur i-Télé. Pour les autres, il faudra se contenter d'un bon vieux transistor branché sur France Inter.
Ce débat risque d'isoler Nicolas Sarkozy, mais aussi de lui donner l'image d'un homme qui ne transige pas, et qui refuse la cuisine partisane. De l'autre côté Ségolène Royal cultive sa dimension de femme ouverte, libre, et sans tabou par rapport aux dogmes de son parti.
Il y a peu de chance que cette rencontre scelle un quelconque accord, en revanche elle permettra de présenter les points de divergence et de convergence entre la candidate du PS et François Bayrou, afin que les 6,8 millions d'électeurs qui ont voté pour le candidat centriste puissent se prononcer en conscience le 6 mai, avec le maximum d'éléments en main.




Y a débat

Posté par Easywriter le 25.04.07 à 23:09 | tags : débat télévisé, présidentielles 2007, second tour

Sarkozy refuse, Royal maintient, Bayrou pinaille. Le leader centriste a donc accepté le débat mais exige qu'il soit télévisé, pour des raisons de totale transparence mais aussi vraisemblablement parce qu'il n'est pas si pressé de retourner dans l'ombre. C'est bien pour cette raison que le candidat de l'UMP lui a signifié une fin de non recevoir.
Selon Nicolas Sarkozy, la finale se joue à deux et il n'est pas question d'y faire participer les outsiders éconduits dans les urnes. A dire le vrai, Sarkozy a beaucoup plus à perdre dans un tel débat : les critiques de François Bayrou portent essentiellement sur sa manière d'être, sa personnalité jugée autoritaire et brutale. Aller sur ce terrain risquerait de lui faire perdre la bataille d'image dans laquelle il s'est engagé pour le second tour. Par ailleurs, le candidat de la droite a d'autres arguments que ceux de sa rivale au premier rang desquels la pression qu'il peut exercer sur les parlementaires de l'UDF élus avec les voix de son camp il y a cinq ans. Une guerre des nerfs qui souffre peu la présence des caméras.

Ces deux choix tactiques sont aussi intelligents l'un que l'autre et collent parfaitement avec les armes des différents belligérants. Sun Tzu disait dans L'art de la guerre qu'il n'y a au fond que deux manières de mener combat : l'attaque frontale et l'embuscade. "Dans le combat, il n'y a pas plus de deux méthodes d'attaque : la directe et l'indirecte, mais leurs combinaisons produisent une infinité de maneuvres. Ces deux méthodes agissent l'une sur l'autre. C'est comme une spirale sans fin. Qui peut épuiser les possibilités de leurs combinaisons ?". Une chose reste certaine à l'issue du combat : "celui qui vainc et conquiert les terres et les villes mais n'offre aucune récompense prépare des désastres."




Ségolène Royal réussit l'oral (comme tout le monde)

Posté par Easywriter le 20.02.07 à 01:10 | tags : campagne electorale, débat télévisé, présidentielles 2007, ps

Déterminée et sereine. Ségolène Royal a plus travaillé hier soir sa posture de candidate que détailler son programme. Qui saurait l'en blamer ? A coups de sondages et autres descriptions de querelles internes, les medias se posent depuis des semaines une seule question : la candidate socialiste va-t-elle craquer ?
Et si oui (bordel) le fera t-elle en direct ?
Le principe même de cette déplorable émission qu'est au fond "J'ai une question à vous poser" pousse les prétendants à privilégier le maintien au détriment du programme, la rhétorique au détriment du fond. On objectera facilement que toute prestation télévisuelle requiert surtout des aptitudes d'orateur mais pourquoi pousser l'inévitable compromis à son paroxysme ? Sous prétexte de donner la parole aux Français, on oublie complètement ce qui fait le sel d'un débat : la contradiction apportée par un détracteur forcément attentif à vos faiblesses, ou - rêvons un peu - le travail de problématisation effectué par un journaliste. Le dispositif de l'émission étant de favoriser le maximum de questions plutôt que la pertinence d'une éventuelle relance, il n'y a aucune chance pour qu'émerge quoi que ce soit de nouveau. On aura ainsi eu le droit à la nécessité de croire en l'entreprise, d'assurer une sécurité professionnelle pour tous - ce qui ferait du chomage une donnée structurelle qu'on aurait totalement renoncé à faire disparaître -, au SMIC à 1500 € (5 % tout de suite le reste plus tard dans la législature cette fois, probablement étalée sur cinq ans soit une progression mécanique) la conférence sur les salaires ( mais de quoi s'agit-il exactement ?), à l'ordre juste, à la revalorisation des petites retraites (celles inférieures à 950 € de mémoire) et au doublement de l'allocation de rentrée.
Quant à la représentativité du panel invité, elle est évidemment illusoire : les instituts de sondage estiment qu'une étude faite sur 2000 personnes est généralement assez fidèle à la réalité, 100 personnes dont près de la moitié ne s'exprime pas ne peuvent se prévaloir d'une telle réussite. La seule représentativité semble tenir à l'addition de clichés - en cela les plans de coupe sur des personnes de couleur dès qu'on aborde la banlieue ou l'immigration est un concentré d'idéologie extraordinaire.
En outre, j'avais du oublier la forte proportion de petits chefs d'entreprise et autres gérants (dont un viticulteur c'est une obsession de la chaîne) dans la société française. La seule bonne nouvelle c'est que TF1 ne cherche à bousculer aucun candidat et Ségolène Royal aura eu aussi peu de raisons de s'inquiéter qu'avant elle Nicolas Sarkozy ou Jean-Marie Le Pen - la question du financement, juste esquissée restera sans réponse as usual. Elle a donc martelé son empathie pour l'ensemble du corps électoral - "vous avez raison", "vous posez très bien la question" - sa philosophie générale du "efficace et juste" - le fameux deal "gagnant/gagnant" - et une attitude plus générale de Vierge au coeur pur. Elle parle en tant que mère dès que la question des jeunes est abordée et va jusqu'à poser ses mains sur un handicapé qui craque en décrivant sa situation. Ségolène, elle, n'a pas craqué. Nous, c'était moins une.

Sur Flu, un peu de fond : les 100 propositions de Ségolène Royal, son meeting parisien et l'analyse du pacte présidentiel.

 




Sur TF1 Le Pen encore moins bousculé que Sarkozy

Posté par Easywriter le 13.02.07 à 00:08 | tags : débat télévisé, europe, fn, medias et politique, présidentielles 2007
La semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait certes été peu embarrassé par les questions mais finalement Jean-Marie Le Pen l'aura été encore moins lundi soir. Depuis longtemps (toujours), le Front National fait son beurre sur un populisme décomplexé et de raccourcis fulgurants. La télévision est de fait le média le plus confortable pour la rhétorique du Front National : dire que nous ne pouvons plus être généreux et qu'il faut pratiquer la préférence nationale pour les allocations familiales prend deux secondes. Expliquer que les prestations sociales ne relèvent pas de la générosité de l'Etat mais de la reversion de cotisations obligatoires et qu'exclure les travailleurs immigrés devrait conduire à les exonérer de cotisations (privant les mécanismes d'une partie des recettes), peut prendre quelques minutes - en plus c'est beaucoup plus chiant comme gymnastique intellectuelle. On peut reproduire bien sûr le phénomène sur la tentante taxation des importations - elle entraînera la hausse de beaucoup de produits de consommation courante pour la plupart non fabriqués dans notre pays ( et qui ne le seront jamais plus).
Il est totalement inutile d'attaquer Le Pen sur le mode de l'indignation morale, de la vertu républicaine outragée : " allez vous écrire xénophobie, égoïsme et racisme comme devise de la République française ? " lui a demandé un téléspectateur à peu de choses près. "Pas du tout, j'ai plein d'amis noirs", répond le leader du front National ou à peu près. Rien sur la fiscalité, peu de questions sur l'économie, Le Pen a pu dérouler en roue libre son discours sur le raz-de-marée migratoire et faire vibre la corde eurosceptique : l'Europe a suivi le modèle américain et a échoué, les chefs d'Etat ont moins de pouvoir que le gouverneur de Californie. Personne pour lui indiquer qu'il faudra qu'il justifie auprès des agriculteurs qu'il adore que la fin de la PAC - qui engloutit une grosse partie du budget de l'UE - va sacrément réduire leurs revenus. Le leader frontiste a estimé que le divorce entre élites et le peuple n'avait jamais été aussi grand que depuis le referendum européen, que les hommes politiques s'étaient d'ailleurs servi de Bruxelles comme d'un bouc émissaire et qu'il était le seul des candidats de premier plan à avoir appelé à voter non. Et qu'il sera bientôt celui qui capitalisera le plus sur ce point. Il s'est même payé le luxe de s'étonner de ne pas être plus questionné sur les questions qui concernent directement le Chef de l'Etat. A ce petit jeu du question réponse en 30 secondes, il aurait pu faire six heures sans jamais trébucher.



Nicolas Sarkozy et l'amalgame tranquille

Posté par Easywriter le 06.02.07 à 14:06 | tags : campagne electorale, candidats, débat télévisé, décryptage

Très à l'aise donc Nicolas Sarkozy hier soir, à se demander comme le fait Le Parisien s'il n'a pas eu les questions à l'avance. Après tout, l'émission était préparée dans un studio de la chaîne depuis neuf heures le matin. Mais outre sa faculté à répondre du tac au tac -talent qu'il faut lui reconnaître - on remarque aussi un certain art de l'amalgame tranquille. Celui qui permet de lier délinquance et immigration en glissant du problème des contrôles systématiques au faciès subi par un jeune intervenant à celui de la délinquance dans les quartiers (bon ok c'est pas le plus dur à faire mais c'est mieux que de dire frontalement qu'il y a plus de problèmes là où il y a des immigrés et que ces derniers sont plus nombreux que les nationaux en prison).
L'autre est de lier la pratique de la religion musulmane à une forme potentielle de criminalité (polygamie, égorgement des moutons dans les salles de bains - ce qui fut lors de l'émission un amalgame moins tranquille). Enfin l'amalgame entre les situations de droit et les convictions : le meilleur exemple en est le mariage qui n'est qu'une affaire de droit et ne porte nullement en soi (pour peu qu'on s'en tienne à la mairie) la nécessité de faire et d'élever des enfants. Le droit s'adapte aux évolutions de la société et, de fait, des gens sont exclus de certains droits de part leur sexualité. Le discours de Sarkozy a consisté à améliorer l'égalité fiscale et administrative tout en enfermant l'homosexualité dans le cadre d'une pratique minoritaire qui est tolérée généreusement mais pas totalement assimilée. On s'attendait presque à attendre - sur le mode "personne n'est obligé de venir en France" - à un "vous n'êtes pas obligés d'être pédé après tout". Mais un amalgame réussi ne dit jamais son nom...




Nicolas Sarkozy réussit son stand-up

Posté par Easywriter le 06.02.07 à 00:49 | tags : débat télévisé, medias et politique, ump
Nicolas Sarkozy a parfaitement réussi lundi soir une belle performance digne du stand up. Pendant deux heures, le candidat a fait passer une philosophie alliant un discours social et économique d'inspiration libérale tout en flattant des valeurs sociétales assez conservatrices. D'un côté : baisse du coût du travail, "liberté de travailler plus", durcissement des conditions d'accès à l'indemnisation du chômage (impossibilité de refuser plus de deux offres d'emploi correspondant à sa formation) et à la solidarité sociale (obligation pour les bénéficiaires de minima sociaux d'exercer une activité d'intérêt public).
De l'autre : exacerbation de l'accès à la propriété (alors que la course à celle-ci fait exploser le coût de l'immobilier), de la ruralité (quitte à autoriser les gens à fumer uniquement dans les PMU de campagne) et la famille. Ce dernier point a donné lieu à l'échange le plus vif. Pris à parti sur la question du mariage homosexuel, Nicolas Sarkozy a defendu l'idée que ce mariage entrainerait l'adoption et que ça allait à l'encontre de son image de la famille, soit un papa une maman qui élèvent et protègent des enfants. (On en déduit donc que les hétérosexuels incapables de procréer doivent logiquement oublier le passage en mairie eux aussi).
L'autre moment de légère tension est venu sur les questions d'immigration : Sarkozy a évoqué les pratiques illégales qui consistent à égorger des moutons dans la salle de bains pour expliquer le concept de la France tu l'aimes ou tu la quittes. Une jeune musulmane s'est indignée de la remarque, un autre intervenant ajoutant que le candidat flattait le discours du Front national.
Pour le reste, bon numéro de stand-up où le candidat n'a jamais vraiment été déstabilisé vu le temps de réponse imparti (70 questions peut être plus en deux heures) et la possibilité offerte par ce type de format (on mélange tout, personne n'y connait rien ou presque) de généraliser et d'amalgamer sans trop de risque d'être démenti.

 




L'Etrange objectivité d'Arlette Chabot

Posté par Myosotis le 30.01.07 à 12:34 | tags : débat télévisé, décryptage, medias et politique

La récente émission d'A vous de juger animée par Arlette Chabot a, une nouvelle fois, mis en évidence la responsabilité des journalistes dans ce qu'on peut appeler la confusion idéologique ambiante, voire de manière plus juste la fusion idéologique ambiante. Cette fusion idéologique conduit, à partir d'une émission lambda bien intentionnée comme A Vous de Juger, à produire chez le spectateur-citoyen le sentiment (erroné) que la totalité des politiques représentées sur le plateau (et incarnées par un homme ou femme de chaque "bord") se valent ou relèvent d'une même obédience idéologique. Ce mécanisme particulièrement opérant sur le plateau d'A Vous de Juger est à l'oeuvre quasi-partout et conduit à 3 effets pervers majeurs :

1°) Les politiques de droite et de gauche ne sont plus différenciées. Dans l'exemple, Fillon et Hollande parlent la même langue. Le journaliste ne fait aucun effort pour que s'expriment les différences entre eux, oeuvrant quasi-exclusivement à ce que se dégage une synthèse ou un POINT D'ARRET, décisif car permettant à l'émission de suivre son cours et d'enchaîner sur le POINT SUIVANT. Cette recherche du point d'arrêt à une discussion idéologique (sur le bouclier fiscal) conduit à ce que le journaliste se précipite sur le premier silence venu, où qu'on en soit de l'exposé. Au lieu d'être un accoucheur de vérité, il devient un castrateur intellectuel (pour ne pas dire un casse-couilles)

2°) La recherche de neutralité conduit le ou la journaliste à se transformer en passeur de plats, enchaînant les mini-reportages illustratifs (sans angle), les témoignages bidons du public-alibi et l'alternance des voix, avec en arrière-plan le chronomètre qui mesure SCIENTIFIQUEMENT que le journaliste ne fait rien ou parle pour des prunes. De fait, la recherche de neutralité du journaliste-fantôme ou fantoche l'empêche de jouer un rôle pourtant majeur d'explication ou de démonstration à caractère socio-économique. Ex : sur le bouclier fiscal, le rôle d'un observateur averti n'est-il pas de dire très précisément à qui il s'appliquerait ? Ici, on a droit à la version de droite (le bouclier fiscal s'appliquera en majorité aux pauvres : mon oeil !) et à la version de gauche (c'est une mesure de classe !, en gros). Débrouille toi, ami spectateur, avec ça. Arlette Chabot ne dira pas un mot.

3°) Le traitement à plat des interviewés sous forme de "brochette qui parle" (morceau par morceau et avec les petits partis dans le rôle des poivrons ou des bouts de gras intercalaires) conduit à une impression de confusion et d'alternance des idées, comme des voix, ce qui produit systématiquement un message unitaire. Personne n'est d'accord donc tout le monde l'est. Le journaliste, oeil vitreux sur le chrono, se fout de ce que disent les invités, neutralise les relances, empêche les dialogues (à qui attribuer le temps de parole dans ce cas ?). Dans ces enchaînements, illustrés encore lundi par l'émission de France 3 animée par Audrey Pulvar, ce sont de fait les beaux parleurs ou les tribuns qui s'en tirent mais en aucune façon le téléspectateur qui voulait y voir plus clair. Le journaliste pêche par son dispositif médiatique qui limite tout exposé à moins de 25 secondes. Le FN parle plus que l'UDF qui parle plus que la LCR qui parle plus que les Verts qui parlent moins que l'UDF et le PS. Mais personne ne répond.
Le journalisme, dans ce cadre, ne vaut guère plus qu'un présentateur météo qui a au moins le mérite de se mouiller personnellement en prenant à son compte les prévisions d'autrui. Son objectivité sanctifiée le rend impuissant, idiot et, de fait, complice d'un complot qui n'existe pas.

 




Ségolène Royal débat avec Nicolas Sarkozy

Posté par Easywriter le 16.01.07 à 13:54 | tags : dailymotion, débat télévisé, royal, sarkozy


1993 : Aux élections législatives, le parti socialiste essuie un cuisant revers et ne conserve (de mémoire) que 69 députés à l'Assemblée Nationale. Le mitterrandisme est à l'agonie, le RPR concentre tous lespouvoirs quasiment à tous les échelons du pays. Deux jeunes politiciens pleins d'avenir sont invités à débattre le dimanche soir sur un plateau TV.



Nicolas Sarkozy calme et tranquille

Posté par Easywriter le 11.12.06 à 16:10 | tags : débat télévisé, présidentielles 2007, sarkozy






Nicolas Sarkozy parlant d'une voix posée, prévenant à l'égard de ses contradicteurs et opposants sur le plateau de Ripostes. Zen également face à Serge Moati, ce qui est plus facile vu la complaisance aussi nouvelle que pénible que celui-ci a envers ses interlocuteurs. Le candidat UMP a ménagé son adversaire socialiste, expliquant que Segolene Royal avait du lutter au sein de son propre camp. "Quelqu'un qui a réussi à franchir toutes ces embûches que lui ont mis ses propres amis c'est certainement quelqu'un qui a des qualités".





Débat du PS : mettons un peu d'ambiance

Posté par Easywriter le 15.11.06 à 18:57 | tags : débat télévisé, fabius, ps, royal, strauss kahn
Oui oui, tout s'est bien passé, le débat a été relativement courtois et à part quelques "délitsmotion" (mais c'est peut-être un coup des Raeliens), les trois prétendants PS auront réussi à défendre leurs idées et vanter le programme du PS. N'empêche il est temps de voter parce que ça les balles sifflent en ce moment :

Laurent Fabius
« J'ai malheureusement quelques doutes notamment dans des départements du Sud », « Si certains ont cette idée, qu'ils se ressaisissent ». A propos des magouilles électorales qu'il pressent dans la fédération de l'Hérault.
"Elle sera battue et archibattue par Sarkozy au second tour de la présidentielle". A votre avis de qui il parle ?


Dominique Strauss-Kahn
"On ne peut pas inventer des propos - or, c'est ce que fait Ségolène Royal pour l'occasion. Le véritable féminisme, celui pour lequel je me bats, c'est de ne juger personne à partir de son genre, mais chacun à partir des solutions qu'il apporte pour son pays. A propos des accusations du clan Royal concernant la vidéo Ségo et les profs.
"Quand on propose de filmer les Conseils des Ministres et de constituer des jurys populaires, on ne doit pas craindre la diffusion d'une vidéo, somme toute officielle, sur le Net".

"Il y a eu cinq semaines de campagne, il y a eu cinq corrections majeures" : carte scolaire, encadrement militaire des primo-délinquants, jurys citoyens, interdiction du nucléaire et temps de travail des enseignants. "Cinq semaines, cinq rectifications. Or, il y a 25 semaines qui nous séparent du premier tour de la présidentielle..."

Ségolène Royal « Quand je suis allé plaider auprès du ministre de l'Industrie de l'époque, on m'a dit : Mais tout ça, ce sont des sujets de fille, c'est pas très important.» A propos des projets qu'elle tentait de mener quand elle était ministre de l'environnement et qu'à Bercy officiait un certain... DSK. Mais combien de fois la bêtise de décisions politiques a été rigidifiée parce que, dans cette conception un peu machiste de l'exercice du pouvoir, reculer c'est perdre sa virilité.

Le meilleur pour la fin : "Elle est incroyable cette Ségolène. C'est un danger pour le parti. Elle braque nos électeurs, elle divise nos partenaires". Et c'est signé...
Arnaud Montebourg mi-juin 2006, deux mois plus tard il fait de Ségolène la vedette de la fête de la Rose de Frangy-en-Bresse.



Débat du PS (3/3) : la totale






Une bonne vidéo vaut mieux qu'un long discours : l'Europe, l'environnement, le monde de demain...Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius lors de leur dernier grand oral tv.



Débat du PS : Désunion européenne

Posté par Easywriter le 08.11.06 à 11:46 | tags : débat télévisé, fabius, ps, royal, strauss kahn
On se doutait un peu que la question européenne serait la plus sensible lors du débat. L'échec du Traité Constitutionnel Européen (TCE) a été un lourd trauma dans la famille socialiste : le "oui" officiel fut accouché dans la douleur et connut le succès que l'on sait. Hier soir, seul Laurent Fabius pouvait être à l'aise puisqu'il avait voté "à l'unisson du peuple français".
L'ancien Premier Ministre a réclamé de l'Union Européenne, la prise en compte de la position française dans le cadre d'un nouveau traité européen qui permettrait de faire autre chose que l'Europe du libre-échange. C'est au nom du refus de cette dernière que Laurent Fabius a d'ailleurs plaidé pour la suspension de l'agrandissement, et ce, aux portes de la Turquie qui ne bénéficierait que d'un accord de partenariat privilégié. (A noter sur ce point que
Bruxelles devrait publier à la fin de la semaine un rapport sévère sur le régime d'Ankara).
Ségolène Royal avait déjà suscité quelques quolibets sur sa position attentiste concernant l'intégration du régime d'Ankara. Hier soir, elle a expliqué qu'un referendum donnerait la position de la France au moment voulu (dans dix ou quinze ans): une manière presque subliminale de dire que "ouiiste" lors du TCE, elle respectait la décision populaire et qu'elle n'était d'ailleurs là-dessus pas éloignée des Français. D'où hier soir, son choix d'une europhilie discrète.
Seul Dominique Strauss-Kahn a eu un discours expansionniste sur la construction européenne. "Nous devons exercer notre responsabilité sur la Méditerranée", a t-il indiqué, après avoir expliqué que la Turquie risquait de "basculer de l'autre côté". Cet autre côté étant composé notamment de l'Irak
et de l'Iran. Le risque de voir ce dernier s'équiper du nucléaire a également été abordé lors du débat. (voir la vidéo complète)




Débat du PS : Acte III (avec resumé des épisodes précédents)

Posté par Easywriter le 07.11.06 à 18:55 | tags : chirac, débat télévisé, fabius, ps, royal, sarkozy
Le dernier débat télévisé du PS pourrait bien être le plus intéressant et ce pour plusieurs raisons :
•Les questions environnementales dont on voit déjà qu'elles seront importantes dans la campagne à venir seront un des trois thèmes abordés.
•L'Europe aussi, sujet sensible sur lequel les candidats peuvent difficilement faire semblant de ne pas avoir de désaccord de fond : Laurent Fabius fut pour le "non" contrairement à Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal qui a pourtant pour porte-parole un noniste discret mais convaincu : Arnaud Montebourg. Le débat qui doit normalement privilégier les programmes et non l'actualité fera difficilement l'économie du problème Chevènement, autre noniste qui a a annoncé sa candidature parce que "depuis le 29 mai rien n'a changé".
•Plus largement, les prétendants devront donner leur position sur les questions internationales et les deux hommes devraient arguer de leur meilleure connaissance des rouages de l'action gouvernementale et de leur notoriété (petit jeu : comptez le nombre de personnalités internationales de premier plan que chacun citera). Mieux, Jacques Chirac vient, en tant qu'actuel chef des Armées, d'indiquer que le prochain Président ne devrait pas baisser les crédits alloués à la Défense qui engloutissent actuellement 12% des finances de l'Etat. Or la loi de programmation militaire (prévue en... 2007) définissant le montant de l'enveloppe pourrait revoir ce pourcentage à la baisse, notamment pour réduire le déficit de l'Etat. Même Nicolas Sarkozy n'exclut pas une telle possibilité et les candidats de gauche encore moins, évidemment.

Résumé des épisodes précédents :

commençons par présenter nos candidats avec la série un fauteuil pour trois (1,2,3), ensuite passons à l'acte I, qui comme chacun sait présente l'intrigue. (Bien sûr le personnage féminin est très important, observons le de près).
Un tel niveau de compétition est forcément générateur d'embrouilles , de discordes ( les 35 heures, les jurys populaires), comme dans toutes les vraies familles quoi..., mais qui remettra de l'ordre ?




Débat au PS : deuxième round

Posté par Gflu le 25.10.06 à 21:42 | tags : dailymotion, débat télévisé, fabius, présidentielles 2007, ps, royal, strauss kahn




Si comme moi vous avez loupé le débat d'hier soir, voici pour la séance de rattrapage. Pour la synthèse et le débat, direction le portrait de famille brossé avec tact par Easywriter.



Débat du PS : un acte II un peu plus houleux

Posté par DDA le 25.10.06 à 10:49 | tags : citation, débat télévisé, fabius, royal



"Le programme du PS ce n'est quand même pas
le petit Livre rouge !"



Ségolène Royal à Laurent Fabius hier soir qui laissait entendre que Dominique Strauss-Kahn et elle prenaient un peu trop de distance avec le projet du parti.
Oui oui, l'acte II du grand débat socialiste fut plus houleux que le premier. Tout au long de la journée, les quinze journalistes de la rédaction politique reviendront sur cette rencontre.




Débat du PS : les 35 h, unique sujet de désaccord

Posté par Easywriter le 18.10.06 à 13:45 | tags : 35 heures, aubry, débat télévisé, economie, fabius, jospin, ps, royal, strauss kahn
Huit ans après leur application par le gouvernement Jospin, la réduction du temps de travail reste un léger trauma pour les socialistes. Laurent Fabius fut pourtant hier soir celui qui a le plus fait honneur au passé (et au courage de Lionel Jospin et Martine Aubry), expliquant qu'il généraliserait le processus parce qu'il n'y a pas de raison que tous les Français n'en profitent pas.
Justement tous n'en profitent pas a expliqué pour sa part Ségolène Royal qui avait déjà assez vertement critiqué le dispositif de la loi Aubry et rappelé que pour certains salariés cela s'était traduit par plus de flexibilité au détriment de la vie personnelle et une hausse des cadences. "Il faut avoir une exigence de vérité et d'efficacité" a-t-elle précisé. Dominique Strauss-Kahn a lui été plus allusif, ne voulant pas parler du passé. A peine a t-il indiqué que les meilleurs taux de croissance de ces dernières années avaient été obtenus juste après l'application de ce dispositif.



Grand débat du PS : Acte I : les fondamentaux

Posté par DDA le 17.10.06 à 23:23 | tags : débat télévisé, fabius, présidentielles 2007, ps, royal


N'importe quel tâcheron de fond de la classe le sait : avant un grand examen, il faut bien maîtriser ses bases. En propos liminaire de ce grand débat qui n'en fut pas un, chacun des aspirants socialistes a donc martelé ses fondamentaux.

Ségolène Royal
a donc entériné sa position de provinciale au grand coeur, oeuvrant à un ordre juste (et en évitant le mal connoté ordre nouveau) qui n'oublierait personne : et surtout pas, comme on le comprend plus tard la France rurale - un de ses gros potentiels électoraux - cette France des Régions où l'on trouve les petits retraités qui rament, mais aussi le potentiel d'innovation économique de demain, et même la possibilité de relever les défis environnementaux. Ces trois points ont d'ailleurs été au coeur des trois interventions.

Dominique Strauss-Kahn ne les a donc pas négligés mais a surtout répété régulièrement le concept de social-démocratie (le premier étant l'objectif, le second la méthode) basée sur la négociation et non la loi directive. Pour élargir son costume (étroit pour un Président) de super premier ministre, il a un peu plus insisté sur les valeurs et notamment celle de la confiance qu'il convient de restaurer.

Laurent Fabius lui a clairement affirmé un choix interventionniste (renationalisation de l'EDF, généralisation des 35 heures) et très à gauche ( la nécessaire augmentation du SMIC et la maitrise du capitalisme financier générateur d'inégalités).

Concernant la possibilité de voir polémiquer entre eux les candidats on repassera : A la fin des deux heures de débat, à peine Laurent Fabius a t-il consenti à juger ses compétiteurs un peu flous et Dominique Strauss-Kahn à les prévenir d'éviter de promettre ce qu'ils ne pourraient tenir. Ségolène Royal a, quant à elle botté en touche en réaffirmant vouloir incarner "un désir d'avenir".
Toute la journée revue de détails des points communs et différences des trois candidats sur le blog politique de Flu.



Le débat des éléphants (suite)



Ségolène Royal et ses portes-flingues ont dû faire des compromis. Non seulement elle va "s'assujettir" au "débat" - explication pour les guillemets - de ce soir, premier des trois grands oraux télévisés pour les trois candidats à l'investiture socialiste, mais il sera aussi retransmis sur LCI.
Royal avait refusé dans un premier temps, comme elle avait refusé que ce soit retransmis par France 2. Bravo ! Résultat, c'est LCI - donc TF1 - qui récupère encore le biscuit.
Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, en embuscade, doivent se réjouir de cette décision, tout ce qui ennuie Ségo est bon à prendre. N'y a-t-il pas une terrible prétention de la part des deux mammouths à croire que la multiplication des débats et leur large médiatisation ne peut que nuire à Royal ? N'est-ce pas également multiplier leurs chances à eux de se planter ?
Remarquez pour l'instant, les deux hommes ont moins à perdre que la troisième : au pire, ils s'enfoncent un peu plus l'épine qui leur chatouille le pied.
Réponse ce soir à 20h30.



Les débats des éléphant(e)s en direct sur petit écran



La chaîne Parlementaire et Public Sénat retransmettront en direct les trois débats entre les trois candidats à la candidature socialiste les 17, 24 octobre et 7 novembre prochains. Problème : les règles du jeu.
Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius seront interrogés tour à tour par un journaliste de chacune des deux chaînes parlementaires sur trois grands thèmes : les questions économiques et sociales, les sujets de société, d'environnement et de démocratie, et les questions européennes et internationales. Et ce pendant 1h40.
Les trois "Iznogoud" se sont engagés à apparaître ensemble, debout devant un pupitre. (Et à ne pas se taper sur la gueule ?)
En fait de débat donc, ce sera plutôt un exercice de style pour chaque candidat, chacun son tour, sur des questions connues et préparées d'avance. L'occasion de nous servir des discours formatés, travaillés et retravaillés par les conseillers, donc des réponses fraiches et franches, bien sûr...
Pas tout à fait ce qu'on aurait pu espérer pour voir ce que valait chacun, sachant que le débat entre les candidats droite/gauche, une fois choisis, sera pour le coup vraiment un débat et non un grand oral de Sciences-Po. Et à ce petit jeu là, le candidat PS devrait pourtant s'entraîner sérieusement s'il veut espérer en placer une face à celui de l'UMP.





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