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Chaque semaine, le chroniqueur David Dufresne (davduf.net) prend un bol d'air sur le blog des militants, Partis de campagne.

Ensemble, tout devient vieux

Posté par David Dufresne le 03.05.07 à 18:43 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007
C’est la dernière. Jean-Marc est à Charletty ; Pierre à l’Elysée ; Bruno à l’Assemblée. Le Vert est rose. La France est droite. L’UDF est trés députable. C’est la dernière, et l’on ne sait plus très bien. Ce qui s’est passé. Ce qu’on n’a pas fait. Ce qu’on n’a pas osé. Quentin l’attaquant, Quentin le militant anti-Sarko, se défend. Ça sent la fin, et le sapin ; le caporal Le Pen est kaputt et le PC agonise. Marie-Adelaïde et Adrien? Tombés dans l’oubli du Militant inconnu, un soir de 22 avril.

Ça sent la fin, et les marchandages. Séguéla, la farce tranquille, rallie Sarko (Jean Marc, bingo : « Ah, il y en a un qui m’a définitivement convaincu de t’apporter mon bulletin dimanche. C’est Séguéla. Il va voter sarkozy. C’est quand même un signe, ça. »). Sur la plateau de TF2, hier soir : PPDA et Chabot, tout miel, sans fiel, assuraient leurs arrières marchandes. Cinq ans de gagné, disaient leurs yeux ron-ronds; et pas un mot de trop dans leurs phrases creuses. Chronomètre. Compte à rebours. Tic-tac. Ensemble, tout devient vieux. Et le petit Nicolas qui les regardait, les regardait, comme un désolé écolier. Oral du bac, la France en poche. Sa campagne électorale, c'est Mai 68 : on la lui donne, comme on fila le Bac à tous cette année là.

Ça sent la fin de campagne, et merci Fluctuat. C’est la dernière, et l’on ne sait vraiment plus rien. Sur ce qui s’est passé. Sur ce qui va se passer. A droite dure toute, donc ? Courage, mixons. Merci Fluctuat. Le Phalanstère ferme. La France se ferme. Yves, Bruno, Marie-Adelaïde, Jean-Marc, Pierre, Quentin, Adrien vont partir. Le familistère se vide. Vendre sa carte ou rendre son âme ? Le choix d’une vie.

On continue.
Forcément.



Undelivered Militant Mail Returned to Sender

Posté par David Dufresne le 19.04.07 à 19:42 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007

C’est la fin, ou presque. La fin de partie. La fin de nos joutes fluctuantes postales. La fin de Partis de campagne.

Résumons. Deux héros, deux militants disciplinés parmi les plus bordéliques des orgas: Yves (LCR) et Jean-Marc (Verts). N’ont jamais loupé une semaine, ces deux là. Ni révolution (numérique), ni pacte (d’électrons libres et recyclés), mais quelque chose comme l’envie d’aller au bout.Quitte à se bouffer le clavier, faute d’adversaires clairs et présents.

Un troisième larron, très fidèle, très utile, Sarko Junior, el señor Pierre. Un Pierre qui lance des polémiques à la con, cette semaine encore, d’abord en prétextant dans son post que c’est la faute de «La gauche et du centre, à bout de souffle et très inquiets» que polémique il y a ; puis, dans un commentaire, qui trahit son cynisme : «Ah revoilà une bonne polémique ça me plaît».Mais, au moins, un Pierre toujours là, toujours en embuscade, toujours prêt à décocher le kärcher, à foutre la pression, quitte à s’éjecter lui-même de la raison (d’Etat). Et à se faire gauler son ordi. Digression: à voir, le film inédit «Sarkozy et moi».

Et puis les autres. Qui nous ont lâché, qui ont fléchi. Brutalement, comme Marie-Adelaïde (FN) ou Adrien (PC), parfaits soldats inconnus tombés au champ de bataille/champ politique. Ou plus mollement, plus PS mou façon Quentin, ou Droite mo-molle façon Bruno (UDF). Tous jeunes gens modems et modernes, zappeurs généralisés, la vie en CDD, le précariat intériorisé, demain est une autre parole, tous Undelivered Militant Mail Returned to Sender. Ces dernières semaines, on pensait à eux. On s’interrogeait sur leurs défections. «Colocataires», comme disait la présentation, partis sans laisser d’adresse ni de signe de vie. On ne leur en veut pas. On pourrait même les comprendre : tous ces prénoms sans nom, toute cette modestie du militant qui finit par exploser devant, celle, feinte, mensongère, des Nicolas, Ségolène, Jean-Marie, Olivier, Marie-Georges, François, José, tous ces candidats qui se voudraient copains-copains.

On aimerait juste savoir, avant de voter, d’où ça leur vient, à nos militants, leur politique de la chaise et du blog vides ? Savoir si, des fois, leur silence ne sifflerait pas bien plus que la simple fin de Partis de campagne, mais bien la fin même des partis politiques ?

On continue, hein.
Deux tours, sinon rien.

En bonus, le teaser du documentaire " Sarko et Moi " disponible sur Dailymotion.

 







To post (or not to post)

Posté par David Dufresne le 12.04.07 à 15:32 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007
Les sondages mentent. Les sondages trompent. Les sondages truquent, corrigent, redressent.Les sondages sont hors d’âge.Ils chipotent pour des virgules, pipeautent pour des dizièmes alors que l’heure est grave, proche, l’heure est à la démesure.

Ce mercredi, Le Canard Enchaîné titre magistralement : «99,87% des indécis hésitent encore». Et nous, pauvres de nous, comme les posteurs HL ou Mat, on vient ici en béquilles électorales, en internetoxicos (1) de la bonne parole militante, on vient chercher une autre voie, d’autres voix, et puis, plus rien, à nouveau. Les sondages mentent. Ce ne sont pas les électeurs qui sont à l’ouest. L’institut politique.fluctuat.net est en mesure de l’affirmer : ce sont les militants eux mêmes qui sont indécis.

Sinon, comment expliquer tous ces silences, ces défections, ce vide? Il est où, Pierrot ? Terrassé par les rumeurs sur son leader Sarko et validées en quelque sorte par Schneidermann lui-même ? Il est où, Adrien le coco, au Musée Grévin du PC DCD et des Grandes Grèves belles et passées ? Et Marie-Adelaïde, encore hilare après le grand tour de circus du Le Pen à Argenteuil et des caméras en rond d’oignons ? Et Quentin, le royaliste, il est où ? Et Bruno ? Les deux comploteraient-ils déjà une sainte alliance anti-Sarko qui ne viendra assurément pas ?

Bien sûr, cette semaine, il y a eu dans Partis de campagne la joute postale entre Jean-Marc et Yves, entre les frères amis de manifs, le drapeau rouge et le vert, mais ça sent le réchauffé de salles de meetings, leur truc. Jean-Marc, lucide, en convient d’ailleurs : « On nous annonce, pour les uns, la dislocation en cas de défaite à la présidentielle : serions-nous à la veille de la mise en bière d’une SFIO finissante en rupture avec les catégories moyennes et populaires ? ».

Voilà ce que c’est de brouiller les cartes : à force, il n’y a plus de fond de jeu. Voilà ce que c’est la Présidentielle 2007 : des militants qui explosent en plein vol (politique) parce que l’idée même de militance s’est dérobée. Il n’y a pas d’idées, que des indices. Aucun désir réel, fut-il d’avenir ; il n’y a rien que du flou. L’indécision triomphe. Comme si ne pas choisir était le seul choix qui restait.


(1) L’internetoxico : virus apparu en Occident, au milieu des années 90. Terriblement dangereuse, cette contagion peut conduire au suicide social. Touche désormais tous les continents et toutes les couches de la population, enfants compris. Se contracte définitivement par l’acquis, contrairement à ce que croit le Professeur Sarko.



La course ou le sprint ?

Posté par David Dufresne le 05.04.07 à 11:13 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007

(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 7.

La semaine dernière, nos militants étaient loin. Ils étaient absents. Silencieux. En un mot : ils étaient mous. Coup de barre à droite pour Sarko, coup de barre à gauche ( ?) pour Ségo, et pendant ce temps là, donc, coup de barre tout court pour eux. Et soudain, ça s’excite à nouveau. Mieux que ça : en filigrane, il est souvent question de vitesse. Entre nous, les gars (et la fille) : il était temps. Ce n'est plus une course à la présidentielle. C'est le sprint final. Groupons nous, et demain, etc.

Bien sûr, il y a cette histoire de TGV. Pierre est monté dedans comme d’autres ont descendu des vitrines Gare du Nord. Furtivement, furieusement, foutrement vite et bien. C’est ce qui a de chouette, sincèrement, avec Pierre : il fait corps avec son Sarko, corps avec son mentor, il est authentique. En un sens, il est un jeune militant à l’ancienne, totalement (dé)voué à la réussite de son parti, et totalement voué, aussi, à son propre effacement. Mais, ça, Pierre, il ne le sait pas encore. Pierre, il vit dans le monde moderne. Il est double : à l’ancienne, et il est speed. Tout n’est plus que broyeuse et recyclage, rétromania et centrifugeuse. Pierre, c’est Sarko ; et Sarko c’est la politique caféine. C'est grâce à lui, dit il, «si aujourd’hui la campagne présidentielle intéresse tant de français, parce que l'énergie que donne Nicolas Sarkozy bouscule la vie politique, la fait exister. En cela, il est un leader.»

Cette phrase est un trait d’époque à elle seule. Elle est Sarkozyenne en diable. De la totale tautologie sous amphète. Vitesse et précipitation. Ivresse et désinformation. Ce qui compte, ce n’est plus seulement d’être partout : c’est d’y être avant les autres.

Comme le regrette le bayrouiste Bruno, qui voudrait bien passer la VIIème, ce qui importe c’est bien désormais de figurer en bonne place « dans le grand zapping de la campagne présidentielle». Le Vert Jean-Marc le dit autrement. Dans un lapsus , il dit «spots» pour parler de ses posts.

On en est là, en somme.

Spots. Hot Spot. Post. Potes. Poste partante. Des réseaux partout, du haut débit partout, de l’image partout, de la speederie en batterie. Comme si une seule chose comptait :

Courir pour la forme.
Couvrir le fond.

On continue, hein.




Pourparlers sans parole

Posté par David Dufresne le 30.03.07 à 11:09 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007

(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 6.

C’est une drôle d’impression, ces posts-ci. Une impression de trou d’air, d’espace-temps distendu. Ou mieux, ou pire : de campagne qui s’éclipserait en catimini, comme si être sur la en-ligne de départ aurait pu être le seul horizon valable…

Reprenons. Ils étaient sept ; ils ne sont maintenant plus que trois à faire vraiment turbiner nos machines (Jean-Marc, Yves, et Pierre : soit le vert, le ligué et le Sarkolâtre. A l’image de l’autre campagne, celle que l’on voudrait nous faire croire vraie. Ils étaient douze, ceux-là ; ils ne sont plus qu’une poignée — deux, trois ; à peine, à grand peine.
Partis de campagne, s’appelle ce blog. Mais partis où ? Voilà la question. Exemple : où est Adrien, le coco qui nous disait « attaquer première campagne présidentielle avec beaucoup d’espoir » ? Oublié de nous. Perdu dans le 404 URL Buffet Not Found. Adrien, au fond, il est comme son parti, le Parti: en voie d’extinction. Ça espoire, un coup ; ça attaque deux coups ; et puis ça tombera, un drapeau rouge comme seul linceul. Tu parles d’un dernier (premier) tour de piste…

Et Marie-Adelaïde, la frontiste, elle est où ? Une lectrice, Mikado, demandait mardi, à 12h42: «qu’est-elle devenue ?». On s’interroge, en effet. Qu’est-elle devenue notre marinette midinette lepenette qui se la jouait « facho, … mais sympa » (l’oxymore le plus glaçant jamais écrit ici et qui, en inversé, donnerait encore mieux : « sympa mais facho ». Impossible, impossible). Elle fait comme le Grand Père de Saint Cloud : elle attend. Elle passe le temps. Marie-Adelaïde attend. Marie-Adelaïde attend. Et nous, on attend quoi ? On dirait la grève.

Quant à Quentin, c’est service militant, service minimum. L’étendard PS, ici bas, flotte mal. Ou plutôt, si : il ne fait que ça, flotter. Voilà, comme chez Ségo, ça flotte. Fallait pas nous emmerder avec vos drapeaux d’arrière-cuisine.
Et puis, y a Bruno. Evaporé, lui aussi. Pffouiiii. Kaïser Soze. Trois fois rien foutu, cette semaine. 404 Sondages Not Found, ou quoi ? Balayé/Barouyé, le ni ni ? Refus du choc bloggeurs/gueux du Net, de la confrontation postale, du sparring-partner, comme dit Antoine, mardi, 16h27?

Et si c’était autre chose ? Si c’était nous, les grands fous, les assoiffés, les vissés à nos fauteuils en attendant que s’échappe de l’écran je ne sais quelle fumée? Et si c’était tout l’inverse : la grève du clic comme nouveau genre litteraire ? Le petit silence plus pertinent que le grand rouleau-chaos ? L’abstention/abstinence comme subversion fatale ?

« Le problème n'est plus de faire que les gens s'expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient enfin quelque chose à dire.»

Gilles Deleuze, «Pourparlers».

On continue, hein.




Qui rira, votera le dernier

Posté par David Dufresne le 22.03.07 à 15:33 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007

(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 6.

Cette semaine, on rit. Fort. Jaune. Cette semaine, Chirac apporte son soutient à Sarko et Pierre, notre militant de l’ombre de l’UMP, celui qui dort dans les sous-sols de la rue d’Enghein, si on a bien pigé, il comprend Chirac. Mercredi, Pierre ajoute : « Le soutien de Jacques Chirac (…) a d'autant plus de poids que c'est un homme d'expérience ».

On rit. Fort jaune. Et on feuillette le Libé du jour. Déclaration (sans date) présidentielle (mais avec poids, donc): « Sarkozy, il faut lui marcher dessus du pied gauche, ça porte bonheur. » Pierrot, franchement, ce matin, on aimerait bien être avec toi dans la cave de ton QG, histoire de sentir un peu l’ambiance maquis. Tu racontes ?

L’humour, le truc de la semaine. Mardi, Jean-Marc, le Verts (à qui il ne reste plus que ça, sans doute, vu le patinevoynement actuel), nous propose un film muet, du Charlot génétique en plein Paris modifié : l’assaut du dortoir sarkozien par Greenpeace. Puis, dans la foulée, il pose la question du moment- à propos d’un clip parodique: « A quand des réalisateurs qui sauront être les témoins de leur temps, hein? A quand? ».
Jean-Marc a raison. La parodie est devenue le fast-food du comique. Y a plus que ça, à tous les coins de rue et de journaux. C’est pas cher, c’est débité en tranches, à 20h, au 13h, c’est mou, ça se mange sans faim, ça rit sans entrain, et du pied gauche ça porte rieur. Un commentateur résume bien l’affaire. Il parle de "mauvais sketch bourgeois télé blaireau 2.0".
La campagne deuzéro elle-même semble devenir une parodie, à laquelle personne ne croirait vraiment. Elle est les Guignols et PPDA à la fois. Entre le rien et le trois fois rien.Entre le Ministère de la Dérision et du Braconnier électoral. Heureusement, Jean-Marc, en cherchant bien, tu trouveras ça.

Dans Partis de campagne, on a eu droit à également cette semaine au comique de répétition à propos du tractage sur le marché Richard Lenoir à Paris. C’est clochemerle en fibre optique, cette affaire. C’est même notre affaire dans l’affaire. La plus amusante du lot. Résumons : il existe un petit carré au cœur de Paris où la moitié de nos blogeurs tractent chaque semaine.

Au milieu, de méchants anars font leur travail : ils embêtent la droite. Bien. Cette semaine, le feuilleton a viré soap-opera à propos de colleurs d’affiches professionnels que l’UMP, selon notre Vert Jean-Marc, paierait pour faire le boulot ; ce à quoi Pierre l’UMP répond que c’est du côté de l’UDF de Bruno qu’il faudrait voir, lequel bénéficie du soutien soudain d’un mystérieux Yom (section UDF-Yonne) qui renvoie sur le PS de Quentin d’une formule : « les affiches des législatives du PS font un peu 3615 Oula, vu qu'il n'y a pas de texte dessus...».

On rit. Fortissimo. Jaunâtrissimo. Jusqu’à ce qu’arrive la dernière réplique en date, jamais culte, déjà grave, inconsciente, belle comme une autodérision involontaire. Il s’agit d’un pluriel maladroit quand un singulier aurait suffit. La phrase est signée Pierre : « tu parles de molosses qu'on paierait aux blacks pour coller des affiches ». Aux blacks/Au black.Entre le Ministère de la Dérision et du Braconnier électoral, c’est bien ça.

On continue, hein.




Politique pogo

Posté par David Dufresne le 15.03.07 à 14:59 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007
Dans le rock, on appelle ça faire le roadie. Faire la route, et porter les amplis. Une vie de chien fou ; exténuante, délicieuse. En politique, c’est la même. Faire la route et colporter la bonne parole. Faire la route et déporter les déroutes à venir. Dans le genre, Jean-Marc s’est démené. Mardi, il était dans le Dunkerquois, «au coeur du poumon industriel de la région» comme il dit étrangement (quel sens ça a, le «poumon industriel», pour un Vert ?). Et si c’était ça, au fond, être sur la route : être comme sur un «dernier rempart au zapping télévisuel» ? Ah, joie des groupies militantes et allégresse des chants politiques ! De la foule et du pogo politique ! De la houle et du micro ! Voir à ce propos la fin de la vidéo de 1974 proposée par ses soins. Ça se passe à Lyon, au Palais des Sports, des chevelus guitarent des chants de révolte paysanne. C’est noir, c’est blanc, c’est con, c’est beau.

L’autre grand routier/jeune routard, c’est Yves, parti à la pé-pêche aux si-signatures comme «la plupart des militant-e-s de la LCR sont sur les routes quasiment tous les jours». Et de nous parler des meetings comme d’une tournée à guichet fermé, «on est obligés de refuser du monde faute de place», avec, en point d’orgue et poing levé, dimanche, du «militantisme musical pour se reposer, avec un concert de soutien». Rock. Politique. A la Ligue, ça a toujours été une tradition, les concerts. Une combine. Rock against fascism, avant. Un cheval de Troie. Un attrape-jeunes. Rap against sarkozysme, maintenant.

Même Marie-Adélaïde s’y met, de retour de son Ski Tour 2007. Elle est amusante, la frontiste. Elle fait très présidente de fan-club. Mercredi, elle nous refourgue un vieux tube, «Signatures, la fin d'un calvaire!», dans une version non remasterisée. Elle y croit, elle en vend par parquet de cent (535, exactement). Le refrain fait : « le Front National, n'ayant jamais participé à ce système / tème / tème / tème» alors que c’est évidemment tout l’inverse. Depuis vingt ans, toute l’industrie du disque et de la politique tourne autour de lui. Le Pen, valeur tango et sûre du Vieux Top 50 et de la Vieille Taupe.

Quant à Sarko, dimanche, il sera au Zénith «avenue Jean Jaurès», précise le carton…). C’est Pierrot qui nous invite à «un grand meeting pour les jeunes. Des artistes et DJ (on annonce Martin Solveig) chaufferont le Zénith (…) Une bonne occasion de mêler le sérieux de la politique et la ferveur de la grande fête qu'est une campagne électorale.». Voilà où on en est, les amis. DJ Sarko & MC Police aiment les d’jeuns. On se pince. Et si elle se nichait {aussi} là, la Grande Confusion du moment ? La politique comme un mix, un fourre-tout, un gigantesque sampler, du Jaurès / identiténationale / Lafrancetulaimesoutulaquittes / ordrejuste / Jevousaimecommej’aimelafrance / justedel’ordre. La politique qui fuse, qui confuse, qui s’épuise, la politique qui puise à droite à gauche, deux partout – la balle Bayrou au centre. Grande confusion comme l’on dit Rock Fusion.

On continue, hein.

 




Geste commercial

Posté par David Dufresne le 08.03.07 à 16:30 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007
(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 4.

Cette semaine, ça cause fric. Cette semaine, c’est encore Pierre qui fout le feu aux poudres trolliennes. Pierre, c’est notre sarkozyste. Un post bien provo par semaine pour lui ; une apparition bien télé pour l’autre, et le tour est joué. Cette semaine, Pierre l’@bbé fait la manche : "Tout devient possible... mais rien n'est gratuit" dit-il. Et de nous inciter à filer quelques ronds pour que son spammeur de candidat puisse arroser la France de mails. On rêve. Flopée de réactions.

 

Surtout qu’il se décomplexe, Pierrot, comme on dit chezladroitedécomplexée. Il y va franco, dorénavant. C’est l’avantage des sûrs d’eux, ça : dire n’importe quoi.
Pierre écrit : «Les électeurs se comportent comme des consommateurs, pourquoi les politiques n'ont-ils pas le droit de se comporter pleinement comme des entrepreneurs?». Chez certains Grecs, Pierrot, la démocratie était gratuite (et possible). Mieux que ça même : on y pouvait y être élu à la courte paille, on appellait ça la Stochocratie — garantie sans ruptures, je peux te l’assurer...

Mais bon, divaguons: la politique, tout plein d’entreprises ? Un Grand Marché, ouvert le dimanche, jour de vote, où les réglements de compte se feraient après le bilan (premier tour, deuxième tour, et tour de con) ? «Les électeurs se comportent comme des consommateurs», ça voudrait dire quoi, au juste ? C’est important les mots. Ça tue, les mots. Dire par exemple : « je me battrai» pour que Le Pen ait ses signatures, c’est assez mortel. Limite dumping social, liquidation totale.

A part ça, y a Bruno. Bruno, c’est le Bayrou/bout en train de la bande. Samedi, il nous signale une drôle d’échoppe qui propose de drôles de t-shrirts «I Love Sarko». Et puis, il va comme son chef de magasin UDF relever les compteurs des bons sondages du jour. Renseignements emails pris (illustration faisant foi), les t-shirts officieux ne sont pas donnés. Comme dirait Pierre, c’est bien possible et gentil la politique, mais rien n’est gratuit (12€ la pièce). Moins cher tout de même que les t-shirts officiels de la boutique-sarkozy.com (à 15€ le bout).
Ça doit être ça, la politique marchande. Gare à la concurrence déloyale – Paypal – Royal.

Ségo, justement. Sur sa maison de Mougins, Fil, un commentateur, dit : « Enfin une capitaliste volontaire pour payer la solidarité (cheval de bataille des socialos !).... J'en pleure de joie». En écho rétroactif, Jean-Marc (Verts) avait senti le coup venir. Dans « La Droite Cofinoga», il lâcha la plus monétique phrase de la semaine comptable : «La République, c'est un peu un ménage qui reste digne alors que le patrimoine se barre en sucette».

Carte bancaire ou carte du parti ; Tricheur contre tricheuse, tout est là. Pas facile d’être commerçant-militant, en ce moment, je présume.

On continue, hein.



(Daily) Motion politique

Posté par David Dufresne le 02.03.07 à 12:49 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007

Chaque jeudi ( et exceptionnellement cette semaine vendredi), le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu. Episode 2.

Depuis la semaine dernière, c'est une phrase qui revient et qui rode sur cette Partis de campagne. Celle de Jean-Marc : « On dit que les politiciens sont des artistes ratés. Vous n'avez jamais rencontré un artiste?

La politique. L'art.
L'art et la politique.
L'art de la politique.
Et si c'était la question centrale qui traversait les posts et cette élection ? Comment plaire encore, séduire une fois de plus, toucher les @utres ? Spectacle partout, politis nulle part ! Debord superstar ! Guy Ernest teminale intégration ? Du sous-Libé, tiens...

Ou si seulement c'était l'urgence de la campagne qui se ferait (enfin) sentir ? Le trac d'avant scène ? La main sur le rideau qu'on va lever ? L'art de la politique... Et nos sept e-militants, comme des fans ou des roadies ; des porte-amplis ou des porte-voix ; en prime-time ou en grand show - c'est selon ; de plus en plus fébriles, excités, peut-être même libres, qui se laissent aller, enfin. En tournée française poudreuse/foireuse ou en happenings happy-hour (Quentin et ses opérations anti-sarko ; Jean-Yves en colleur d'affiches pirates avec Besancenot). Ou Adrien, les posts rares et la gueule d'ange punk (Adrien ? Punk ? Un fils caché ?)

C'est Bruno, qui s'interroge sur cette «comédie médiatique» - mais comédie quand même. C'est Yves, l'intermittent du cinéma documentaire, qui dézingue les superproductions hollywoosarkoziennes. C'est Jean-Marc, l'habitué des empoignades internes aux Verts, qui nous refile du Rocky.

Ou c'est Quentin et Pierre , qui tractent sur un marché, tels deux hip-hoppers en plein street-marketing vantant les mérites du Nouveau Programme Déjà Dans les Bacs.
Et même la petite chienne, l'adorée littérature, qui se camoufle ici ou là. Vivement les joutes à sept ! Les bastons Haut-débit ! Les face-à-face en troll-party ! Jean-Marc fait du Boileau sans nous le dire et Marie-Adelaïde cite Rivarol sans nous (re)dire le sale petit monarchiste qu'il était, l'Antoine.

C'est un peu, tout ça, Partis de campagne en ce moment. De la politique, fille de la Fnac et de la Live-Box. De la fiction et des frictions. De l'art zappé et du direct serré. Du clip et de la (daily) motion politique. Du jemevoyaisenhautdelafficheetdessondages.com et de l'innocence. C'est le tour de chauffe, le tour de chant : c'est touchant. Mais ça ne résoud pas le problème : l'art de la politique en 2007, c'est qui ? c'est quoi ? c'est comment ? c'est Net, ou pas ?

Salut les artistes.

On continue, hein.




Au bout de dix gagnant-gagnant, je gagne quoi ?

Posté par David Dufresne le 22.02.07 à 12:44 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007
(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 2.
Bien sûr, cette semaine, il y a eu le machin sur TF1. Le machin qui fait zap-zap sondage et chamboule-tout… Tous dans le panneau, tous dans le panel, etc. Jusqu’ici, l’irruption de la télé-royalité a perturbé les troupes.
Prenons Quentin. Voilà que depuis lundi le jeune PoliSson se tend au fil des posts et, merdum, ça fait du bien. D’elle, il dit: " Elle rassure là où Sarkozy fait peur". Bien vu. Mais… si c’était l’inverse, mon vieux, qui craignait ? Quand elle fait peur, là où il assure ?
Et si la peur, c’était comme pour le foot avec les Allemands, c’est toujours Sarko qui gagne à la fin ?
"Gagnant-gagnant", c’était d’ailleurs sa grande trouvaille, à la Ségo (qui a tout à perdre). Voilà pourquoi Pierrot semble tout retourné. "Gagnant-gagnant", c’est un truc de son cUmp, normalement. Alors, tout de suite, les grands mots : " Le socialisme est-il mort ou est-ce une simple agonie ?" demande-t-il. Pierre, on n’en est plus là... Regarde un peu… c’est ton mentor lui-même qui détrousse les cadavres — Blum et Jaurès. Enterrement sans classe. Perdu-perdu. Laisse tomber.
Et Bruno, le soutien du gagneur-gagneur du moment (Bayrou is back, dit-on ; 16% dans les sondages à venir, dévoiles-tu !)… Perturbé, lui aussi. On attend toujours le billet sur ses "tribulations en province", promis mardi (via un commentaire @ 17 H 05 — sans nouvelle depuis). C’est quoi ces choses qui bougent, ces regards qui changent, ces " putain que c’est bon " ? Une idylle avec une ségolèniste peut-être ? Un Cohn-Bendiste ? Ou, carrément gagnant-super-gagnant, avec une panéliste de TF1 ? Dis nous, Bruno…

Et Jean-Marc, le les-Verts, qui joue à fond, qui poste à mort, qui y croit toujours, quand bien même les têtes à claques du plateau de F3 Ile de France, ça n’a pas le clinquant d’une vitrine Bouygues. Ça viendra, va. En attendant, c’est perdant-perdant, on dirait : « Mes amis me demandent souvent si la politique ne "va pas me rendre dingue". "On dit que les politiciens sont des artistes ratés. Vous n'avez jamais rencontré un artiste ?"
Et puis, et puis, il y a celle qui s’en cogne. Celle qui sait que son candidat engrange, gagnant-gagnant-gagnant-rageant : le vieux crooner raté sans voix et sans façon, pour parler comme Jean-Marc ; celui-là même qui s’était fait applaudir en direct, au même pupitre que la Ségo, une semaine plus tôt, sans que personne n’y trouve à redire, parce qu’ainsi est devenue la France… Avant de partir en classe de (blancs comme…) neige avec les petits fron-frontistes, Marie-Adelaïde a ces mots pour nous annoncer le grand raôut de son parti : "Jean-Marie Le Pen y exposera son programme en détail". En détail - vraiment ? Comme le 11 septembre ? Comme les chambres à gaz ?
Tenez bon, amis muppets. Explosons tout ça.

On continue, hein.

Illustration : un soir de février 2007, en regardant Ségolène Royal sur TF1.




Et le collectif derrière l’e-militant...

Posté par David Dufresne le 15.02.07 à 15:00 | tags : débat d'ip, e-campagne, présidentielles 2007

(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu).

Les regarder sur le côté, à leur côté. Les observer militer, les uns, les autres. Les scruter comme un genre hybride, mi-militants à l’ancienne, mi-soldats neufs d’une netosphère hypothétique et bancale. Encore LCR ils sont, encore FN, toujours Verts, encore UMP, encore UDF, encore PC, encore PS – {pas encore} RSS. Dommage. On voudrait tant voir tout ce fratras voler en éclats – juste une fois, pour voir. Voir ce que ça pourrait donner (?) cette impossible Politique 2.0...
Et tant mieux, aussi, si ils sont comme ça. On veut du regard, des amertumes ; pas des écrans glacés ni des souris avec fil à la patte et carte-du-parti-dans-le-clic-droit.
Les lire en hyper-regard, comme l’on dit hyper-texte. En espérant tout de même que l’hyper-langue de bois dégage au plus tôt (sera le mieux). Les lire sans rien leur dire, directement. Laisser agir, laisser venir : ils sont militants après tout. Qu’ils bossent. Qu’ils agit-prop.
Et puis, déjà, déceler quelques travers, quelques obsessions, de belles manies. Des trucs qui trahissent l’individu derrière le collectif.
Et le collectif derrière l’e-militant.
Prenons Pierre. Pierre, le gars sympa de l’UMP. Sans doute le plus croyant du lot avec sa façon de convoquer Nicolas le Père Patrie à tout bout de champ. Devrait faire attention. Il va se retrouver magasinier rue d’Enghein, pour filer la métaphore de la semaine, puisée dans le {Canard Enchaîné}. C’est un proche de Sarko qui cause : « Nicolas, ce n’est plus un candidat, c’est un chargé de clientèle». Devraient faire attention à l’UMP. Trop de certitudes, trop de sondages tuent avant l’âge.
Manie, aussi, chez Marie-FN-Adelaide, à parler et penser (cu-)cul un
post sur deux ou presque. J’avais jamais songé à pareille aventure. On en parle comment, de ça, chez eux? Comme ça?
D’un triste.
Et Bruno, le Bayrou du coin. Toujours à causer médias A causer TF1. A croire comme St François des Médias Libres et de la Duperie que ça suffirait à not’ bonheur d’électeur.
Et Adrien, la faucille dans la main gauche, le marteau dans l’alignement, et l’enclume PS, au milieu à chaque fois, alors qu’on sait tous que viendra le moment où la forgeronne Buffet viendra y taper quelques sièges législatifs.
Ou Quentin, le socialo qui voit du Sarko partout qui lui même voit du socialo partout et que tout ça nous mène chez les flics, et que c’est pas drôle.
Ou Yves, de la Ligue Chiffrée Révolutionnaire, flanqué de Jean-Marc, des Verts, chez qui la vie politique se déclinerait souvent comme une succession de joyeux bilans et de listes gaies comme du Jean-Pierre Gaillard qui prendrait le métro
Et le collectif derrière l’e-militant, c’est bien ça.
Amis,
On continue le combat,
Hein.






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