Fil d'actu : candidats  Toute l'actu des prétendants aux postes clés.
Les escarmouches à l'encontre de Françoise de Panafieu, candidate UMP à la mairie de Paris, vont aller crescendo dans les semaines à venir. Et ces attaques viennent exclusivement de son camp. Aujourd'hui dans Le Parisien, c'est Bernard Debré qui demande à ce qu'elle retire sa candidature à son profit (personne ne rit). Il y a quelques semaines on évoquait l'éventualité d'une candidature Jean-Louis Borloo, le numéro 2 du gouvernement excluant mollement "pour l'instant" une telle option. Dans les deux cas, l'idée est de fédérer les électorats de droite et du centre qui détiennent la clef du scrutin. Comme en toute chose, le monde entier est suspendu à l'arbitrage de Nicolas Sarkozy en la matière. Seul l'Elysée peut orchestrer le retrait de Panafieu, en l'indemnisant pourquoi pas par un maroquin ministériel. Mais pouquoi vouloir congédier une candidate aussi bien installée ?Car depuis qu'elle a gagné les primaires en février 2006, la députée de la 16ème circonscription est en gros jugée totalement inapte à battre Bertrand Delanoë. Ce que les chiffres démentent pourtant assez vigoureusement : François de Panafieu a largement remporté les primaires, obtenant 40 % des suffrages à elle seule, soit un score équivalent au cumul de ses challengers Claude Goasguen (23,43%) et Pierre Lellouche (18,95 %). Les législatives ont montré que sa popularité ne s'arrêtait pas aux limites de son camp puisqu'elle a été réélue sans problème avec 64 % des voix dès le premier tour.
Ses adversaires pensent que quel que soit son succès actuel, elle sera au mieux la mieux placée pour perdre et n'a pas le potentiel pour remporter la mairie. C'est ce qu'on pourrait appeler le syndrome Ségolène Royal et qui n'a pas fini de handicaper les femmes en politique. Oui vous pouvez être populaire, plus que nous tous (les hommes), mais ces adhésions relèvent de l'impulsif et sont donc précaires. Le royaume de l'émotionnel a des frontières qui le séparent du premier tour où vous prendrez une toise qu'avec recul n'importe qui était capable de prévoir. Forts de cette belle théorie, des types aussi populaires qu'un virus hivernal se croient autorisés aux attaques les plus basses et promis aux sommets qu'ils n'atteindraient même pas en rêve. Aux Etats-Unis, les Républicains se demandent en ce moment si une candidature démocrate de Hillary Clinton n'est pas au fond la meilleur nouvelle qui soit. Tous les hommes qui ne sont pas obnubilés par la conservation du pouvoir (et dont nous sommes) sont tristes.

On vous parlait la semaine dernière des sommes investies dans la campagne présidentielle, penchons nous aujourd'hui sur ce qu'ont pu rapporter les législatives. Car nous ne lassons pas cher lecteur d'effectuer cet exigeant travail de pédagogie qui a pour but de faire renaître la conscience civique chez les trentenaires névrosés qui squattent ici plus que de raison. Le financement public des partis à l'issue des élections comporte plusieurs critères. Chaque député élu rapporte 45 000 € par an durant toute la législature. Chaque voix récolté par un candidat rapporte en outre 1,63 €, mais attention, ce financement est corrélé à un paramètre : qu'au moins 50 candidats du parti aient totalisé 1 % des voix dans leur circonscription. Ce dispositif permet d'éviter (un peu) les chasseurs de deniers publics qui présenteraient, par exemple, leur femme ou leur chauffeur, ou leur cousin... Ben oui, du coup la maison Leroy/Morin a des soucis : seuls 43 députés sur les 80 présentés ont récolté les 1 % obligatoires. Les autres étaient vraiment trop bidons pour éspérer ce score pourtant modeste. Du coup, et à moins que la commission nationale n'arbitre en leur faveur, l'essentiel du financement public leur échappera. Et c'est la bonne nouvelle du jour que d'apprendre qu'un minimum de représentativité est nécessaire, qu'on ne monte pas impunément un parti complètement bidon ou alors avec sa thune personnelle. L'UMP de son côté touchera 33 millions d'euros par an, soit 1,4 millions de plus qu'entre 2002 et 2007. L'augmentation s'explique par le fait que même avec une quarantaine de députés en moins, le parti du président a mieux respecté les exigences paritaires. Le Parti socialiste touchera 22 millions d'euros, soit de quoi sauver les meubles après une campagne présidentielle qui a coûté plus de 20 millions. A bientôt pour un nouveau décryptage.

Réponse : pas mal de fric. Et surtout le classement des budgets dans l'ordre décroissant donne le classement des candidats. Ainsi Nicolas Sarkozy est celui qui a dépensé le plus avec une campagne à 21 038 891 euros, suivi de près par Ségolène Royal avec 20 712 943. Si on garde la théorie de la proportion ça fait un peu plus de 300 000 € pour quatre points d'écart au final, cela va valait le coup rétrospectivement de mettre un peu plus de fric. La frénésie sondagière a plus sévèrement touché la candidate socialiste qui y a consacré 836 807 € ( 527 800 € pour Sarkozy). On trouve loin derrière eux François Bayrou, 9,746 millions tout de même et Jean-Marie Le Pen. Le ratio est bien meilleur pour le leader du Mouvement démocrate : 1,43 € par voix contre 2,52 € pour Le Pen.
Viennent ensuite Marie-George Buffet (4,822 millions, 6,82 euros par voix) ; Philippe de Villiers (3,098 millions, 3,78 euros par voix) ;Arlette Laguiller (2,115 millions, 4,33 euros par voix) ; Dominique Voynet (1,436 million, 2,49 euros par voix) ; José Bové (1,204 million, 2,49 euros par voix) ; Olivier Besancenot (918 330 euros, 0,61 euro par voix) ; Frédéric Nihous (844 280 euros, 2 euros par voix) et Gérard Schivardi (713 960 euros, 5,78 euros par voix). Si on inverse les positions de De Villiers et Besancenot on trouve quasiment l'ordre d'arrivée de la présidentielle. Dis moi combien tu claques, je te dirais combien tu vaux.

Parcourir les circonscriptions pour tenter de convaincre le populace, bouffer des kilomètres de saucisses arrosées de blanc angoissant, s'endormir sur une chaise en plastique en plein meeting à La-Rose-sur-Izou, téléphoner pendant des heures pour tenter des alliances chelous...une campagne électorale c'est chiant. Heureusement, Legislattacks propose des moyens autrement expéditifs pour emballer l'électeur hésitant. Gaffe quand même à ne pas vouloir bouffer à tous les rateliers. Legislattacks, un jeu powered by Fluctuat.net en partenariat avec le Centre national du développement du civisme et de la conscience politique. Je veux jouer !!!

On vous parlait il y a peu des chances raisonnables pour François Bayrou de conserver son siège de député dans les Pyrénées Atlantiques. Son bras droit Marielle de Sarnez aura en revanche fort à faire dans la onzième circonscription de Paris. Cette circonscription recouvre une bonne partie du quatorzième arrondissement. Pour nos lecteurs berrichons, le quatorzième arrondissement est un paisible village de classes moyennes supérieures où on peut élever ses enfants asthmatiques - la porte d'Orléans et son milliard de bagnoles c'est à côté...- sans risquer mourir dans une gun-fight, mais où on meurt en revanche souvent d'un ennui délicieux. Mais l'intérêt du quatorzième dépasse la dimension locale (ouf).
Yves Cochet - député sortant Vert soutenu par les socialistes, Nicole Guedj, éphémère Secrétaire d'Etat aux victimes et qui roule en tricycle et Marielle de Sarnez soutenue par un autre ex-Vert Jean-Luc Benhamias donc y sont candidats. Entre les changements de camp et les récupération politiques - tout le monde est écolo - les répères sont plutôt brouillés. Il sera intéressant de voir quel électorat capte réellement le Modem ( qui y a réuni 23% des électeurs au premier tour de la présidentielle), on dit par exemple que Sarnez est en passe de séduire la droite catho un peu oubliée dans cette campagne. Ce n'est pas certain et, au reste, personne ne sait à qui profiterait réellement le désistement de la centriste et aucun accord n'est en vue. Cochet peut flipper un peu même s'il part favori grâce au socialiste de l'étape Pierre Castagnou, bien implanté dans le tissu associatif. En 2002 Cochet avait profité des divisions de la droite et peut remercier le Mouvement démocrate de reprendre le rôle de troisième couteau sans quoi l'effet Sarkozy eut été plus douloureux. Bertrand Delanoë qui soigne avec Cochet sa majorité à la mairie de Paris sera attentif au résultats du quatorzième dont on dit qu'il reflète l'ensemble de la capitale. Et l'UMP parisienne fera de même observant attentivement les gains éventuels de voix qu'elle obtiendra dans un arrondissement quasi impossible à prendre.
Tous les candidats de toutes les circonscriptions parisiennes, tous les résultats des législatives à Paris, mais cliquez, mes amis, cliquez.

S'il n'y en a qu'un ce sera lui. Si le Mouvement démocrate semble bien mal parti aux législatives - au regard du mode du scrutin et en l'absence d'accord locaux - son leader François Bayrou pourrait sauver sa circonscription des Pyrénées Atlantiques.  Selon une étude de l'IFOP, le candidat centriste serait élu en cas de triangulaire : avec 46% des intentions de vote, il devancerait au second tour la candidate du Parti socialiste, Marie-Pierre Cabanne (28%), et le représentant de l'UMP, Jean-Pierre Marine (26%). Le troisième homme de la Présidentielle n'a même pas besoin de s'abaisser à négocier le désistement de l'un de ses adversaires en sa faveur. Toujours selon l'IFOP, le Modem est crédité d'environ 9 % des voix au niveau national mais en l'absence de proportionnelle, le parti centriste obtiendrait quatre députés au maximum. Récemment Dominique Strauss-Kahn et François Hollande ont émis la possibilité d'accords mais estiment que c'est au centriste de faire le premier pas dans cette direction.

Il y a quelques années, les atistes de variété en voie accélérée de ringardisation se lançaient à corps perdu dans le caritatif, sur ce point, les raouts télévisuels des Restos du Coeur constituaient des sommets. La politique supplante désormais le Charity show-business. Après Faudel, Enrico Macias ou Gilbert Montagné chez Sarkozy, voici donc Francis Lalanne au Mouvement écologique indépendant d' Antoine Waechter et candidat aux législatives à Strasbourg. Notre saltimbanque a effectué un déplacement médiatisé dans un camp de tziganes, il sera le seul candidat à le faire , ce qui le rend a priori sympathique mais nous gonfle. A l'assemblée nationale s'il était élu, Lalanne reprendrait ses interpellations bêtasses (" Vous les ronds de cuir !") sur un air de chialeuse (mais sans guitare remarquez) et incarnerait avec emphase cette posture de la morale indignée dans laquelle les parlementaires de ce pays sont cantonnés.

 aussi...jeune. Et oui fin de la campagne officielle et de la modeste inspiration qui m'habita jusque là, je n'ai plus que quelques informations périphériques à vous faire partager. Et pour éviter de segmenter l'audience et raviver des tensions à quelques heures du scrutin, j'ai le plaisir de vous annoncer que notre prochain président de la République sera un(e) fringant(e) quinquagénaire. Ce n'est pas rien dans un pays où longtemps les gamins reconnurent les émissions politiques aux nombres de chevelures blanches qui tout à coup envahissaient leur téléviseur. Nicolas Sarkozy a 52 ans, Ségolène Royal 53, François Bayrou 55 ans, seul Jean-Marie Le Pen, 78 ans joue les intrus dans notre club de quinquas. Côté grosse surprise, seule Arlette Laguiller 67 ans pourrait perpétuer la tradition du sexagénaire aux manettes, Olivier Besancenot serait le plus jeune à 33 ans, Marie-George Buffet en a 57, Gérard Schivardi , Frédéric Nihous 39.Car à part Valery Giscard d'Estaing qui avait 48 ans quand il fut élu en 1974, tous les autres avaient plus de 60 balais; Georges Pompidou (60 ans en 1971 ) François Mitterrand (65 ans en 1981), Jacques Chirac 63 en 1995. Voilà vous savez tout, je reviens très vite pour d'autres informations capitales. Stay tuned!!

L'information est passée complètement inaperçue il y a quelques mois (le 7 février 2006 pour être précis) mais ce vol par effraction de "matériel informatique" au siège du Parti des Travailleurs n'aura finalement eu que des conséquences heureuses pour la campagne de Gérard Schivardi. Discours perdus, programme trotskyste du PT à moitié oublié, enregistrements de clips de campagne quasi inaudibles : que restait-il à faire si ce n'est séduire à coup de gouaille et de regard clair. Ce que le maire de Mailhac aura, somme toute, plutôt bien fait malgré la concurrence acharnée. Avant qu'on oublie tout à fait le candidat voici en forme d'hommage : le récit du vol et une petite présentation touristique de son village. On ne dira plus que la campagne n'a pas été riche d'informations. Le bureau national du Parti des travailleurs informe que dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 février 2006, un vol avec effraction a été commis dans les locaux abritant le siège national du parti. Du matériel informatique a été dérobé. La police est venue diligenter une enquête, une plainte a été déposée. A l'heure où nous écrivons, rien ne permet d'indiquer avec certitude si l'origine de ce vol est purement crapuleuse, ou si, derrière l'apparence crapuleuse, se cachent d'éventuelles tentatives d'intimidation politique. Quoi qu'il en soit, plainte a été déposée. Le bureau national du Parti des travailleurs tiendra informées les sections et fédérations des résultats de l'enquête engagée par les services de police. Quels que soient les résultats de cette enquête, il doit être clairement établi que rien ni personne, aucune tentative d'intimidation, ne pourront détourner le Parti des travailleurs des tâches politiques qu'ont librement décidées les 242 délégués réunis au 14e Congrès national du parti, quatre jours avant cet incident. En particulier, dans la crise politique, économique, sociale et institutionnelle majeure qui frappe notre pays, le Parti des travailleurs mènera à bien le combat politique qu'il a engagé en commun avec des élus, des militants, des travailleurs, des responsables de toutes tendances, pour une issue politique conforme à la démocratie, c'est-à-dire une issue politique qui s'appuie sur la nécessaire rupture avec l'Europe de Maastricht, les directives et l'ordre de Bruxelles. A la question, qui aurait eu intérêt à manipuler ou à affaiblir le Parti des travailleurs, aucune réponse convaincante ne m'est apparue. Mailhac donc : Situé au coeur de la région de vin de Minervois, Mailhac est un village antique remontant à plus de 7000 ans. Le Mailhac moderne entoure les remparts d'un village plus antique qui est parmi le plus intéressant en France. Le village original a été construit du bois et a été situé dans les collines adjacentes, mais ensuite après avoir été brûlé aux nombreux temps au sol, il a été passé à la plaine et construit des pierres locales plus durables. Il est bien situé pour toutes les activités diverses que vous pouvez apprécier dans la vallée magique de l'Aude. Partout dans la région vous trouverais les vignerons fameux du Minervois et du Corbières. Voyagez au nord pour explorer le secteur du Montagnes Noir, ses cavernes, ses lacs et ses promenades et itinéraires de bicyclette. Voyagez vers le sud aux plages pittoresque du méditerranéen, à la voile serein le long du canal du Midi ou à moteur vers les Pyrénées et plus vers l'Espagne. À l'est sont les villes romaines de Béziers et de Narbonne qui écartent les jambes, le canal du Midi et le Canal de la Robinne. En route vous pouvez visiter le moulin prestigieux d'huile d'olive de l'Oulibou qui est situé sur les périphéries de Bize Minervois. Allez à l'ouest visiter la ville médiévale la plus belle de Carcassonne, ou promouvez au loin à Toulouse ou au Perigord célèbre. Heureusement qu'il n'y a que 4 points cardinaux...

La campagne 2007, dans son premier tour, n'a pas tenu toutes ses promesses : idées peu novatrices, débats pauvres et superficiels, victoire de la démocratie d'opinion (copyright Alain Duham Inc), affrontement droite-gauche faiblard, et absence de néologismes intéressants. Au final, on retiendra, parmi les points saillants l'apparition, couverte par Jean Saint-Josse du viril et percutant, Frédéric Nihous, venu botter les Verts hors d'eux-mêmes et remplacer la figure poupine d' Olivier Besancenot dans les esprits enamourés des hétérosexuels de droite. Nihous, orateur inspiré et à la mécanique intellectuelle bien rôdée, aura été l'une des surprises de communication de ce premier tour (on ne sait si le résultat confirmera cette impression). CNPT est dans la place , à l'image de son leader parti chasser la tourterelle jartelée dans la campagne. Flanqué de son fidèle ami d'enfance Boris, le candidat Nihous parvint après 2 heures de traque à débusquer le gibier dans son habitat naturel : un arbre. Quelques instants plus tard retentissait le bruit caractéristique du Drilling Drilling. Mais qu'est-ce donc ?  L'arme mixte la "plus répandue" est le drilling. C'est typiquement une production d'Europe Centrale, où l'obligation du tir à balle de tous les ongulés, date du début du siècle, le fait apprécier depuis longtemps. C'est une arme universelle qui convient bien au tir en battue où l'on rencontre aussi bien le grand gibier qui doit être tiré à balle que le petit gibier tiré à plombs. Toutes les combinaisons de chargement sont possibles : 2 coups à plombs et 1 à balle rayée; 1 coup à plombs, 1 à balle lisse et 1 à balle rayée; 2 coups à balle lisse et 1 à balle rayée. Ces armes avaient la réputation d'être lourdes, mais, avec les progrès de la métallurgie, on trouve maintenant des drillings dont le poids est égale presque celui d'un fusil à 2 coups. L'inconvénient du drilling est son prix élevé, mais il faut tenir compte du fait qu'il remplace un fusil et une carabine. En ce qui concerne les calibres, toutes les combinaisons sont possibles. Une des plus usitées est : cal. 12 ou 16 pour les canons lisses; 7 x 65 R et 9,3 x 74 R pour le canon rayé. Comme fabricants, on peut citer Sauer & Sohn, Krieghoff, Heym, Merkel et tous les artisans armuriers de Ferlach. Ces derniers fabriquent également pour la plupart des vierlings, arme à 4 canons dont un rayé puissant et un rayé faible pour le tir des nuisibles. Comme on peut le lire dans Tartarin de Tarascon, "c'est l'ignorance des passions d'autrui qui mène à l'intolérance et à l'incompréhension entre les hommes."

Hier Nicolas Hulot recevait Dominique Voynet sur son bateau Fleur de Lampal. Il y a quelques semaines les Verts s'inquiétaient de la soudaine exposition médiatique des questions environnementales, se doutant qu'après le feu de paille, les engagements ne concerneraient que ceux qui les avaient écoutés - au reste même ces derniers les ont probablement aussi oublié. L'écosystème médiatique est fragile et tout espèce tentant d'en modifier le rythme de vie ne peut y survivre : Hulot, pourtant pas né de la dernière pluie en a fait les frais comme tous les autres : une fois intrigués par le concept (le pacte écologique), séduits par son packaging (on peut filmer un truc que les gens signent) et le support ( un animateur pas dégueu et moins relou que la Voynet) les medias ont exploité l'événement de toutes les manières possibles avant de recracher le noyau à cent mètres et de passer à autre chose.
Les enfants de Don Quichotte ont eu aussi connu leur apogée. Il y a quelques jours deux SDF sont morts; en pleine mobilisation autour du logement le fait divers aurait pu coûter cher au gouvernement et à son ministre-candidat, mais c'était trop tard : minuit était passée et les super-clodos étaient redevenus des alcoolos-toxicos qui puent et crèvent dans des tentes Quechua en se pissant dessus. On voulait bien faire trois semaines sur le logement mais avec le retour du soleil sur le canal Saint-Martin, le camping commence à ressembler à des vacances. Dernière tentative d'incursion de la société civile dans la campagne, la parution ces jours-ci du guide du votant, édité par le rapper Rost et l'association Banlieues Actives. C'est à mon avis le meilleur coup – attention je ne parle ici que de l'impact. La thématique est cette fois le vote des quartiers populaires dont on ne sait pas grand-chose. Rost, qui parcourt le pays depuis des mois pour convaincre les jeunes des quartiers de s'inscrire sur les listes électorales, a compris que faire signer un pacte des banlieues aux prétendants ne servait à rien. Il les a donc rencontré caméra au poing pour leur poser dix questions. Celles-ci, synthèse parait-il de 27 000 doléances recueillies dans les quartiers, concernent le droit de vote des étrangers, les problèmes d'emploi dans les quartiers populaires et le traitement des primo-délinquants.
Réunies dans le guide, les réponses des candidats sont complétées par une page laissée à leur guise pour exprimer leur philosophie. Buffet, Sarkozy et Laguiller on refusé, Nihous et Schivardi ont été oubliés. Banlieues actives ne cherche pas à faire entrer la banlieue dans la campagne mais à convaincre les banlieusards de peser sur le débat. "Les politiques ne comprennent que le racket électoral " a dit Rost hier en conférence de presse. Ca change tout : il ne suffit plus cette fois pour les candidats de surfer sur la thématique de la semaine pour gagner la bataille de l'image. Convaincre Rost – qui n'est pas le porte parole des banlieues – de les soutenir ne changerait probablement rien à l'affaire. Il ne s'agit pas de trouver ce que l'opinion publique a envie d'entendre sur la banlieue mais de convaincre ceux qui habitent là-bas qu'on ne les oublie pas ce qui est une autre paire de manches. Les prétendants ne peuvent que constater l'arrivée de dizaines de milliers de nouveaux électeurs dont ils craignent les options politiques jusqu'ici inconnues, jouer le jeu et espérer être plus convaincants que les autres dans le Guide du votant sans être jamais sur jusqu'au bout d'en avoir fini avec cette bataille là...

 Sans José Bové finalement, José Bové Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, Gérard Schivardi, Marie-George Buffet, Dominique Voynet, Ségolène Royal, François Bayrou, Nicolas Sarkozy, Frédéric Nihous, Philippe De Villiers, Jean-Marie Le Pen.
Tout savoir sur le mag politique : Etats des lieux et perspectives pour chacun des wannabe.
"Je suis au regret de dire aux 305 élus qui m'ont promis leur parrainage que selon toute vraisemblance je n'atteindrai pas le seuil des 500 signatures. En conséquence de quoi, je les libère de leur promesse". En 1988, Antoine Waechter, le leader du mouvement écologiste indépendant avait réuni 3,78 % des voix, score finalement assez honorable pour celui qui n'obtiendra plus jamais par la suite les parrainages nécessaires. C'est dur d'être écolo en politique même à quelques brasses du marasme total, dingue quand même...

Avoir son patrimoine détaillé et faire l'objet d'une enquête dans Le Canard Enchaîné c'est un peu le passeport pour entrer dans la cour des grands. Après le sens des affaires immobilières de Nicolas Sarkozy et la nonchalance comptable de Ségolène Royal, c'est au tour de l'homme qui monte, j'ai nommé François Bayrou, de passer sous le scanner journalistique de l'hebdomadaire. A l'image du bonhomme, l'enquête est un peu fade et n'étaient les talents stylistiques de Didier Hassoux (transfuge de Libé) on serait fortement déçu. Bien sûr, François Bayrou est autant paysan que ces nombreux chefs de PME de province qui n'investissent dans la ferme que pour profiter d'avantageux dispositifs fiscaux. Quoiqu'après tout le Béarnais, s'il conduit son tracteur moins souvent qu'il n'est invité sur TF1, élève réellement des chevaux de course et jouit d'une réputation relative dans le milieu. Son appartement parisien est bien sûr légèrement sous-évalué, Bayrou l'estime à 280 000 €, les agents immobiliers interrogés par Le Canard plutôt 350 000 à 400 000. Ce n'est pas grand-chose mais il faut rappeler que le patrimoine de Bayrou est juste 54 000 € en dessous du plancher (760 000 €) de l'ISF. Mouaif...pas de quoi s'indigner, Bayrou c'est un peu le centrisme de l'entourloupe fiscale finalement.
Pour finir, je vous fais part de la proposition de Maurice Allais, prix Nobel d'économie : chaque contribuable publie anonymement son patrimoine et les déclarations sont rendues publiques. Si un acquéreur offre le prix de l'estimation de votre baraque majorée de 50 % soit vous lui vendez, soit vous relevez à la hausse votre estimation et casquez une amende de 10 % en plus du supplément d'impôt. Ce qui éviterait les déclarations farfelues. Non ? Sur les forums en tout cas? c'est le débat du moment : Comment en finir avec la fraude à l'ISF ?

On comprend mieux pourquoi la problématique du logement et la hausse de l'immobilier a longtemps semblé abstraite aux candidats. Après Sarkozy la semaine dernière, Le Canard Enchainé détricote la déclaration de patrimoine du couple Hollande/Royal. Deux biens immobiliers concentrent l'attention de l'hebdomadaire : un appartement à Boulogne évalué fin 2005 à 750 000 € soit moins que sa valeur d'achat quinze ans plus tôt (876 000 €) et bien moins que le prix du marché (environ 1 200 000 €). Mais le couple de socialistes ne veut pas vendre, son estimation sert de base au calcul de l'ISF on comprend donc leur nonchalance comptable.
Celle-ci atteint un haut degré de poésie concernant la Villa de Mougins que possède le couple. Vends villa , Cote d'Azur 140 m2, 1500 m2 de terrain privatif, dans domaine privé niché dans la pinède, entièrement clos et sécurisé. Piscine et vue sur la mer. 270 000 €. Cette (fausse) annonce que pourrait écrire Ségolène Royal si elle vendait sa résidence trouverait acquéreur en trente secondes. A deux pas de là d'après Le Canard, on trouve une maison hors du domaine, de 120 mètres carrés, datant de la même époque que celle sus-mentionnée. Son vendeur en demande 1 millions d'euros... Les agents immobiliers sur place sont morts de rire, nous moins : le patrimoine total du couple serait à multiplier par deux, plus de 1 800 000 € au lieu des 933 000 revendiqués il y a quelques semaines. Pas de fraude au fisc, c'est la seule chose qu'on retiendra... (Illus domaine de Saint-Basile, la villa n'est pas celle de Ségolène Royal.) Contrairement à ce qu'il claironnait la semaine dernière, Nicolas Sarkozy n'a pas "réellement" fait évaluer par les services fiscaux l'appartement qu'il a acheté ( 750 000 francs de moins que le prix du marché) à Neuilly, d'ailleurs l'administration n'estime pas les biens immobiliers des particuliers. Il a juste eu la directrice en ligne, pour ce qui n'était pas, selon les dires de cette dernière, "une évaluation fine". Le Canard publie les factures des travaux réalisés après l'acquisition et celle effectivement payée par les Sarkozy. Je vous laisse les découvrir...

Le très médiatique José Bové été hier l'invité de Laurence Ferrari dans Dimanche+, où il a réagit à l'ouverture du Salon de l'Agriculture qui débutait ce week-end, et a un sondage qui indique que seulement 6% des agriculteurs se sentent proche de lui. Pour lui cela n'a pas d'importance, et il propose un salon alternatif en ouvrant sa ferme du Larzac au public pour montrer qu'une alternative à l'agriculture productiviste est possible. Cette désafection du monde paysan à l'égard de sa candidature vient du fait qu'il a "basculé" en s'engageant dans la vie politique, et que le syndicat majoritaire, la FNSEA proche de la droite et qui compte François Bayrou parmi ses membres, a une conception du modèle de développement agricole plus intensif. Voulant englober dans sa cible électorale tous les déçus qui veulent faire de la politique autrement et se pencher sur des questions concrètes, Bové a aussi l'ambition de sortir des vieux clivages en refusant le patriotisme d'appareil des grands partis, d'ailleurs la présence de personalités provenant des Verts, de la LCR ou du PC à ses côtés montre cette absence de logique partisane. Il veut incarner un mouvement qui se veut collectif avant tout, mais son fonctionnement est surtout qualifié par certains observateurs de foisonnement bordélique. Son expérience du terrain et sa notoriété sont pour lui des atouts majeurs dans cette campagne mais il souffre d'un déficit politique, le directeur adjoint de la rédaction de Marianne Nicolas Domenach résume la situation en expliquant que le mouvement qu'il veut incarner n'a pas encore pris corps. Le passage de l'engagement citoyen à la lutte politique institutionnelle nécessite un temps d'adaptation car malgré sa présence médiatique et ses 400 parrainages revendiqués en un mois de récolte, performance qui laisse rêveur bien des candidats, il n'est toujours crédité que d'environ 3% d'intentions de vote. (Illus : Via)

Lundi matin Jean-Marie Le Pen prend les commandes de la matinale de France Inter à 8h15, Alain Duhamel réapparaît sur nos écrans  dans Le Grand Journal de Canal+ à 19h10, Philippe de Villiers en guest-star sur France 3 où il aura l'occasion de répondre aux attaques de son voisin de l'extrême droite lors du 20 heures. Puis il partagera l'affiche avec Olivier Besancenot, Jean-François Copé, José Bové et François Hollande (la présence des deux derniers restant à confirmer) de l'émission Français votez pour moi! à 20h50. François Bayrou pourra donner son avis sur le plan de restructuration d'Airbus lors de son meeting à Toulouse. Mercredi Ségolène Royal galvanisera les socialistes de Dijon : le lendemain ce sera son tour d'être rédactrice en chef du Grand Journal de Canal+ à 19h10. Jeudi Nicolas Sarkozy sera l'invité principal de l'émission A vous de juger sur France 2 à 20h50. Illustration : waldosworld

Cette semaine le week-end politique commence tôt avec Nicolas Sarkozy rédacteur en chef du Grand Journal de Canal+ à 19h10. Samedi si vous passez par la Lorraine vous pourrez voir Marie-George Buffet en meeting. Mais les choses sérieuses commencent réellement dimanche. Oubliez votre après midi en compagnie de Chuck Norris, à partir de 12h40 retrouvez José Bové un autre moustachu qui sait aussi castagner, en compagnie de François Hollande sur Canal+ dans Dimanche+, si vous avez loupé quelques déclarations de José sur la 4 la magie du différé vous permet de le retrouver à 13h35 chez FOG sur France 5. Serge Moati devrait recevoir Jean-Louis Borloo dans Ripostes à 17h55 toujours sur France 5.A 17h40 sur M6 ne ratez pas l'occasion de passer 5 ans avec... Jean-Marie Le Pen et Estelle Denis. J'imagine qu'après tant d'heures passées devant votre écran vos petits yeux vont commencer à fatiguer. Alors laissez vous bercer par la voix de Thierry Breton sur RTL à 18h30, et de Jean-Pierre Raffarin qui à l'occasion de la sortie de son livre La dernière marche sera sur Europe1 à 18h. Illustrations : rockomondo

Nicolas Sarkozy a t-il bénéficié de la reconnaissance du promoteur Lasserre ? Entre 1980 et 2000 ce dernier aurait bati " la moitié des immeubles neufs de Neuilly", selon les propos de sa veuve octogénaire recueillis par Le Canard Enchaîné. Lasserre édifie des immeubles sur une zone d'aménagement concerté située à Neuilly sur l'Ile de la Jatte. C'est là que le couple Sarkozy a acheté un duplex de 233,3 mètres carrés pour un total de 5 747 670, 25 francs, soit 24 636 francs le mètre carré. L'hebdomadaire relève que cette année là, les prix relevés dans la résidence s'étalaient de 27 871 à 37 624 francs le mètre carré. mais ce n'est pas tout : ouverture d'une baie, installation de couteux placards, escalier intérieur sur mesure, dallage en marbre...plus de 900 000 francs de travaux auraient été accomplis par la suite , facture arrondie à 400 000 francs par Lasserre pour le couple Sarkozy. Cette somme, le candidat UMP ne la dément pas dans le communiqué qu'il fait paraître suite aux révélations du Canard. En revanche, il trouve les allégations outrancières, ridicules et "opportunes dans le calendrier électoral" (Pour faire bonne mesure, le journal prévoit de publier une enquête sur les mystères de l'ISF du couple Royal/Hollande). Sarkozy UMP conteste notamment le prix du mètre carré à l'achat indiqué par le Canard Enchaîné. Une chose est certaine : Le 06 novembre 2006, le couple revend l'appartement pour 1 942 000 € (12,74 millions de francs). Une plus-value de 122 % en dix ans.
Mise à jour 16 H 10 : Nicolas Sarkozy "a payé le juste prix qui correspondait à ceux pratiqués par ailleurs et qui demeurait bas par rapport aux prix aujourd'hui pratiqués, en raison de la crise immobilière existant à l'époque de la vente", estime Denis Lasserre, veuve du promoteur. A lire également: un excellent papier critique sur Betapolitique

Ben lui aussi il aurait bien aimé qu'on lui pose une ou deux questions hier soir- est il moins légitime que José Bové après tout ? Nicolas Dupont-Aignan se fait même couper la chique par son staff comme on le voit à la fin de cette courte video. Dur...

Après avoir relu un traité sur les expériences de Konstantin Raudive (Breakthrough, 1971), ce scientifique suédois qui avait pensé, à l'époque, enregistrer la voix de fantômes ou autres esprits occultes à l'aide d'un magnétophone à bandes (et qui inspira William Burroughs et Bryon Gysin), je me suis amusé à photographier à l'aide de mon téléphone portable Samsung Premier Prix mon écran de télévision pendant les émissions politiques de ces dernières semaines. Selon un protocole établi à l'avance, j'ai éteint (ou baissé au delà de ce qui est permis) la lumière du séjour, allumé quelques bougies parfumées et passé en boucle l'album If I die, I die des Virgin Prunes de 1982. Pour que le dispositif soit parfait, j'ai retiré du secteur tous les appareils électriques, autres que la télé, susceptibles de parasiter l'image, espérant obtenir ainsi une manifestation pure et parfaite du spectre électromagnétique des candidats. Parmi les nombreux clichés réalisés sur A vous de Juger, J'ai une question à vous poser et autres Mots Croisés, j'ai isolé ces saisissantes vues des principaux candidats à la présidentielle, sorte d'EVP (Electronic Video Phenomena) que n'aurait pas reniées le célèbre psychologue. 
Je tiens évidemment à la disposition de ceux que ça intéresse les 1721 clichés qui ne me paraissaient pas satisfaisants ainsi que les conclusions détaillées de cette étude. Je note, par ailleurs, qu'il a été rigoureusement impossible de saisir un spectre électromagnétique d'Alain Duhamel, Arlette Chabot et Patrick Poivre D'Arvor malgré mes tentatives répétées selon cette méthode. Dans l'ordre : 1. François Bayrou 2.Jean-Marie Le Pen 3. Ségolène Royal et 4. Nicolas Sarkozy.

 Toute la semaine, bataille de chiffres autour du coût des programmes, 30 milliards pour Nicolas Sarkozy; 35 pour Ségolène Royal, plutôt (respectivement) 50 et 55 milliards selon les "experts" de l'Institut de l'Entreprise. Quoique la promesse de Nicolas Sarkozy de baisser de 4 points de PIB le taux de prélèvements obligatoires pendant la prochaine législature supposerait par exemple de réduire de moitié les dépenses de santé, selon Thomas Piketty. Même Margaret Thatcher qui reste l'étalon or pour toute référence à la rigueur budgétaire n'aurait réussi qu'à les baisser de 2 points en dix ans. Ah... Mais voilà que Ségolène Royal pourrait alourdir la dette de la France de quelque 800 milliards d'euros en cinq ans avec ses idées, nous explique Thierry Breton, le ministre de l'Economie. No souci pour José Bové qui assume peinard ses 160 milliards d'euros de budget, qui serait réussi grâce à une meilleure répartition des richesses. A l'opposé, François Bayrou calculait à haute voix hier sur France 2 un budget à 20 milliards d'euros ,dont 6 milliards pour financer l'exonération totale des charges (sauf pour la retraite) pour deux emplois nouveaux créés par entreprise. Le voilà champion toute catégorie mais cela suppose une maitrise des dépenses qui devraient faire mal à quelqu'un (ou plus sûrement quelques uns). A qui ? Ce sera écrit début mars dans son livre. Mise à jour 16H : ça continue, Le Monde explique qu'une cellule d'ajustement piloyté par François Fillon tenterait de peaufiner un budget à 30 milliards ( donc il était au-dessus jusqu'ici...)ce qui supposerait de repousser le bouclier fiscal à 50 %.

Certains déclarent leur patrimoine pour ne pas être distancé dans la course aux présidentielles d'autres le vendent. Rachid Nekkaz et sa femme avaient déjà cédé son pavillon d'Asnière-sur-Seine pour 380 000 €, cette fois c'est un appartement de 98,5 m2, situé au 27 rue Galilée dans le 16e arrondissement de Paris (oui il a un peu de thunes le Nekkaz) qu'il met au enchères à partir de 1 euro. Nekkaz est contre le financement public des partis et plaide pour un véritable engagement de soi dans la candidature. "Je souhaite également créer un électrochoc dans l’opinion publique pour qu’elle prenne conscience du péril populiste et liberticide qui nous attend si, dès aujourd’hui, nous ne mettons pas ensemble de garde-fou face à cette dérive médiatique et politique qui a déjà éloigné et dégoûté 17 millions de nos concitoyens de voter et qui les a poussés à ne plus faire confiance aux partis politiques qui vivent tous de nos impôts sans aucun sacrifice personnel de leurs dirigeants ou candidats. Le bonhomme a déjà recueilli 500 signatures. Source : Générations 2007

La situation est dure, le remède sera énergique. Crise économique, sociale, morale, éducative, internationale, "la France qu'il nous laisse" est en mauvais état. Hier à Villepinte, la candidate socialiste a détaillé ses 100 propositions pour la France, un discours aux forts accents sociaux mais qui se veut responsable. La solution est donc la création de cercles vertueux - ou spirales ascendantes- rendus possible par la convergence d'énergies. L'innovation des entreprises qu'il faut favoriser au nom de l'excellence technologique -notamment des PME - mais aussi dialogue social qui permette de retrouver la dignité du travail. Mieux formés, mieux payés, les salariés n'en seront que plus productifs. Inspirée du modèle nord-européen, la démocratie sociale (une France plus juste et plus forte est le nouveau slogan) de Ségolène Royal repose sur trois piliers : l'économique, le social et l'environnemental. "Je suis convaincue qu'un développement durable repose aujourd'hui sur trois piliers (...) et que la défaillance d'une seul peut faire crouler le tout." Pour éviter d'être taxée de naïveté économique, la candidate n'a pas oublié de rappeler le poids de la dette et la nécessité d'alléger un appareil central trop lourd tout en rendant hommage aux fonctionnaires (gros potentiel électoral) qui n'en seront que plus efficaces si la lourdeur administrative cesse de les paralyser. La décentralisation (gestion des universités et des prisons, de la formation professionnelle) est un des axes importants du programme. La revalorisation des retraites (+5 %), du SMIC (1500 €) et la création de nouveaux métiers - pour le soutien scolaire, pour les quartiers sensibles( sport et culture, emplois parents) et la ruralité (création de nouveaux dispensaires). Le pacte présidentiel de Ségolène Royal a fini sur la place de la France à l'international. Une Europe qui doit faire de la croissance et l'emploi une priorité, mettre en place une politique industrielle et une fiscalité des entreprises plus harmonisée. Développement de l'Afrique et rôle quasi messianique de la France dans la défense de valeurs morales ont parachevé le discours.
Lire sur le mag : le pacte présidentiel de Ségolène Royal: ce qui a changé par rapport au programme du PS, ce que les débats participatifs ont apporté et même ce qui a disparu.

Très à l'aise donc Nicolas Sarkozy hier soir, à se demander comme le fait Le Parisien s'il n'a pas eu les questions à l'avance. Après tout, l'émission était préparée dans un studio de la chaîne depuis neuf heures le matin. Mais outre sa faculté à répondre du tac au tac -talent qu'il faut lui reconnaître - on remarque aussi un certain art de l'amalgame tranquille. Celui qui permet de lier délinquance et immigration en glissant du problème des contrôles systématiques au faciès subi par un jeune intervenant à celui de la délinquance dans les quartiers (bon ok c'est pas le plus dur à faire mais c'est mieux que de dire frontalement qu'il y a plus de problèmes là où il y a des immigrés et que ces derniers sont plus nombreux que les nationaux en prison). L'autre est de lier la pratique de la religion musulmane à une forme potentielle de criminalité (polygamie, égorgement des moutons dans les salles de bains - ce qui fut lors de l'émission un amalgame moins tranquille). Enfin l'amalgame entre les situations de droit et les convictions : le meilleur exemple en est le mariage qui n'est qu'une affaire de droit et ne porte nullement en soi (pour peu qu'on s'en tienne à la mairie) la nécessité de faire et d'élever des enfants. Le droit s'adapte aux évolutions de la société et, de fait, des gens sont exclus de certains droits de part leur sexualité. Le discours de Sarkozy a consisté à améliorer l'égalité fiscale et administrative tout en enfermant l'homosexualité dans le cadre d'une pratique minoritaire qui est tolérée généreusement mais pas totalement assimilée. On s'attendait presque à attendre - sur le mode "personne n'est obligé de venir en France" - à un "vous n'êtes pas obligés d'être pédé après tout". Mais un amalgame réussi ne dit jamais son nom...

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