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Epine dans le pied de toutes les politiques de la ville, la question des banlieues est régulièrement au centre des débats.

Les favelas brésiliennes à l'heure du wi-fi

Posté par Emmanuel le 20.04.09 à 09:58 | tags : banlieues, international, éducation

Les habitants de Santa Marta, dans la banlieue de Rio, bénéficient d'une politique de réinsertion dernier cri : wi-fi pour tous dans la favela.

 

Pour freiner l'extension sans limite des favelas, le président Brésilien a lancé un programme de logement social sans précédent le 25 mars. L'opération"ma maison, ma vie" de Lula promet de construire un million de petites maisons et appartements de 35 et 42 m² pour accueillir les habitants des favelas.
Mais, à Rio, un habitant sur quatre vit dans une des quelques 700 favelas qui entourent la ville. En attendant qu'elles aient toutes disparues, autant les rendre les plus confortables possible.

 

C'est le pari de l'Association des habitants de la favela de Santa Marta, un pari 2.0. 16 antennes relais wii-fii ont été installées à flanc de colline pour alimenter les quelques 1600 ordinateurs de la communauté. Jusque-là, la moitié seulement étaient connectés à Internet par un serveur payant. Or, plus qu'un luxe, l'accès à internet devient vital aujourd'hui. Le Parlement européen l'a rappelé lors des débats sur la loi Hadopi : "l'e-lletrisme sera l'illetrisme du XXIème siècle". Pas étonnant, alors, que les habitants parlent de "bénédiction" : "Ils viennent pour améliorer leurs revenus, et ce cours les prépare au marché du travail", explique un professeur dans l'autobus qui lui sert de salle de classe, "mais ils repartent différents, car ils découvrent en plus l'éducation, l'intelligence, la culture."

 

Pour le gouverneur Sergio Cabral, qui a investi 170.000 euros dans le programme numérique de Santa Marta, "le Wi-Fi ne représente pas seulement l'inclusion numérique, c'est aussi l'intégration sociale pour les 10 000 habitants de Santa Marta".

 

Source: Le Monde




Sarkozy dévoile le plan banlieue

Posté par Charif le 08.02.08 à 18:55 | tags : banlieues

Nicolas Sarkozy a présenté ce matin à l'Elysée les modalités du plan « espoirs banlieues », tant attendu par tous les acteurs sociaux. Et apparemment l'attente n'était pas à la hauteur des espérances.

Le président a décliné les axes principaux, qui peuvent se lire à travers quatre volets majeurs :

  • L'éducation, avec la création de 30 établissements d'excellences dans les quartiers sensibles, et la généralisation des « écoles de la deuxième chances ».

  • L'emploi, et l'expérimentation d'un « contrat d'autonomie » destiné aux jeunes de moins de 26 ans, et la création de 20.000 entreprises en 4 ans.

  • La sécurité, avec la création de 200 unité engagées dans le maintient de l'ordre, renforcement de la lutte contre l'économie souterraine, et la généralisation des système de vidéo-surveillance.

  • Les transports, pour le désenclavement des quartiers. C'est d'ailleurs la seule mesure chiffrée, puisque le président a annoncé qu'un budget de 500 millions d'euros sera prévu pour ce projet.


Le financement de ce plan est resté tabou, ce qui suscite une réelle inquiétude quant à sa réalisation. Gerard Aschieri, secrétaire général de la FSU, fédération majoritaire dans l'Education regrette "l'absence de toute mesure pour lutter contre l'échec et contre les inégalités au sein de l'Ecole". Le maire de Vaulx-en-Velin a denoncé de son côté "le discours moralisateur, stigmatisant et élitiste" du chef de l'Etat.

Car Sarko y est allé de son petit couplet sur l'oisiveté des jeunes de banlieues (au fait elle foutait quoi Fadela Amara ?), qui par facilité, deviennent partisans du moindre effort (une phrase de prof qu'on retrouve fréquemment sur les bulletins scolaires), et basculent dans la délinquance. On peut aussi penser qu'ils ne sont qu'à l'image de notre société, avec des besoins de consommateurs lambda, et que tous les moyens sont bons pour les satisfaire...








Banlieues : mais c'est quoi ce plan ?

Posté par Easywriter le 23.01.08 à 12:37 | tags : banlieues, gouvernement, président de la république

Depuis quelques jours le discours de l'administration Sarkozy sur les banlieues est pour le moins contradictoire. Le président est écartelé entre deux attitudes : tenter de redorer son blason dans les banlieues où sa réputation n'est pas très bonne et se recentrer sur ses fondamentaux électoraux en temps de crise dans l'opinion. Dans le doute, il joue sur les deux tableaux.

Quand Michèle Alliot-Marie réinstalle la police de proximité, pourtant conchiée par le Sarkozy ministre de l'Intérieur en 2003, elle commence par les lieux symboliques comme La Courneuve ou Vichy-Monfermeil. La décision est prise dans la foulée d'un rapport alarmant sur les rapports entre la police et la population publié par l'Institut des hautes études de la sécurité .
Lors des émeutes de Villiers-Le-Bel, les flics en étaient réduits à transformer tous les habitants en indics, en monnayant les informations qui leur parvenaient. Après le tout sécuritaire, serait-ce l'heure de faire un peu de social ?

En réalité dans le même temps, le discours monomaniaque sur la sécurité est plus que jamais en vogue. Les surveillances par hélicoptère se multiplient, les drones (avions sans pilote dédiés à la surveillance militaire) sont appelés à la rescousse et Michèle Alliot-Marie tout en résinstaurant des îlotiers promeut également une nouvelle compagnie de sécurisation "plus réactive" et forte dans le 93 de 140 hommes.

Quand Sarkozy va à Sartrouville il place son excursion sous le signe quasi exclusif de la sécurité et cherche surtout à parler aux policiers. A défaut d'être l'aise sur le pouvoir d'achat, la sécurité reste le thème très porteur chez les vieux et/ou les classes moyennes périrurbaines.

Mais c'est évidemment Christine Boutin et Fadela Amara qui incarnent le mieux cette contradiction. La première juge inutile le plan spécifique que la seconde s'égosille à promouvoir.
Amara veut axer le financement sur les quartiers les plus défavorisés, Boutin critique cette logique territoriale en privilégiant l'aide aux personnes comme l'a également souligné Sarkozy. Le président reste sur un discours moral du bon et du mauvais, technique utile pour éviter la question plus structurelle de l'appartenance sociale et de répartition géographique des populations.

On objectera que les deux approches ne sont pas incompatibles qu'il y a en outre une voie entre la stigmatisation des pauvres et le discours naïf de compassion.
Mais de contradictions en annonces immédiatement retoquées ( réduire le chomage de 40% et créer 45 000 emplois est une déclaration d'Amara aussitôt jugée imprudente par sa ministre de tutelle, le chiffrage du plan et sa date de présentation sont régulièrement ajournés etc..) ce que souhaite le gouvernement pour la banlieue est pour l'instant assez illlisible.
Le fait que sur ce dossier deux ministres au culture politique aussi différentes soient aux manettes est d'ailleurs significatif. Pour l'heure la banlieue reste toujours un bon vieux terrain de jeu idéologique...

 




Municipales : la banlieue au centre des débats ?

Posté par Easywriter le 14.01.08 à 12:13 | tags : banlieues, municipales 2008, opposition

"J'espère pour elle que l'Etat, le gouvernement va lui donner les moyens de faire un vrai plan pour les banlieues en appui sur les maires".

Ségolène Royal vient de balancer une nouvelle pierre dans le jardin élyséen.
Le jour même où la ministre de la Ville Christine Boutin critique ouvertement dans les medias l'idée d'un plan spécifique pour la banlieue ("Moi, je crois en la réponse beaucoup plus globale d'une nouvelle politique de la ville" a t-elle précisé au quotidien La Croix), Royal appuie là où ça fait mal.
Le plan banlieue c'est le job - le hochet ? - de Fadela Amara au sein du ministère.

Si la plupart des ministres d'ouverture se signifient essentiellement par leur insignifiance, Fadela Amara est celle qui gêne finalement le plus les élus UMP, plusieurs fois déjà des membres de la majorité comme Nadine Morano ont demandé à ce qu'elle soit recadrée par Matignon et l'Elysée.

 

Du coup, l'ancienne candidate socialiste fait d'une pierre deux coups: sur le fond, elle montre du doigt la faiblesse de la politique sarkozyenne envers les classes populaires et les zones sensibles et tacle la politique d'ouverture avec laquelle l'Exécutif tentera d'asphyxier les socialistes pour les municipales.

Car l'important dans la citation est évidemment le "en appui sur les maires", le mécontentement issu de la politique de l'Etat étant l'émotion la mieux partagée par les édiles de banlieue, de droite comme de gauche. Et un sujet assez épineux pour Nicolas Sarkozy dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'y fait pas l'unanimité.

Pas de quoi lui attribuer non plus la palme d'or de la stratégie politique mais c'est toujours un peu plus intéressant que le "votez contre Sarkozy" qui pousse les socialos à ne se définir que par défaut. Non ?




Fadela Amara, je kiffe...

Posté par Easywriter le 11.09.07 à 18:23 | tags : banlieues, décryptage, élucubration, gouvernement

Fadela Amara parle le djeun's. Bon, forcément comme elle a 43 ballets ça se voit un peu. « Je vous le dis très cash, maintenant il faut agir. Il est hors de question qu'on continue à se la raconter sur la question des banlieues...», lance t-elle la semaine dernière en conseil des ministres".

Première information donc : pour "arrêter de se la raconter", il convient de troquer le langage politique habituel - implicitement associé à la langue de bois - contre un langage un rien "caillerateu" (mais de 1996).

Moyennant quoi vous pouvez faire des constats très ordinaires, émettre des propositions génériques et floues, seule la forme de votre discours et accessoirement votre patronyme importent. Fadela a parait-il hésité à adopter un flow plus West-Coast pour son propos liminaire présentant son projet pour la ville et plus singulièrement la banlieue.

Et quel projet ! Il s'agit rien de moins que de désenclaver la banlieue - preuve qu'on se la raconte plus dans les hautes sphères de l'exécutif - et d'utiliser pour se faire tous les moyens. Qu'on nous autorise à notre tour quelque débordement langagier : Sa race ! Voilà un plan qui déboite !

Mais ce n'est pas tout. Outre l'enclavement qui sera résolu grâce aux transports ( trop fort je te jure) et la mixité urbaine ( 20 % de logement sociaux c'est un début non Fadela ?) l'éducation, la transmission des valeurs sont aussi en passe de sortir de la crise. Comment ? En consacrant "une journée à l'éducation au respect, comme nous avons une journée pour la fête de la musique", indique Fadela. Respect, ouais. Fadela je te proposerai bien carrément une fête de la musique respectueuse, un truc mortel tu vois. Bref...

Malheureusement, les audaces rhétoriques en terrain langagier mal connu réservent à l'occasion quelques perles. Ainsi Fadela résume son ambition par une formule : "tolérance zéro pour la glandouille", expression qui nous renseigne mieux sur la philosophie de ce beau programme. Elle a beau ensuite expliquer qu'il ne faut pas laisser les jeunes dans le désoeuvrement, n'importe quel collégien du 93 est capable de saisir la nuance entre le désoeuvrement et la glandouille, le dernier terme étant quand même plutôt synonyme de sympathique relâche, de farniente décomplexé (et en philo sarkozyenne plutôt répréhensible).

Exemple : Qu'est-ce tu branles aujourd'hui Easy ?
- Rien, j'ai envie de bouquiner, glandouiller peinard chez moi".

C'est quand même pas la même chose que :

"Tu fais quoi Easy ?
-Pff, ma vie ressemble à une publicité pour de la bière,personne m'aime, je suis fatigué, apathique, désoeuvré tu vois? Allo ?"

La glandouille c'est moins la situation de précarité de gens parqués en banlieue de la ville et de la vie que leur propre propension à la nonchalance, au loisir, qui les poussent à trainasser les pieds dans les coursives et accessoirement à faire des conneries, puisqu'on le sait bien, la glandouille est mère de tous les délits.

Bref, on stigmatise mais de manière euphémisée ( la glandouille ce n'est pas directement les glandeurs, et encore moins les racailles) et on joue la rupture à venir sur un mode incantatoire " cela nous engage tous, comment peut on accepter... les grands défis de demain tagada tzoin tzoin", tout cela est très Sarko-friendly et l'uber-président a parait-il beaucoup apprécié.
Ensuite, comme elle est pragmatique, Fadela écoutera tout le monde, le boucher, ta mère, les bloggeurs (véridique), et fera plein de trucs qu'on peine à clairement définir pour l'instant pour ne rien dire des moyens qui y seront alloués.

" Certains s'inquiètent du financement de la politique de la ville.Je pense que ce n'est pas seulement le budget de mon Ministère qui doit être mis à contribution mais que tous les acteurs concernés doivent s'impliquer financièrement". Tout le monde s'y mettrait tu vois, ce serait vraiment chantmé comme truc. Non ?

 

 




Royal loupe les banlieues et le vote ouvrier

Posté par Easywriter le 24.04.07 à 12:57 | tags : banlieues, chiffres, décryptage, présidentielles 2007
Certes le score du parti socialiste est honorable, avec plus de 25 % des voix, Ségolène Royal atteint en effet le score de François Mitterrand au premier tour en 1981. Certes le parti socialiste engrange près de 2,5 millions de voix supplémentaires par rapport à 2002. Mais outre que ce succès s'explique en partie par le vote utile - et baisse d'autant le réservoir "naturel" de voix - il ne signifie pas une réconciliation des socialistes avec les classes populaires.
D'abord Jean-Marie Le Pen reste en tête du vote ouvrier (24%) et Royal y dépasse à peine Nicolas Sarkozy ( 20%) et François Bayrou (17%). Là aussi la sanction est moins sévère pour les socialistes que lors de la dernière élection présidentielle mais n'oublions pas que le pays sort de cinq ans de gestion de droite. Or dans un tel contexte, les ouvriers ont tendance à voter à gauche : ce fut le cas de 60 % d'entre eux aux législatives de 1997 et même de 70 % aux régionales de 2004.
Ensuite, contrairement à ce qu'ils espéraient les socialistes n'ont pas fait forcément le plein dans les quartiers populaires : si on excepte la Seine-Saint-Denis où elle arrive en tête, Ségolène Royal est battue dans tous les départements franciliens qui subirent la crise des banlieues fin 2005 Essonne (31,51% pour Sarkozy), Val-de-Marne (31,82%).
Nulle part dans les grandes concentrations urbaines, Lyon, Marseille, Lille, Royal n'a réussi à devancer Sarkozy qui y a souvent balayé Le Pen. C'est dans l'ouest du pays et notamment les départements fiefs du PS que la candidate arrive en tête. Last but not least : le bastion du Nord-Pas- de Calais, composé de nombreux ouvriers a basculé à droite lui aussi.
S'il veut être de manière assumée un parti de centre gauche plutôt tourné vers les classes moyennes et moyennes supérieures, le parti socialiste n'a pas à s'inquiéter de ce qui semble la sociologie bien installée de son électorat.





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