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Les 35 heures dans l'actu.

Faut-il vendre sa RTT ?

Posté par Myosotis le 09.06.08 à 18:45 | tags : 35 heures, social
Portée par la récente loi sur le pouvoir d'achat, la vente des RTT commence à faire son chemin dans les entreprises du tertiaire et du secondaire privilégiées ou qui ne sont pas menacées dans leur santé globale.
Contrairement au contexte spécifique de sites sinistrés, comme Bosch, où l'abandon complet de la réduction du temps de travail est mise en balance, sans retour sur salaire, avec la survie de l'entreprise, une bonne partie des entreprises en bonne santé ont commencé à proposer à leurs salariés le rachat des jours RTT dont ils ne savaient plus que faire.

Selon les entreprises et l'intérêt financier qu'il peut y avoir à monnayer du temps de travail supplémentaire, les approches varient. Dans l'administration (sécurité sociale, conseils généraux), les premiers dispositifs respectent assez scrupuleusement les préconisations du gouvernement faute de moyens supplémentaires (aucune dotation dédiée à cet effet, le rachat des RTT est financé par des excédents divers ou des suppressions de postes, entendre qu'on partage le petit bout de gâteau sacrifié en interne).

Sont généralement proposés des rachats limités (entre 3 et 5 jours) à tous ou simplement aux salariés qui ont le niveau de salaire le plus bas. Le rachat des RTT contrebalance ainsi, dans l'administration, le gel des salaires (la valeur du point, comme on l'appelle, ou des indices et grilles de rémunération).
Lorsque le rachat est ainsi exclusivement réservé aux employés, l'effet redistributif et "de justice" est maximisé, même si la doctrine véhicule l'idée un rien dérangeante selon laquelle il faut avoir de l'argent pour goûter son temps libre. Les pauvres n'en ayant pas ou peu, les RTT leur passent au dessus de la tête.

Dans les autres structures, le dispositif prend pied timidement mais risque de servir de hangar (on attend une remontée en flèche des Comptes épargne temps, malaimés des français) aux jours non pris. Les cadres notamment, qui ne sont pas particulièrement appâtés par le gain, se disent séduits par un moyen technique qui leur permettra de ne pas avoir l'impression de perdre les jours qu'ils abandonnaient jusqu'alors à leur employeur (même si ces derniers proposaient parfois déjà un système de rachat).

La plus-value pour le loisir est donc nulle dans ce cas mais l'esprit du droit du travail respecté. Beaucoup auraient sans doute préféré jouir d'un peu de repos mais le choix ne leur a pas été donné. Les possibilités de rachat sont proportionnelles au retour sur investissement récupéré par l'entreprise lorsqu'elle capte le surtravail de son employé. Plus de profit ou de chiffre d'affaire et la RTT sonnera comme une forme détournée de participation.

Plus intéressant encore est, lorsque la vente se produit, la découverte par les salariés - qui avaient perdu depuis des décennies l'habitude du travail payé à la journée (Dieu merci) - de la valeur de leur travail quotidien.
Une petite étude menée sur le sujet a montré que la plupart des gens étaient étonnés de l'importance (relative) de la somme qu'ils récupéraient pour un seul jour. En moyenne, et en net, on peut considérer qu'un jour de RTT permet de récupérer entre 80 et 150 euros, selon son revenu évidemment, ce qui est perçu, pour un geste simple, comme une somme assez intéressante par 65% des personnes interrogées.

Pour un tiers d'entre elles néanmoins, cela ne vaut carrément pas le coup. L'intelligence du dispositif est de proposer un démantèlement... collectif qui, par la magie de ce choix simple, s'incarne en un questionnement individuel.
Pour combien est-ce que je suis prêt à abandonner une journée de loisirs ? Les entreprises elles-mêmes sont débordées dans leurs prévisions par la multiplicité des mécanismes qui régissent les choix de revente et qui, d'une façon ou d'une autre, trahissent leur représentation du travail. Pour la première fois depuis longtemps (et bien que cela soit fait au détriment de la situation ante), le salarié a l'impression, lorsqu'on lui donne le choix, d'avoir un arbitrage décisif entre ses mains : temps contre sous, famille contre thune. Les marxistes y voit un faux pari faustien; les libéraux (pas ceux de Bertrand Delanoe) une vraie responsabilisation du salarié et une expression de liberté. A 100 euros la journée, j'y vais ou j'y vais pas ? Si oui, pour quoi faire ? Si non, est-ce que je ne vais pas regretter cette journée passée à ne rien faire ou à jardiner ? La théorie RTT n'a jamais été aussi proche du terrain, aussi proche de nos vies.




Royal toujours floue sur les 35 heures

Posté par Easywriter le 19.01.07 à 11:33 | tags : 35, 35 heures, campagne electorale, economie, ps, royal

Ségolène Royal réaffirme son autorité et son indépendance face au parti. Après le rappel à l'ordre intimé à François Hollande sur les questions fiscales, c'est sur les terres de Martine Aubry où elle se déplace aujourd'hui que la candidate socialiste a rappelé sa toute puissance : dans un entretien publié ce matin par La Voix du Nord, elle indique "ne rien s'interdire" sur les 35 heures, dont la première mouture -largement revue depuis par les gouvernements successifs de droite - était l'oeuvre de Martine Aubry.

Déjà lors des débats internes au parti socialiste, la candidate s'était autorisée un large écart avec le dispositif estimant qu'il avait entraîné de la précarité et de la flexibilité pour beaucoup de salariés. Mais c'est pourtant au nom de "l'agilité nécessaire aux enreprises" notamment dans la recherche de marchés émergents qu'elle n'exclut pas certains ajustements. Dont on ne sait rien pour l'instant. la candidate avait déjà stigmatisé en début de semaine l'application uniforme et autoritaire du dispositif par le gouvernement Jospin, oubliant les nombreux accords de branches et adaptations particulières qui avaient émaillé le projet. Le projet du PS prévoit pourtant la généralisation des 35 heures, position qui à l'époque des primaires n'avait été soutenue sans complexe que par le seul Laurent Fabius.

Sur Flu : Le dossier 35 heures (la position des candidats, 35 heures en Europe)







Dossier : les 35 heures et la présidentielle 2007

Posté par Puck le 16.12.06 à 13:26 | tags : 35, 35 heures, campagne electorale, présidentielles 2007

Heureux les (a)rRTistes, je profite du week end pour vous signaler une lecture plus chronophage, mais aussi peut être plus roborative que celle des billets quotidiennement rédigés sur ce blog politique par Easywriter. A été publié cette semaine un dossier spécial intitulé Vers la fin des 35 heures  ? sur le Mag Politique :

"Les 35 heures n’en finissent pas de susciter des critiques sans qu’aucun candidat n’ose saborder totalement le dispositif. On n’en trouvera guère pourtant pour défendre la loi Aubry (voir la position des candidats). Pourquoi ? Parce qu’en France un curieux consensus politique s’est mis en place autour d’un dispositif aux effets mitigés. Une exception française ? Et en Europe, quid du temps de travail ?" Avant les soldes, la réponse à toutes ces questions qui vous occupent même pendant vos courses de Noël ici.




Ne votez pas pour ce type

Posté par Easywriter le 15.12.06 à 09:24 | tags : 35, 35 heures, campagne electorale, candidats, ps
La menace de candidature est à la mode. Nicolas Hulot et Pierre Larrouturou font  monter la pression chez les prétendants, en commençant la chasse aux parrainages. "Pierre Larouquoi?" Larrouturou, vous ne le connaissez pas mais cet économiste proche du parti socialiste avait déjà tenté l'aventure en 2002. A l'époque il n'obtint pas les 500 signatures.
Son slogan est simple : "Ne votez pas pour moi mais écouter ce que j'ai à dire". Dégoûté par la cuisine interne du parti socialiste et son abandon de toute idée de transformation sociale, Pierre Larrouturou s'éloigne du parti après la mise en place des 35 heures (pas assez audacieuses pour lui) et s'en rapproche à nouveau après la défaite de 2002 - il en est aujourd'hui le délégué national à l'Europe mais tout le monde s'en fout, ou presque. Il a aussi publié un constat sévère sur la mandature Jospin, "la gauche est morte, vive la gauche".
Si le créneau de Hulot est l'environnement, celui de Larrouturou est l'économie : le chomage doit être pris à bras le corps, sans attendre un illusoire retour de la croissance, de toute façon insuffisant. On produit de plus en plus, de plus en plus vite, avec de moins en moins de gens. Si on ne veut pas d'un partage sauvage  (2/3 salariés pressurisés / 1/3 de chomeurs culpabilisés) il faut réduire le temps de travail. Promoteur de la semaine de quatre jours, il vient d'obtenir le soutien de Michel Rocard, autre grand déçu du PS.
Bien sûr, Larrouturou est conscient de ses handicaps - absence de réseau, peu de relais médiatique, un patronyme imprononçable - mais veut alerter la gauche. Si celle-ci ne prend pas mieux en compte ses idées - que quelques uns partagent dans le parti - il pourrait aller jusqu'au bout. Sur un marché électoral de plus en plus serré, la menace de candidature est une arme lourde. Même s'il ne réunissait que 1,5% des suffrages, ça pourrait faire mal. Mais Pierre Larrouturou a d'ores et déjà appelé à voter utile dès le premier tour. Les week-end qui débutent le jeudi à 17 heures c'est pas pour tout de suite les amis...

MAJ : A propos de temps de travail et à l'horizon 2007, Fluctuat.net analyse la position des candidats sur les fameuses 35 heures et la situation en Europe.
Dossier à lire sur le mag, en pages Politique.



Temps de travail des profs : Les syndicats réagissent

Posté par Easywriter le 13.11.06 à 18:44 | tags : 35, 35 heures, royal
Les premières réactions semblaient plutôt clémentes à l'égard de la candidate : ces derniers jours, la FSU et l'UNSA-Education avaient fait savoir qu'elles refusaient d'être instrumentalisées dans le débat du PS. Aujourd'hui , le SNES, principal syndicat su secondaire, vient pourtant de demander à Ségolène Royal de retirer ses propos. La centrale affirme avoir reçu  plusieurs centaines de mails d'enseignants très remontés contre le projet de la candidate. Beaucoup prennent pour argument des études, menées par le ministère de l'Education Nationale  ou par le SNES, qui ont déjà montré que les enseignants travaillaient entre 39 et 44 heures par semaine. Le syndicat considère que "l'école doit effectivement pouvoir apporter, elle-même, tout le soutien et l'accompagnement nécessaire aux élèves, en commençant par ceux qui sont les plus en difficulté" et n'avoir cessé de faire, en vain, des propositions en ce sens aux gouvernements successifs, y compris ceux auxquels participait Ségolène Royal".
(Illus : qui a envie de passer 35 heures là-dedans ?)





La vidéo de Ségolène Royal non tronquée (ou pas)

Posté par Life on Mars le 12.11.06 à 19:47 | tags : 35, 35 heures, dailymotion, éducation, royal
Suite à la publication de cette première vidéo et au raz-de-marée qu'elle a suscité, les partisans de Ségolène Royal ont diffusé une seconde vidéo, soit disant non tronquée (elle est visible sur les forums de Flu).
Une troisième vidéo - que l'on appellera "la vidéo non tronqué dé-tronquée" - vient de faire son apparition sur DailyMotion, en attendant peut-être la vidéo intégrale (1h30) promise par Ségolène Royal lors de son interview à France 3 (suivront le coffret director's cut à Noël, le jeu vidéo et le parc à thème au printemps, etc. etc.)
Voici donc, sous vos yeux ébahis, Ségolène censément uncut. Prenez des gants pour bien attraper les pincettes :

Alors... quoi ?
1. Sur la forme, on ajoute une bonne couche de confusion. La première vidéo aurait été postée par un partisan de DSK (son pseudonyme sur Dailymotion : Jules Ferry...). La seconde par des défenseurs de Madame Royal. Celle-ci est postée par un certain Assurancetourix, qui ironise cruellement sur le "marigot socialiste". Y'a-t-il des agents doubles, voir triples, dans cette sombre affaire ?
2. Sur le fond, ces histoires de manipulation vidéo peuvent sembler de pure diversion, puisque les trois versions disent finalement exactement la même chose : Ségolène Royal souligne l'importance de mieux encadrer les élèves, et de réfléchir à la possibilité d'une présence accrue du corps enseignant dans les murs de l'école. Dans la première version,  le montage fait plutôt ressortir le côté mère fouettarde, puique le passage parlant des moyens est gommé. Mais quoi qu'il en soit, les trois vidéos posent in fine la même question : peut-on ou non tenir des propos publics qui sortent des sentiers battus sur l'enseignement public sans passer pour un infâme réac' ? Il semblerait que non, puisqu'on préfère nier-tronquer-moquer-détronquer-retronquer un discours qui est pourtant bel et bien audible (si si, je vous jure, écoutez), et qui n'est pas entièrement hors de propos... quoi que l'on puisse en penser au final. Peut-être est-ce tout à fait stupide comme proposition, mais il ne serait déjà pas si ridicule que ce soit dicible. Juste ça.

(à lire côté mag, l'article sur les vidéos politiques du web)



Ségolène Royal révolutionnaire... en off [vidéo]

Posté par Easywriter le 10.11.06 à 10:34 | tags : 35 heures, dailymotion, éducation, ps, royal


La proposition révolutionnaire de Ségolène Royal c'est de proposer les 35 heures par semaine...aux professeurs astreints pour l'instant à dix-huit heures hebdo. Pour ne pas subir la bronca du corps enseignant, Ségolène ne va pas le crier sur les toits. Raté : hier cette vidéo a été vue 7 000 fois sur Dailymotion. Ultime coup de kick : video filmée en janvier mais diffusée seulement le jour du dernier débat du PS.
(source : Le Monde et Nuesblog)

Correctif : cette première vidéo a été tronquée. Cliquez ici pour voir une version (censée être) plus complète, et pour une explication des différentes versions qui circulent actuellement sur le web.



Débat du PS : les 35 h, unique sujet de désaccord

Posté par Easywriter le 18.10.06 à 13:45 | tags : 35 heures, aubry, débat télévisé, economie, fabius, jospin, ps, royal, strauss kahn
Huit ans après leur application par le gouvernement Jospin, la réduction du temps de travail reste un léger trauma pour les socialistes. Laurent Fabius fut pourtant hier soir celui qui a le plus fait honneur au passé (et au courage de Lionel Jospin et Martine Aubry), expliquant qu'il généraliserait le processus parce qu'il n'y a pas de raison que tous les Français n'en profitent pas.
Justement tous n'en profitent pas a expliqué pour sa part Ségolène Royal qui avait déjà assez vertement critiqué le dispositif de la loi Aubry et rappelé que pour certains salariés cela s'était traduit par plus de flexibilité au détriment de la vie personnelle et une hausse des cadences. "Il faut avoir une exigence de vérité et d'efficacité" a-t-elle précisé. Dominique Strauss-Kahn a lui été plus allusif, ne voulant pas parler du passé. A peine a t-il indiqué que les meilleurs taux de croissance de ces dernières années avaient été obtenus juste après l'application de ce dispositif.





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