Remaniement : à quoi servent les ministres ?
Entre ministres écartés, nouveaux entrants et fidèles ballottés de maroquins en maroquins, comme Brice Hortefeux qui va occuper son troisième poste en deux ans, le troisième remaniement du gouvernement Fillon, annoncé mardi soir par Claude Guéant sur le perron de l'Elysée, a finalement fait beaucoup de bruit pour rien. Difficile, en effet, de dégager une nomination forte dans cette recomposition qui sent bon le bricolage politique. La diversité initiée en 2007 est maintenue. Les égos ont été ménagés, notamment ceux des sarkosistes. Et un vrai-faux ministre d'ouverture, qui plus est neveu de François Mitterrand, est même là pour faire joli.
Reste qu'au-delà de l'image et des équilibres politiciens, certains choix peu légitimes symbolisent l'incohérence d'un remaniement qui altère encore un peu plus la valeur de la fonction ministérielle :
Brice Hortefeux : s'il avait rempli son rôle à l'Immigration, où il était chargé de conduire la politique de fermeté voulue par le président, le bras de droit de Sarkozy n'aura guère brillé au Travail, où il n'a même pas eu le temps de faire avancer la réforme des retraites. Six mois après, le voilà nommé en charge de l'Intérieur. Un poste qu'il risque de quitter dans neuf mois si sa candidature aux élections régionales de 2010 se confirme.
Christian Estrosi : fidèle sarkosiste jusqu'ici recalé des différents gouvernements Fillon, le maire de Nice obtient enfin un ministère. Celui de l'Industrie. Etrange choix pour ce spécialiste des questions sécuritaires, connu pour ses propositions d'amendement chocs (rétablissement de la peine de mort pour certains crimes, suppression des allocations familiales pour les parents d'enfants placés en centres éducatifs fermés, portiques de sécurité à l'entrée des écoles). Il devait défendre ce mardi sa proposition de loi contre les bandes. En matière d'économie, ses compétences restent à démontrer.
Xavier Darcos : dans la catégorie "ministre qui n'a rien fait mais qu'on promeut quand même", Darcos se pose là. Après plus de deux ans à l'Education, le bilan du Limougeaud n'est en effet pas bien reluisant. Passés des débuts en douceur, il aura réussi à se mettre tous les syndicats à dos, et dû abandonner sa réforme des lycées devant la pression de la rue. Qu'à cela ne tienne, l'Elysée récompense ses efforts en le nommant au Travail. Un ministère où il sera chargé de conduire une réforme autrement plus ardue, celle des retraites, qui plus est face à certains des syndicalistes avec qui il avait eu maille à partir à l'Education.
Commentaires
De frz, posté le 24.06.09 à 18:44
![]() Petite remarque : Darcos n'a pas rien fait, loin de là. Il a réussi à mettre en branle une politique d'ultra droite, de démantèlement de l'éducation nationale (programmes dignes du siècle précédent, suppression des rased, diminution du nombre de poste, etc etc). Ne pas se laisser avoir par les médias qui disent qu'il a échoué (toujours la technique sarkoziste du camouflage par effet d'annonce bidon, dont Darcos est un brillant adepte). Parlez en avec des enseignants, ils ont senti le changement. De Edouard, posté le 25.06.09 à 10:11 ![]() On est d'accord. C'est juste mon propos qui n'était effectivement pas très clair. Je voulais surtout dire que Darcos n'avait rien fait de positif (je sais que 16 emplois seront supprimés l'an prochain) à l'Education Nationale. De Lil', posté le 25.06.09 à 18:32 ![]() Han, c'est pas bien de tronquer les chiffres des futurs chômeurs de l' Education Nationale. :P Ce ne sont pas 16 suppressions, mais 16 000. Ca fait un gap de 15 984, c'est pas rien! De poiul, posté le 27.06.09 à 11:52 ![]() 16 000 !!! de plus : démentèlement de la filière professionnelle (1/4 de profs en moins, passage de 24 à 30élèves dans de nombreuses filières pro, diminution de l'offre de formation en LP et mise en valeur de l'alternance... dans le privé !!!) Ajouter un commentaire |
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