Facs bloquées : la faim contre le manque de moyens Onze étudiants de l'Université du Sud de Toulon viennent d'entamer une grève de la faim pour le retrait de la réforme de Valérie Pécresse. Courageuse ou téméraire, cette pratique radicale engagée répond à la fermeté d'un gouvernement qui ne veut plus toucher à un poil de son projet.
Le débat sur la grève des enseignants-chercheurs sur le forum société
Fin des négociations, poursuite du blocage Ça y est, le gouvernement a dit stop. Après avoir révisé sa réforme du statut des enseignants-chercheurs au compte-goutte et réévalué celle de la formation des enseignants, plus question de montrer patte blanche face aux grévistes. Le 14 mai, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il "ne reviendrait pas" sur l'autonomie des Universités, et Valérie Pécresse, suivant l'exemple, que "si certaines universités essaient de donner des diplômes sans faire passer de véritables examens, l'Etat ne les validera pas". Des examens qui pourraient selon François Fillon être repoussés à septembre dans les universités toujours bloquées. Soit Caen, Grenoble-III, Paris-III, Paris-IV, Paris-X et Toulouse-II.
"Nous sommes prêts à aller jusqu'au bout" Face aux sourds, les mal-entendants. Ceux qui continuent le combat par tous les moyens, même en se vidant l'estomac. Le premier pas a été fait par un enseignant-chercheur de l'Université de Caen le 30 avril. Puis un étudiant de Reims, 20 ans seulement, s'est lancé à son tour dans une grève de la faim : "Je fais ça pour attirer l'attention du gouvernement et lui faire comprendre qu'avec cette réforme, il fait fausse route." Ce matin, c'est carrément la grève de la faim collective à l'Université de Toulon : "Nous réclamons le retrait de la loi LRU et la neutralisation du deuxième semestre pour ne pénaliser ni les étudiants mobilisés, ni les étudiants non-mobilisés qui ont pu pâtir de la grève de certains enseignants", annoncent onze étudiants, précisant, comme une menace, "nous sommes prêts à aller jusqu'au bout". Après les prises d'otages de patrons dans l'industrie, c'est au tour des juniors de la grève de repousser les limites de la geste révolutionnaire pour se faire entendre. Mais jusqu'à présent, jamais les étudiants français n'étaient allés si loin dans la mise en scène.
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