Contre la violence des "bandes", Nicolas Sarkozy a remis son uniforme de Ministre de l'Intérieur lors de son déplacement niçois. Son discours reprend le créneau de la lutte contre la délinquance et engage Christian Estrosi à former un plan d'action publique. Conséquence ? "L'appartenance consciente à une bande" pourrait être passible de 3 ans de prisons et 45.000€ d'amendes.
Nicolas Sarkozy veut "engager une lutte sans merci contre les voyous et les délinquants". Un message que le président avait déjà délivré le 18 mars dernier à Gagny (Seine St Denis) après l'assaut d'un lycée par une vingtaine de jeunes.
La nouveauté n'est pas dans le ton mais dans les actes : le maire de Nice est chargé de déposer une loi avant le 8 mai à l'Assemblée, pour sanctionner l'appartenance à une bande de 3 ans de prisons et 45.000 euros d'amende. Une bande, c'est un peu vague...
Le sociologue Thomas Sauvadet rappelle à Libération qu' "une bande n'est pas comme un gang aux Etats-Unis". Michelle Alliot-Marie, elle, a répertorié en mars 222 bandes en France. Dans le panier, la ministre de l'intérieur recense 2500 membres permanents, autant de membres occasionnels, et 47% de mineurs.
Plus inquiétant, on voit ressurgir le spectre de la loi Pleven, dite loi "anticasseurs", promulguée par Jacques Chaban-Delmas deux ans après mai 68 et abrogée en 1981 par Robert Badinter, rapellait le Canard Enchaîné de mercredi. Cette loi "scélérate", dixit Badinter, permettait de coffrer des troubles fêtes sur la base de la seule appartenance à un groupe. Des arrestations arbitraires qui pouvait aussi s'appliquer à des militants simplement coupables d'avoir participer à une manifestation.
(La déclaration de Nicolas Sarkozy débute à 37min.45)
En Colombie (où on peut carrément parler de gangs avec les "maras"), la municipalité de Bogota a plutôt joué la carte de l'éducation civique. En créant 7000 "écoles de sécurité civique", par exemple, la capitale colombienne veut rendre les citoyens acteurs de leur propre sécurité.
Apparemment ça marche. Mais à un mois des élections européennes, Sarko préfère une méthode plus concrète et expéditive: "
Je n'ai pas changé d'un iota et j'ai même l'intention que nous passions la vitesse supérieure".