Le malaise des profsDémission, prison, folie, suicide. Tel serait le quotidien de nombreux professeurs en France, selon l'enseignante Véronique Bouzou qui publie aujourd'hui un ouvrage au titre choc : "Ces profs qu'on assassine."
![]() "Une professeur qui prend sa classe en otage est très improbable", expliquait Véronique Bouzou, en mars dernier sur RTL, interrogée au sujet du film "La Journée de la jupe". "Quand les professeurs craquent, ils retournent l'arme contre eux-mêmes".
Enseignante de français à Mantes-la-Jolie, déjà auteure en 2005 de Confessions d'une jeune prof, elle s'est donc attaqué dans son dernier livre à ce thème difficile. Une idée qui lui ait venue après ce fait divers survenu en 2008 : accusé d'avoir frappé un élève, un enseignant s'était suicidé au lendemain de sa garde vue. Trop alarmiste, l'enquête de Bouzou ? Pas si l'on en juge cette particularité de l'Éducation nationale, seule administration avec la Défense à disposer de son propre centre de réadaptation psychiatrique, La Verrière.
Voir l'interview de Véronique Bouzou dans Télématin : Commentaires
De Véronique, posté le 18.05.09 à 12:24
![]() Je connais bien les problèmes évoqués par Véronique Bouzou dans son livre intitulé "Ces profs qu'on assassine". Je suis moi-même enseignante d'anglais dans le secondaire dans l'Académie du Nord/Pas-de-Calais. Je ne suis plus en poste depuis septembre 2007 car j'ai préparé un Master 2 pour me reconvertir en traduction. Depuis novembre 2008, je suis installée comme traductrice technique et comme je n'ai pas démissionné, je dois prendre une décision concernant la rentrée 2009. Moi aussi, j'ai connu la dépression, les problèmes de santé et les arrêts maladie liés au stress et à la souffrance causés par des situations répétées de manque de respect, de violence verbale et de manque d'écoute ou de considération de la part de la hiérarchie, voire de discrédit quand celle-ci vous culpabilise en vous accusant d'incompétence, alors même qu'on a pu prouver sa réussite dans les classes gérables. Quand j'entends dire que les épreuves rendent plus fort, personnellement, j'en doute. Je crois au contraire qu'elles finissent par vous miner au quotidien et qu'il devient de plus en plus difficile de gérer les situations de crise quand on se sent seul, affaibli et en proie à une anxiété qui s'est installée en vous et qui vous ronge de l'intérieur. Le suicide des enseignants, je comprends que cela arrive car on vit vraiment des situations extrêmes. Et d'année en année, cela s'aggrave. Il y a aussi des classes où le climat est serein et où c'est un plaisir d'enseigner. Le problème des classes difficiles vient souvent de leur hétérogénéité où on trouve des élèves en grande difficulté scolaire et familiale et qu'on fait passer en classe supérieure sans leur apporter une aide adaptée. Ils se retrouvent mélangés avec les bons élèves dans un souci d'égalitarisme alors qu'en fait, cela ne fait qu'accroitre leur rejet du système car ils se retouvent complètement largués dans un cadre et avec des programmes et un rythme scolaires totalement inadaptés ! Quand j'ai fait part de ces problèmes à la Principale du collège où j'enseignais, elle m'a accusée d'être élitiste ! On croit rêver... En réalité, je parlais pour le bien de tous les élèves : ceux qui sont bons et que les problèmes de discipline dans ces classes hétérogènes dérangent, mais aussi ceux qui rencontrent de grosses difficultés sur lesquelles l'institution ferme simplement les yeux ! La situation qui règne aujourd'hui dans beaucoup d'établissements scolaires en France est tout simplement terrible et il est criminel de fermer les yeux et de laisser les choses se dégrader à ce point. Et il faut craindre que cela n'empire avec les suppressions de postes et la diminution des moyens. On sacrifie notre jenesse. Je n''excuse en rien la violence mais elle reflète l'état de détresse qui sévit aujourd'hui. Moi même, je suis très pessimiste quant à l'avenir de notre société et je vis avec un sentiment de peur. De Albert, posté le 21.05.09 à 21:09 ![]() Bon courage, Véronique, dans votre nouveau job. Je suis retraité, ex-enseignant de français dans une école technique et artistique. Je suis diplômé Bac + 3 en français-histoire, mais je souhaiterais pour mes futurs collègues, une formation universitaire vraiment professionnalisante de type Bac + 5 afin de ne pas jeter de jeunes collègues dans "la fosse aux lions" sans avoir appris le métier de "dompteur". Car, il faut bien commencer par là si l'on veut se faire entendre= J'étais considéré comme un professeur sévère aimé des élèves, mais je passais tout de même la moitié de mon cours à "faire le gendarme". Et dire que ces élèves savaient se montrer si attentifs et si appliqués dans les disciplines professionnelles! Amitiés! Albert De jerome, posté le 21.05.09 à 21:39 ![]() ATTENTION Encore un sujet dont va se servir SOSeducation pour faire du lobying...... De Denis, posté le 21.05.09 à 21:43 ![]() Trop bon, Comment tenir sa classe, manuel de discipline à l'usage des jeunes professeurs Le livre édité par soseducation... Du n'importe quoi... De politique, posté le 21.05.09 à 21:49 ![]() Au vu du nombre de suppression de postes sans cesse croissant, l'education nationale est abandonnée par le gouvernement. De Maurice, posté le 25.05.09 à 15:06 ![]() Ayant moi-même enseigné 30 ans à Mantes la jolie - mais aujourd'hui retraité - je souhaiterais effectuer une interview de Véronique Bouzou pour une revue syndicale. Peut-elle me contacter à l'adresse mail ci-dessus ? Merci. De Aline, posté le 27.05.09 à 13:23 ![]() Cette année je suis néo-titulaire et j'enseigne dans collège du sud de la Seine et Marne. Je dois avouer que je pense sincèrement à me reconvertir; Sans être dans établissement difficile, j'ai de grand moments de déprime. Je ne gère absolument pas certaines classes, et ce matin encore je n'ai rien fait avec l'une d'entre elles. Il faut se battre pour tout: pour qu'ils arrivent à l'heure, pour qu'ils se rangent, pour qu'ils quittent leur manteau, pour qu'ils se taisent , se mettent au travail ... J'ai beau varier les activités, les valoriser ... rien n'y fait. Je ne sais même plus combien de méthodes j'ai essayé depuis le début de l'année. Je dois en plus supporter leurs moqueries, leurs remarques, leurs critiques. Les punitions, heures de colles renvois et rendez-vous avec les parents n'y ont rien fait. Avant d'exercer ce métier je pensais que c'était un métier valorisant, intéressant avec une dimension humaine importante. Maintenant je ne vois que les maux de ventre, les larmes à la fin de la journée et les cauchemars la nuit. Je ne pense tout simplement pas être faite pour ce métier car je suis incapable de gérer une classe. Ajouter un commentaire |
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