Les errements de la loi Hadopi se poursuivent avec le coup de gueule de Nathalie Kosciusko-Morizet. La secrétaire d'Etat à l'Economie numérique révèle dans une interview au figaro.fr ne jamais avoir été consultée sur un projet de loi qu'elle trouve dépassé.
Son ministère a eu beau jeu de réduire l'entretien aux déclarations les moins compromettantes, le site electron libre s'est procuré la version dite non-recoupée, qui tourne depuis sur la toile comme une patate chaude. "Cette interview peut lui coûter sa place" reconnaît un habitué des cercles élyséens.
On y apprend l'absence de concertation entre le Ministère de la Culture et celui de l'Economie numérique. NKM a été exclue des débats. Dommage, car son avis aurait pu éviter de proposer une loi qu'elle juge en retard : "On a laissé le mal s'installer, prospérer et le débat survient trop tard par rapport à une pratique déjà installée".

Hors gouvernement, les critiques fusent contre Hadopi. Jacques Attali juge la loi "scandaleuse et ridicule" car elle n'est qu'une défense tardive des intérêts des gros bonnets de l'industrie du disque. A cela, NKM ajoute l'inutilité: elle sera évitée par tous ceux qui savent modifier leur adresse IP. "Moi-même je sais comment faire ! "
On espère en tout cas que ces déclarations ne lui coûteront pas son poste, elle qui se dit prête à travailler à "l'après-Hadopi" avec les "acteurs de l'après".