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Wall Street Journal et affaire Madoff : comment rater son "Watergate"

Posté par Emmanuel le 19.02.09 à 16:13 | tags : medias et politique, décryptage, crise financière
Le scandale Madoff aurait pu éclater dès 2005 ! Le Wall Street Journal avait l'informateur, mais le scoop a été enterré. Paresse intellectuelle, auto-censure ? Deamon Ingleton a mené l'enquête pour counterpunch.org sur ce Watergate financier resté lettre morte.

Dès 2005, Harry Markopoulos aurait pu être le nouveau Deep Throat et John R. Wilke succéder aux journalistes du Washington Post qui ont déterré l'affaire du Watergate en 1974.
Pour Deamon Ingleton, les révélations de l'inspecteur Harry sur Bernard Madoff "représentaient la plus grosse opportunité de développement de carrière qu'un journaliste avait en main depuis que Gorge Profonde livrait Richard Nixon à Woodward et Bernstein". Pas moins.

Pourquoi alors les coups de fils et les mails de Harry à John R. Wilke, reporter financier au Wall Street Journal, n'ont pas donné de suite? Selon Markopoulos, le journaliste était prêt à se lancer mais il n'aurait pas reçu l'aval de ses chefs ...Pour Ingleton, il est fort probable que l'enquêteur ait seul perdu la foi, voyant que si peu d'informations circulaient autour de la société d'investissement de Bernard Madoff.

Pourtant, le rapport envoyé par Markopoulos au Wall Street Journal donnait tous les détails de la fraude financière opérée par Madoff. Inexplicable silence médiatique. Autre exemple, le jour où Madoff s'est dénoncé, le New-York Times a publié un article révélant que ses contacts à Wall Street avaient senti l'arnaque depuis longtemps. De quoi écœurer encore plus les milliers de victimes de l'homme d'affaire.

Le Wall Street Journal a pondu une excuse: les propos de Markopoulos étaient "mal-informé et incorrects".

Pour Deamon Ingleton, le rapport de l'expert en échanges d'options était au contraire trop technique pour les journalistes. Mais "n'importe quel jeune reporter financier intelligent n'aurait pas eu de difficulté à comprendre les arguments de Markopoulos".

En apprenant que le Wall Street Journal a qualifié les propos de Markopoulos de "fantasmes" pour sauver sa réputation, une question nous taraude : combien de temps Richard Nixon serait-il resté au pouvoir si, en 1974, le Washington Post avait dit à Deep Throat de rentrer sa langue ?

 

Deamon Ingleton est l'ancien rédacteur en chef du magazine américain Forbes et du Financial Times.

A lire aussi, l'article sur Madoff vs Kerviel

 





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