Tels sont les thèmes que Ségolène Royal entend mettre sur la table d'un grand débat "transparent' avec les centristes. Suivant le point de vue de Bernard Kouchner, elle a lors de son meeting de Valence et moins de 24 heures après le premier tour donné le ton de la campagne de second tour. Avec leur score, ni les Verts, ni les communistes ne sont en mesure d'exercer une quelconque pression sur les socialistes qui sont prêts à dealer avec l'UDF.
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par Jacques CHEMINADE
« Crois pas c'qu'ils te disent, un autre monde est possible
J'lutte pour él'ver celui qui m'écoute »
Avant l'Album, Axiom
Nous voterons contre Nicolas Sarkozy et donc pour Ségolène Royal. Sans arrière-pensées ni hésitations, car si l'ancien ministre de l'Intérieur venait à occuper le fauteuil présidentiel, la France se soumettrait à la stratégie politique de MM. Blair, Cheney et Bush. Elle deviendrait ainsi un pion sans âme de l'oligarchie financière.
Le pedigree de M. Sarkozy est clair :
Il se prétend le « protecteur » de tous les Français qui ont « peur de l'avenir », alors que, de fait, il a été et demeure le protecteur-protégé des Bouygues, Lagardère et Bolloré, sans parler d'autres plus exotiques. Au sens propre du terme, sa candidature est inadmissible : pour lui, la France n'est pas cette « certaine idée » du général de Gaulle, mais un conglomérat d'intérêts dont il croit pouvoir devenir le maître et dont il est en réalité le serviteur.
Le vote pour Ségolène Royal se justifie donc pleinement pour éviter que Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir. Il faut cependant le dire franchement : en ce 23 avril, le vote du premier tour lui offre toutes les chances de l'emporter au second. Une campagne comme celle de Lionel Jospin contre Jacques Chirac en 1995, n'apportant rien entre les deux tours, serait donc un désastre pour nous tous.
Ségolène Royal, qui, dans sa déclaration du 22 avril, a condamné les puissances de l'argent et la loi des marchés financiers, doit proposer une politique plus hardie et plus précise, qui fasse sauter le verrou du contrôle de l'oligarchie. Sans être aventuriste, cette politique doit avoir pour horizon un nouvel ordre économique et monétaire international, un nouveau Bretton Woods et un Pont terrestre eurasiatique « de l'Atlantique à la mer de Chine », vers l'Inde, la Russie et la Chine, une Europe réellement vouée à de grands projets, de grands travaux et des échanges culturels dignes de ce nom et une France, comme elle l'a dit, retrouvant l'élan social de l'après-guerre et en particulier du préambule de la Constitution de 1946. La barre doit être placée haut, car c'est à un retour du fascisme auquel nous devons faire face aujourd'hui, comme pendant la crise des années trente.
En négatif, Ségolène Royal doit organiser le combat contre Bush, Cheney et Blair et les intérêts qui les promeuvent, en prenant sérieusement contact avec ceux qui les combattent aux Etats-Unis.
En positif, elle doit proposer une politique de banque nationale et de crédit productif public pour financer les travaux et les projets nationaux et européens.
Il s'agit d'un changement profond, mais en période de crise, un éléphant qui extrapole mène au désastre. Il nous faut une femme libre, pour surmonter la crise du monde et de notre pays par des initiatives audacieuses rompant avec la règle du jeu, y compris de son propre parti. Si elle le fait, Ségolène Royal, avec son propre instinct et son mauvais caractère – qui est une qualité dans la tempête –, peut l'emporter.
Nous l'espérons. Quant aux électeurs de M. Bayrou, il serait immoral et ridicule que, d'abord attirés par la présence d'une « force nouvelle », ils se rallient ensuite piteusement au candidat de MM. Santini (l'homme des machines à voter douteuses), de Robien et Douste-Blazy. Et qu'ayant voté ou cru voter au premier tour contre une société bloquée, ils donnent leur voix au second tour à celui qui va davantage la verrouiller et l'asservir.
Ce n'est pas dans l'ignorance des dangers qui nous entourent mais en les défiant à leur juste mesure que nous trouverons notre salut. En rétablissant une société belle, non plus livrée à cette ridicule foire aux vanités qu'ont été les débats d'après les résultats du premier tour, mais trouvant des hommes et des femmes capables de dépasser l'éternel conflit entre le naturel et le rationnel, et de mettre leurs émotions les plus intimes et les plus intenses au service de la justice et de la raison.
Tel est l'enjeu du second tour, et c'est pourquoi nous devons écarter du pouvoir la déraison et l'injustice de Nicolas Sarkozy, ce qui est possible pourvu que nous préparions une réelle relève.
Le 23 avril 2007
Pas mal le discours de Royal à Valence...
La France de Ségolène Royal c´est la France frileuse, celle que se recroqueville comme un escargot sous sa coquille (devenue très peu solide), c´est la France qui n´ose pas sortir affronter les réalités d´un nouveau monde globalisé. Les jeunes qui votent Ségolène Royal sont souvent bien plus frileux que bon nombre de leurs ainés. Ce n´est pas un reproche, c´est un manque de confiance en l´avenir et en leurs capacités propres, qu´il faut s´employer à leur redonner. Ces jeunes n´ont pas besoin de l´assistanat de Ségolène Royal (ils valent bien mieux que cela), mais de respect et de liberté d´action dans une économie flexibilisée! La France de Ségolène Royal repose sur un modèle qui vise à répartir des richesses qui aujourd´hui n´existent plus (la France est à la queue de tous les pays européens en terme de croissance économique), à relancer la croissance avec des moyens financiers (lesquels s´il vous plait au regard de notre dette!). L´idéal socialiste est surement un des plus beaux qui soient, j´adère tout à fait à l´idée que nous ne pouvons pas laisser au bord de la route une bonne partie de la population, ce qui est aujourd´hui en jeu c´est la sauvegarde de notre modèle social (menacé par le veillissement de la population, le chomage structurel, la féroce concurrence internationale etc). Certains pays sont en bonne voie dans la sauvegarde de leur modèle (l´Allemagne par exemple ou je vis depuis 13 ans), mais excusez-moi, cela ne s´est surement pas fait avec des mesures comme celles que préconisent Ségolène Royal!!! La première reaction au pacte présidentiel de Ségolène Royal Outre-Rhin a été: "jamais elle n´arrivera à financer un tel programme, c´est contraire à toute logique économique, c´est la faillite programmée, la France doit vivre sur une autre planète!"
Je connais extremement bien la Chine et l´Inde pour y travailler régulièrement, j´y rencontre des gens dans une très grande misère qui affrontent des difficultés immenses dans une bonne humeur à toute épreuve et un humour exemplaire! Retrouvons un état d´esprit pionnier, osons, ayons la rage de réussir, donnons-nous les moyens d´un projet realiste et dynamique, votons Nicolas Sarkozy!
Ah, Just do it!, quel dommage que Nicolas Sarkozy ne prône pas une réelle liberté économique (il est pour une subvention de l'économie, en fonction de critères fixés par l'Etat, contre l'indépendance de la Banque Centrale Européenne), et qu'il mène une politique sécuritaire, autoritaire... S'il prônait la politique que vous défendez, je voterais pour lui. Aujourd'hui, je ne sais pas ce que je ferai le 6 mai.