Nicolas Sarkozy a donné le ton hier soir en prononçant un discours essentiellement axé sur la France qui souffre (avec énumération quasi-exhaustive des handicaps possibles), la France qui a peur (de lui) et le besoin de fraternité éprouvée par la société. Bref, maintenant que la droite marche en rangs serrés et que vraisemblablement plus de la moitié du vote de Jean-Marie Le Pen lui est acquis, Sarkozy a tout loisir pour chasser au centre comme il l'avait prévu.
Ses lieutenants ont donc commencé à distiller un cocktail savamment dosé de menaces et de bonbons.
François Fillon - premier ministre pressenti en cas de victoire de la droite - expliquait ce matin sur RTL que "Fran
çois Bayrou a fait une campagne beaucoup trop brutale à l'égard de Nicolas Sarkozy, mais il a fait une belle campagne, et a réussi à faire un score devant lequel il faut s'incliner". S'incliner c'est ce que fait à sa manière Jean-Louis Borloo l'un des jokers "droite sociale" de Sarkozy, estimant qu'il devrait y avoir des ministres UDF "en masse" dans le futur gouvernement.
Alain Juppé a rappelé qu'il avait "une longue habitude de travail avec l'UDF".
"Nous voulons gouverner avec une majorité ouverte, avec plusieurs pôles, y compris avec des gens de gauche", a expliqué sans rire de son côté Jean-Pierre Raffarin, le pôle de gauche pourrait être animé par Eric Besson, socialiste il y a encore quelques semaines.
Mais évidemment personne ne s'attend à un ralliement explicite de François Bayrou qui ne pourrait qu'y perdre toute sa crédibilité. L'UMP sait que l'électorat bayrouiste est une auberge espagnole qui compte
d'après les études 47 % de gens plutôt de gauche, 35
% plutôt de droite et 18 % d'hésitants qui pourraient s'abstenir. Le mieux est donc de semer la panique dans les troupes en mettant la pression sur les parlementaires UDF élus en 2002 grâce à l'UMP.
Gilles de Robien, unique membre centriste du gouvernement et qui ne rallia Sarkozy que fin mars est donc chargé de rabattre quelques uns des 29 députés UDF en leur assurant une clause de non concurrence pour les législatives. Ceux-là sont bien ennuyés : si Bayrou conclut un marché avec la gauche il va falloir qu'ils expliquent leur électorat que ceux qu'ils combattaient il y a cinq ans dans leur circonscription sont désormais leurs amis. Bon courage les gars...
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C'est tout de même beau le 'changement' que nous pouvons constater en politique : on s'insulte, on se crache dessus.. et pis, après, on vous fait les yeux doux quand on a besoin de vous...
Quel changement, non ? ca fait du bien, non ? toutes ces manoeuvres pitoyables, ca change, non ?
je sens le vent du changement souflé sur mon visage et ca sent vraiment TRES TRES MAUVAIS... Changer, OK, mais CHANGER PAR AVOIR PIRE !!!
Sarkozy fait peur (et oui, à moi aussi il fait peur) parce qu'il ne parle que d'une chose dans ses discours (y compris celui d'hier) : DE LA PEUR !!!! comptez le nombre de fois où il a prononcé ce mot, hier, et vous comprendrez ce qui pilote l'artiste...
La remarque de 'Vade gauche' est trés pertinente et je me pose aussi cette question... serais je en train de ma braquer, ou suis je moins naïf que les autres ? les 5 prochaines années répondront à cette question, et espérant de tout coeur que je me trompe...
Pour ceux qui restent = peur (insécurité entretenue) du licenciement = acceptation de faire n'importe quoi à n'importe quel prix : c'est ce que la droite néolibérale appelle "valeur travail".
GRAND MECHANT LOUP
Avez vous entendu le ton douceureux qu'a emprunté Sarkozy au méchant loup pour que la grand mère lui ouvre le porte et ensuite la manger?
Sarkozy est un loup, un dangeureux homme, ambitieux les dents rayent le parquet, et pour réussir à imposer sa vision d'une France injuste ou les riches seront plus riches, ou la solidarité ne pourra jamais compter sur les élus, une France ou les plus pauvres, les plus précaires, ne comptent pas, il est capable de se fourvoyer, de lancer un discours lamentable.
Il fait les yeux doux aux moins chanceux, il réussi à caser un mot pour chaque catégorie de français dont il se foue éperduement mais qui peuvent le faire gagner. mais ce n'est pas un jeu monsieur Sarkozy, le résultat ne s'arrête pas là, c'est pour 5 ans que vous serez (hélas sans doute) élu.
Vous saurez vous regarder dans la glace quand après avoir promis à TOUS les français une meilleure vie, il va y avoir de plus en plus de chomage, car de plus en plus de profits pour els entreprises, mais de plus en plus de délocalisation, moins de création d'emplois durable mais un CPE sans doute détourné ?
je n'en doute pas, je n'ai aucune illusion sur votre personnage!
Ben pour quelqu'un qui fait peur les ptits amis, 31% c'est pas mal. J'aimerais bien faire peur comme ça.
Mais continuez vos ptits discours.
@ Lolla : oui, mais faut-il rappeler que jusqu'à cette élection, Le Pen obtenait 4 000 000 de voix ? Est-ce que ramener un électeur FN vers un parti démocratique (ah oui, c'est vrai, il faut rappeler que l'UMP est un parti républicain) est une faute ? est-ce que laminer Le Pen n'est déjà pas une réussite ? Les électeurs de Le Pen, on en croise tous les jours dans la rue. Pour la plupart d'ailleurs, ce sont d'anciens électeurs du PC (cf. ma région, le Nord-Pas-de-Calais). Alors, oui, tant mieux, 31% avec des ANCIENS électeurs de Le Pen. Tant mieux même.
@ marie2bordeaux : Non merci je sais, mais je ne vois pas le rapport. Hitler n'a pas été élu, il a été désigné Chancelier par Hindenburg. D'autre part il a été élu suite à une manoeuvre d'alliance entre le centre et la droite, en raison d'un système électoral proportionnel où aucune majorité n'arrivait à se dégager. En contexte de chômage fort (30%), le parti d'EXTREME DROITE et protestataire (la comparaison est donc Le Pen et non Sarko mademoiselle) est passé devant la droite classique à cause de sa faiblesse et de son incapacité à traiter les problèmes. Donc merci pour les leçons d'histoire et de démocratie.