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Quand Colombani soutient Royal et Sarkozy

Posté par Easywriter le 20.04.07 à 12:12 | tags : campagne electorale, medias et politique, présidentielles 2007

Si les grands medias avaient une quelconque influence sur les votes, l'éditorial de Jean-Marie Colombani dans Le Monde ce matin aurait surement l'effet inverse de celui escompté. Dans un long billet intitulé "impératif démocratique", Colombani explique que le second tour doit voir s'affronter Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, sur fond de risque d'une nouveau "21 avril", catastrophique pour la démocratie. En outre il serait très important que deux visions politiques très fortes s'opposent pour le pays. Pourtant le directeur du quotidien vespéral concède qu'il n'est pas exclu que Sarkozy soit "libéral quand les affaires marchent, protectionniste quand l'Etat est impuissant" ou que le PS est incapable "de faire émerger une force social-démocrate". Colombani est un poil plus convaincant quand il parle de l'aventure politique de François Bayrou que les institutions ne permettent pas d'accompagner.
Mais quand il écrit "depuis, son élection en 1995, le pays n'a pas vraiment été en mesure de se prononcer clairement, positivement, pour dessiner son avenir", le bonhomme est gonflé : cette année là, Edouard Balladur s'opposait à Jacques Chirac dont il était premier ministre sur la foi de la seule notoriété qu'il avait dans les sondages d'opinion.
Dès le 12 janvier, le quotidien titrera " Pour l'opinion, l'élection présidentielle est jouée", entérinant l'idée que Balladur (que le journal soutient jusqu'au rêve) est le meilleur parce qu'il est le gagnant. Peut-être que, déjà à l'époque, l'enjeu est la conversion au libéralisme d'une droite française empêtrée dans des oripeaux gaullistes, mais l'affrontement des deux se résume au final tout de même plutôt à un conflit d'ego. Dans son edito du jour, il concède par ailleurs que les candidatures Balladur 1995 et Barre en 1988 ou le combat Chirac /Giscard en 1981 avaient "pour effet mécanique de contenir le vote FN". Comment dire autant de choses contradictoires d'une ligne sur l'autre ? Il y a peut-être un début d'explication quand il compare également les deux candidats à des journalistes, "cherchant à rebondir sur des actualités et des émotions successives, leurs priorités respectives étant finalement gommées à force de sauter d'un sujet à l'autre." Au regard de la définition faite de la profession on comprend que le directeur du Monde hésite peu à surfer...
Bref, l'argumentaire en faveur du bipartisme est assez sommaire et François Bayrou n'a plus qu'à crier (il ne s'en prive pas) à la peur des grands medias (Lagardèr brrr...) de voir quoi que ce soit changer au sein de rapports de pouvoirs dont ils tirent quelque avantage...





Commentaires

De Guisbourne, posté le 20.04.07 à 17:24 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Ce billet est factuellement faux. L'article "pour l'opinion, l'élection présidentielle est jouée" en 1995 était un point de vue de Jérôme Jaffré, directeur de la SOFRES, et non un article de la rédaction du Monde. Lors de cet élection, le directeur du Monde dans un éditorial a indiqué assez clairement sa préférence pour Lionel Jospin, comme en 2002. Quant à 1981 et 1988, le journal avait fait la même chose, cette fois pour François Mitterrand.

Personnellement, je suis assez d'accord avec l'édito de Colombani. Avoir un 2e tour droite - droite empêcherait un vrai choix démocratique entre 2 projets de société, car Sarko ou Bayrou une fois élus ne pourraient de toute façon gouverner qu'avec une majorité UMP-UDF.



De Balise, posté le 21.04.07 à 09:58 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

En France, les arbres commencent à bourgeonner. Toute la nature annonce le changement, un changement tendre et sans heurts. Epousez le mouvement.
C’est une femme. Au début comme tout bon mâle j’étais sceptique : qu’à donc à voir le sexe avec les compétences, me disais-je ? Et voilà un Parti Socialiste exsangue depuis la défaite injuste de Jospin qui sort de son chapeau une dame jolie comme une publicité pour des vacances au bord de la lagune, opposant son imperturbable sourire à la morgue des éléphants socialistes, aux dents acérés des requins UMP... mais... une femme.... vous y pensez ? Marianne, si joliment féminine avec son écharpe tricolore, pourrait vraiment être incarnée... par une femme ! Voilà qui bouleversait nos usages. Marianne bibelot dans les vitrines des officines de la République, tant que vous voudrez, statue-sirène à la proue du beau bateau France... mais... une femme à la barre ? Et une femme féminine en plus... Mais puisqu’on vous dit que le pays est fasciné par sa propre insécurité... ce qu’il nous faut, c’est Villepin qui paraît-il la dit... c’est un Ben Hur, un chef de gang qui est assez de c0v !££s pour aller mettre de l’ordre dans les quartiers ! La France a besoin d’ordre. Qu’ont à voir les femmes avec l’ordre, si ce n’est avec l’ordre de la maisonnée ?
Mais c’est le Printemps, toute la nature appelle au changement tendre, les oiseaux même s’éveillent et délaissant pour un moment la chasse aux insectes, s’envoient, d’une branche à l’autre, des trilles amicales pour annoncer le retour du soleil.

La guerre des gangs n’aura pas lieu, semblent nous chanter les oiseaux. Il ne faut pas qu’elle ait lieu. On le sait, les petit mâles aiment à se prendre pour de grands aventuriers. Et combien y en a-t-il, aujourd’hui, en France, de ces petits mâles ambitieux, que ce soit dans la misère des citées ou dans les palais dorées de la République, qui attendent le signal des hostilités ?

Il est grand temps qu’une femme mette de l’ordre dans la maisonnée, une femme, qui, ayant déjà éduqué quatre enfants, ayant mis de l’ordre dans toute une région, la sienne, qu’elle dirige sans heurts, ne divise pas la belle et multicolore famille France - en opposant d’un côté "le parti des honnêtes gens" de l’autre "celui de la racaille", en opposant d’un côté "la France qui se lève tôt", de l’autre coté "la France des assistés", en jouant "une France contre une autre", comme s’il y avait deux France - mais en réunissant tous les enfants de France, dans un même projet.

"De l’ordre ?" oui ! nous dit-elle. Comment une femme, mère de famille de quatre enfants ne pourraient-elles pas savoir qu’il faut que l’ordre, ou mieux, l’harmonie, règne dans la maisonnée ? mais de l’ordre juste. Car une mère sait qu’on ne peut éduquer des enfants simplement par la contrainte ou une morale rigoureuse dont on ne donne même pas soi-même l’exemple. Et quel homme ou femme politique aujourd’hui en France pourrait prétendre être un Saint ou une Vierge immaculée ? Elle n’est pas une Sainte, mais une femme, et une mère, qui aime d’abord tous ses enfants pour ce qu’ils sont, tous les enfants de France, et qui ensuite, veut les conduire, et elle avec eux, à s’améliorer ! Car c’est ici une toute autre manière de gouverner qui s’offre à nous, ou chacun de nous doit trouver sa place, comme acteur.

"Le travail ?" oui ! ajoute-elle, mais une relation au travail qui tienne compte des possibilités de chacun des enfants de France et cherche à les accroitre. Car une mère sait que chacun de ses enfants n’est pas pareillement doué, mais à chacun, elle veut donner la possibilité de se réaliser.

Une famille ? oui ! mais que serait une famille qui ne serait pas ouverte sur les autres ou qui chasserait, après les avoir punis, ceux qui commettent des bêtises, si grosses soient-elles ? Que serait une famille qui fermerait sa porte à celui qui ne parle pas aussi bien la langue familiale que les autres ? A celui qui ne réussit pas aussi bien que les autres ? Que serait une famille qui choisirait ses enfants selon les dons qu’ils ont ? Ce ne serait pas une famille, ce serait un clan, un gang, une mafia.

Donc, prêtez l’oreille, amis de France. La nature toute entière parle d’amour, et la France n’a pas besoin d’un père fouettard qui nous commanderait d’espérer à l’ombre d’un martinet et promettrait de punir tous ceux qui ne voudraient pas se mettre au garde à vous devant l’espoir préfabriqué qu’il nous commande ! Elle a besoin d’une femme, elle n’en a jamais eu autant besoin, elle est prête pour recevoir une femme qui nous invite à renouer le dialogue, et à réapprendre à tisser, avec les fils multicolores de nos différences, un drapeau français - qui ne soit pas le fanion d’une armée de petits mâles avides de pouvoir, à l’ombre duquel se prépareraient les prochains carnages.

 



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