(chaque jeudi, le regard que porte David Dufresne sur Partis de campagne, le blog militant de Flu). Episode 7.
La semaine dernière, nos militants étaient loin. Ils étaient absents. Silencieux. En un mot : ils étaient mous. Coup de barre à droite pour Sarko, coup de barre à gauche ( ?) pour Ségo, et pendant ce temps là, donc, coup de barre tout court pour eux. Et soudain, ça s’excite à nouveau. Mieux que ça : en filigrane, il est souvent question de vitesse. Entre nous, les gars (et la fille) : il était temps. Ce n'est plus une course à la présidentielle. C'est le sprint final. Groupons nous, et demain, etc.
Bien sûr, il y a cette histoire de TGV. Pierre est monté dedans comme d’autres ont descendu des vitrines Gare du Nord. Furtivement, furieusement, foutrement vite et bien. C’est ce qui a de chouette, sincèrement, avec Pierre : il fait corps avec son Sarko, corps avec son mentor, il est authentique. En un sens, il est un jeune militant à l’ancienne, totalement (dé)voué à la réussite de son parti, et totalement voué, aussi, à son propre effacement. Mais, ça, Pierre, il ne le sait pas encore. Pierre, il vit dans le monde moderne. Il est double : à l’ancienne, et il est speed. Tout n’est plus que broyeuse et recyclage, rétromania et centrifugeuse. Pierre, c’est Sarko ; et Sarko c’est la politique caféine. C'est grâce à lui, dit il, «si aujourd’hui la campagne présidentielle intéresse tant de français, parce que l'énergie que donne Nicolas Sarkozy bouscule la vie politique, la fait exister. En cela, il est un leader.»
Cette phrase est un trait d’époque à elle seule. Elle est Sarkozyenne en diable. De la totale tautologie sous amphète. Vitesse et précipitation. Ivresse et désinformation. Ce qui compte, ce n’est plus seulement d’être partout : c’est d’y être avant les autres.
Comme le regrette le bayrouiste Bruno, qui voudrait bien passer la VIIème, ce qui importe c’est bien désormais de figurer en bonne place « dans le grand zapping de la campagne présidentielle». Le Vert Jean-Marc le dit autrement. Dans un lapsus , il dit «spots» pour parler de ses posts.
On en est là, en somme.
Spots. Hot Spot. Post. Potes. Poste partante. Des réseaux partout, du haut débit partout, de l’image partout, de la speederie en batterie. Comme si une seule chose comptait :
Courir pour la forme.
Couvrir le fond.
On continue, hein.
De Monsieur B., posté le 06.04.07 à 08:23 
Mouais...
De Desperate Ausweiss, posté le 09.04.07 à 03:15 
"...y être avant les autres" : comme Rudolph William Louis Giuliani héliporté au dessus de ruines encore fumantes ?
Ou avant encore ?
Les pires surprises, les pires manip', les pires déjà-vus sont encore à venir.
"Attentifs, ensemble", mais sans illusion, continuons !