J'ai menti, mais c'était de bonne foi. ”
Bernard Tapie est le roublard le plus populaire de France. Tour à tour entrepreneur, homme politique, chanteur, écrivain et comédien, c’est un touche-à-tout constamment capable de se faire pardonner ses anciennes erreurs. Un homme politique comme on n’en fait plus.
Tout commence dans le sud, où Bernard Tapie vend des télévisions. Sa technique est simple et efficace : en porte-à-porte, il propose de répondre à une enquête sur les programme préférés des sondés. Ceux-ci n’ayant pas de télévision, il leur en propose une en essai gratuit d’une semaine. Le sondé y ayant pris goût, il devient facile de le convaincre de l’acheter.
Dix ans de cette technique, et en 1977, Bernard Tapie rachète le magasin où il travaille. Mais il vise plus haut.
Un moyen rapide de se faire de l’argent : racheter des entreprises ruinées, les dynamiser pour les revendre ensuite. C’est ce qu’il fait avec l’OM et Adidas. Bernard Tapie devient un nouveau riche et intéresse les médias. Un peu trop même, car les ennuis commencent. L’affaire OM-VA, l’affaire du Phocéa, la fraude fiscale…
Le Berlusconi français n’a pas d’autre solution que celle de se lancer dans la politique pour s'immuniser. Devenu ministre de la ville pendant un an, il a l’idée de se présenter, et devient député à l’Assemblée. Mais l’Assemblée lève son immunité afin qu’il soit jugé. Tapie se réfugie dans les européennes, et trouve en
Mitterrand un soutien fidèle, celui-ci voulant torpiller
Michel Rocard. Devenu député européen, il doit vite se résoudre à écouter la justice. En prison, l’homme réfléchit.
Et revient changé. Devenu comédien, il triomphe sur scène. A la télé, ses feuilletons sont un carton d’audience. Ses livres s’arrachent. Il suscite l’admiration et l’envie à la fois, surtout lorsque le Crédit Lyonnais est condamné à lui rembourser 135 millions d’euros. Désormais, Bernard Tapie a assagi son ambition et jure que les conneries, c’est bien fini.
Sa force : Son ambition
Sa faiblesse : Trop malhonnête pour être honnête