Tout le monde doit se déplacer, courir et prendre autant de collines palestiniennes qu’ils peuvent pour élargir les colonies israéliennes parce que tout ce que nous saisissons maintenant restera notre propriété… Tout ce que nous ne prendrons leur reviendra. ”
Les Israéliens préfèrent les politiciens qui ont mené une carrière militaire et ont combattu les Arabes. C’est le cas d’Ariel Sharon, entré dans l’armée dès 1942. Jusqu’en 1973, il participe à tous les conflits opposant les pays arabes à Israël. Sa détermination et son audace le font vite remarquer.
Comme en 1952, lorsqu’il fonde et dirigé le corps d’élite de l’Unité 101. Celle qui s’en prend à tous les Palestiniens, civils ou non. Comme en 1956, lorsqu’il participe activement à la bataille du canal de Suez. Et pendant la guerre des Six-jours, en 1967, lorsqu’il conquiert le Sinaï, ou en 1973, lorsqu’il va contre ses supérieurs et franchit le canal de Suez, à l’origine de la victoire d’Israël dans la guerre du Kippour.
Commandant de plusieurs unités pendant trois décennies, il quitte néanmoins l’armée pour rejoindre les hommes politiques. Sharon met son audace au service de la Knesset, du gouvernement et du Likoud, dont il participe à la fondation en 1973.
Jusqu’en 1981, il utilise son mandat au ministère de l’agriculture pour étendre les colonies. Au ministère de la défense, il ferme les yeux sur la sinistre tuerie de Sabra et Chatila de 1982, où chrétiens armés massacrent plus de soixante réfugiés palestiniens au Liban. La communauté internationale s’émeut, l’opinion israélienne est choquée, Ariel Sharon démissionne en 1983.
Ce qui ne l’empêche pas de poursuivre sa carrière, de participer aux gouvernements successifs d’union nationale et de menacer la suprématie de Yizhak Shamir au sein du Likoud. Jusqu’en 2000, année pendant laquelle il choque les Palestiniens en se rendant sur l’esplanade des mosquées. Et plaît aux Israéliens par son discours ultrasécuritaire.
Le mandat qui suit n’est donc que violences, Intifada et répression. La colonisation se poursuit et la barrière séparant la Cisjordanie d’Israël s’élève. La mort de Yasser Arafat voit cependant le revirement d’Ariel Sharon. Finies les provocations et l’audace, le « Bulldozer » est prêt à négocier avec Mahmoud Abbas. Et montre sa bonne volonté en provoquant le départ des colons israéliens de la Bande de Gaza.
Les ultraconservateurs, les religieux et les autoritaires l’irritent. Il s’en éloigne et fonde son propre parti, Kadima. Une idéologie de centre-droit qui correspond à la majorité de la population israélienne, lassée du laxisme ou de la dureté des anciennes politiques menées.
Au moment où Ariel Sharon est sûr de remporter les élections, le Premier ministre est victime de deux hémorragies cérébrales consécutives. Le Premier ministre prostré dans un état végétatif,
Ehud Olmert doit prendre la difficile charge de successeur. Le « Lion » a perdu sa force.