Je prévois de continuer à cuisiner de la soupe de pommes de terre et de mener une vie tout à fait normale ”
Angela Merkel aurait pu passer inaperçue. L’ancienne femme-enfant collée aux basques de Helmut Kohl est devenue la première Chancelière d’Allemagne, une femme déterminée et populaire dans son pays. Le magazine
Forbes l’a même récemment élue femme la plus puissante du monde, devant Condoleeza Rice.
Sortie de l’université de Leipzig avec un doctorat de physique, Angela n’est encore qu’une ex-étudiante à peine investie dans le monde politique. Il faudra attendre 1989 et la révolution pacifique qui touche la RDA. Son dossier de la Stasi mentionne alors ses positions contre le communisme.
Contrairement à ce que pensent ses amis, Angela Merkel ne se sent pas proche des Verts. En 1991, elle devient ministre des femmes et de la jeunesse sous le gouvernement d’Helmut Kohl. Le Chancelier fait de la future Chancelière sa petite protégée. Elle suit son guide dans son deuxième gouvernement, et devient en 1994 ministre de l’environnement.
En 1999, le scandale des caisses noires éclate au sein de la CDU. Kohl est décrédibilisé. Angela Merkel s’en écarte, et décide désormais de mener sa carrière seule. Devenue présidente de la CDU en 2000, elle est chargée de redonner un nouvel élan au parti. Mais pour les élections de 2002, on lui préfère Edmund Stoiber. Angela Merkel doit s’effacer.
La défaite de son rival l’avantage. Désormais seule forte tête du parti, elle part en guerre contre le gouvernement de
Gerhard Schröder. La contestation monte, le Chancelier doit avancer les élections. Après des résultats mitigés et d’âpres négociations entre la CDU et le SPD, un gouvernement de grande coalition est formé, et Merkel est élue à sa tête.
Depuis, la nouvelle Dame de fer imposer sa vision d’une Allemagne nouvelle et d’un monde où son pays doit avoir un plus grand rôle. Côté interne, elle entend poursuivre les réformes économiques et autoriser l’embauche de travailleurs en dehors des conventions collectives. Elle compte simplifier également le système fiscal et réduire les dépenses publiques.
La France est le premier pays où elle se rend en visite officielle, le lendemain de son élection. Une manière de montrer que l’amitié franco-allemande compte à ses yeux, surtout pour permettre à l’Allemagne de conserver une place importante dans les relations internationales. Suivent Bruxelles, Londres, Washington et Moscou.
La dame se montre dure avec Poutine, critique les conditions de détention à Guantanamo devant
Bush et affirme son refus d’une baisse de la TVA dans la restauration française. Devant toute l’Europe, elle affiche son soutien à la Constitution européenne entérée par les non français et néerlandais.
C’est clair, Angela Merkel n’a pas sa langue dans sa poche et manie la diplomatie avec autant de tact que de fermeté. La plus jeune Chancelière d’Allemagne réserve donc encore des surprises aussi bien aux Allemands qu’au reste du monde.